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Catherine
Inscrit le: 06 Mai 2005 Messages: 27
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haydn Site Admin
Inscrit le: 28 Déc 2003 Messages: 26656
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Posté le: Ven Mar 02, 2007 9:01 am Sujet du message: |
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Roland Petit réïtère ce prudent avertissement dans les notes de programme, en précisant même que son ballet peut être apprécié et compris sans avoir ingurgité tout ou partie d'A la recherche du temps perdu...
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Silk
Inscrit le: 01 Déc 2006 Messages: 165
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Posté le: Ven Mar 02, 2007 9:20 am Sujet du message: |
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Un mot pour souligner l'extraordinaire "Monsieur de Charlus" de Manuel Legris !
Il nous a tellement habitués à l'excellence qu'il ne faudrait pas passer sous silence la justesse de son interprétation de ce nouveau rôle à son répertoire : une technique toujours virtuose, rapide et incisive, au service d'une composition remarquable d'intelligence et d'émotion, sans jamais sombrer, lui non plus dans la vulgarité alors que la chorégraphie aurait pu, là encore, s'y préter... Inoubliable !
Le reste de la distribution était également remarquable, avec un coup de coeur particulier pour Stéphane Bullion, mais aussi Eléonora Abbagnato ( digne d'une étoile ... ) et Hervé Moreau.
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sophia
Inscrit le: 03 Jan 2004 Messages: 22163
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Posté le: Ven Mar 02, 2007 11:48 am Sujet du message: |
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Catherine a écrit: |
Mais le but n'était visiblement pas de chorégraphier l'oeuvre. Dans l'article de Ligne 8, il est bien précisé que la ballet ne retrace que les moments qui ont marqué et ému Rolland Petit. |
Chorégraphier A la Recherche du Temps Perdu?... Eh bien, merci à Roland Petit de nous rappeler que ce n'était pas là son but, car honnêtement, on se serait permis d'évoquer dans ce cas l'histoire de l'ange qui fait la bête... (en fait, cela me fait penser à une nouvelle de Borges, L'Aleph, dans laquelle un écrivain entreprend de mettre en vers l'univers... ).
Une chose est de ne pas avoir tenté, et fort heureusement, de faire un ballet narratif au sens strict (comme si La Recherche obéissait à une narration traditionnelle... Au passage, c'était bien là l'écueil dans lequel était tombé Volker Schlöndorf je crois, dans un film sorti il y a quelques années qui s'intitulait Un Amour de Swann), une autre est de réduire l'oeuvre à des scènes de genre (le salon des Verdurin), quelques duos sentimentaux puisés notamment dans Du côté de chez Swann et La Prisonnière ou à des scènes plus ou moins triviales vaguement inspirées de Sodome et Gomorrhe.
Je n'ai pas encore vu le ballet, - cela ne saurait tarder -, (eh oui, j'ai eu le mauvais goût de préférer le carton pâte, mais aussi la légéreté et le panache du Don Quichotte avec un extraordinaire couple Pujol/Le Riche qui avaient tous deux mangé du lion hier soir, si je puis me permettre cette triviale expression, j'en reparlerai plus tard...), mais j'avoue que j'attends cela avec un peu d'appréhension et de scepticisme... Car faire un ballet disons impressionniste qui cherche à restituer l'esprit et l'atmosphère d'une oeuvre plutôt que la lettre, pourquoi pas? mais ne conserver de cette oeuvre-cathédrale, comme dit Azulynn, dont chaque pierre ne prend son sens que par rapport à l'ensemble dont elle participe, que des "moments", des "scènes" soi-disant marquantes, c'est peut-être souligner malgré soi, dans ce qui est forcément un appauvrissement, les limites du langage chorégraphique...
C'est certain, pour moi, le ballet a mieux à faire, - c'est là qu'est sa grandeur -, avec les mythes, avec les contes, avec le genre théâtral aussi, avec la simplicité et l'évidence donc, qu'avec le roman proustien...
(De ce point de vue là, d'ailleurs, il n'y avait pas dans La Dame aux camélias de Neumeier cette volonté de confrontation, - assez prétentieuse, il faut bien le dire -, avec une oeuvre de l'ampleur de celle de Proust...)
