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Nouvelles du Théâtre Mikhaïlovsky
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sophia



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MessagePosté le: Ven Mar 05, 2010 8:03 am    Sujet du message: Répondre en citant

Isabelle Ciaravola dansera Giselle le 5 avril au Théâtre Mikhaïlovsky. Very Happy

Citation:

Isabelle Ciaravola at the Mikhailovsky Theatre
On April, 5, the Mikhailovsky Theatre presents étoile of the Paris Opera Ballet Isabelle Ciaravola in the masterpiece of Romantic ballet Giselle .


Isabelle Ciaravola was born in Corsica . At the age of 16, she won the First Prize from the Paris Conservatoire and entered the Paris Opera Ballet School . After graduating the School in 1990 she joined the Paris Opera Ballet and was promoted to Première Danseuse (Principal Dancer) in 2003. In 2009, she was promoted to étoile . Her repertoire includes the main roles in the ballets La Sylphide and Giselle, the roles of Nikiya in La Bayadère and the Queen of Dryads in Don Quixote . She also dances in ballets by Roland Petit and George Balanchine, Serge Lifar and Jerome Robbins, Wayne McGregor and Jiří Kylián, William Forsythe and John Cranko. She excelled in the roles of Marguerite and Manon in La Dame aux camélias (chor. by John Neumeier). Her exquisite and fragile silhouette, deep interest in stylistic details and psychological study of the role make her a unique dancer. Ballet critics hailed her feet as ‘the most beautiful in the world’.

Isabelle first performed at the Mikhailovsky Theatre in 2008. In October 2009, she took part in the world ballet stars gala closing the Grand Prix of the Mikhailovsky Theatre.

Source: http://www.mikhailovsky.ru/en/events/isabelle-ciaravola-at-the-mikhailovsky-theatre/


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sophia



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MessagePosté le: Ven Mar 05, 2010 5:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Et une autre nouvelle, qui ne l'est peut-être pas tant que ça, mais je le vois seulement maintenant: Zhanna Ayupova, qui comptait encore à l'effectif du Mariinsky en tant qu'étoile l'an dernier, est à présent répétitrice au Mikhaïlovsky.

http://www.mikhailovsky.ru/en/content/ballet-coaches/

En cadeau, une superbe vidéo (enfin, la prestation...) dans Chopiniana: http://www.youtube.com/watch?v=tZGAGO0-qJA


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sophia



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MessagePosté le: Ven Mar 12, 2010 8:34 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Le Théâtre Mikhaïlovsky et Isabelle Ciaravola présentent leurs excuses... La représentation de Giselle, programmée le 5 avril, est reportée en raison de la blessure contractée par la danseuse en répétition...

Citation:
Isabelle Ciaravola has postponed her performance
The Mikhailovsky Theatre and Isabelle Ciaravola offer an apology for the fact that the ballerina won’t be able to perform in Giselle on April, 5, as it was announced. Unfortunately, Isabelle Ciaravola was injured during the rehearsal in Paris and had to cancel her performances. The Mikhailovsky Theatre wishes Isabelle Ciaravola a quick recovery and looking forward to seeing her on the Mikhailovsky stage. The date of the performance is to be announced.

The new cast will be announced on March, 15. Tickets can be returned at the box-office of the Mikhailovsky Theatre. Detailed information at + 7-812-595-43-05.

Source: http://www.mikhailovsky.ru/en/


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sophia



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MessagePosté le: Lun Avr 26, 2010 6:59 am    Sujet du message: Répondre en citant

Le Mikhaïlovsky a ouvert un site pour présenter sa tournée à Londres (Coliseum), du 13 au 25 juillet (partiellement "en concurrence" avec celle du Bolchoï à Covent Garden) :

http://www.mikhailovsky.ru/london2010/

Les distributions ne sont pas encore disponibles, mais Tamara Rojo et Zdenek Konvalina sont annoncés en "guests".


