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Nouvelles du Ballet de l'Opéra de Lyon
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haydn
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MessagePosté le: Sam Avr 04, 2015 1:28 pm    Sujet du message: Répondre en citant




    3 créations au Ballet de l’Opéra de Lyon

    Ils sont trois et ils ont le goût de l’aventure gestuelle.
    Danseurs du Ballet de l’Opéra de Lyon, ils n’en sont pas à leur coup d’essai en chorégraphie.
    Yorgos Loukos, le directeur du Ballet a décidé de mettre en avant ces jeunes talents pour cette soirée de mai.
    L’occasion de découvrir leurs univers respectifs et de goûter à la danse de demain.



    Création [titre à déterminer]
    Chorégraphie, scénographie et costumes : Ashley Wright
    Musique : Joris Gielen
    Lumières : Tanja Rühl



      Parcours
      Je suis née en Australie, à Sydney. J’ai commencé la danse à 4 ans, avec le ballet classique, le jazz et le contemporain. A 14 ans, je suis entrée à l’Australian Ballet School avant de m’envoler pour l’Europe à 18 ans pour rejoindre le Ballet Royal des Flandres sous la direction de Kathryn Bennetts. C’est là que j’ai commencé mes recherches chorégraphiques et que j’ai eu plusieurs fois l’opportunité de créer de petites pièces, en parallèle des ateliers et des concours.

      Création
      La pièce se base sur un roman de Carey Wallace, The Blind Contessa’s New Machine (La Comtesse et les ombres en français), une histoire qui évoque l’invention de la première machine à écrire. On peut y lire l’histoire d’un amour secret construit sur la tragédie et la fausseté, la nostalgie et la fantaisie. C’est aussi un roman sur la cécité, l’impossibilité physique de voir mais aussi, de percevoir les besoins et les émotions de ceux qui vous entourent. Quand on fait inconsciemment confiance à sa vue, mais que cela nous trompe ou nous amène à l’échec, on est forcé de se tourner vers autrui pour être guidé. Mais quand on n’a plus personne, il ne reste que l’imagination.

      Musique
      Elle est signée par un compositeur belge, Joris Gielen. Sa musique, électronique, est principalement fondée sur ses propres enregistrements de sons tirés du quotidien. Pour cette pièce, il a par exemple utilisé les sons d’un ascenseur très ancien. Dans ses compositions, il combine ces sons avec des instruments électroniques. C’est en cherchant l’harmonie entre le numérique et l’acoustique qu’il créé une histoire musicale.

      Pourquoi la danse?
      Dès mon plus jeune âge, j’ai découvert la passion du mouvement : explorer et communiquer par le langage de la danse et regarder les autres faire de même. Je n’ai pas pensé à ça pendant longtemps, c’était une évidence, pas une question que je me posais.


    Création [titre à déterminer]
    Chorégraphie, scénographie et lumières : Franck Laizet
    Musique : Sylvain Ricci
    Lumières : Jérémy Steunou
    Musiciens : Sylvain Ricci, Eric Chatelon, Sylvestre et Elie Mercier



      Parcours
      J’ai commencé la danse à 11 ans en région parisienne dans une petite école de danse, puis au CNR de Boulogne. Après 5 ans au CNSMD de Paris où j’ai découvert les rudiments de la chorégraphie et de l’improvisation, j’ai été engagé au Saarländisches Stattstheater Saarbrücken. C’est en y chorégraphiant ma première pièce, Whatever Happens, que j’ai compris que je voulais vraiment créer. Deux ans plus tard, j’ai intégré le Ballet de l’Opéra national du Rhin sous la direction de Bertrand D’At. Au fil de trois saisons, j’ai eu l’opportunité de créer des pièces pour la compagnie : Cin Pictures et Histoire de (…). Depuis août 2005, je suis danseur au Ballet de l’Opéra de Lyon. J’ai continué mes recherches chorégraphiques, inspiré par les nombreux chorégraphes avec qui j’ai pu travailler. Lost In Thought, Faux Sans Blanc, Prémices, Portrait, Painting of a woman sont nés de ces recherches.

      Création
      C’est une pièce pour 13 danseurs et 4 musiciens. En réponse à cette musique puissante, j’avais besoin d’une masse, d’une énergie de groupe. C’est un challenge personnel car je n’avais jamais chorégraphié pour un aussi grand nombre. Je vais travailler sur des unissons, voir comment ces 13 interprètes peuvent devenir une seule entité mouvante et la force qui en émerge. Ce qui n’exclut pas des solos, duos... Quant au mouvement, j’ai beaucoup improvisé en studio, je me suis filmé et ai utilisé le « reverse » de mes phrases, comme si l’on rembobinait un film. Ceci amène parfois une gestuelle improbable mais toujours terrienne.

