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Florestiano
Inscrit le: 28 Mai 2010 Messages: 614
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Posté le: Mer Juil 25, 2012 12:20 am Sujet du message: |
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| sophia a écrit: |
Quand on voit à côté de Macauley le niveau de nos critiques locaux, quelle que soit la place qui leur est impartie dans la presse, il y a surtout de quoi frémir...
(...)
Enfin, pour boucler la boucle, le regard (très complaisant) de notre Philippe Noisette national sur cette tournée. |
Macaulay a toujours été brocardé pour ses analyses souvent tranchées mais pas pour la vacuité insigne du fond de ses critiques. De ce point de vue, la lecture des deux papiers l'un dans la foulée de l'autre laisse pantois.
Noisette ne sombre certes pas au niveau de la recension insignifiante et gnangnan dont Laurence Liban nous a gratifiés au début de la tournée (bon ok, on va dire que c'était sur un mode blog et que l'objet n'était peut-être pas de rendre compte des spectacles ?), mais tout cela reste tout de même dans l'affect le plus condescendant et dénué de tout sens critique. Comment ça, un public qui a le mauvais goût d'aimer les "mercenaires du classique" (!!!) et qui n'est pas ébahi d'admiration devant Orphée ? Comment ça, la critique new-yorkaise a le front de ne pas se perdre en superlatifs devant les fleurons de la chorégraphie française ? En attendant, dommage que Noisette ne profite pas des maigres lignes qui lui sont assignées pour nous livrer son propre point de vue, puisque, comme il l'écrit, "nous y étions"... Vraiment ?
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haydn Site Admin
Inscrit le: 28 Déc 2003 Messages: 16995
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Posté le: Mer Juil 25, 2012 11:12 am Sujet du message: |
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Nul doute que Philippe Noisette y était, rassurez-vous Florestiano....
Cela dit, en s'en prenant aux "mercenaires de la danse", il oublie que l'Opéra de Paris en a lui-même employés, et pas des moindres, à l'époque de sa plus grande gloire : Carlo Blasis, les soeurs Elssler, Carlotta Zambelli, Olga Spessivstseva...
Quant à Alastair Macaulay, comme l'a d'ailleurs laissé entendre notre amie Voyageur, certaines de ses prises de position ne sont effectivement pas neutres : il roule pour Balanchine, et une partie de l'intelligentsia new-yorkaise n'a toujours pas digéré que Lifar, en 1929 (!), ait soufflé la place de Maître de ballet (i.e. Directeur, dans la terminologie de l'époque) de l'Opéra de Paris à Mr. B.
Balanchine devait remonter, pour la compagnie nationale, les "Créatures de Prométhée", avec, à la clé, en cas de succès, un poste à la tête de la troupe. Il est, durant l'été 1929, tombé inopinément malade, et Lifar a repris la production en main. La première a été un triomphe (lol), et le Beau Serge a obtenu la place convoitée au nez et à la barbe de Balanchine, évidemment furieux...
Dernière édition par haydn le Mer Juil 25, 2012 11:29 am; édité 1 fois |
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sophia
Inscrit le: 03 Jan 2004 Messages: 10655
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Posté le: Mer Juil 25, 2012 11:18 am Sujet du message: |
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Le problème, c'est qu'on pourrait revoir à peu près toute l'histoire du ballet occidental à la lumière du "mercenariat"... Pour le reste, je ne peux que déplorer avec vous cette insupportable et éternelle condescendance parisienne, sur le mode du "Comment peut-on être Persan?" : un succès ne suffisait pas, il fallait encore taper sur la moindre réserve étrangère émise à l'endroit de l'auto-proclamée "meilleure-compagnie-du-monde".
Les compte-rendus de la tournée, ce n'est pas fini, puisque manquait à l'appel celui d'une autre grande figure de la critique new-yorkaise, Robert Gottlieb, qui, sans grande surprise à vrai dire, tire à boulets rouges (Macauley à côté, c'était petit joueur...) sur les French Masters, notamment sur Suite en blanc, et, dans une moindre mesure, sur Orphée et Eurydice. Avec un brin de condescendance et d'ethnocentrisme là aussi...