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sophia



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MessagePosté le: Mer Mai 12, 2010 1:51 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Parmi les invités de la tournée londonienne, il y aura également Polina Semionova et Dmitri Semionov dans le Lac des cygnes (pas ensemble).

Les distributions sont à présent disponibles sur le site. Enfin, presque toutes... La première de Laurencia aura justement lieu un peu avant cette tournée, les 5 et 6 juin : http://www.mikhailovsky.ru/en/events/premiere-of-laurencia/

http://www.mikhailovsky.ru/london2010/


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Lanou



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MessagePosté le: Dim Mai 30, 2010 5:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ce site est bien fait, et on retrouverait le soir de la première du Triple Bill:
Triple Bill

July, 18 Sunday

Castings:
Irina Perren, Marat Shemiunov
Zdenek Konvalina, Anton Ploom
Vera Arbuzova, Ekaterina Borchenko, Anastasia Lomachenkova
Nikolay Korypaev, Andrey Yakhnyuk
Myriam Ould-Braham


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haydn
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MessagePosté le: Dim Mai 30, 2010 6:02 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'espère pour les spectateurs londoniens - auprès desquels elle est, tout comme Emmanuel Thibault, très populaire, que Myriam Ould-Braham sera rétablie d'ici à la mi-juillet. En tout cas, malheureusement pour le public parisien, elle ne devrait pas reparaître à l'Opéra de Paris avant la fin de la saison 2009-2010.


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sophia



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MessagePosté le: Jeu Juin 10, 2010 1:15 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Des photos du "revival" de Laurencia qui sera donné à Londres le mois prochain :

http://www.mikhailovsky.ru/en/events/laurencia_premiere


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haydn
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MessagePosté le: Mar Juin 15, 2010 9:39 am    Sujet du message: Répondre en citant

L'affiche officielle de la tournée :



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sophia



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MessagePosté le: Mer Juin 30, 2010 9:31 am    Sujet du message: Répondre en citant

Myriam Ould-Braham, qui était invitée sur le Triple Bill de la tournée londonienne du Mikhaïlovsky, ne figure plus sur les distributions.


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sophia



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MessagePosté le: Jeu Juil 22, 2010 1:35 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Quelques jours a Londres, et la suite du banc d'essai estival des compagnies russes... Laughing

Pour commencer, j'en suis desolee, une premiere critique pas franchement enthousiaste de Laurencia, a l'affiche du Coliseum en meme temps que le dieu Vassiliev en Spartacus au ROH... C'est la vie, il faut parfois tenter les experiences hasardeuses... Mr. Green


Laurencia
Ballet du Théâtre Mikhaïlovsky
Londres, Coliseum
21 juillet 2010


Remonté en juin dernier pour le Ballet du Théâtre Mikhaïlovky, Laurencia apparaît bien comme une nouvelle étape franchie dans ce qu'on pourrait appeler en Russie l'ère de la reconstruction. Alexeï Ratmansky avait en quelque sorte anticipé le mouvement, Mikhaïl Messerer, maître de ballet en chef de ce qu'on a coutume de considérer comme la deuxième compagnie de ballet de Saint-Pétersbourg, le poursuit en s'attaquant à ce Laurencia, ouvrage chorégraphié à l'origine par Vakhtang Chabukiani et resté emblématique du drame-ballet soviétique des années 30. En réalité, on connaît peu ce ballet en Occident, sinon au travers de son Pas de six, immortalisé par un film fameux avec Ninel Kurgapkina et Rudolf Noureev et encore dansé à l'occasion en Russie à la manière d'un divertissement dans le goût espagnol. L'intrigue en est simple, une sorte d'avatar de celle des Flammes de Paris transposée dans l'Espagne de la fin du Moyen-Age. Il s'agit cette fois de mettre en scène le combat du petit peuple paysan, dont la grandeur et le caractère héroïque sont incarnés par Laurencia et Frondoso, contre la tyrannie féodale, représentée sous les traits du – cruel - Commandeur.

