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Prix de Lausanne 2015 (2-8 février 2015)
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haydn
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MessagePosté le: Jeu Fév 05, 2015 8:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Les photos de la journée du 03 février 2015 (1ère série) :







































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haydn
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MessagePosté le: Jeu Fév 05, 2015 8:21 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Les photos de la journée du 03 février 2015 (2ère série) :



































































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haydn
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MessagePosté le: Ven Fév 06, 2015 10:05 am    Sujet du message: Répondre en citant

A 10h00, début de la retransmission en direct des sélections (1/2 finales) au Prix de Lausanne, sur Arte Concert (streaming) :



http://concert.arte.tv/fr/selections-du-43eme-prix-de-lausanne



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sophia



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MessagePosté le: Ven Fév 06, 2015 10:31 am    Sujet du message: Répondre en citant

Ce matin, place aux candidats du groupe A. Histoire de patienter jusqu'à 10h, une petite interview du sympathique Dmitri Zadorozhniy, le plus jeune danseur de la compétition et l'un des deux candidats officiels de l'Académie Vaganova (Maria Martyanova est considérée comme candidate libre), venu à Lausanne accompagné de son professeur, Ilya Novoseltsev, et de son directeur qu'on ne présente plus, Nikolaï Tsiskaridze, qui semble bien vouloir revivifier les relations, dissolues ces dernières années, entre le Prix de Lausanne et l'Académie Vaganova.

Rencontre avec Dmitri Zadorozhnyi



Comment avez-vous commencé la danse?

Je viens de Rostov sur le Don. J'ai commencé par faire du rock'n roll acrobatique. Ensuite, une personne a conseillé à mes parents de me présenter à l'audition de l'Académie Vaganova. Nous sommes partis avec mes parents à Saint-Pétersbourg. On n'a rien pris avec nous, mes parents ne pensaient même pas que je serai accepté. Mais j'ai été pris. Mes parents son repartis à Rostov et moi je suis resté à Saint-Pétersbourg. Je suis devenu interne.

Votre famille avait un lien avec la danse?

Pas du tout. Mais dans ma famille, il était de tradition d'aller au théâtre. On allait voir de l'opéra, du ballet. C'est là que j'ai pris goût à la danse.

Comment se passe l'audition à l'Académie Vaganova?

Il y a deux possibilités. Pour entrer en première année, il y a un examen qui comporte trois tours. Ils commencent par regarder les données physiques. Ensuite, on a un examen médical pour vérifier notre état de santé. Enfin, ils observent la musicalité, la coordination. On peut aussi entrer en deuxième année, c'est un autre examen. Moi je suis entré en première année. Mais c'était un peu exceptionnel. Quand je suis arrivé à l'école, c'était une semaine après la rentrée, les auditions étaient déjà terminées. Il y a eu une audition rien que pour moi.

Et maintenant, vous êtes en quelle année?

Là, je suis en quatrième année. Il y a neuf années d'étude : cinq classes + quatre classes.

Quelle est la journée typique d'un élève de l'Académie?

Je me lève vers 7h-7h30. A 9h, nous avons le cours classique. Il dure 1h30. Ensuite, nous avons l'école (les matières académiques). Ensuite il y a le repas. Puis, à nouveau école. Ensuite, nous avons un cours de danse de caractère ou un cours de gymnastique. Après, nous pouvons encore avoir des répétitions, car nous avons souvent des spectacles le soir au Mariinsky. Au total, nous avons 8 ou 9h de cours dans la journée.

Vous participez souvent aux spectacles?

Ce sont plutôt les plus jeunes élèves qui y participent. Moi j'ai déjà dépassé ce stade. Mais j'ai dansé dans Le Corsaire, La Bayadère, Casse-noisette... En décembre, il y a tout un bloc de représentations de Casse-noisette où c'est l'école seule qui danse. Mais cette année, je n'y ai pas participé parce que je préparais le concours.

Vous allez aussi voir des ballets?

Jusqu'à la cinquième année, il y a des règles strictes et les internes ne peuvent pas sortir le soir. J'y vais quand même parfois, mais pas très souvent. En revanche, quand je suis chez moi à Rostov, je vais souvent voir du ballet, j'aime moins l'opéra.