A Night at the Opéra: The Company’s ‘Giselle’ Redeems Its Lackluster Opening Program
But then came Bausch’s 'Orpheus'—meant to startle, it just bores
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haydn Site Admin
Inscrit le: 28 Déc 2003 Messages: 16995
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Posté le: Mer Juil 25, 2012 11:37 am Sujet du message: |
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Robert Gottlieb est un idolâtre de Balanchine (dont il a écrit une biographie) bien plus fanatique encore qu'Alastair Macauley, et il est d'ailleurs abondamment référencé sur le site web du Balanchine trust. Sa haine de Lifar s'explique aussi sans doute en partie par cela. Par ailleurs, Pina Bausch (qu'on est pas non plus obligé d'encenser à outrance comme on le fait à Paris) correspond sans doute à ce que la frange la plus conservatrice de la critique américaine appelle de l'"euro-trash", c'est à dire de la cochonnerie avant-gardiste à laquelle le spectateur moyen ne comprend rien.
Dernière édition par haydn le Mer Juil 25, 2012 2:29 pm; édité 1 fois |
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sophia
Inscrit le: 03 Jan 2004 Messages: 10655
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Posté le: Mer Juil 25, 2012 11:43 am Sujet du message: |
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On peut aussi préférer les ballets de Balanchine (que l'Opéra n'a peut-être pas osé emmener en Amérique, de peur d'un flinguage en règle, contrairement au Mariinsky l'an dernier) à ceux de Lifar!
Pour le reste, il est certain qu'il y a par chez nous une religion "Pina", avec ses pieux fidèles et ses lieux de culte, aussi convenue qu'une certaine balanchinolâtrie new-yorkaise.
Dernière édition par sophia le Mer Juil 25, 2012 11:54 am; édité 1 fois |
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haydn Site Admin
Inscrit le: 28 Déc 2003 Messages: 16995
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Posté le: Mer Juil 25, 2012 11:53 am Sujet du message: |
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Certes, mais là il y a aussi à mon avis une part de mauvaise foi venant de ceux qui considèrent Lifar au mieux comme un usurpateur, si ce n'est carrément comme un collabo ou un nazi...
Et pour ce qui est de la danse stricto sensu, les deux chorégraphes ne sont pas si éloignés l'un de l'autre... Lifar aurait parfaitement pu être l'auteur du "Fils prodigue" et Balanchine celui de "Suite en blanc". Et Mr. B. est à mon avis le seul autre chorégraphe dont l'oeuvre entre - pour partie du moins - dans la définition lifarienne du néoclacissisme. Ce pseudo-antagonisme ne relève que de médiocres querelles de chapelle et de haines politiques recuites.
Dernière édition par haydn le Mer Juil 25, 2012 1:10 pm; édité 1 fois |
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Marie-Ange
Inscrit le: 12 Déc 2010 Messages: 92 Localisation: Paris
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sophia
Inscrit le: 03 Jan 2004 Messages: 10655
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Posté le: Mer Juil 25, 2012 1:06 pm Sujet du message: |
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Expliquez, Marie-Ange!
La chapelle "néo-classique" est bien vaste et ne dit rien des spécificités des créateurs qui lui sont rattachés, de gré ou de force. Pour Suite en blanc, je pense que Haydn faisait surtout référence à la forme du ballet abstrait, dédié à la danse pure et à la virtuosité des interprètes, et s'inscrivant dans un vocabulaire qui n'est pas celui du classicisme du XIXe. Maintenant, il est évident que la gestuelle de ce ballet, avec ses poses, ses ports de bras et ses décalés si particuliers, sa musicalité aussi, n'ont rien de balanchinien. Ce n'est pas un hasard si l'on en fait un emblème du style lifarien. Quant au Fils prodigue, je pense que cette oeuvre respire bien le parfum d'une époque, celle des Ballets russes, dont Lifar était issu.
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doudou
Inscrit le: 03 Mai 2005 Messages: 842 Localisation: PARIS
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Posté le: Mer Juil 25, 2012 2:23 pm Sujet du message: |
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| sophia a écrit: |
Les compte-rendus de la tournée, ce n'est pas fini, puisque manquait à l'appel celui d'une autre grande figure de la critique new-yorkaise, Robert Gottlieb, qui, sans grande surprise à vrai dire, tire à boulets rouges (Macauley à côté, c'était petit joueur...) sur les French Masters, notamment sur Suite en blanc, et, dans une moindre mesure, sur Orphée et Eurydice. Avec un brin de condescendance et d'ethnocentrisme là aussi...