Dernière édition par sophia le Ven Mar 02, 2007 12:00 pm; édité 5 fois |
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Katharine Kanter
Inscrit le: 19 Jan 2004 Messages: 1476 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Mar 02, 2007 11:53 am Sujet du message: Stranger than fiction? |
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And I was under the impression that Petit was persona non grata in France. Is he not an exile of some sort in Switzerland since the hullabullo at Marseilles that was in all the newspapers a few years back? Or perhaps the "non grata" refers to grated gruyère?
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laurence
Inscrit le: 16 Juin 2006 Messages: 430 Localisation: Paris
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Posté le: Sam Mar 03, 2007 7:42 am Sujet du message: |
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Intéressant cette discussion sur "les points d'appui "du chorégraphe ...parlez moi...
Une question! qui a "ouvert"ce ballet?
Entre parenthèse très jolie phrase de Bejard sur les murs du Palais Royal"La chorégraphie se fait à deux comme un amour "
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maraxan
Inscrit le: 24 Nov 2006 Messages: 600
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Posté le: Sam Mar 03, 2007 11:18 am Sujet du message: |
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Est-ce que le ballet reflète l’œuvre ? Mon Proust est un peu loin aussi… Compte tenu de son ampleur, j’imagine que ce que Roland Petit a voulu, c’est simplement livré sa lecture. Il a choisi un thème, c’est forcément réducteur, même si ce thème est très fort dans l’œuvre. Il sous-titre, « les intermittences du cœur », on sait d’emblée ce qu’il va y chercher.
Je trouve ses choix très cohérents, notamment dans la construction en deux actes, et les différents tableaux.
La transposition n’est évidemment pas linéaire dans l’écriture mais dans l’esprit, en cela, le mot impression est parfait mais dans les détails, le travail d’interprétation est remarquable et très fin, je pense notamment aux relations Proust/ Albertine et surtout la peinture du Morel et Charlus, très conforme à mon souvenir.
Somme toute, je trouve ça réussi car tout y est, et aussi subtilement dans l’écriture de Proust. La chorégraphie en est un miroir, elle reflète l’atmosphère de l’oeuvre, aidée aussi par les choix musicaux.
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sophia
Inscrit le: 03 Jan 2004 Messages: 22163
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Posté le: Sam Mar 03, 2007 12:13 pm Sujet du message: |
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Laurence a écrit: |
Une question! qui a "ouvert"ce ballet? |
Laurence, vous voulez parler des interprètes de la création?
Proust ou les Intermittences du coeur a été créé le 24 août 1974 à l'Opéra de Monte-Carlo par le Ballet de Marseille, avec Rudy Bryans (Morel), Michaël Denard (Saint-Loup), Karen Kain (Albertine).
Le 14 novembre 1974, le ballet a été représenté à Paris pendant le Festival d'Automne avec Loipa Araujo (Albertine), Denys Ganio (Proust), R. Duquesnoy.
Extraits donnés à La Havane le 27 février 1976 avec Loipa Araujo et P. More.
A New-York avec Peter Schaufuss en août 1980.
Sur FR3 le 14 mars 1982 avec Maïa Plissetskaïa (La Duchesse de Guermantes), Dominique Khalfouni (Albertine), Patrick Dupond (Saint-Loup), Jean-Charles Gil (Morel).
A New-York en août 1983 avec Jean-Charles Gil et Patrick Dupond.
En février 1983, G. Cochinaire, J.P. Aviotte, G. Taillade (Charlus), D. Khalfouni.
A Berlin en octobre 1984.