Quels sont vos ballets préférés?

Casse-noisette, Le Lac des cygnes, La Bayadère, Giselle.

Et vos danseurs préférés?

Olga Smirnova, du Bolchoï, Alexander Sergueiev et Vladimir Shklyarov, du Mariinsky.

C'est vous ou l'école qui a décidé de vous présenter à Lausanne?

C'est l'école qui a décidé. Je ne connaissais pas du tout le Prix de Lausanne. Et c'est mon premier concours.

Vous pouvez nous parler de vos variations?

J'ai travaillé deux variations classiques au départ : celle du pas de deux des paysans de Giselle et celle de La Sylphide. J'étais plutôt concentré sur celle de Giselle au début. J'ai travaillé dessus pendant six mois. Mais finalement, on a pris La Sylphide. Je la préfère. Elle est très dynamique, très gaie. La difficulté, c'est qu'il y a beaucoup de sauts. Il y a des variations qui nous permettent de souffler et dans celle-ci, à aucun moment, on ne peut souffler. Quant au contemporain, je n'en fais pas du tout à l'école. Il y a un professeur de contemporain qui vient de temps en temps à l'école, mais c'est pour les plus grands élèves. Il les prépare pour le théâtre. Avant de préparer cette variation, je n'en avais jamais fait. C'était très difficile au début.

Vous êtes encore un jeune élève, mais vous voyez votre avenir de danseur où?

Bien sûr, au Mariinsky. C'est un grand et bon théâtre. Mais pourquoi pas dans d'autres théâtres en Europe? J'avoue que je n'ai pas encore toutes les informations.



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sophia



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MessagePosté le: Ven Fév 06, 2015 6:56 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Brèves impressions de ces sélections avant les résultats :

J'ai trouvé le groupe des 15-16 ans, filles ou garçons, assez décevant : peu de personnalités et une technique souvent défaillante en classique, je ne parle même pas du style (ou du défaut de). Le contemporain ne les rattrapait pas forcément. Chez les filles, les Asiatiques m'ont quand même paru très au dessus-du lot, au moins sur le plan technique. Je retiens chez les filles la Coréenne Seon Mee Park (106) pour ses deux prestations, la Japonaise Eriko Nakajima (110), très bien en classique, l'Américaine Madeline Woo (111) avant tout pour l'autorité et le charisme qu'elle dégage. Chez les garçons, l'Américain Bret Coppa (202) montre beaucoup de personnalité, mais j'ai surtout apprécié les deux candidats suivants, les Américains Austen Acevedo (203), très complet (en dépit de la main à terre à la fin de sa variation), et Harrison Lee (204), très beau danseur classique.

Le niveau s'est considérablement élevé cet après-midi avec les 17-18 ans, que ce soit chez les filles ou chez les garçons. Parmi les/mes favoris pour la finale : la Suissesse Lou Spichtig (306), hypnotisante dans Le Sacre (et parfaite Aurore), les deux Coréennes, Lee EunHye (312) et Lee GaYeong (320), l'Américain du Bolchoï Julian MacKay (402), qui se détache surtout en classique, le Brésilien Vinicius Marcos Silva (410), danseur complet et lauréat potentiel, les Chinois Wu Ze (407) et He Taiyu (421), les Japonais Hayami Shogo (416) et Otsuka Suguru (417). Une mention spéciale à Pierre Karbowiak (413), absolument remarquable en contemporain, aux quatre élèves du Conservatoire de Lisbonne, tous enthousiasmants à un titre ou à un autre (pas des physiques exceptionnels, mais des personnalités), notamment Miguel Pinheiro (401), et enfin, pour le style et l'allure, à Elena Solomianko (317) dans Paquita et à Maria Martyanova (322) dans la Reine des Dryades.