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Un brin ? C'est modeste comme qualificatif. 
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nabucco
Inscrit le: 14 Mar 2007 Messages: 1332
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Posté le: Mer Juil 25, 2012 10:21 pm Sujet du message: |
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C'est d'ailleurs assez comique de voir que la pièce de Balanchine qu'il présente comme sommet absolu de l'art du maître est Concerto Barocco, qui me paraît au contraire extraordinairement daté et bien moins riche que d'autres oeuvres de Balanchine... Quant à L'Arlésienne, je suis assez d'accord, au fond, sur la médiocrité de la pièce... mais je trouverais bien de quoi sauver, moi, dans les 170 (?) autres pièces de Roland Petit, ne serait-ce que Clavigo créé pour l'Opéra...
(je lui cède en revanche très volontiers tout Béjart et surtout cet épouvantable Boléro !)
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sophia
Inscrit le: 03 Jan 2004 Messages: 10655
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Posté le: Mer Juil 25, 2012 11:30 pm Sujet du message: |
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Encore un autre point de vue, celui de Lynn Garafola pour Dance Magazine, qui tranche avec ceux précédemment signalés, mais n'en est pas pour autant plus positif (conclusion terrible). Lynn Garafola (également historienne de la danse) estime qu'Orphée et Eurydice a constitué le sommet de la tournée parisienne, mais semble n'avoir guère apprécié les Giselle distribuées et le programme des French Masters (de manière intéressante, sa critique vise au moins autant l'exécution de Suite en blanc que le ballet lui-même).
| Citation: |
| Since becoming artistic director, Lefèvre has stocked the POB repertoire with works by a host of contemporary European choreographers. True, the company still dances Balanchine, Robbins, and the “classics.” But if Giselle and Suite en Blanc are any indication, the company’s heart lies elsewhere. That doesn’t bode well for POB as a classical enterprise. |
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sophia
Inscrit le: 03 Jan 2004 Messages: 10655
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Posté le: Ven Juil 27, 2012 9:00 am Sujet du message: |
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| Margaret Fuhrer, dans le Huffington Post, se livre à son tour à une analyse de la tournée parisienne, et l'on ne peut pas dire qu'elle soit, elle non plus, particulièrement positive. En gros, les seuls risques que prend l'ONP, c'est dans sa programmation, très large et ouverte sur le contemporain. Pour le reste, si Suite en blanc et Boléro sont égratignés au passage, c'est bien plutôt le style et l'interprétation générale (sans risque, sans passion, uniquement préoccupée de détails techniques...) qui sont visés, tout particulièrement dans Giselle (Dupont-Ganio) et dans Orphée et Eurydice. MAG avec sa Cigarette semble au final l'une des rares à échapper au massacre.
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doudou
Inscrit le: 03 Mai 2005 Messages: 842 Localisation: PARIS
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Posté le: Ven Juil 27, 2012 12:19 pm Sujet du message: |
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| Un peu à la marge l'avis sur la musique de ballet de Jay Nordlinger pour City Art.
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nabucco
Inscrit le: 14 Mar 2007 Messages: 1332
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Posté le: Ven Juil 27, 2012 5:16 pm Sujet du message: |
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| sophia a écrit: |
| Margaret Fuhrer, dans le Huffington Post, se livre à son tour à une analyse de la tournée parisienne, et l'on ne peut pas dire qu'elle soit, elle non plus, particulièrement positive. En gros, les seuls risques que prend l'ONP, c'est dans sa programmation, très large et ouverte sur le contemporain. Pour le reste, si Suite en blanc et Boléro sont égratignés au passage, c'est bien plutôt le style et l'interprétation générale (sans risque, sans passion, uniquement préoccupée de détails techniques...) qui sont visés, tout particulièrement dans Giselle (Dupont-Ganio) et dans Orphée et Eurydice. MAG avec sa Cigarette semble au final l'une des rares à échapper au massacre. |
Ce qui ne correspond pas si mal à ce que pas mal de spectateurs assidus pourraient dire aussi ici...
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paco
Inscrit le: 28 Oct 2005 Messages: 1180
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