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Nouvelles du Ballet Biarritz
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haydn
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MessagePosté le: Dim Sep 08, 2019 10:57 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Bernard45, si vous avez des soucis pour mettre les photos en ligne vous pouvez me les envoyer par mail, et je m'en occuperai!



_________________
Un petit "j'aime" sur la page Facebook de Dansomanie : http://www.facebook.com/Dansomanie/
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Bernard45



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MessagePosté le: Dim Sep 08, 2019 11:47 am    Sujet du message: Répondre en citant

Eh non Haydn, pas de difficultés à mettre les photos en ligne. Le problème, c'est que les photos, y'en a pas pour l'instant. Elles se dorent au soleil de Biarritz.

La journée de samedi arrive, patience.


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Bernard45



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MessagePosté le: Dim Sep 08, 2019 12:05 pm    Sujet du message: Répondre en citant

"Douce Dame" par la compagnie Adéquate

Le Festival se poursuit en entamant son premier week-end.

En hors d’œuvre, dans le hall du casino, devant une baie vitrée derrière laquelle les vagues déferlent sur la plage, sous un ciel bleu bien que voilé, un pigeon se posant sur la balustrade, (quel plus beau décor pour la danse !), la Compagnie Adéquate sise à Poitiers nous présente « Douce Dame », d’après le poème chanté de Guillaume de Machaut écrit au 14ème siècle. Ils sont quatre, ils chantent, dansent et s’accompagnent de tambourins, d’une flûte et d’une cornemuse.

Voix superbes, danse légère, on se frôle, on se touche, on se porte, on joue en découvrant l’amour. La Compagnie est animée par Lucie Augeai et David Gernez. Tonnerre d’applaudissements au final !



Crédits : @Stéphane Bellocq - téléchargement interdit




Dernière édition par Bernard45 le Mar Sep 10, 2019 4:23 pm; édité 1 fois
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Bernard45



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MessagePosté le: Dim Sep 08, 2019 12:27 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Holy, par Shlomi Tuizer

Au Colysée, petite salle fort agréable, le danseur israélien Shlomi Tuizer présente « Holy ».

Allen Ginsberg a fait partie comme Jack Kerouac de la Beat Generation, mouvement littéraire dans les années 50 aux Etats-Unis, en conflit avec l’ordre moral US. « Howl », écrit par Ginsberg a d’abord été interdit, jugé obscène, ses éditeurs emprisonnés, avant qu’un juge n’infirme la décision. Son poème est un cri de désespoir, une protestation, un hurlement, (« Howl » en anglais), contre le conformisme, et comme l’a déclaré Ginsberg lui-même, un moyen d’accepter sa propre identité homosexuelle.

Shlomi Tuizer a puisé dans le poème de Ginsberg dans la création de son solo, « Holy », poème que le public entend, soit enregistré, soit lu par le danseur, en français d’abord, en anglais ensuite, et in fine, en hébreu, langue maternelle de Shlomi Tuizer.

Dans une première partie, Tuizer est à terre, son corps est pris de tremblements, il rampe, tente de se relever, échoue… Plus tard, il change de vêtements, erre sur le plateau, à la manière, et là j’interprète le sens du solo, d’un prisonnier dans une cellule, ou d’un malade dans un hôpital psy.

On rejoint alors le début du poème de Ginsberg :

« J’ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus, se traînant à l’aube dans les rues nègres à la recherche d’une furieuse piqûre… »

Quant au passage final en hébreu, peut-être, et l’interprétation est toute personnelle, veut-il tirer un parallèle avec la situation dans son pays natal et plus généralement la Palestine.

J’avoue être resté assez réservé sur ce solo de Shlomi Tuizer, par ailleurs remarquable danseur, et malgré les chauds applaudissements du public.