Tout cela sera évidemment développé plus tard... Wink

J'espère que les dansomaniaques viendront partager leurs impressions s'ils ont regardé la retransmission. Smile


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sophia



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MessagePosté le: Ven Fév 06, 2015 7:43 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Finalistes :

Groupe A

102- Bianca Scudamore
105- Sierra Armstrong
106- SeonMee Park
107- Amber Ray
108- Rebecca Blekinsop
202- Bret Coppa
203- Austen Acevedo
204- Harrison Lee
205- Navrin Turnbull
210- Jarod Curley

Groupe B

301- Rina Kanehara
302- Jisoo Park
306- Lou Spichtig
320- GaYeong Lee
401- Miguel Pinheiro
402- Julian MacKay
406- Jack Thomas
409- Mitsuru Ito
416- Shogo Hayami
419- Lorenz Garcia Syvert


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haydn
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MessagePosté le: Ven Fév 06, 2015 8:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Les photos de la journée du 04 février 2015 (1ère partie) :





































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haydn
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MessagePosté le: Ven Fév 06, 2015 8:58 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Les photos de la journée du 04 février 2015 (2ème partie) :

















































































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Sarra



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MessagePosté le: Ven Fév 06, 2015 9:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

"Sur l'étoile je n'ai rien à dire
C'est un son aigre comme un fruit
C'est un murmure qu'on poursuit

..."
Queneau, Chêne et chien, II

Sur la danse je n'ai (plus) rien à dire -pour autant que j'aie jamais eu à dire quoi que ce soit digne d'être porté -via Dansomanie- à la connaissance de "tout l'univers"...
Mais ce soir le murmure intérieur est trop perçant -trop aigre- pour ne pas forer le silence...
Certes -certes !- les critères de décision sont multiples (et détaillés dans le règlement du concours). Mais ce qu'un candidat montre dans ses variations de la demi-finale -en tout cas quand il s'agit du mieux, dont on peut raisonnablement postuler qu'à la différence du pire il n'est jamais accidentel- peut-il être non homothétique des autres critères ?
Autrement dit : un candidat peut-il être bon dans ses variations sans être dans le haut du classement pour les autres critères de jugement ? Difficile de le concevoir...
Aussi, que ne soient en finale ni Elena Solomianko, ni Vinicius Marcos Silva, ni Ze Wu, fait en moi murmure...
Mais, comme le veut généralement la bienséance, les pensées amères ne se diront pas davantage : sur ce résultat je n'ai rien à dire : c'est...


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haydn
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MessagePosté le: Ven Fév 06, 2015 11:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bienvenue à nouveau parmi nous Sarra.

Je ne me risquerai pas à vous contredire, mais il est vrai que la formule retenue par le Prix de Lausanne pour établir le classement des candidats, depuis quelques années, est particulièrement complexe, ce qui peut expliquer l'étonnement du public qui a pour seule référence les prestations sur scène. Même pour moi, qui ai la chance d'assister à la totalité du concours, les critères d'évaluation ne sont pas toujours évidents à appréhender.

Si la présence en finale, cette année, de trois coréennes, n'a rien de surprenant au vu de la qualité remarquable de la délégation venue du pays du Matin calme, j'ai tout de même été étonné par certains noms qui figurent - ou ne figurent pas - au palmarès.



