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XVIe Festival du Mariinski [31 mars - 10 avril 2016]
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Buddy



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MessagePosté le: Lun Avr 04, 2016 12:10 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Pour quelqu’un qui a un intérêt je suis à Saint-Pétersbourg et j’ecris comme d’habitude des prestations ici en anglais.

http://www.ballet-dance.com/forum/viewtopic.php?f=31&t=41412&start=15


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ElenaK



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MessagePosté le: Lun Avr 04, 2016 12:49 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Aujourd'hui, dans le pas de deux classique, Valeria Martynuk sera remplacée par Renata Chakirova.
Apparemment, Valeria n'est pas "opérationnelle" pour le moment, car elle n'a pas pu également danser la première du Cavalier de Bronze où elle était distribuée en Colombine. C'est Sofia Ivanova-Skoblikova qui dansait les deux premières représentations.


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sophia



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MessagePosté le: Lun Avr 04, 2016 12:51 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Diana Vichneva. Hommage à un professeur (1er avril 2016)

Avant de poursuivre le récit palpitant des réjouissances mariinskyennes, je vous livre, après celui d'Elena, un petit retour "live" et "vu de haut" sur le gala Vichneva, dont le titre complet était Diana Vichneva. Hommage à un professeur. Une soirée de ballet en l'honneur du professeur Ludmila Kovaleva. Le Mariinsky a coutume d'offrir à ses étoiles, notamment à l'occasion du festival, des soirées de type "carte blanche" (il y eut par exemple, ces dernières années, des galas Lopatkina, Tereshkina ou Shklyarov). Diana Vichneva, avec sa personnalité atypique et sa carrière très internationale, avait de son côté déjà proposé, dans le cadre du festival, des soirées à la tonalité très "me, myself and I", composées de créations contemporaines - "for Diana only" - faisant partie de ses nombreux projets internationaux. Le programme initial de cette soirée devait effectivement prendre la même tournure, avec le Woman in a Room de Carolyn Carlson et le LIVE de Hans van Manen, donné ici en dernière partie. Le fait est que le programme s'est considérablement transformé - et pimenté par la même occasion - et qu'il a finalement abouti à cette affiche partagée avec Ludmila Kovaleva et quelques-unes de ses élèves récentes, dispersées aujourd'hui dans différents théâtres russes. Professeur de Diana Vichneva à l'Académie Vaganova, Ludmila Kovaleva, à la silhouette toujours aussi gracile, la suit depuis ses années de formation et, il faut bien le reconnaître, l'étoile ne se prive jamais, dans ses interviews, d'une occasion de l'évoquer. Pour résumer le propos en quelques mots : une étoile (Diana Vishneva), un professeur (Ludmila Kovaleva), une école (l'Académie Vaganova), et, a-t-on envie d'ajouter, une ville (Saint-Pétersbourg) réunis le temps d'une soirée au long cours dans une célébration grandiose et forcément fleurie de la tradition et de la transmission dont seuls les Russes ont le secret.

Je n'avais pas prévu initialement d'assister à cette soirée, et j'en étais d'autant plus convaincue en arrivant à Saint-Pétersbourg que je n'avais pas de place (je ne crois du reste avoir vu ce spectacle que sold out sur le site du Mariinsky, et les retours, s'il y en eut, furent plus qu'homéopathiques). Résultat, je me retrouve quand même, à une heure du début de la représentation, munie de mon "laisser-passer", dans les hauteurs de l'amphithéâtre, là où bat le coeur de la balletomanie pétersbourgeoise, partagée entre amateurs blasés n'applaudissant les prestations que du bout des doigts (si tant est que l'on se fatigue encore à applaudir) et amateurs enthousiastes et lanceurs de bravos tonitruants et généralement bien sentis. Le spectacle sociologique en efface malheureusement un autre : celui de la vidéo, très présente durant le spectacle, soit sous la forme de petits montages sur la carrière de Kovaleva et/ou de Vichneva, soit comme élément de la mise en scène, dans le LIVE de Hans van Manen. De ma place, je ne vois pas non plus les saluts à Kovaleva, placée, à l'instar des professeurs et maîtres de ballet, dans la grande loge d'avant-scène côté cour juste au-dessus de l'orchestre. Pourtant, je me dis que le vrai spectacle est là, dans ces offrandes et accolades offertes par chaque danseur, à l'issue de sa prestation, au professeur bien-aimé. Heureusement que Mariinsky.TV a pensé à tout, je me réjouis déjà de revoir tout ça (à propos, Diana Vichneva évoque un film sur Kovaleva - à venir, je suppose - sur Twitter).

Venons-en aux prestations elles-mêmes.