Crédits : @Stéphane Bellocq - téléchargement interdit




Dernière édition par Bernard45 le Mar Sep 10, 2019 4:29 pm; édité 2 fois
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Bernard45



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MessagePosté le: Dim Sep 08, 2019 12:39 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Fix me, par Alban Richard

Alban Richard découvre la danse contemporaine un peu sur le tard. Il est aujourd’hui chorégraphe à la tête du CCN de Caen. Il présentait au casino de Biarritz, sa dernière création, « Fix me », programmée à Chaillot la saison passée.

Le chorégraphe a choisi de travailler avec un musicien et pas n’importe lequel, Arnaud Rebotini, celui qui a créé la musique du film de Robin Campillo, « 120 battements par minute » qui lui valut un César. Rebotini, cheveux gominés, est un as de la musique techno, se jouant de ses claviers synthétiseurs disposés tout autour de lui, haut perchés sur le plateau et dominant donc la scène.

En bas, des morceaux d’estrade entassés à gauche qu’on déplacera tout au long du spectacle afin de changer le décorum, et quatre autres placés face au public sur lesquels viennent, les uns après les autres, se mouvoir quatre danseurs dont le chorégraphe lui-même. Que dansent-ils ? A l’oreille nous dit-on, un écouteur leur retransmet les prêches des évangélistes américains, lesquels peuvent durer des heures. Mais le public ne les entend pas, il est submergé par la techno de Rebotini, que les danseurs n’entendent pas. On suit ?

La danse est donc déconnectée de la musique, pourquoi pas ? Le résultat est pour moi, remarquable. On se prend au jeu, la danse est pleine d’humour, on en devine les raisons, et Rebotini excelle.

Dans une dernière partie, on hisse des drapeaux noirs qui s’agitent au vent, signe de deuil ou d’anarchie, qu’on jettera plus tard par terre, dans un indescriptible chaos d’estrades. Retentit un gospel, « Can’t fell at home », chacun repart d’où il est venu, Rebotini en dernier.

On peut interpréter la scène finale comme on veut, ou ne rien y voir, c’est selon. On me dit que le spectacle interroge sur la possibilité d’un soulèvement, qu’il pourrait se passer quelque chose après. Personnellement, j’ai vu au travers des drapeaux noirs et du chaos, l’Amérique de Trump. A chacun son image !

Une bordée de huées a accueilli les artistes venus saluer, tout autant d’applaudissements nourris mêlés aux Bravos. On a le droit de ne pas apprécier, mais pas sûr que les huées n’aient pas été préparées à l’avance. Dommage pour les artistes !



Crédits : @Agathe Poupeney




Dernière édition par Bernard45 le Sam Sep 14, 2019 2:42 pm; édité 2 fois
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Bernard45



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MessagePosté le: Dim Sep 08, 2019 4:46 pm    Sujet du message: Répondre en citant

En cette fin d'après-midi dominicale, la chorégraphe Myriam Perez Cazabon proposait, place Bellevue, "Iceberg" avec 4 danseuses. C'est le Festival dans la rue.

Un public dense entourait la scène.







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Bernard45



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MessagePosté le: Lun Sep 09, 2019 9:54 am    Sujet du message: Répondre en citant

60 par Amos Ben-Tal

Cela fait plusieurs années déjà que la Direction artistique du « Temps d’Aimer » confie au Korzo Theater basé à la Haie (heureuse ville !), le soin de proposer un chorégraphe et un spectacle pour le Festival de Biarritz. Cette année, le choix s’est porté sur Amos Ben-Tal. Israélien, passé par Toronto et surtout le NDT durant 9 années, il crée son collectif en 2012, « OffProjects » avec d’anciens danseurs du NDT et de la Batsheva Dance Company. A Biarritz, il présente « 60 » pour 5 danseurs, 60 comme les secondes dans une minute, lesquelles seront égrenées par trois fois, ou comme les minutes dans une heure que dure le spectacle.