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titania



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MessagePosté le: Ven Fév 06, 2015 11:59 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne peux me prononcer que sur le groupe B, n'ayant suivi le live que l'après midi... et comme Sarra, je suis très déçue pour ces 3 danseurs... Elena Solomianko (317) était irréprochable et expressive en Paquita, et j'ai trouvé son interprétation du Sacre vraiment convaincante. Pas sûr que Nicolai Tsiskaridze reste en bons termes avec le Prix de Lausanne après que tous les représentants de Vaganova aient été évincés de la finale Very Happy
La variation classique de Wu Ze (407) était nickel, même Patrick Armand au coaching n'avait plus rien à corriger... pour le contemporain, j'ai trouvé le niveau plus homogène chez les garçons.
Mention spéciale tout de même à la variation contemporaine de Pierre Karbowiak (413), le seul qui m'a semblé vraiment habité/impliqué et qui m'a émue.
Alexandra Burman (304) a dansé une belle Giselle. Cette jeune américaine, présente pour la seconde année consécutive sans accéder à la finale, semblait très déçue.
Lou Spichtig (306)... wouah !! Incarnation d'Aurore, et un Sacre envoûtant. Coup de coeur féminin de ce prix 2015.
Le coup de coeur masculin, c'est Julian MacKay (402), pour sa variation classique pleine de virtuosité et une grande présence scénique.
Une pensée pour Miko Fogarty (314), dont la déception doit être grande, elle qui est habituée à tout gagner. Et qui était finaliste avec le Prix de la meilleure Suisse il y a 2 ans. Mais je n'ai pas été convaincue par ses variations : en classique elle est techniquement très solide, mais l'expressivité lui fait défaut. Cela se ressent dans son interprétation du Sacre du printemps, vraiment en dessous de Lou Spichtig ou Elena Solomianko.
Je ne comprends pas trop ce que cherche cette danseuse, à enchainer les concours depuis des années. Elle ne semble pas vouloir changer d'école, puisqu'elle reste à l'Indiana Ballet Conservatory. Je suppose qu'a 18 ans et avec sa grande exposition médiatique, elle a déjà du avoir des propositions pour des compagnies ou compagnies junior. Peut être veut-elle une compagnie en particulier ? Ou se perfectionner encore avant de se lancer ?
Pour le groupe B, en tous cas, le prix du tonnerre d'applaudissements est revenu aux brésiliens Vinicius Silva et Tallison Nascimento Smile


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titania



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MessagePosté le: Sam Fév 07, 2015 12:15 am    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai suivi les diffusions en live quotidiennes et eu l'impression que les candidats n'appliquaient pas toujours les corrections données... Par exemple la sortie de scène du Solo for Diego où les bras doivent rester immobiles le long du corps - la coach avait insisté dessus. Ne pas regarder le sol dans l'attitude face au public du solo Touch, feel, sense. Ou des détails de variations classique que j'ai entendu corriger par Monique Loudières et Patrick Armand. Comme quoi ce n'est pas facile de modifier au dernier moment un mouvement devenu réflexe par des heures et des heures de répétition.


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sophia



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MessagePosté le: Sam Fév 07, 2015 11:41 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Sarra et Titania pour vos impressions. Smile


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sophia



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MessagePosté le: Sam Fév 07, 2015 11:56 am    Sujet du message: Répondre en citant

A quelques heures de la finale, je vous propose une petite rencontre avec l'un des finalistes - remarqués -, Julian MacKay. Julian MacKay a 17 ans et est actuellement en dernière année à l'Académie chorégraphique de Moscou, que l'on appelle couramment l'Académie du Bolchoï. Venu en famille à Lausanne (il est accompagné de sa maman, qui vit avec lui à Moscou, et de sa grande sœur, Maria-Sascha Khan, désormais soliste principale à l'Opéra d'Ekaterinbourg), il nous raconte le parcours insolite qui l'a conduit d'une petite bourgade du Montana à Moscou.

Rencontre avec Julian MacKay



D'où êtes-vous originaire?

Je m'appelle Julian MacKay et je suis né à Bozeman, dans le Montana, aux États-Unis.

Comment avez-vous commencé la danse?

La danse, ça a plus ou moins commencé pour moi grâce à mes sœurs aînées, qui faisaient elles-mêmes de la danse. Sinon, j'ai toujours entendu de la musique de ballet à la maison et mes parents étaient amateurs d'art.

Vous venez d'une famille liée à la danse?

Mes parents ne sont pas du tout danseurs, mais mes sœurs, oui. Je les ai vu danser toutes les deux, l'aînée [Maria-Sascha, soliste principale à l'Opéra de Ekaterinbourg, ndlr.], puis la seconde [Nadia, danseuse de la Compania Nacional de Danza, à Madrid, ndlr.], dans les Casse-noisette qui étaient donnés dans le théâtre du coin et c'est comme ça que m'est venu le goût de la danse. Je me suis dit que moi aussi je pourrais essayer cela. Vers l'âge de trois ans, je faisais déjà des claquettes dans l'allée à la maison, j'adorais ça, ce fut en quelque sorte mon premier contact avec la danse. Après ça, j'ai vraiment commencé à vouloir prendre des cours de danse, mais ma mère ne voulait pas. Elle savait, avec mes sœurs, que c'était compliqué de trouver un bon cours de danse, tout particulièrement au Montana. Je l'ai suppliée, mais elle a attendu deux ans avant d'accepter. Elle voulait que ce soit un vrai désir de ma part. Elle ne voulait pas que ce soit uniquement à cause de mes sœurs.