Le pas de deux de Casse-noisette, qui ouvrait la première partie, était pour moi de bon augure : la musique de Tchaïkovsky résonne dans le théâtre de manière inouïe - aucune vidéo ne peut en rendre compte -, la scène est éblouissante vue d'en haut, le décor vieux rose de la production Vainonen fait en quelque sorte partie du "folklore", et, ma foi, Nika Tskhvitaria, diplômée Vaganova 2015 engagée l'an dernier au Théâtre Stanislavski, ne manque ni de charme ni de présence. Si l'adage, avec un Ivanchenko toujours (ennuyeusement) irréprochable question présentation et partenariat, m'est apparu bien contrôlé, les variations ont en revanche semblé poser davantage de difficultés aux interprètes (surtout à la jeune danseuse en fait, Ivanchenko, en professionnel aguerri, les a plutôt esquivées). Dommage, car je me rends compte que ce pas de deux, accompagné de quatre demi-solistes masculins, et ouvertement inspiré de l'adage à la Rose de La Belle au bois dormant, est, dans sa simplicité, admirablement chorégraphié. J'ai trouvé globalement que cette première partie manquait de quelque chose - et sans doute était-ce de Diamants, annoncé sur la feuille de distribution (avec Kristina Shapran et Timour Askerov) et malheureusement zappé sans explication. On a pour le reste du mal à comprendre la présence consécutive de deux adages extraits du Spartacus de Jacobson. C'est une découverte intéressante que ce style théâtral évidemment daté, fait de poses plastiques inspirées de la sculpture antique, aux antipodes de l'héroïsme bravouresque et jusqu'au-boutiste de Grigorovitch, une grande sérénité s'en dégageait, les interprètes m'en ont paru de surcroît excellents (notamment Alexander Sergueïev en Harmodius, revu deux jours plus tard dans le rôle d'Evguéni dans Le Cavalier de Bronze - que n'est-il étoile????...), mais un extrait du ballet eût largement suffi, me semble-t-il. Je n'ai pas grand-chose à dire du duo acrobatique et burlesque de Radu Poklitaru, extrait de The Rain, dansé par Alisa Petrenko (fille de Ludmila Kovaleva) et Igor Kolb. J'adore ce dernier, c'est un interprète complètement à part, et j'aurais évidement aimé le voir dans quelque chose de plus consistant et mémorable que ce gâchis d'énergie, même pas vraiment amusant. Le pas de deux du Corsaire arrive, après cela, comme un cheveu sur la soupe, mais à vrai dire, c'est un peu pour ce genre de prestation que l'on assiste à un gala, a fortiori au Mariinsky. Ekaterina Borchenko, étoile du Mikhaïlovsky, me semble assez représentative du fossé qui demeure entre les deux grands théâtres de Saint-Pétersbourg. Elle danse fort correctement (quoique des fouettes comme ceux qu'elle nous a servis, qui ressemblaient à des espèces de tours à la seconde sans consistance, je doute que, loin des querelles bien anecdotiques entre fouettés français et fouettés russes, ils aient reçu la double bénédiction de Mmes Vaganova et Kovaleva), mais il n'y a pas ce petit supplément de raffinement et d'aura qu'ont les danseuses du Mariinsky, qu'on les apprécie ou pas du reste. En revanche, Andrei Ermakov a été splendide, alliant charisme, élégance virile, fougue bien tempérée et précision technique. De lui sont d'ailleurs venus les premiers émois (majoritairement féminins) de l'amphithéâtre, qui résonnait soudain de soupirs extatiques.

Les choses sérieuses sont advenues dans la deuxième partie, avec celle que tout le monde attendait, peut-être même avant la belle Diana - Olga Smirnova, l'enfant prodigue, la dernière grande élève de Kovaleva (diplômée Vaganova 2011, je crois), revenue au bercail avec son titre récent d'étoile du Bolchoï. Pas de rancune toutefois du public local, car à peine avait-elle posé un pied en scène, dans son tutu rouge carmin à couper le souffle, aux côtés du bel Artem (à la chevelure étrangement gominée), que les applaudissements crépitaient de tous côtés. C'est malheureux à dire, mais il faut bien reconnaître que les deux étoiles du Bolchoï ont non seulement été les plus applaudis - hors Vichneva, héroïne de la soirée, qui se produisait dans un autre répertoire -, mais les plus brillants - un mélange de flamboyance Bolchoï (et cet air de dire : "on est de la capitale, nous!") et d'élégance parfaite, chez elle comme chez lui. C'est en tout cas de très bon augure pour les débuts, plutôt inattendus, d'Olga Smirnova en Kitri, le 9 avril. Il était certes curieux de conserver le décor de Don Quichotte pour la prestation suivante, mais j'ai adoré et trouvé très pertinent le choix des Panaderos de Raymonda, avec Alisa Petrenko et Nail Yenikeyev, qui souligne bien l'importance et la valeur accordée à la danse de caractère dans l'école russe - et notamment dans le cursus de l'Académie Vaganova. Sans transition, on passe au pas de deux, pas grandement mémorable, de Wheeldon, Fool's Paradise, avec Olga Esina et Roman Lazik, qui apportent la touche "occidentale", plus tranchante, plus en clair-obscur, résolument absente jusque-là de la soirée.