Sur le plateau, 3 femmes, deux hommes, maillot et short bleu gris. Sur une musique composée par Amos Ben-Tal lui-même, le chorégraphe dissèque les mouvements des corps, les lignes sont agréables, une mécanique de précision très répétitive anime la démarche des danseurs. C’est à une dissection en 4 dimensions du geste et du temps à laquelle nous assistons. Travail très propre, même si un certain hermétisme se dégage de l’ensemble.



Crédits : @Stéphane Bellocq - téléchargement interdit




Dernière édition par Bernard45 le Mar Sep 10, 2019 4:15 pm; édité 3 fois
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MessagePosté le: Lun Sep 09, 2019 3:56 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Anonimo par la Compagnie David Coria

Sur les 10 jours de Festival, quelques spectacles sont attendus plus que d’autres, sans doute parce qu’ils sont têtes d’affiche, et surtout parce qu’ils font saliver à l’avance le spectateur averti. Il en est ainsi de la Compagnie de David Coria, lui-même virtuose du flamenco. En Espagne et ailleurs, il est reconnu comme un des tout meilleurs sur la scène flamenca. Il va nous le prouver en cette soirée dominicale à la Gare du Midi, qui se lèvera pour lui assurer une standing ovation au final.

« Anonimo » a été présenté au Festival de Jerez, en Andalousie en mars dernier, où il a obtenu le Prix du Public. Ce qui, au vu de la prestation des danseurs, chanteuse et musiciens, est amplement mérité.

Côté Jardin, Percussions, violoncelle et guitare, orchestre dirigé par Jesus Torres, lui-même à la guitare, avec des solos d’une impressionnante beauté. A leur droite, la chanteuse de Flamenco, Gema Caballero, à la voix phénoménale, est déjà à elle seule, un monument vocal. Côté cour, un rideau ajouré au travers duquel les 3 danseurs apparaissent en filigrane. Précisément, au lever de rideau, une silhouette, de dos, des mains l’entourent, combien ? 4, ou 6 ?

Et donc 3 danseurs, ou plutôt 2 danseurs et une danseuse : David Coria, Rafael Ramirez, et la dernière venue, Florienca Oz qui semble avoir intégré le groupe récemment, puisqu’au Festival de Jerez, 3 hommes dansaient.

Je reste absolument émerveillé par la technique des 3 danseurs, utilisant leurs talons en percussions, à une vitesse vertigineuse, tout en dansant et se déplaçant sur le plateau. On respire une osmose parfaite entre danseurs d’une part, chanteuse et musiciens d’autre part, les seconds n’hésitant pas à se lever et partager la scène avec David Coria et ses deux acolytes. On verra même Gema Caballero perchée sur les épaules de Coria et entamer un air de flamenco !

On reproche souvent au Flamenco, son côté machiste naturel et historique. Ici, Florienca Oz qui a repris le rôle tenu par un danseur, apporte sa touche féminine à la danse, notamment parce que David Coria la considère comme son égal, ce qui retire cet aspect machiste si contesté. En cela, « Anonimo » est une parfaite réussite.



Crédits : @Stéphane Bellocq - téléchargement interdit


Photo prise au Festival de Jerez




Dernière édition par Bernard45 le Mar Sep 10, 2019 4:20 pm; édité 2 fois
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Bernard45



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MessagePosté le: Mar Sep 10, 2019 3:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Fossile de Martin Harriague

Martin Harriague est un jeune danseur et chorégraphe, issu du Ballet Biarritz junior, passé par la compagnie israélienne Kibbutz Contemporary Dance, et aujourd’hui revenu sur sa terre natale puisqu’il est artiste associé au Malandain Ballet Biarritz. Je l’avais découvert il y a deux ans ici-même à Biarritz, avec un ballet qu’il avait chorégraphié, « Pitch » comme les initiales du compositeur russe, un hommage au grand Piotr Illitch. J’avais été profondément impressionné par son souci du détail, et par le lien exigeant qu’il tisse entre la partition musicale et les mouvements du corps. C’est encore vrai aujourd’hui.