Dans son travail de reconstruction, Mikhaïl Messerer s'est voulu relativement fidèle tant au livret qu'à la chorégraphie d'origine. Le pittoresque forcé des décors et des costumes, lumineux et colorés, souligne à sa manière, sinon le désir d'authenticité, du moins celui de faire « comme si », sans écart ni distance ironique. La danse de bravoure, héroïque, multipliant sauts et pirouettes improbables, est à l'honneur pour les solistes, tandis qu'au corps de ballet sont dévolus pas d'ensemble et danses de caractère dans un style plus académique et conventionnel. La musique d'Alexandre Krein est au service entier de la danse, un patchwork de motifs peu mémorables destinés exclusivement à suggérer les caractères et les ambiances. Côté expression dramatique, pas de pantomime classique à proprement parler, coupée des variations et autres pas, mais une sorte de gestuelle très théâtrale, expressionniste et outrancière, qui s'intègre sans rupture musicale dans le flot d'une danse plutôt répétitive, censée elle-même participer de l'action. Les cinq tableaux qui structurent le ballet sont brefs (l'ensemble ne dure qu'1h30...) et dramatiquement très lisibles : on danse, on danse encore et on danse enfin, jusqu'à ce que... coup de théâtre... on passe au tableau suivant, et ainsi jusqu'à la conclusion-apothéose en forme d'image arrêtée sur le prolétariat triomphant – Flammes de Paris toujours...

Inutile de passer par quatre chemins, le ballet tel qu'il a été remonté dit, de manière presque caricaturale, les limites du principe de la reconstruction, notamment d'ouvrages aussi idéologiquement et esthétiquement marqués que celui-ci, qui répondaient de surcroît à leur création à un contexte politico-artistique bien particulier. Si l'on s'accommode volontiers du simplisme du livret et même de son manichéisme aussi naïf que démonstratif (après tout, il est rare que le ballet brille ailleurs par sa profondeur et sa subtilité narrative...), en revanche, l'esthétique désuète du drame dansé, transmise à des interprètes qui n'ont plus rien à voir techniquement et stylistiquement parlant - et ce, à aucun moment -, avec ceux de la création ou ceux même qui leur ont succédé dans le temps, peine à convaincre, quand elle ne fait pas franchement sourire. Marat Shemiunov, avec son corps raide et étiré à l'infini, est l'antithèse absolue du danseur de bravoure à la Chabukiani, réputé pour sa flamme, son brio et la puissance extraordinaire de ses sauts. Quant à Ekaterina Borchenko, si sa technique est beaucoup plus fine et maîtrisée que celle de son partenaire, malgré son enthousiasme scénique, elle évoque davantage, par la noblesse de ses lignes et de son visage, une princesse de contes... qui se serait perdue dans un drame vériste pas vraiment fait pour elle... Sans doute Denis Matvienko, convoqué en invité pour la première, réussit-il à faire quelque chose de plus consistant – ne serait-ce que par ses qualités de danse - du personnage épique de Frondoso (qu'il incarnait aux côtés d'Irina Perren en Laurencia), mais pour cette seconde distribution, on se heurte à un problème manifeste d'emploi... quand ce n'est pas à celui de la technique requise par les rôles. N'oublions pas non plus que ceux-ci ont été élaborés pour des personnalités hors du commun et qu'une reprise du ballet - quand bien même on la jugerait hors de propos – se doit au moins d'en respecter l'esprit héroïco-épique. En comparaison des solistes principaux, Anastasia Lomachenkova – un amour de danseuse comme on n'en fait plus! - brille en Pascuala, l'amie de Laurencia, par la netteté toute terre à terre de sa danse et par un naturel bienvenu qui auraient pu lui valoir d'être mise au centre, par exemple aux côtés de son partenaire habituel, Anton Ploom, Frondoso plus évident a priori que Marat Shemiunov. Denis Morozov, dans le rôle de Mengo, le violoniste, possède lui aussi ce mélange de vivacité, de joie spontanée et de simplicité que l'esprit du ballet impose à ses interprètes. Si le Pas de six (avec notamment un beau duo de garçons formé de Nikolay Korypaev et Andreï Yakhnuyk) et les danses de caractère du deuxième acte s'avèrent une réussite, montrant au passage l'harmonie de la troupe, le corps de ballet, en dépit d'un engagement dans l'action indéniable, reproduit en miroir les erreurs des solistes - trop joli, trop glamour, trop sophistiqué... trop anachronique enfin – dommage! - pour nous convaincre de l'absolue nécessité de son combat polico-révolutionnaire. Mais sans doute le ballet est-il actuellement davantage à appréhender comme une expérience stylistique et technique inédite - à suivre... - pour une troupe récemment reprise en main et en cours d'évolution que comme un produit littéralement fini...