Deux prestations de Vichneva concluaient la soirée, l'une avant le second entracte, l'autre après. Plus que le LIVE de Hans van Manen, avec l'impeccable Zverev (dont on comprend, avec son allure élégante de jeune urbain moderne, qu'il ait tapé dans l'oeil, avec notamment Kristina Shapran, de Benjamin Millepied pour ses chorégraphies), à côté duquel je suis un peu passée en raison de l'omniprésence de la vidéo, je retiendrai le duo The Old Man and Me, du même chorégraphe, avec Vladimir Malakhov, l'un de ses partenaires de prédilection. J'ai craint le pire au début (quelque chose comme un avatar d'un solo de Marco Goecke en version cool) en voyant Diana s'agiter comme une ado au son de la chanson de J.J. Cale... mais c'était oublier qu'Hans van Manen, lui, est un grand chorégraphe, chose pas si courante. Sa pièce, tripartite, comporte une théâtralité, une tension, une montée en puissance et j'ai été particulièrement touchée par la dernière partie, sur le concerto de Mozart n° 21, pourtant archi-rebattu - l'histoire d'un couple entre ombre et lumière, qui se déchire et se sépare. Il s'agit là, de manière évidente, d'un pied de nez ironique au fameux duo du baiser du Parc - un ballet que ces deux-là ont du reste dansé ensemble.


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haydn
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MessagePosté le: Lun Avr 04, 2016 1:14 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Le Cavalier de bronze, Mariinsky II, 02 04 2016


Avec Le Cavalier de bronze, Rostislav Zakharov et Reinhold Glière se situaient en 1949 dans une démarche analogue à celle de Vassily Vaïnonen et Boris Assafiev en 1932 : une fresque historique, teintée d'un message politique. Exaltation du courage des Révolutionnaires dans le premier cas (l'analogie 1789-1917 est patente), glorification de la ténacité du peuple Russe face à l'adversité dans le second. Lors de la création du Cavalier de bronze, le siège de Léningrad, qui s'était achevé tout juste quatre années auparavant, était encore présent dans toutes les mémoires pétersbourgeoises, et la reconstruction de la ville-martyre (plus d'un million d'habitants, soit 80% de la population de la cité, à l'époque, y ont perdu la vie dans d'abominables souffrances) était la priorité absolue de l'URSS stalinienne, pour d'évidentes raisons de prestige.

Le parallèle entre les dramatiques inondations de 1824 - qui servent de contexe au poème de Pouchkine - et les ravages causés par les hordes nazies de 1941 à 1944 est là aussi voulu : quels que soient les événements, les Pétersbourgeois relèveront la tête. Beaucoup d'entre eux sont morts pour la construction de leur ville, beaucoup sont morts pour sa défense, d'autres mourront pour sa reconstruction, mais Saint-Pétersbourg vivra.

Si Youri Smekalov a, pour sa reconstitution du Cavalier de bronze, voulu gommer les aspects politiques les plus saillants (tout ce qui relève de la critique de l'oppression tsariste/capitaliste a disparu) du livret originel de Piotr Abolilov, la dimension épique, magnifiée par une scénographie spectaculaire centrée autour de l'édification de la Cathédrale Saint-Isaac, est toujours présente : glorification de la Russie Eternelle, où les destinées individuelles doivent s'effacer au profit de l'oeuvre collective. C'est d'ailleurs là une licence importante prise avec le poème de Pouchkine. L'écrivain, lui, ne s'intéresse qu'à la tragédie personnelle, intime, d'Eugène et de Prascovie (Parasha), sa fiancée, qui a trouvé la mort lors des inondations évoquées plus haut. Dans le ballet, ils ne sont plus que des témoins passifs, dont le sort importe finalement assez peu : seule la fin, heureuse, compte : Saint-Pétersbourg ressuscite, la construction de Saint-Isaac reprend, et la vie continue. Saint-Pétersbourg / Léningrad, l'autre "Ville éternelle" (la similitude entre Saint-Isaac et Saint-Pierre de Rome n'est absolument pas fortuite).

On retrouve cette volonté d'exaltation de la grandeur russe dans la musique. Si dans Les Flammes de Paris, Assafiev avait joué les pédagogues, en faisant, au travers d'arrangements personnels, découvrir les compositeurs français de la Révolution, du Consulat et de l'Empire (Grétry, Méhul, Le Sueur...), dans Le Cavalier de bronze, ce sont les grandes figures de la vie musicale pétersbourgeoise qui défilent. Glinka, Tchaïkovski (Les Saisons, Le Voïévode, Eugène Onéguine), Rimsky-Korsakov, Glazounov (Raymonda[/i), Stravinsky ([i]Pétrouchka) - sans parler du répertoire traditionnel militaire avec des réminiscences de la marche des Chasseurs (Jegerski) ou de celle du Régiment de Préobrajenski - la première unité de la Garde impériale, créée en 1683 par Pierre Le Grand - sont ainsi pastichés et rappelés à la mémoire des auditeurs.