Il présentait ce lundi soir au casino, en première mondiale comme on dit, « Fossile », pièce pour deux danseurs, sur le thème « des liens, sur fond d’urgence écologique, entre l’homme et sa planète ». La musique est de Schubert.

Une étendue mouvante couvre le plateau, eau, magma, on ne sait trop, un désastre écologique a dû s’abattre sur la planète. Un bras émerge et se replie, une jambe, puis deux, enfin un corps gagne la rive. L’homme (Martin Harriague) retourne marcher sur cet élément, tel Jésus sur la mer, glisse, arrache tout et entre par une cavité dans une sorte de monolithe à droite de la scène. D’où il ressort avec les restes d’un squelette qu’il tient devant lui. Là le miracle se produit : le squelette devient femme par un jeu de lumière qui m’a littéralement bluffé.

Elle, c’est la danseuse Frida Dam Seidel, de la compagnie de Göteborg où elle danse le répertoire de Cherkaoui ou Ohad Naharin. Tous deux se sont rencontrés à la Kibbutz Compagny en 2013.

Son solo, empruntant à la danse classique, est d’une totale beauté. Elle utilise toutes les possibilités physiques qu’offre son corps, jouant avec la tête du squelette comme d’un ballon. Puis vient l’inverse, où elle découvre dans le monolithe, passé à gauche de la scène (nouveau miracle), le corps d’un homme qu’elle extirpe, plie, déplie, replie, afin de lui redonner vie. Au passage, joli portrait du Christ en croix. Au final, les deux danseurs apparaissent dans un saisissant tableau d’Adam et Eve au milieu de feuilles de vigne. L’humanité peut enfin recommencer à vivre…

Clins d’œil à la genèse, à la Bible en maniant un humour certain, dans cette remontée du temps. L’homme et la femme sauront-ils sauver la planète après l’avoir détruite ? C’est la question que pose Martin Harriague dans « Fossile ».

Tonnerre d’applaudissements au baisser de rideau, pour celui qui est né à Bayonne et qui fait honneur au Pays Basque.

Le spectacle est co-produit par le Malandain Ballet Biarritz et Korzo Productions, deux structures amies, la Générale avait eu lieu au Korzo il y a quelques jours.



Crédits : @Stéphane Bellocq - téléchargement interdit


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Bernard45



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MessagePosté le: Mer Sep 11, 2019 2:44 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Siren de Pontus Lidberg

La Direction artistique du Festival de Danse de Biarritz a jugé bon d’inviter la Compagnie « Danish Dance Théâtre », basée à Copenhague et dirigée par le chorégraphe suédois Pontus Lidberg. Choix non critiquable, d’autant plus que Lidberg avait été invité en mars dernier par l’Opéra de Paris, dans un triple Bill avec Cherkaoui et Goecke. A cette occasion, |b]Lidberg[/b] avait présenté « Noces » sur la musique de Stravinski, mais dansé avec le Ballet de l’ONP. Cette fois-ci, il vient à Biarritz avec sa propre compagnie et propose « Siren », ballet créé en 2018.

« Noces » n’avait pas été bien perçu par le public, si ce n’était la critique du Monde qui s’était déclarée ravie. Et tant mieux si les avis sont partagés, la culture est faite pour confronter des contraires.

« Siren » est « une relecture des Sirènes de l’Odyssée » est-il indiqué sur le programme distribué à l’entrée. En fond de scène, un grand aquarium duquel émerge une sirène. Viendront tourner autour d’elle, six danseurs dont on présume qu’il s’agit d’Ulysse et de ses compagnons.

Lidberg utilise la musique de Schubert, couplée à celle de Stefan Levin.