Pour sauver ce qu'il y avait à sauver de la chorégraphie de Laurencia, sans Petipa pour donner vie à un simple divertissement virtuose, nul doute qu'il aurait fallu aujourd'hui le talent recréateur et la distance d'un Ratmansky, seuls à même de délivrer un nécessaire aggiornamento chorégraphique du drame-ballet... Au centre aussi, sans doute, le génie scénique d'interprètes puissants, sinon surpuissants - une Ossipova, un Vassiliev... -, et plus encore, la force, l'énergie vitale, ravageuse, d'une compagnie bigger than life comme le Bolchoï. Car c'est à la vie à la mort que ce ballet se joue – ou ne se joue pas! Laurencia version 2010 n'a même pas le charme mélancolique de la naphtaline, de la vieillerie ressortie du grenier, de l'antique aimé, perdu et retrouvé. Devant un public goguenard et bourgeois, dans un Coliseum à la pompe toute mussolinienne et des décors rutilants de nouveau riche, la lutte des classes se transforme en gentille bande dessinée colorée et spectaculaire pour grands enfants gâtés et repus. De cet essai, en forme d'hommage rétrospectif à un créateur et danseur de génie, dont les images encore palpitantes de vie et d'émotion viennent inonder le rideau de scène, il ne reste aujourd'hui que le sentiment étrange, dérisoire, d'une parodie de réel - un goût amer et fin-de-siècle, en des temps difficiles.


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Florine



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MessagePosté le: Ven Juil 23, 2010 1:18 am    Sujet du message: Répondre en citant

sophia a écrit:
Marat Shemiunov, avec son corps raide et étiré à l'infini, est l'antithèse absolue du danseur de bravoure à la Chabukiani, réputé pour sa flamme, son brio et la puissance extraordinaire de ses sauts.

J'espère que vous ne l'avez pas vu en Siegfried dans Le Lac des Cygnes Sad


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sophia



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MessagePosté le: Ven Juil 23, 2010 1:54 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Non, j'ai vu Artyom Pikhachov... Confused Arrow


D'un Lac des cygnes à l'autre... Difficile d'y échapper avec les compagnies russes on tour... Seul un Bolchoï au sommet de sa forme et de son assurance semble à l'heure actuelle pouvoir se permettre de se passer de ce passeport incontournable du ballet russe, même à l'occasion d'une tournée de trois semaines à Londres.

Faut-il être un plouc, un touriste inconséquent ou un amateur de paradoxes pour assister à un Lac des cygnes au Coliseum avec le Ballet du Théâtre Mikhaïlovsky et une étoile londonienne en prime (!), le soir même où tous les importants se devaient d'assister à la première de Coppélia avec le Bolchoï et la Ossipova au Royal Opera House... Quoi qu'il en soit, après un Laurencia dispensable, qui semble pourtant avoir réjoui la presse londonienne, on n'aura pas eu à regretter cette seconde soirée avec le Ballet du Théâtre Michel... dans un Coliseum très bien rempli.