Pour cette "résurrection" du Cavalier de bronze, l'orchestre, placé sous la direction de Vladislav Karklin, était d'ailleurs de bon niveau, avec une excellente section de cuivres sur scène à l'acte III et un joli violon solo de Ludmila Tchaïkovskaïa (on ne choisit pas son patronyme!).

Sur le plan de la danse - et de la pantomine -, la figure dominante était celle, formidable, de Vladimir Ponomarev (Pierre Le Grand), monument vivant du Mariinsky, compagnie qu'il a intégrée en 1964, il y a cinquante-deux ans, pulvérisant les records de longévité établis par Carlotta Zambelli à l'Opéra de Paris au cours de la première moitié du XXème siècle.

Parmi les seconds rôles, on remarquait le duo bondissant et virtuose constitué de Sofia Ivanova-Skoblikova (Colombine) et de Vasily Tkachenko (Arlequin), ainsi que le Menshikov luxueusement distribué à Islom Baïmudarov. Et surtout, mention spéciale à Elena Bazhenova (La Mère de Prascovie) qui, grimée en vieille femme, donne, à l'acte II une magnifique leçon de danses "traditionnelles" sur l'air des «Nourrices» de... Pétrouchka!

Le couple principal était dominé par la présence touchante, parfois teinté d'autorité, d'Elena Evseeva, devant laquelle Konstantin Zverev - danseur très élégant au demeurant - paraissait presque trop s'effacer. Autre femme au caractère bien trempé, Oksana Skorik, truculente "Reine du bal" aux allures de Pompadour. On remarquera que dans la scène du Banquet, sur le proscénium, qui suit le bal rococo au Jardin d'été, Glière, à l'orchestre, cite malicieusement le Menuet des Contes d'Hoffmann d'Offenbach «Non, aucun hôte vraiment, Ne reçoit plus richement!» qui ouvre la fastueuse réception donnée en l'honneur de l'imposteur Spalanzani et de sa créature mécanique, Olympie. Allusion au drame qui se nouera à l'acte suivant : vous dansiez, eh bien...

Le Cavalier de bronze s'avère donc un beau spectacle, qui ne génère pas l'ennui en dépit de sa durée de près de trois heures trente. Seul petit regret, quelque effets vidéo malheureux, d'apparence trop kitsch au goût d'aujourd'hui.



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sophia



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MessagePosté le: Lun Avr 04, 2016 1:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Distribution mise à jour de Giselle de ce soir :

Giselle : Ekaterina Osmolkina
Comte Albrecht : Evan McKie (Ballet national du Canada)
Hans : Islom Baimuradov
Myrtha : Ekaterina Ivannikova
Pas de deux classique : Renata Shakirova and Philipp Stepin


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sophia



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MessagePosté le: Lun Avr 04, 2016 5:25 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Un Q&A du Mariinsky avec Evan McKie et des photos de répétition de Giselle avec Ekaterina Osmolkina, Evan McKie et Serguei Vikharev, maître de ballet : https://www.facebook.com/mariinsky.theatre/posts/10154115071595798


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haydn
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MessagePosté le: Mar Avr 05, 2016 11:14 am    Sujet du message: Répondre en citant

Quelques souvenirs de la Giselle d'hier soir au Mariinsky. On risque d'avoir des débats animés avec Sophia et ElenaK, qui n'ont apparemment pas du tout perçu les choses de la même façon que moi.

Personnellement, je n'ai pas été totalement convaincu par le couple principal, même s'il y avait de belles choses : Ekaterina Osmolkina au jeu outré et peu crédible en jeune paysanne naïve à l'acte un, hésitations techniques à l'acte II (les arabesques penchées n'étaient pas d'une parfaite stabilité), Evan McKie bon, lui, dans la seconde partie, mais très effacé jusqu'à l'entracte (il est vrai qu'il n'a pas grand chose a faire, à part d'être beau, dans l'acte I). Le prince était un peu rejeté dans l'ombre par le bouillant Hilarion (appelé Hans en Russie) d'Islom Baïmuradov, qui lui, brûlait littéralement les planches. Vladimir Ponomarev - décidément au turbin tous les soirs, chapeau - a aussi campé un Duc de Courlande de belle prestance.

A retenir également de cette Giselle, le très vif Pas de deux des paysans, enlevé avec virtuosité et piquant par Renata Shakirova (qui remplaçait à la dernière minute Valerya Martynyuk) et Philip Stepin, l'"Emmanuel Thibault" du Mariinsky, toujours distribué dans les purges techniques en raison de sa technique et de son ballon. Ses variations étaient si bien réussies qu'on lui pardonnera volontiers un petit déséquilibre sur son ultime réception.

Et la Bathilde de Yulia Kobzar était si craquante qu'on se demande bien pourquoi Albrecht veut à tout prix rompre ses fiançailles pour aller batifoler avec Giselle. Mais bon, il n'y aurait pas d'acte blanc, sinon...