Quelles ont été vos premières expériences en tant que danseur?

La première fois que j'ai vraiment dansé, c'était probablement dans Casse-noisette à Bozeman, j'interprétais le rôle de Fritz. J'ai tout de suite adoré faire de la scène. Je me suis dit là que c'était un bon métier! (rires) Plus tard, j'ai fait Casse-noisette avec l'ABT. L'ABT était en tournée à Washington au Kennedy Center. Ils auditionnaient des enfants pour leur Casse-noisette. C'était ma première expérience avec des danseurs classiques professionnels. Je faisais l'un des garçons qui participent à la fête à l'acte II et je me suis retrouvé en photo en première page d'un journal de Washington. C'était le prolongement de ce que j'avais pu vivre à l'âge de six ans quand je faisais Fritz.

Et sur la scène du Bolchoï?

Nous avons les spectacles de l'école. J'ai eu un rôle de soliste dans La Fille mal gardée. J'ai également dansé dans un ballet de Nacho Duato, La Moroso. J'ai dansé aussi dans les parties chorégraphiées pour les enfants dans les ballets au répertoire du Bolchoï – Casse-noisette, Esmeralda... On a aussi fait une tournée en Grèce et en Italie, avec Lantratov, Ossipova, qui était encore au Bolchoï.

Comment vous êtes vous retrouvé en Russie?

Je voulais entrer dans une école pour me former vraiment au métier de danseur, pour avoir une bonne base. Mes parents avaient conscience, du fait de l'expérience qu'ils avaient déjà eue avec mes sœurs, que c'était très difficile de trouver une formation adéquate. J'ai donc participé au YAGP à onze ans, dans la catégorie « pre competitive » - la catégorie réservée aux plus jeunes danseurs. Je dansais une pièce où j'interprétais un danseur espagnol, un truc à la Don Quichotte, et une autre, néo-classique, où j'interprétais un héros conquérant avec une épée – j'adorais aussi l'escrime quand j'étais gamin. Grâce au YAGP, j'ai obtenu une bourse pour un stage d'été dans le Connecticut avec des professeurs du Bolchoï [« Bolshoi Summer Program, ndlr.].

Les professeurs m'ont ensuite invité à Moscou pour une année scolaire. J'avais alors onze ans. C'était une grosse surprise, parce qu'en général, ils invitent des élèves qui ont entre seize et dix-huit ans, d'autant qu'ils n'ont pas d'internat pour les plus jeunes. Je suis devenu le plus jeune élève américain qu'il y ait jamais eu à l'école. Ils m'ont permis de suivre tout de suite le cursus russe. En fait, à l'Académie de Moscou, il y a deux programmes : un programme pour les Russes et un programme international, qui est très différent. Dans le premier, il y a vraiment les meilleurs professeurs et tous les cours sont en russe. Je me suis donc retrouvé dans cette classe – en troisième année [le cursus à l'Académie de Moscou est de huit ans – cinq années de « cours probatoire », trois années de « cours avancé », ndlr.]. Ça n'était jamais arrivé auparavant. Il m'a fallu à peu près trois mois pour comprendre les choses. Je ne voulais plus repartir aux États-Unis et j'ai convaincu ma mère de rester avec moi à Moscou. Mon frère Nicholas, qui a trois ans de moins que moi, m'a rejoint l'année suivante. Il a auditionné à son tour en Russie et lui est entré en première année à l'Académie.

Il y a beaucoup d'étudiants étrangers à l'Académie?

Dans ma classe, il y a un autre Américain. De manière générale, à l'Académie, il y a beaucoup d'élèves étrangers, mais ils sont dans des classes internationales. Pour suivre le cursus russe, il faut parler russe couramment et pouvoir passer les examens en russe. L'autre Américain est en fait à moitié Russe.