Que voit-on dans ce ballet d’une heure ? Une sirène qui émerge de son aquarium, six hommes qui viennent tourner autour de la belle, de très jolis solos, des duos magnifiques, une variation de cinq danseurs qui interpellent le spectateur tant par les mouvements des corps que par la musique, de très belles choses donc. Ainsi qu’un drap que les danseurs tendent à diverses reprises et qui sert, tantôt de voile de bateau, tantôt d’écran sur lequel est projetée une vidéo – Lidberg est aussi cinéaste. Mais au final, une impression d’un spectacle inabouti, et une danseuse (Sarawanee Tanatanit qui a quand même été primée au concours de Lausanne en 2001) qui semble trop réservée dans sa présence scénique. Peut-être ses variations auraient-elles gagné à s’orienter franchement vers le néo-classique !

Soirée intéressante, mais sans plus, dans la découverte d’un chorégraphe et d’une compagnie danoise, dans une Gare du Midi plus que bien remplie.


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Bernard45



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MessagePosté le: Jeu Sep 12, 2019 12:04 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Finding Now de Andrew Skeels

Andrew Skeels est un danseur / chorégraphe au parcours atypique. Il a débuté dans la danse Hip-hop très jeune, pour ne découvrir la danse classique et contemporaine qu’à l’âge de 17 ans à l’école du ballet de Boston, sa ville natale. Diplômé, il part au Canada et danse des pièces du répertoire classique, mais aussi celles de Mats Ek, Jiri Kyllian ou Ohad Naharin.

Depuis 2010, il chorégraphie ses propres pièces présentées régulièrement en France. « Finding Now », celle qui est programmée en cette soirée au casino de Biarritz dans une salle comble, a été créée sur commande du Théâtre de Suresnes dans le cadre du Festival cités danse 2018, dont le Directeur artistique est Olivier Meyer.

« Finding Now » est une pièce écrite pour cinq danseurs, deux femmes et trois hommes, que le chorégraphe a recrutés en France. Citons-les : David Bernardo, Mellina Boubetra, Hugo Ciona, Noémie Ettlin et Tom Guichard.

Sur des musiques de Bach, Vivaldi, Scarlatti, Haendel et d’autres, la danse est un entrelacs de bras, de jambes, de corps, souvent lors de mouvements ralentis épousant au millimètre une musique baroque assez populaire. Au sol ou lors de portés, les danseurs proposent des tableaux que l’on sent issus d’une recherche minutieuse. En solo, en duo, en trio ou tous les cinq sur le plateau, les scènes défilent devant un public scotché par une beauté visuelle peu commune, aidée en cela par un remarquable jeu de lumières.

Et comme Andrew Skeels est à l’origine un danseur de Hip-hop, deux variations en solo font référence à cette danse très prisée par les jeunes et moins jeunes, une reprise lors des saluts fera pousser quelques cris à la jeunesse biarrotte. Mais globalement, on parlera de danse contemporaine saupoudrée de Hip-hop pour qualifier « Finding Now », encore que le style du chorégraphe soit difficilement classable.

La pièce était programmée en février dernier à l’amphithéâtre Bastille, classée jeune public : on se demande bien pourquoi.


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Bernard45



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MessagePosté le: Ven Sep 13, 2019 9:00 am    Sujet du message: Répondre en citant

Traversée de Sylvie Pabiot

Sylvie Pabiot, Diplômée en philosophie, s’est orientée vers la danse contemporaine en travaillant avec diverses compagnies, notamment celle de Maguy Marin. Elle fonde en 2004 sa propre compagnie, Wejna du nom d’un solo qu’elle crée, mot extrait du langage des indiens nomades de Patagonie. Le dépliant remis à l’entrée nous explique « qu’elle explore sur le plateau la place du corps dans le mouvement de nos cités et dans celui de nos idées ».

Au Colysée jeudi soir, elle présentait « Traversée », pièce pour 5 danseurs, 3 hommes, 2 femmes. Le mot « Traversée » évoque d’abord celles des migrants en Méditerranée, mais aussi celle du désert, celle d’un pays, d’une agglomération, d’une route, d’un carrefour, ou simplement celle du plateau d’un théâtre. C’est encore celle d’une partie d’une vie. On peut entendre le mot sous différentes perceptions, mais il y a toujours un point de départ et un point de chute.