Le vrai "héros" du second acte aura été le magnifique corps de ballet du Mariinsky, avec des Wilis d'une tenue et d'une discipline exemplaires, qui faisaient honneur à la réputation de la légendaire compagnie pétersbourgeoise. On mentionnera également l'excellente Diana Smirnova (Zulma, la "sous-cheffe" Wilis aux côtés de son acolyte Monna), qui nous a gratifé d'une brève mais explosive variation, histoire de nous remettre dans l'action juste après la pause, et la non moins remarquable Myrtha de Ekaterina Ivannikova, imposante et autoritaire, sûre de sa technique, avec de très jolis piétinés, qui donnaient l'impression qu'elle glissait littéralement sur la scène du Mariinsky (ah, une apparition comme celle-ci sur la Neva gelée, dans les brumes vespérales de la cité de Pierre).

L'orchestre, lui, invitait moins à la rêverie, avec des cordes correctes, mais malheureusement aussi des cuivres très approximatifs, et des bois - flûte solo notamment - qui alternaient le meilleur et le pire.




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MessagePosté le: Mar Avr 05, 2016 2:23 pm    Sujet du message: Répondre en citant

haydn a écrit:
Quelques souvenirs de la Giselle d'hier soir au Mariinsky. On risque d'avoir des débats animés avec Sophia et ElenaK, qui n'ont apparemment pas du tout perçu les choses de la même façon que moi.


Avec moi, aussi. Very Happy

Yekaterina Osmolkina en Giselle. Je l’ai adoré !

Autrement nous sommes plus ou moin d’accord au sujet des danseurs.


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haydn
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MessagePosté le: Mar Avr 05, 2016 3:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Apparement Amandine Albisson et Hervé Moreau risquent d'être forfaits pour La Nuit s'achève (B. Millepied) qui devait être représenté lors du gala de clôture du Festival du Mariinsky. Information à prendre encore au conditionnel.



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ElenaK



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MessagePosté le: Mar Avr 05, 2016 10:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Et bien, oui, Amandine Albisson et Hervé Moreau sont remplacés par Ekatetina Kondaourova et Roman Beliakov. Les autres couples ont également subits des modifications : Svetlana Ivanova remplace Kristina Chapran tandis que Xander Parish remplace Konstantine Zverev.

En fin de compte, ça nous donne pour La Nuit s'achève :

Ekatetina Kondaourova et Roman Beliakov
Svetlana Ivanova et Tmour Askerov
Nadejda Batoeva et Xander Parish


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Delph'



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MessagePosté le: Mar Avr 05, 2016 11:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Pouvez-vous partager vos critiques sur la prestation d'Heloise Bourdon de ce soir? Merci


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haydn
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MessagePosté le: Mar Avr 05, 2016 11:53 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Il est une heure du matin en Russie, pitié pour vous "envoyés spéciaux" à Saint-Pétersbourg... dodo!



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MessagePosté le: Mer Avr 06, 2016 11:01 am    Sujet du message: Répondre en citant

En bref, tandis que nous attendons les mots définitifs de Haydn, Very Happy j’ai trouvé Héloïse Bourdon être absolument superbe et très bien reçue par les spectateurs de Saint-Pétersbourg.


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haydn
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MessagePosté le: Mer Avr 06, 2016 11:15 am    Sujet du message: Répondre en citant

Allez, ce que vous attendiez arrive (il y aura d'autres comptes-rendu plus développés au retour de Russie). Et mes mots n'ont rien de définitif, ce serait bien présomptueux de ma part. J'espère au contraire qu'il y aura débat!




















Donc, quelques mots de ce Lac des cygnes qui constituait évidemment pour Héloïse Bourdon une étape majeure dans sa carrière artistique. Il n'est pas donné à toutes les ballerines, mêmes russes, de pouvoir danser LE chef-d’œuvre de Petipa, Ivanov et Tchaïkovski sur la scène mythique du Mariinsky. Grosse pression donc sur les épaules de Mlle Bourdon, qui a plutôt bien maîtrisé ses nerfs. Étrangement même, au lever du rideau, son partenaire, Timur Askerov, paraissait davantage tendu.

Si à Paris, Héloïse Bourdon - a priori plutôt étiquetée "danseuse lyrique", du moins selon les critères français - m'avait surprise par un cygne noir très théâtral et expressif, à Saint-Pétersbourg, la logique a primé, et c'est dans les actes blancs qu'Héloïse Bourdon s'est avérée la plus convaincante, et tout particulièrement dans le second tableau du 1er acte (qui correspond au 2ème acte de la version Nouréev). Mlle Bourdon possède de jolis port de bras, plus gracieux et mieux travaillés que ce qui nous est habituellement donné à voir à l'Opéra de Paris, où le travail des jambes et des pointes prime sur le reste. De ce fait, elle s'intégrait harmonieusement à la compagnie pétersbourgeoise, et comme elle l'avait annoncé, elle a cherché à incarner un cygne plus conforme aux habitudes russes, du moins dans la limite de ce que permettaient les quelques jours de répétition qui lui ont été accordés. On ne devient pas Ulyana Lopatkina en une semaine...

