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dossier le prix de lausanne 2009
une journee avec kevin poeung maeva lassere et mireillle bourgeois


Deux candidats français, Kevin Poeung et Maeva Lassere, ont accepté avec gentillesse que nous les suivions tout au long d'une journée lors de l'édition 2009 du Prix de Lausanne. Ils sont tout deux issus de l'Ecole Nationale Supérieure de Danse de Marseille - l'école du Ballet National de Marseille - et étaient accompagnées d'un de leur professeur, Mireille Bourgeois, qui a bien voulu nous autoriser à réaliser ce reportage. Qu'ils en soient tous trois remerciés.



Qui êtes vous, Mireille Bourgeois?


Mireille Bourgeois est professeur à l’Ecole Nationale Supérieure de Danse de Marseille, et accompagne deux jeunes élèves, Maeva Lassere et Kevin Poeung, qui se présentent cette année pour la première fois au Prix de Lausanne.

Mireille Bourgeois a commencé elle-même très tôt sa carrière de danseuse : âgée d’un peu plus de quatorze ans, elle est engagée au Ballet National de Marseille, dirigé à l’époque par Roland Petit. Ses pérégrinations professionnelles la mènent ensuite au Royaume Uni, où elle exerce successivement au London Festival Ballet (ancienne dénomination de l’English National Ballet), au Northern Ballet, à Leeds (Pays de Galles) et au Birmingham Royal Ballet. Après son retrait de la scène, elle rentre à Marseille, où elle enseigne à présent la danse classique.

Je suis chargée d’accompagner Maeva et Kevin durant les épreuves du concours. J’assume à la fois les rôles de maman et de professeur ; je dois avant tout mettre les enfants en confiance, les rassurer ; je leur donne des conseils, j’assiste à certaines répétitions, certains cours ; en revanche, l’accès aux épreuves devant jury m’est interdit. Mes fonctions ont aussi un coté plus terre à terre : ça peut aller jusqu'à remplacer un tube de dentifrice oublié! Plus sérieusement, cela consiste également, lorsqu’un des enfants a du mal à trouver le sommeil, à lui faire faire des exercices de relaxation, afin qu’il passe une nuit paisible et soit en bonne forme pour les épreuves du lendemain. Mais je dois aussi éviter de les étouffer et préserver leur autonomie.

Maeva était mon élève à Marseille ; en revanche, Kevin a travaillé avec d’autres professeurs [Ghislaine Franchetti et Alain Rouillon, cf. infra]. J’ai également préparé une autre candidate pour le Prix de Lausanne, mais elle s’est malheureusement blessée et a dû renoncer à sa participation. Un second enseignant de l’école de Marseille, ainsi que le directeur, M. Jean-Christophe Paré, doivent nous rejoindre avant la fin du concours.

Mireille Bourgeois © Dansomanie, 2009



Coup de projecteur sur... Kevin Poeung


J’ai 17 ans. Je suis né à Montpellier. J’ai débuté la danse dans une petite école, à Port-Saint-Louis-du-Rhône, où mes parents m’avaient inscrit. Cela m’a tout de suite plu, même si je me suis retrouvé seul et unique garçon de l’établissement! On m’a ensuite conseillé de poursuivre ma formation à Marseille. Je fréquente l’Ecole Nationale Supérieure de Danse de Marseille depuis trois ans maintenant. C’est le directeur, M. Paré, qui m’a proposé de venir à Lausanne. L’école nous fournit une aide financière pour nous permettre de participer au concours [les candidats doivent payer un droit d’inscription et régler eux-mêmes leurs frais de voyage et de séjour, ndlr.].

En arrivant à Lausanne, on est évidemment un peu tendu, mais cela passe vite. J’ai pu lier connaissance avec des camarades français et étrangers. L’ambiance est relativement bonne. Il y règne évidemment un certain esprit de compétition, mais cela reste raisonnable et les relations entre les participants sont amicales. Je m’attendais à une atmosphère beaucoup plus dure que cela. De surcroît, nous sommes trois élèves issus de la même école [Maeva Lassere, Jossia Clément et Kevin Poeung, ndlr.], et on ne se sent ainsi pas trop isolé.

Le travail est très intensif à Lausanne, et j’ai été impressionné par le niveau et les exigences des professeurs. On ressent vite de la fatigue et des douleurs musculaires, mais heureusement, des kinésithérapeutes sont à notre disposition pour nous remettre en forme. Sur un plan artistique, il est intéressant de relever les différences de style entre les candidats, d’origine et de formation très diverses.

Je me prépare depuis novembre, mais j’ai été blessé, ce qui m’a fait perdre un mois d’entraînement. J’ai travaillé mes variations avec des enregistrements vidéo, mais il faut savoir garder une certaine distance avec ces «modèles», et les professeurs nous encouragent à cela. A Marseille, ce sont Ghislaine Franchetti et Alain Rouillon qui m’ont formé.

Comme variation classique libre, j’ai choisi celle de James, extraite de la Sylphide, de Bournonville. Je suis un petit gabarit, avec pas mal de ballon, et cela convenait assez bien à mes aptitudes physiques.

En variation contemporaine, je dois danser Wrong Note Rag, de John Neumeier. C’est la première fois que je danse une œuvre de Neumeier, mais il s’agit là d’une pièce de caractère humoristique qui me plaît aussi.

J’ai découvert l’existence du Prix de Lausanne par hasard, en regardant… des vidéos en ligne sur Youtube. J’ai voulu alors en savoir plus, et je me suis passé en boucle les enregistrements réalisés lors des éditions précédentes du concours. Un jour, sans que je m’y attende, mon professeur est venu me trouver pour me dire : «le directeur [Jean-Christophe Paré, ndlr.] t’a choisi pour aller à Lausanne». Je n’en demandais pas tant!

C’est ma première participation à une compétition internationale. En fait, j’avais, dans le même temps, postulé pour entrer à l’Ecole Rudra-Béjart. J’ai été pris, mais j’ai renoncé au bénéfice de mon admission, pour pouvoir me présenter au Prix de Lausanne.

Pour moi, venir a Lausanne, c’est d’abord l’espoir d’être remarqué, et d’avoir peut-être la possibilité d’entrer dans une école prestigieuse. De toute façon, c’est une expérience que l’on n'oublie pas de sitôt.

Mon modèle, en danse? Carlos Acosta, même si je n’ai jamais eu la chance de le voir sur scène de mes propres yeux. Je rêve d’aller danser un jour en Angleterre ou aux Etats-Unis, dans des compagnies telles que le Royal Ballet, l'American Ballet Theatre ou le New York City Ballet. Et le rôle que je voudrais incarner par-dessus tout? Basilio, dans Don Quichotte.


Kevin Poeung, avec l’autorisation expresse de Mireille Bourgeois © Dansomanie, 2009




La journée de Kevin, Maeva et Mireille racontée en images :



petit dejeuner a l hotel


dans le bus


arrivee au theatre de beaulieu


preparatifs deleicats fixation du dossard


assouplissement kevin grand ecart


relaxation


entree en scene


kevin poeung variation de james


kevin poeung variation de james


kevin poeung variation de james saluts


maeva lassere a la barre


maeva lassere en cours avec cynthia harvey


mireille bourgeois regarde le cours de cynthia harvey




maeva lassere chausse ses pointes


maeva lassere entre en scene


maeva lassere danse la bayadere (variation de la troisieme ombre)


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