Source: L'Avant-Scène Ballet Danse, Roland Petit
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sophia
Inscrit le: 03 Jan 2004 Messages: 22163
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haydn Site Admin
Inscrit le: 28 Déc 2003 Messages: 26656
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Posté le: Sam Mar 03, 2007 1:35 pm Sujet du message: |
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Sinon, les interprètes de la première au Palais Garnier étaient :
Albertine : Eleonora Abbagnato
Proust jeune : Hervé Moreau
Charlus : Manuel Legris
Saint-Loup : Mathieu Ganio
Acte I "Quelques images des paradis proustiens"
1er tableau "Faire clan"
Madame Verdurin : Séphanie Romberg
Andrée : Caroline Bance
Proust : Michel Pasternak
Le Pianiste : Michel Dietlin
Le Chanteur : Vladimir Kapshuk
2ème tableau "La Petite phrase de Vinteuil"
Laura Hecquet / Christophe Duquenne
3ème tableau "Les Aubépines"
Gilberte : Mathilde Froustey
4ème tableau "Faire catleya"
Odette : Eve Grinsztajn
Swann : Alexis Renaud
Emmanuel Hoff, Samuel Murez, Franceso Vantaggio
5ème tableau "Les Jeunes filles en fleur"
Albertine : Eleonora Abbagnato
Andrée : Caroline Bance
6ème tableau "Albertine et Andrée ou la prison et les doutes"
Albertine : Eleonora Abbagnato
Andrée : Caroline Bance
7ème tableau "La regarder dormir"
Albertine : Eleonora Abbagnato
Proust jeune : Hervé Moreau
Acte II "Quelques images de l'enfer proustien"
8ème tableau "Monsieur de Charlus face à l'insaisissable"
Morel : Stéphane Bullion
Charlus : Manuel Legris
9ème tableau "Monsieur de Charlus vaincu par l'impossible"
Morel : Stéphane Bullion
Charlus : Manuel Legris
Les Prostituées : Amandine Albisson, Peggy Dursort, Christine Peltzer, Julie Martel, Ninon Raux
Un Vieil homme : Emmanuel Hoff
10ème tableau "Les enfers de Monsieur de Charlus"
Charlus : Manuel Legris
Florian Magnenet, Yann Saïz, Vincent Cordier, Aurélien Houette
11ème tableau "Rencontre fortuite dans l'inconnu"
Peggy Dursort
Bruno Bouché, Grégory Dominiak, Cyril Mitilian
12ème tableau "Morel et Saint-Loup ou le combat des anges"
Morel : Stéphane Bullion
Saint-Loup : Mathieu Ganio
13ème tableau "Cette idée de la mort..."
Proust jeune : Hervé Moreau
Andrée : Caroline Bance
Charlus : Manuel Legris
Morel : Stéphane Bullion
Saint-Loup : Mathieu Ganio
Odette : Eve Ginsztajn
Proust : Michel Pasternak
La Duchesse : Stéphanie Romberg
La Nourrice : Cécile Sciaux
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laurence
Inscrit le: 16 Juin 2006 Messages: 430 Localisation: Paris
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Posté le: Sam Mar 03, 2007 2:32 pm Sujet du message: |
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Merci Haydn
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sophia
Inscrit le: 03 Jan 2004 Messages: 22163
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haydn Site Admin
Inscrit le: 28 Déc 2003 Messages: 26656
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Posté le: Dim Mar 04, 2007 2:10 pm Sujet du message: |
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Retour comme promis sur Proust ou les Intermittences du cœur entré au répertoire de l’Opéra de Paris le 1er mars dernier. L’ouvrage, initialement créé pour le Ballet de Marseille en 1974, a subi quelques aménagements pour être porté sur la scène du Palais Garnier, avec notamment l’adjonction d’une scène destinée à Hervé Moreau, intronisé par Roland Petit lui-même comme son nouveau «danseur fétiche».
Rendre par la danse une œuvre littéraire de l’ampleur et de la complexité d’A la recherche du temps perdu relève de la gageure, et Roland Petit a d’ailleurs précisé à plusieurs reprises qu’il ne s’agissait que d’une succession d’impressions, de réminiscences, d’empreintes ; en dépit de ces précautions, on est bien obligé de convenir qu’une telle entreprise dépasse les possibilités de l’art chorégraphique, forcément simplificateur lorsqu’il doit restituer des personnages à la psychologie élaborée, et non plus des caractères stéréotypés.
Proust ou les Intermittences du cœur n’échappe pas à ce travers, d’autant qu’on a souvent le sentiment que Roland Petit manipule l’œuvre de Proust de manière à n’en extraire que ce qui peut illustrer ses fantasmes personnels, ce qu’il revendique d’ailleurs pratiquement ouvertement dans les diverses interviews qu’il a accordées à la presse.
En dépit de quelques scènes assez explicites, la réalisation chorégraphique des Proust ou les Intermittences du cœur n’a rien de bien effrayant, et les habitués du Théâtre de la Ville en auront certainement vu bien d’autres. Les faiblesses de l’ouvrage ne résident d’ailleurs pas dans les passages «érotiques» ou supposés tels, mais bien plus dans la trivialité de certains tableaux (IX et X), dans lesquels l’ambiance de maison close de Mainville est rendue à l’aide des artifices scénographiques les plus éculés – filles lascives sur canapés capitonnés et lumières rouges -.