Les équilibres, très bien tenus, ont constitué un autre point fort d'Héloïse Bourdon, et ils lui ont valu l'admiration du public local, qui n'a pas ménagé les applaudissements.

Son Cygne noir, bien campé sur le plan théâtral, a lui été moins souverain en ce qui concerne la technique. Les tours-attitude de la grande variation du III sont passés de manière un peu juste, et les (28, si j'ai bien compté) fouettés se sont terminés trop abruptement. La succession des fouettés simples et doubles ne s'est pas non plus faite de la façon habituelle, et les doubles n'étaient pas toujours placés là où on les attendait. Curieusement, Héloïse Bourdon a semblé céder ici un peu au trac (c'est elle, qui de loin, avait abattu la meilleure série de fouettés - 32 au compteur à chaque fois - lors de la dernière reprise du Lac des cygnes à l'Opéra Bastille), alors qu'elle n'avait pas laissé paraître de nervosité lors de son entrée au deuxième tableau de l'acte I.

Le troisième acte (quatrième chez Nouréev) lui a donné l'opportunité de se reprendre et de faire valoir à nouveau ses qualités, notamment d'équilibriste. Elle a commis quelques pêchés véniels, comme des sauts en arabesque un arrière un peu timorés, mais qui n'ont en rien entaché une représentation qui s'est achevée par un beau succès, avec plusieurs rappels : les applaudissements nourris ont contraint le régisseur à relever le rideau alors que la salle commençait déjà à être évacuée.

Il faut savoir gré à Héloïse Bourdon d'être allée jusqu'au bout du défi qui lui était posé, avec beaucoup de courage - se produire en Odette/Odile dans une salle aussi chargée d'histoire, et devant un public réputé parmi les plus exigeants au monde n'était vraiment pas une mince affaire -, en n'imposant pas à tout prix sa propre culture chorégraphique, et en se conformant - ainsi qu'elle l'avait annoncé dans l'interview qu'elle nous avait accordée - du mieux possible aux pratiques pétersbourgeoises tout en ne reniant pas l'école française dont elle est le produit.

Timur Askerov (Siegfried) est un beau - presque trop beau - partenaire, et lui, évidemment, connait le Mariinsky sur le bout des chaussons. On peut lui reprocher une attitude parfois un peu trop distante, compassée, mais c'est un partenaire solide, qui met en valeur la ballerine, comme il se doit. Sa danse est très élégante, jamais vulgaire, et les manèges (les grands jetés au II) étaient bien tournés, avec énergie et élévation.

On signalera également l'excellent Rothbart de Konstantin Zverev, le spécialiste du rôle au Mariinsky. A Saint-Pétersbourg, le mauvais génie teuton finit terrassé par le beau Siegfried (on se croirait chez Wagner - Lohengrin a manifestement inspiré Tchaïkovski et Petipa), qui par convoler avec son Odette retrouvée, tandis que le cygne noir finit probablement plumé au fond du Lac Ladoga...

Nous avons aussi eu droit à un beau couple de Napolitains (Anna Lavrinenko et Alexeï Nedviga) au II, tandis que Xander Parish était, dans le pas de trois de l'acte I, remarquablement entouré de Nadezhda Batoeva, et plus encore, de Sofia Ivanova-Skoblikova, rayonnante et à la technique impeccable.

J'ai en revanche été moins convaincu par le pas de six des fiancées (une valse, chorégraphiquement et musicalement assez inintéressante), et par le fameux pas de quatre des petits cygnes, que je persiste à préférer (les bons soirs) à l'Opéra de Paris. Les danseuses du Mariinsky, gênées par leur haute stature (il est difficile de faire la différence avec les quatre grands cygnes) ne rendent pas aussi bien le caractère mécanique qui fait la saveur de cette page célèbre.

En revanche, les alignements, dans les actes blancs, sont admirables et la grâce des Cygnes pétersbourgeois (les ports de tête parfaits, les bras d'une grâce incomparable) sont un hommage permanent à l'école russe de ballet, tout comme la merveilleuse acoustique de la salle historique du Mariinsky (les calculs savants et les appareils de mesure électroniques ne feront jamais mieux que le savoir faire que se transmettaient autrefois les architectes de maître à élève) est un hommage aux grands musiciens russes.



