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entretiens
Prix de Lausanne 2017 : Younès Attoum, candidat (France)

28 janvier 2017 : à la rencontre de Younès Attoum, en route pour le Prix de Lausanne

C'est dans le train, en route pour Lausanne, que Younès Attoum, dix-sept ans, venu de l'Ecole Nationle Supérieure de Danse de Marseille (qui forme, dans le cadre d'un regroupement de l'Ecole du Ballet National de Marseille et de l'Ecole Rosella Hightower le «Pôle National Supérieur Danse Provence Côte d'Azur»), a accepté de répondre aux questions de Dansomanie. Elève de Julien Lestel, il sera l'un des trois représentants français au concours 2017
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Comment avez-vous commencé la danse? Et quel a été est votre parcours jusque-là?

J'ai commencé la danse à l'âge de huit ans dans une école privée de Roanne, près de Lyon, la ville où habite ma famille. C'est grâce à ma meilleure amie que j'ai connu la danse. A la récréation, on s'amusait souvent ensemble : on sautait, on dansait, on bougeait... Sa mère était professeur de danse et elle a pensé que ce serait bien que je vienne faire un essai dans son école. Et dès le premier cours, j'ai su que c'était ça et rien d'autre.

Pour ce qui est de mon parcours, j'ai donc suivi des cours de danse de l'âge de huit ans jusqu'à l'âge de quatorze ans dans cette fameuse école privée à Roanne [son professeur était alors Carole Vergiat ndlr]. Parallèlement, j'ai participé à des concours de danse, comme celui de Grasse, également le Chausson d'Or ou le concours de Dinant en Belgique. J'ai obtenu quelques médailles. Ensuite, à l'âge de quinze ans, j'ai passé les auditions de l’École nationale supérieure de Marseille et de l’École Rosella Hightower à Cannes, car je voulais vraiment pouvoir pratiquer la danse de manière plus soutenue, avoir un emploi du temps adapté, être avec d'autres garçons... J'ai été accepté dans les deux écoles et j'ai choisi celle de Marseille. C'est actuellement ma troisième année là-bas. En parallèle de la danse, je suis en terminale littéraire.


Comment vous est venue l'idée de vous présenter au Prix de Lausanne?

Ce sont ma directrice, Madame Paola Cantalupo, et mon directeur, Monsieur Omar Taiebi, qui m'ont proposé de me présenter aux sélections.


Comment vous êtes-vous préparé au concours?

Je me suis préparé avec mon professeur de danse, Julien Lestel. Il m'a préparé pour la sélection vidéo et aussi pour les variations. Dès que j'ai appris que j'avais été sélectionné, l'école m'a organisé un emploi du temps aménagé, qui m'a permis de travailler exclusivement avec mon professeur, du lundi au samedi, environ deux heures par jour pour les variations.


Quelles variations avez-vous choisies et pour quelles raisons?

J'ai choisi, en classique, la variation de l'acte III du Lac des cygnes et, en contemporain, celle de Yondering. Parmi les variations classiques, il y en avait beaucoup qui me plaisaient, comme celle de Casse-noisette ou le Grand pas classique, mais on a aussi réfléchi aux différents paramètres : la pente, la scène, celle qui me mettrait le plus en valeur... J'ai finalement choisi celle du Lac. Pour le contemporain, ça a été un coup de cœur. Dès que j'ai vu la variation, j'ai su que c'était celle-là que je voulais prendre. J'aime l'histoire qu'il y a derrière cette variation. J'aime l'émotion qu'elle suscite. J'adore aussi la musique, qui est juste magnifique, et qui, avec la chorégraphie, donne quelque chose de très émouvant.


Est-ce que vous avez regardé beaucoup de vidéos pour préparer vos variations?

Oui, j'ai regardé beaucoup de vidéos du Lac et de Yondering pour voir la manière dont les interprétaient les danseurs. Je n'ai pas de préférence pour l'une ou pour l'autre, chaque interprète a sa propre personnalité, sa propre émotion dans la manière de la retranscrire, et donc toutes étaient intéressantes pour moi.


Que représente le Prix de Lausanne pour vous? Est-ce que vous avez suivi les éditions précédentes?

Le Prix de Lausanne, je le vois à la fois comme une belle opportunité pour mon futur, comme un tremplin et comme une belle expérience artistique et humaine. Et oui, bien sûr que je suivais je Prix de Lausanne auparavant! C'était comme un rêve pour moi d'y participer. Je n'aurais jamais pensé pouvoir le réaliser, donc c'est vraiment très plaisant d'être là.


Y a-t-il une école ou une compagnie que vous voudriez intégrer?

Je n'ai pas forcément d'écoles ou de compagnies favorites. Après, j'ai toujours été attiré par les États-Unis pour la danse. Je trouve que c'est un pays très ouvert, pas seulement pour le ballet mais pour tout, donc pourquoi pas une école ou une compagnie américaine?


Quand vous dites école ou compagnie américaine, vous avez une idée plus précise?

J'ai dix-sept ans, et à vrai dire, je ne pense pas être encore prêt pour une compagnie. J'aimerais beaucoup intégrer un Junior Ballet ou ce qu'on appelle en Amérique un « trainee program ». J'aime bien la Houston Ballet Academy. En même temps, je ne veux pas m'arrêter sur cette école, je reste ouvert à tout.


J'ai vu que vous aviez fait un stage à l'école du San Francisco Ballet. Comment ça s'est passé?

J''ai fait un stage de quelques jours à Marseille dans l'école de Patrick Armand et Patrick Armand m'a proposé ensuite de venir à San Francisco pour le stage d'été. J'étais même pris pour l'année entière avec une bourse. Finalement, je n'y suis pas allé car c'était trop rapide. Ma mère n'était pas d'accord, et puis il y avait aussi le bac...


Vous êtes plutôt classique ou contemporain? Y a-t-il un rôle, un ballet, une œuvre chorégraphique que vous rêveriez de danser?

J'adore les deux mais j'ai une préférence pour le classique. J'aimerais beaucoup danser de grands ballets comme Casse-noisette, mais une belle pièce contemporaine, cela m'irait aussi.


Y a-t-il un danseur qui vous inspire plus particulièrement?

J'aime beaucoup ce que dégage Daniil Simkin, sa prestance, sa virtuosité. C'est vraiment un beau modèle pour la jeunesse.


Voyez-vous des spectacles de danse de temps en temps?

Avec l'école, on a l'occasion de voir des spectacles à l'Opéra de Marseille ou les retransmissions en direct de l'Opéra de Paris ou du Royal Ballet au cinéma.


Venez-vous seul à Lausanne ou êtes-vous accompagné par votre professeur ou des membres de votre famille?

Je viens seul à Lausanne. Madame Cantalupo est dans le jury cette année, donc elle sera à Lausanne toute la semaine. Mon directeur arrive jeudi et ma maman vendredi pour me voir pour les sélections. Mais je serai pratiquement tout seul toute la semaine. Mon professeur, Julien Lestel, n'a pas pu venir, car il dansait cette semaine avec sa compagnie


Vous connaissez quelques candidats?

Je connais la Française Hannaë Miquel, avec qui j'ai passé des concours. Les autres candidats, je ne les connais pas personnellement.


Quel est le sentiment qui domine chez vous à la veille de la compétition?

Pour l'instant, tout va bien, je suis détendu. Je ne me mets pas de pression. Pour la suite, on verra demain.



Younès Attoum - Propos recueillis par Bénédicte Jarrasse


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Younès Attoum



Entretien réalisé le 28 janvier 2017 - Younès Attoum © 2017, Dansomanie


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