Le Lac des cygnes
Ballet du Théâtre Mikhaïlovsky (+ guest : Tamara Rojo)
Londres, Coliseum
22 juillet 2010


Après Laurencia, trésor revivifié de la période soviétique, le Ballet du Théâtre Mikhaïlovsky revient à ses classiques avec Le Lac des cygnes. L'écart n'est pourtant que de surface, puisque Le Lac que propose – en plusieurs épisodes - la compagnie à l'occasion de sa tournée londonienne, est, à l'instar de Laurencia, une production de la récente saison, symbole du renouveau de la troupe entamé depuis quelques années. Mikhaïl Messerer, sans doute pour se distinguer du Mariinsky voisin et de son inusable version Serguéïev, a ainsi choisi de remonter pour la troupe qu'il dirige la version d'Alexandre Gorsky, revue pour le Bolchoï par Assaf Messerer en 1956. Version familiale en quelque sorte et version familière à Londres aussi, puisque c'est celle qui avait été présentée en cette même année 56 lors de la première grande tournée occidentale - et londonienne - de la compagnie moscovite.

Ce « nouveau » Lac, très classique dans la forme, n'est certes pas à même de bouleverser les habitudes des familiers des versions russo-soviétiques du ballet. Ils y retrouveront avec plaisir aussi bien l'esthétique troubadour que le Bouffon sauteur et l'indispensable happy ending... Il parvient cependant à renouveler sensiblement l'intérêt qu'on l'on a à revoir encore et encore ce ballet, grâce à une chorégraphie qui se distingue assez nettement des versions actuelles dansées au Bolchoï et surtout au Mariinsky. La Valse initiale, le Pas de trois, les ensembles des Cygnes, ou bien encore les danses de caractère, y possèdent ainsi leur propre personnalité, et l'impression qui s'en dégage à première vue est celle d'un ballet rendu plus virtuose, plus technique, plus athlétique - plus moscovite en un mot. Les Cygnes notamment sont soumis à rude épreuve tout au long des actes blancs avec des déplacements complexes et fréquents. On semble ici moins dans la pose esthétique et chorale - poussée à son paroxysme au Mariinsky -, davantage dans l'action et le vouloir – en écho aux sentiments d'Odette. Ces différences notables expliquent d'ailleurs peut-être certains flottements dans la discipline d'ensemble du corps de ballet du Mikhaïlovsky, aux lignes parfois quelque peu approximatives et sauvages, sur une scène qui leur permet toutefois de se déployer avec beaucoup d'ampleur et de liberté.

Outre le « renouvellement » de la chorégraphie, la grande réussite de cette production – ce qui reste par-delà les interprètes du jour - réside dans les décors et les costumes de Simon Virsaladze, revus par Viacheslav Okunev, fastueux sans ostentation. Là où Laurencia, joliment pittoresque, sombre dans l'écueil du trop neuf ou du trop brillant, ce Lac parvient à proposer tout au long des quatre actes un écrin magnifique à la danse, dans la tradition gothique-troubadour certes, mais servie par des moyens actuels, bien dosés – avec ce qu'il faut de patine - et manifestement très conséquents. Si les costumes de l'acte I rappellent un peu le style de la production de Grigorovitch au Bolchoï, l'habillage de l'acte III se révèle un vrai délice pour les yeux, des costumes sylphide des Fiancées jusqu'aux atours portés par la Reine et les danseurs de caractère.