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ElenaK



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MessagePosté le: Mer Avr 06, 2016 2:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Attendez, pas tout en même temps. Les spectacles sont tous les jours, et je n'arrive pas à participer à tous le débats par écrit avec votre vitesse. Giselle d'abord.
haydn a écrit:
On risque d'avoir des débats animés avec Sophia et ElenaK, qui n'ont apparemment pas du tout perçu les choses de la même façon que moi.
Et bien, vous l'avez voulu, Haydn.
Je ne comprends pas comment peut-on reprocher le jeu outré à Ekaterina Osmolkina en générale et dans Giselle en particulier. Je l'ai regardée de près, plus près que le premier rang de l'orchestre, munie de toutes sortes d'objets optiques (lunettes, jumelles... il ne manquait que le microscope) et je n'ai rien vu de tel. Êtes-vous sûr de partagez avec nous vos impressions sur Mlle Osmolkina ? Si on veut du jeu outré, ça se trouve chez Mlles Ossipova ou Vichneva, alors que Mlle Osmolkina est une ballerine-aquarelle, toute en délicatesse. Pour moi, Ekaterina Osmolkina est une Giselle née. Je partage l'avis de Viktoria Tetechkina (vous voyez, ce ne sont pas deux, mais au moins quatre femmes qui ne partagent pas votre point de vue, cher Haydn) que Ekaterina Osmolkina n'a pas besoin de jouer quoi que ce soit dans ce rôle. Elle entre sur scène et elle est Giselle. Déjà, l'emploi d'ingénue lui va parfaitement, mais, en plus de ça, elle est une excellente ballerine romantique, dont le sens du style ne cesse pas de me surprendre. Comment peut on ne pas admirer son exquise série d'arabesques romantiques fondantes au second acte qu'elle fait comme personne d'autre ? Les autres ballerines que j'admire dans le rôle de Giselle, dont mes préférées Novikova et Lopatkina (et cette dernière est une icône de ces fameuses arabesques que même Zakharova n'arrive pas à égaler), les font d'une façon assez classique. Diana Vichneva fait ces arabesques, en rejetant les deux bras derrière ça tête, d'une façon bien à elle, exagérément expressive. Par contre, Ekaterina Osmolkina, grâce à son sens de mesure, lève les bras croisés sans dénaturer le style romantique. Et la variation du second acte ? N'était elle pas un merveille de musicalité ? D'abord, les relevés délicieusement accentués et ensuite les petits sauts délicats. Rien que pour ça on peut lui pardonner un léger tremblement dû à la recherche d'équilibre lors d'une arabesque penchée, terriblement longue par ailleurs. Et remarquez, elle n'exagère pas avec les extensions (contrairement à Alina Somova ou Svetlana Zakharova, par exemple). Ce que certains prennent pour la faiblesse technique de Mlle Osmolkina je vois plutôt comme sa fragilité physique et même ça elle arrive à mettre au service de son personnage. Les ballonnés sur une pointe, dans la variation du premier acte, n'avaient pas assez d'avancement pour que leur diagonale remplisse tout l'espace du plateau, mais c'était joué d'une façon très touchante : une jeune fille gracieuse au coeur fragile tente à dépasser son handicap.

Au premier acte, le duo de Mlle Osmolkina en Giselle avec Mr McKie en Albert (c'est comme ça que l'on appelle en Russie) ressemblait à l'enchantement de la jeunesse, bien que j'aie trouvé le jeu du partenaire pas très cohérent. C'est peut-être parce qu'il cherchait à rendre sa mimique trop lisible qu'il a failli la caricaturer : "là, mon personnage était joyeux et je souriais et, maintenant, il est troublé, alors je change de masque". À cause de ça, je me suis fait une idée concernant son Albert comme d'un personnage superficielle, incapable d'éprouver un vrai sentiment, un poseur qui n'est jamais lui-même, même quand il est seul. Mais, je me suis trompée. Dès l'arrivée de Bathilde, il est devenu évident que cet Albert est vraiment amoureux de Giselle et non pas de lui même. Bien qu'il a eu un moment de faiblesse (pris au dépourvu, il a dû se sentir perdu), il n'a pas renier sa Giselle : il n'osait pas lui regarder dans les yeux, mais essayait de retenir sa main. Bathilde (Youlia Kobzar) l'a bien compris. La scène muette entre le conte et son écuyer (Alexeï Nedviga), qui se regardent dans les yeux au moment où le bonheur s'écroule, a été d'une telle intensité que le temps de sa durée j'ai complètement oublié Giselle. Pourtant, Ekaterina Osmolkina a été remarquable dans la scène de la folie. J'ai beaucoup aimé la façon dont Giselle glissait des bras d'Albert. La première fois, elle lui est passée entre les bras au moment de sa mort, comme si d'un coup elle était devenue immatérielle. Et la deuxième fois c'était au seconde acte, avant l'adage, lorsqu'Albert essaie d'attraper le spectre de Giselle, mais le nuage blanc lui glisse encore entre les mains. Je ne me souviens pas avoir vu ça auparavant. A moins que je ne sois pas suffisamment attentive, cette scène est d'habitude dansée différemment. Giselle échappé des mains d'Albert en horizontale et non pas en verticale comme c'était ce lundi chez Ekaterina Osmolkina et Evan McKie. Ce que j'ai aimé moins c'est les piétinements sur place de Mr McKie, qui se contentait d'esquisser les battements au premier acte, alors que sa partenaire, juste à côté, faisait les mêmes pas d'une façon plus honnête. Et même la petite batterie de Ekaterina Osmolkina, une chose bien étonnante, m'a paru plus ciselée que celle de son partenaire, du moins au premier acte. Les diagonales des brisés d'Evan McKie au second acte ressemblaient étrangement à celles de Timour Askerov, son corps paraissait trop relaxé pratiquement dès le début et je n'aime pas trop ça parce que ça fait un peu ambiguë pour le sujet du ballet : on ne comprends plus si il est comme ça parce que c'est trop facile (et alors pourquoi Giselle se fait des soucis pour lui ?) ou bien c'est parce qu'il s'est épuisé avant l'heure et n'arrive plus à se pencher un peu plus en avant.