Dans l’ombre du plateau, se détache un amas non identifié. Puis une main, un bras apparaît, on comprend qu’il s’agit d’hommes et de femmes. La lumière se fait jour très lentement, les corps se détachent pour aussitôt se rassembler. Pourtant, le groupe éclate, chacun roule à terre de gauche à droite et retour, ainsi de suite pendant de longues minutes. Une main sur un autre corps, un bras qui enserre, se détache. Peu à peu, les corps tentent de se lever, retombent se relèvent. On s’agrippe, se sépare, se rassemble. On se porte, on s’entraide… Aucune pause durant 50 minutes, une sorte de transe gagne danseurs et public.

On aime ou on n’aime pas, les avis sont partagés. Pour ma part, je considère intéressant, le travail de la chorégraphe, laquelle transcrit un mot et l’ensemble de ses acceptions dans la danse contemporaine. Travail de philosophe aussi !


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Bernard45



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MessagePosté le: Ven Sep 13, 2019 4:21 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Kalakuta Republik de Serge-Aimé Coulibaly

L'Afrique est à l'honneur !

Serge-Aimé Coulibaly était invité à Biarritz, dans la salle du casino encore pleine, avec sa pièce emblématique, « Kalakuta Republik », créée pour le Festival d’Avignon en juillet 2017.

Coulibaly, est né au Burkina Faso, et après avoir chorégraphié la cérémonie d’ouverture de la Coupe d’Afrique de football en 1998, part pour la France, et bientôt la Belgique où il danse les ballets de Cherkaoui et Platel.

En 2002, il fonde sa propre Compagnie, « Faso Danse Théâtre », et crée des spectacles où il porte des regards critiques sur l’Afrique d’aujourd’hui qui interrogent les espoirs de la jeunesse subsaharienne.

Le titre « Kalakuta Republik » fait référence au nom de la résidence du chanteur nigérian Fela Kuti fondateur de l’afrobeat, qui dénonçait la corruption du pouvoir, les multinationales, le sexisme, les inégalités et dont la résidence fut rasée et lui emprisonné.

Le spectacle se déroule en deux parties. La première est beaucoup plus dansée que la seconde où le théâtre domine. La partie musicale est celle de Fela Kuti, d’après les arrangements d’Yvan Talbot, avec un saxophone impressionnant avant l’entracte. La seconde partie se fait beaucoup plus politique, Coulibaly revendiquant pour l’Afrique, la liberté, la fraternité entre les hommes, la paix. « Mon pays a besoin d’un poète », est-il écrit sur le mur. Sans doute une métaphore, un danseur accumulant les chaises sur ses épaules, le tout finissant par s’effondrer, représentant l’échec des peuples à s’unir. Quant à la partie danse, elle est assurée par les sept artistes, danse africaine, on ne s’en lasse pas de les voir se déhancher.

Spectacle total qui allie musique, danse, théâtre. On en sort baigné par la culture suibsaharienne.





Dernière édition par Bernard45 le Sam Sep 14, 2019 2:35 pm; édité 1 fois
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MessagePosté le: Sam Sep 14, 2019 11:34 am    Sujet du message: Répondre en citant

Soirée Cunningham avec le CNDC d'Angers

Merce Cunningham est né il y a 100 ans et est mort il y a 10 ans. Thierry Malandain, Directeur artistique du Festival « le Temps d’aimer… » a choisi d’inclure une soirée consacrée au grand chorégraphe américain, pari risqué car il faut remplir une salle de 1400 places. Aujourd’hui, à part les amateurs de danse contemporaine, qui connaît encore son nom ? Et quelle compagnie inviter ? Le Centre National de la Danse d’Angers s’impose évidemment, parce que son Directeur depuis 2013 n’est autre que Robert Swinston, un des plus proches collaborateurs de Cunningham à partir de 1980, et qu’il continue aujourd’hui à faire vivre l’œuvre du maître au travers des reconstructions de ballets, possédant les droits sur l’ensemble de l’oeuvre. Le Cunningham trust veille ! Pari réussi, la Gare du Midi étant proche d’être pleine, et parce qu’il est important que les jeunes découvrent ces ballets qu’on ne voit plus guère aujourd’hui.