Ironie – et hasard - des programmations, c'est une étoile londonienne, Tamara Rojo, habituée à danser ici même le rôle d'Odette-Odile à longueur de saisons, qui se retrouve l'invitée du Mikhaïlovsky pour une unique représentation. Tamara Rojo est sans conteste l'antithèse d'un Cygne russe – le contraste avec les danseuses du corps de ballet est en soi assez saisissant. Elle n'est pas dans une vaine recherche d'imitation, et c'est sans doute ce qui fait ici paradoxalement sa force, sa beauté et son pouvoir d'attraction, ce qui lui a notamment permis de danser le rôle avec succès et au Mariinsky et au Mikhaïlovsky - des terres bien rarement autorisées aux étrangers. Le Cygne de Saint-Pétersbourg offre avant tout un travail sur la plastique et sur le style, destiné à épurer le moindre geste de sa part de trivialité. Tamara Rojo construit, elle, un Cygne d'une féminité plus humaine et terrestre, ancré dans une tradition théâtrale plutôt que stylistique à proprement parler. Le personnage d'Odile, où elle convainc toutefois davantage qu'en Odette - la recherche du brio technique y paraît parfois un peu trop perceptible - lui permet notamment de déployer sa personnalité flamboyante et une virtuosité - à la cubaine - à vous couper le souffle : ralentis et accélérés dans les diagonales en parfait accord avec la musique, équilibres en arabesque à n'en plus finir (applaudis par la foule en délire), fouettés multiples à se damner, le tout exécuté avec une aisance et une solidité confondantes... Un sommet de virtuosité brillante qui manifeste aux yeux de l'assistance la puissance et la noirceur toute terrestre du personnage. Le point faible de cette prestation réside sans doute dans le partenariat sans alchimie aucune avec Artyom Pykhachov, qu'elle ignore un peu trop superbement, y compris dans les adages, mais il faut bien avouer aussi que le niveau de ce dernier se situe très en-deçà de celui de l'étoile du Royal Ballet. Sa danse n'a vraiment rien de flamboyant, malgré de jolis sauts, mais surtout, sa personnalité dénote une certaine maladresse, un défaut d'élégance dans le geste et dans l'allure, des manques tout de même un peu perturbants s'agissant d'un Prince aimant et que l'on doit aimer.

A ce propos, par-delà la prestation - discutable - de Marat Shemiunov dans Laurencia et celle du Siegfried de ce jour, les garçons de cette troupe (qui – coup du destin? - accumulent lors de la représentation les mains par terre lors des réceptions...) semblent souvent montrer, du moins à l'épreuve de ce Lac, un niveau sensiblement inférieur, techniquement parlant, à celui de leurs excellentes collègues féminines – bien que les danses de caractère de l'acte III, superbement exécutées dans l'ensemble, tendent à gommer ces différences. Le Bouffon, Denis Tolmachov, très sollicité par la chorégraphie de Messerer, se situe quant à lui tout à fait dans la tradition souriante, bondissante et pirouettante du personnage, et se révèle enthousiasmant dans un emploi il est vrai très circonscrit. Anton Ploom se détache dans le Pas de trois, d'un très bon niveau malgré une chorégraphie assez périlleuse et complexe, aux côtés d'Oksana Bondareva et Anastasia Lomachenkova, aussi délicieuses qu'élégantes et stylées dans leur danse. Vladimir Tsal campe de son côté un Mauvais Génie à la théâtralité parfaitement assumée, aidé par un costume très B.D. qui a de quoi faire vraiment peur aux petits (et grands) enfants – sifflets anglais de rigueur lors des saluts...

Les couples passent – et celui-là était passablement déséquilibré – les chorégraphies restent. A coup sûr, la résurrection réussie de cette production oubliée, « différente », défi nouveau pour les danseurs d'une compagnie pétersbourgeoise in progress, mérite absolument de voyager, d'être vue... et revue.


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haydn
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MessagePosté le: Dim Juil 25, 2010 3:56 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La critique de Laurencia est en ligne, avec pour le moment une seule photo que m'a envoyée le service de presse, et qui correspond à la distribution de la Première. Je vais essayer d'en obtenir d'autres, et les rajouterai à la page... En revanche, pour le Lac des cygnes, l'organisateur anglais de la tournée n'a pas été chiche et m'en a envoyé nettement plus... à suivre.

21 juillet 2010 : Laurencia (chorégraphie M. Messerer / V. Chabukiani) au Coliseum


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haydn
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MessagePosté le: Dim Juil 25, 2010 5:30 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Et le Lac des cygnes promis!


22 juillet 2010 : Le Lac des cygnes (chorégraphie A. Messerer / A. Gorsky) au Coliseum


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