Je suis plutôt d'accord avec Haydn au sujet de Myrtha de Ekaterina Ivannikova : elle est très autoritaire, bien froide et saute bien. Mais je n'aime pas trop la raideur excessive de ses ports bras. Je n'exclus pas que c'était voulu pour accentuer lˋeffet du froid tombal, mais, de temps en temps, je voyais juste à côté les bras exquis de Svetlana Ivanova et la comparaison n'était pas en faveur de Mlle Ivannikova. Pour la même raison, des deux Willis, j'ai préféré Monna de Xenia Ostriekovskaïa aux ports de bras moelleux (j'ai étais également ravie de la découvrir le lendemain dans l'un des deux cygnes, mais j'en écrirai plus tard) plutôt que Zulma de Diana Smirnova, bien que cette dernière a été très bien aussi. J'ai quand-même un point de désaccord avec Haydn concernant Ekaterina Ivannikova. La première série de pas de bourré du fond vers l'avant-scène, à l'entrée de Myrtha, a été en effet magnifique. Elle semblait littéralement glisser sur le plateau, à peine touchant la surface avec les bouts de ses pointes. Par contre, cet effet à complètement disparu au moment où elle partait dans les coulisses, son corps rebondissait à chaque pas. Dommage. J'ai remarqué aussi un petit moment de précipitation au milieu de sa variation, dont on pourrait se passer. Avec tout ce que j'ai dit sur la prestation de cette danseuse (non pour être méchante, mais, au contraire, parce que je crois qu'elle a un beau potentiel dans ce rôle qu'elle n'a dansé que deux fois, il me semble), je dois avouer que je l'ai trouvée tout à fait crédible en Myrtha.

En ce qui concerne le pas de deux paysan (appelé classique ici), j'ai préféré Philipp Stepine à sa jeune partenaire Renata Chakirova. Avec Valeria Martynuk, le dialogue entre les deux partenaires aurait pu être d'égal à égal, mais la jeune Renata, bien que ne manque pas d'assurance, n'a pas encore l'élégance de Filipp Stepine. Je sens que je me répète, mais là encore mon reproche principal concerne les ports des bras. Techniquement parlant, ce n'était pas tout à fait parfait non plus. Les pirouettes que la danseuse doit terminer en mettant sa main sous le bras de son partenaire se terminaient d'abord sur le pied plat. Par contre, elle m'a fait bien rire à un moment des saluts. Les applaudissements que Renata a eus déjà à deux reprises se sont éteints, mais elle a recommencé à faire les révérences et le public a été obligé de recommencer à l'applaudir pour la troisième fois et ça rien qu'après l'entrée du pas de deux. Smile Apparemment, elle aime beaucoup ça, parce que je me rappelle d'une situation similaire lors de son premier Don Quichotte en automne dernier. Pour revenir à Filipp Stepine, je ne suis pas certaine de bien comprendre qu'est-ce que l'on appelle "des purges techniques". Il me semble que les danseurs qui aiment leur métier (le mot "art" serait peut-être mieux), qui ne sont pas encore fatigués ou désabusés et qui sont compétents, ce qui est le cas de M Stepine, sont ravis de faire briller leur virtuosité. Filipp Stepine n'en rate pas une occasion, en choisissant souvent les versions les plus techniques pour ses variations. Il est quand-même souvent (peut-être pas autant que les "étoiles") distribué dans les rôles principaux : Désiré, Basilio, Romeo et Mercutio, Albert dans Giselle, le prince dans Casse noisette et dans Cendrillon, Zéphyr dans Le Réveil de Flore, sans compter de nombreuses partitions centrales dans les ballets de Balanchine, pour ne citer que ce que j'ai vu de mes propres yeux au cours de deux-trois dernières saisons.

Au début de cette saison, lors du report de Giselle sur la nouvelle scène, ses décors ont été rénovés. Apparemment, la scène historique a aussi bénéficié de ces rénovations. Je ne me rappelle pas avoir vu aussi clairement auparavant le lac au fond de la scène. Par contre, ce lundi, il y a eu un petit incident désagréable avec la fumée au début du second acte. Au lieu de couler dans la fosse d'orchestre, elle a commencé à monter, en cachant complètement Hans (Islom Baïmouradov) venu déposer les fleurs sur la tombe de Giselle. Heureusement, ça n'a pas duré trop longtemps et Hans fut la seule victime des effets spéciaux.




Dernière édition par ElenaK le Ven Avr 08, 2016 4:22 am; édité 1 fois
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