Le choix de Swinston s’est porté sur deux ballets, « Birds » créé en 1991 et « Biped » en 1999.

Le premier, « Beach Birds » atteint le degré ultime de la beauté chorégraphique, n’ayons pas peur des mots. Pièce pour 11 danseurs, collants blancs sur l’ensemble du corps, bras et épaules noirs. Danseurs immobiles, puis un léger frisson sur un bras, une main, un geste presque imperceptible ici, une jambe légèrement pliée là, tout va s’animer avec une grâce parfaite. Les mouvements de tête, des bras, des jambes, tout paraît d’une fluidité totale et d’une beauté magique. Je me mets à regretter de ne pas avoir 3 ou 4 paires d’yeux, car comment tout voir quand sur l’immense plateau, tout bouge, tout est beauté, tout est sublime. La musique est de John Cage, musique réduite à peu de choses, une note au piano par ci, un gazouillis par là.

En seconde partie, « Biped » est radicalement différent. Un rideau de tulle est tendu devant la scène, les danseurs évoluant derrière. Sur le rideau sont projetés des vidéos, soit de danseurs, soit de traits se déplaçant horizontalement ou verticalement. Le résultat est spectaculaire, sans doute plus propre à intéresser le spectateur qui se rend pour la première fois à un spectacle de danse, que « Beach Birds ». Cunningham a expliqué que les images ont été réalisées à l’aide d’un ordinateur et de capteurs installés sur les corps des danseurs. Ici, la musique est beaucoup plus riche, certes déconnectée de la chorégraphie, et due à Gavin Bryars, présent (à 76 ans !) dans le petit orchestre en bas de la scène, venu, semble-t-il tout droit des Etats-Unis. On ne plaisante pas au John Cage trust !

Une soirée qui marquera le 29ème Temps d’Aimer, et dont je me souviendrai longtemps.


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Bernard45



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MessagePosté le: Sam Sep 14, 2019 2:22 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Dans l'engrenage par la Compagnie Dyptik

Vendredi, avant la soirée Cunningham, la Compagnie Dyptik présentait « Dans l’Engrenage ». Ils sont 7 sur scène. Du moins quand la lumière se fait difficilement jour, on distingue une table rectangulaire, un homme derrière, les mains sur la table. Trois danseurs se présentent à droite, autant sur la gauche, avec d’infinies précaution. Il faut dire que l’homme est secoué de tremblements. Un instant plus tard, il se fait éjecter de la table, d'autres prennent la place.

La suite : une belle danse sur une musique Hip-hop, de beaux enchaînements, mais de danse Hip-hop, point ou si peu, et c’est bien dommage d’autant plus que la compagnie annonce la couleur.

Le dépliant nous explique le sens de la chorégraphie : "Trouver une place, aussi fragile soit-elle... Se battre pour la garder... A bout de bars, ils se battent. A bout de force, ils construisent...".

Tonnerre d’applaudissements chez les jeunes venus nombreux (eh, oui, à Biarritz, les jeunes viennent à la danse – du moins certains, mais beaucoup plus qu’ailleurs, le travail de Thierry Malandain paie) qui ont peut-être cru voir du Hip-hop… Non, c’est pas possible, ils savent ce que c’est. Enfin, c’est ainsi…

Le lendemain, dans l’après-midi sur le parvis du casino, la Compagnie présentait une variation, « D-Construction ». Photos ci-dessous.







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