Proust ou les Intermittences du cœur souffre aussi d’un sous-emploi du «corps de ballet», pratiquement réduit à de la figuration. Par ailleurs, les soli les plus intéressants et techniquement les plus exigeants sont confiés aux hommes, alors que les danseuses sont confinées dans des fonctions plus «décoratives». Paradoxalement, seul le pas de deux – très classique - du second tableau («La Petite phrase de Vinteuil») échappe véritablement à ce travers.
En revanche, on apprécie la pertinence du choix des musiques, qui rendent au mieux compte de l’univers artistique dans lequel baignait Marcel Proust, et l’orchestre de l’Opéra, manifestement heureux d’aborder des partitions de qualité (Saint-Saëns, Wagner, Fauré, Debussy…) s’est bien comporté sous la direction de Koen Kessels, très présent cette saison, et dont on se demande s’il ne sera pas ainsi appelé à succéder à Paul Connelly pour les spectacles de ballet dans un futur proche.
Le premier acte, consacré à l’évocation des «paradis proustiens» surprend, car il s’écarte peu ou prou du langage chorégraphique habituel de Roland Petit, et le spectateur non-averti pourrait presque se croire dans un ballet de John Neumeier. L’atmosphère y est assez proche de celle de la dame aux camélias, et les pas de deux aux portés audacieux vient renforcer cette analogie – fortuite?
Le second acte, et notamment la scène du lupanar de Mainville paraît plus faible, même si les pas de deux de Morel et Charlus (tableau VIII) et surtout Morel et Saint-Loup (tableau XII) constituent de beaux moments d'émotion.
Le succès de la représentation doit néanmoins beaucoup à la qualité de l’interprétation. Ce Proust nous aura tout d’abord réconciliés avec Eleonora Abbagnato, qui retrouve les qualités qui nous avaient séduites dans La Dame aux camélias ; Mathieu Ganio, qui semble de plus en plus tourner le dos aux classiques rôles princiers, impressionne aussi par sa présence scénique. Hervé Moreau joue plus sur l’esthétisme, la beauté plastique des mouvements, tout comme Stéphane Bullion, qui donne magistralement la réplique à Manuel Legris dans le huitième tableau («Monsieur de Charlus face à l’insaisissable»).
Laura Hecquet et Christophe Duquenne se sont pour leur part appropriés avec réussite la très académique «Petite phrase de Vinteuil», tandis qu’Aurélien Houette se signalait à nouveau par sa forte personnalité dans «Les Enfers de Monsieur de Charlus», tout comme Mathilde Froustey, Gilberte pimentée et Eve Grinsztajn, magnifique Odette ; l’on aimerait bientôt revoir ces deux danseuses dans des emplois plus conséquents.
On notera enfin le retour discret de Yann Saïz, qui lui aussi, espérons-le, sera bientôt à même de reprendre certains rôles de premier plan qu’on hésitait pas, il y a quelque temps, à lui confier en dépit de son rang de sujet.
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wagneriano
Inscrit le: 08 Juil 2005 Messages: 213 Localisation: Rome
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Posté le: Dim Mar 04, 2007 2:43 pm Sujet du message: |
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Citation: |
Les faiblesses de l’ouvrage ne résident d’ailleurs pas dans les passages «érotiques» ou supposés tels, mais bien plus dans la trivialité de certains tableaux (IX et X), dans lesquels l’ambiance de maison close de Mainville est rendue à l’aide des artifices scénographiques les plus éculés – filles lascives sur canapés capitonnés et lumières rouges -. |
Ah bon. Alors ce n'est pas le cas d'y emmener un enfant de 9 ans.
Citation: |
En revanche, on apprécie la pertinence du choix des musiques, qui rendent au mieux compte de l’univers artistique dans lequel baignait Marcel Proust, et l’orchestre de l’Opéra, manifestement heureux d’aborder des partitions de qualité (Saint-Saëns, Wagner, Fauré, Debussy…) |
A ne pas oublier Reynaldo Hahn, qui fut l'ami de Proust et (peut-être) son amant aussi. Évidemment, il n'est pas au même niveau des musiciens que vous citez. Quand-même, sa chanté "A Chloris" pour soprano et piano est une pure merveille. 
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PASHKA
Inscrit le: 01 Jan 2004 Messages: 24
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