Cette année est votre dernière année?

Oui, c'est l'année de mon diplôme. Mon professeur est Mikhail Sharkov, un ancien soliste du Bolchoï. C'est une grosse affaire, parce que j'ai suivi la totalité du cursus russe, ce qui inclut les matières académiques, tout cela en russe. Cela signifie que je passe mon diplôme en russe, tout comme un élève russe. Je suis le premier étudiant américain à faire ça.

Pourquoi avez-vous souhaité participer au Prix de Lausanne? Je suppose qu'il y a un lien entre le fait que vous allez terminer vos études et la participation à la compétition...

Mes études s'achèvent et je peux dire que j'ai tout adoré. Quand vous avez passé autant d'années dans une même école, la compétition se passe entre vous et vos amis, entre vous et vos connaissances. Mais dans une compétition comme Lausanne, il y a d'autres danseurs, qui ont d'autres styles, qui ont appris d'autres techniques. C'est important de voir ce qui se passe ailleurs dans le monde du ballet.

Qu'attendez-vous du Prix de Lausanne?

Je ne sais pas, peut-être une compagnie ou une école pour une année supplémentaire, mais j'ai 17 ans, je termine mes études, donc plutôt une compagnie quand même.

Quelle est la compagnie dont vous rêvez? Ce n'est pas le Bolchoi?

Bien sûr, j'adore le Bolchoi. Mais une chose est de suivre la formation à l'école, une autre d'être engagé dans la compagnie. Bien sûr, j'ai plus de chances qu'un autre Américain étant donné que j'ai fait le cursus, mais je ne sais pas, ils ne nous disent rien avant le mois de juin. On verra bien ce qui se passe... Nous avons des examens en juin et un spectacle sur la scène du Bolchoï. Les gens du Bolchoï et d'autres compagnies viennent nous voir et ils sélectionnent les danseurs qui leur plaisent.

Idéalement, vous préféreriez rester en Russie ou rejoindre une compagnie occidentale, en Europe ou en Amérique?

Encore une fois, je ne sais pas comment les choses vont se passer. J'ai seulement 17 ans. En Russie, je pourrais effectivement commencer à travailler, mais ailleurs, en Amérique ou en Europe, il faut avoir 18 ans. Dans ma tête, je suis déjà prêt pour la scène. J'ai fait mes débuts récemment dans le rôle du Prince Siegfried dans Le Lac des cygnes avec le Russian State Ballet, une compagnie itinérante, dirigée par Viacheslav Gordeev. On a fait une tournée de deux semaines en Allemagne. C'était une expérience géniale, une première pour moi. Je me suis vraiment senti fait pour la scène. J'étais très nerveux évidemment, mais j'avais une très bonne partenaire. Au fur et à mesure, je me suis détendu et j'ai pris beaucoup plus de plaisir à danser.

Quelles sont les variations que vous présentez à Lausanne et pour quelles raisons les avez-vous choisies?

Pour le classique, j'ai choisi la variation d'Albrecht, tirée de l'acte II de Giselle, et pour le contemporain, Solo for Diego. La variation d'Albrecht, c'est vraiment ma variation préférée. Il y a énormément d'émotion dans cette variation et pouvoir donner de l'émotion au public, c'est ce que j'aime le plus. Giselle, c'est exactement le type d'émotion que j'aime transmettre, Albrecht aspire à retrouver sa bien-aimée qui est morte et il est en colère parce qu'il n'arrive pas à échapper à l'emprise des Wilis. J'aime le contraste sur lequel elle est bâtie : au début il est triste, et à la fin, il se rend. C'est un défi de donner de l'émotion dans une variation aussi brève. Mon coach pour le Prix est Nikolai Tikhomirov [père d'Anna Tikhomirova, première soliste au Bolchoï, ndlr.]. C'est un très bon prof pour les rôles dramatiques. Il me dit toujours qu'on ne peut pas danser un rôle sans avoir inscrits dans la tête chaque pas, chaque expression faciale, chaque regard, chaque position des doigts. Tout ça doit être parfaitement en place. C'est comme ça que lui vivait les rôles. Il insiste beaucoup sur les émotions.

Pour le contemporain, j'ai d'abord regardé tous les solos. Je me suis demandé lequel m'allait le mieux, lequel serait le plus facile pour moi. Solo for Diego m'a semblé le plus facile, mais en réalité, quand on se met à travailler la plastique des mouvements, il est vraiment dur. J'ai voulu en changer! Mais là aussi, mon coach à Moscou, Alisher Hazanov, est très bon. Il coache parfois quelques danseurs de l'école en contemporain. Il est Géorgien et est diplômé de l'école du Bolchoï. Pour moi, il est parfait, il est drôle et sérieux quand il le faut. On s'est vraiment bien amusés ensemble. Quand l'occasion s'est présentée de travailler avec lui, il a commencé par me dire que ce n'était pas sa chorégraphie, que ce serait difficile, mais au fur et à mesure des répétitions, il s'est vraiment pris d'amour pour cette pièce. On verra bien, mais je pense que ce sera bien.

Vous vous êtes inspiré de certains danseurs pour la variation d'Albrecht?

Tout à fait. J'aime beaucoup la manière dont les anciens danseurs du Bolchoï dansent Giselle. L'un de mes mentors au Bolchoi est Mikhail Lavrovsky et il m'a un peu coaché sur cette variation, pour les émotions et l'aspect technique également. Il a pu partager avec moi un certain nombre d'informations concernant la manière de danser, les regards, les raisons motivant tout cela.... Il m'a notamment parlé des émotions qu'il avait eues quand lui-même dansait le rôle d'Albrecht.

Vous avez aussi participé au YAGP?

J'ai participé au YAGP à Paris l'an dernier. J'ai dansé un solo contemporain chorégraphié par Aisher Hazanov intitulé Casse-noisette cubain et j'ai obtenu le premier prix. C'est une salsa cubaine très vivante. Je me suis bien amusé. En classique, j'ai dansé Flammes de Paris et j'ai fini troisième. Je n'ai eu que trois jours pour m'y préparer, mais c'était une bonne expérience.

Quelles différences voyez-vous entre Lausanne et le YAGP?

L'atmosphère est beaucoup plus sympa à Lausanne. C'est moins compétitif. Ici, tout le monde est là pour apprendre, progresser, faire une nouvelle expérience. Au YAGP, c'est différent, on arrive, on fait sa variation une fois et c'est fini. Ici, ça ressemble davantage à un apprentissage. Il y a une pré-sélection vidéo et les danseurs sont d'un meilleur niveau. J'espère aller à New York pour la finale, mais mes examens à Moscou ont lieu plus ou moins en même temps. Il faudra voir. Mais évidemment, j'aimerais beaucoup y aller.





Dernière édition par sophia le Lun Avr 06, 2015 5:19 pm; édité 3 fois
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Alexis29



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MessagePosté le: Sam Fév 07, 2015 12:02 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai lu une interview du nouveau président du Prix de Lausanne hier dans le journal "Le Temps". M. Lagonico, c'est son nom, ne semble pas très bien connaître l'historique du Prix car lorsque le journaliste lui dit que le concours a, dans le passé, été organisé à New York, Moscou et .... Paris, il ne corrige pas et aurait dû car le Prix de Lausanne n'a jamais eu lieu à Paris ! M.Lagonico renchérit même en disant qu'ils pensent à une édition à Séoul ou Tokyo pourquoi pas mais, si c'est le sujet, il aurait été bien de dire qu'à Tokyo ça a déjà été fait dans le passé, en 1989. Là il le présente comme une innovation absolue.
Suit ensuite une étrange comparaison avec le Concours de Varna, alors qu'à mes yeux le seul autre concours comparable ou concurrent soit le YAGP. Il termine en disant que le Prix de Lausanne est comme une école (???) et que son objectif serait que les grandes compagnies de danse aient dans leur organisation des lauréats du Prix de Lausanne. Il me semble que c'est chose faite depuis belle lurette non ? L'ensemble me laisse une impression très approximative.




Dernière édition par Alexis29 le Sam Fév 07, 2015 12:10 pm; édité 3 fois
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