      Musique
      Réfléchir sur la musique a été le point de départ de ma pièce. Le choix s’est vite imposé de lui-même. La création étant au Radiant, qui était initialement une salle de concerts, il me fallait une musique live.
      En collaboration avec le compositeur Sylvain Ricci, nous avons monté un groupe de rock. Le live est un véritable atout mais peut devenir aussi une contrainte : la musique n’étant pas figée sur une bande son, elle requiert une écoute extrême de tous les artistes présents sur scène... pour parer aux aléas du direct !


    Création [titre à déterminer]
    Chorégraphie, scénographie : Tadayoshi Kokeguchi
    Costumes : Laetitia Guillaume
    Lumières : Udo Haberland



      Parcours
      Je suis arrivé à la danse tardivement, presque par hasard, j’ai au départ une formation de musicien : 11 ans de piano et des études en musicologie. À 20 ans, j’entre au Rudra-Bejart-Lausanne pour 2 ans avant de rejoindre le Scapino Ballet Rotterdam pour 5 années successives. J’y obtiens en 2006 le « Silver Swann Price VSCD » pour la meilleure prestation des Pays-Bas. En 2009, j’arrive au Ballet de l’Opéra de Lyon pour son identité, des grands noms des XXe et XXIe siècles au répertoire et la possibilité de travailler sur des créations.

      Création
      C’est une pièce pour 8 danseurs. Je me suis inspiré de chimères, de gargouilles, de sculptures. Et c’est ce travail du mouvement dans la pierre, l’immobilité, l’emprisonnement à travers une matière qui m’intéresse. Comment traduire et s’approprier une matière sculptée dans un corps de danseur, le transformer ou le déformer? J’ai pas mal cherché la matière chorégraphique en amont, tout seul, dans le studio avec une caméra. Maintenant, c’est davantage un travail de transmission et d’improvisation avec les danseurs. Chercher des contraintes physiques qui puissent donner les images recherchées d’un corps emprisonné dans la pierre. Et qui voudrait s’extraire.

      Musique
      C’est un patchwork de plusieurs oeuvres, qui jongle avec des compositions classiques (Bach, Ligeti) et des musiques numériques actuelles. En mixant le tout, j’ai travaillé à construire des ponts temporels musicaux. Certaines parties sont de ma composition. L’intérêt de ces divers choix stylistiques était d’obtenir un ensemble musicalement cohérent résonnant avec les thèmes abordés dans mon concept chorégraphique.

      Pourquoi la danse?
      Attelé des heures au piano, j’éprouvais une limitation physique à certains moments quant à l’expression musicale. Mon corps se sentait parfois prisonnier au piano et la découverte de la danse m’a épanoui sur l’exploration physique du ressenti et de l’expression. Le corps devenait moyen d’expression lui-même, le mouvement prenait un sens et une musicalité qui lui était propre aussi. La découverte dans cette discipline n’a été qu’enrichissement par des rencontres avec diverses signatures chorégraphiques par la suite.


    [infos / textes : Gallia Valette-Pilenko / service de presse, Opéra de Lyon]




    Au Radiant-Bellevue Lyon/Caluire
    http://radiant-bellevue.fr/

    Mercredi 27 mai 2015 20h30
    Jeudi 28 mai 2015 20h30
    Vendredi 29 mai 2015 20h30
    Samedi 30 mai 2015 20h30

    Durée : 1h30 environ
    Tarifs de 10 à 25 €





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haydn
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MessagePosté le: Mar Avr 07, 2015 10:10 am    Sujet du message: Répondre en citant



A partir de ce soir et jusqu'au 11 avril, le Ballet de l'Opéra de Lyon présente Drumming Live, d'Anne Teresa de Keersmaeker. Il s'agit, pour la compagnie rhodanienne, d'une entrée au répertoire.



    Chorégraphie : Anne Teresa De Keersmaeker
    Musique : Steve Reich
    Scénographie et lumières : Jan Versweyveld
    Costumes : Dries Van Noten
    Ballet de l'Opéra de Lyon
    L'ensemble Ictus
    Direction musicale : Georges-Elie Octors
    Répétiteurs : Jakub Truszkowski, Marta Coronado, Ursula Robb
    Percussions : (musiciens de l'Ensemble Ictus) Gerrit Nulens, Miquel Bernat
    Flûte : (musicien de l'Orchestre de l'Opéra de Lyon) Gilles Cottin
    Percussions : (musiciens du CNSMD de Lyon) Lou Renaud-Bailly,Baptiste Ruhlmann, Florent Duverger, Mathilde Dambricourt, Augustin Jimenez Delgado, Théo His-Mahier
    Soprano : Cécile Dibon Lafarge
    Mezzo-soprano : Delphine Terrier



Infos, vidéo, album photo : http://www.opera-lyon.com/spectacle/danse/drumming-live



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Bernard45



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MessagePosté le: Lun Avr 13, 2015 3:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Aller pour la première fois à l’Opéra de Lyon, c’est d’abord découvrir ce que les Lyonnais appellent « l’Opéra Nouvel », du nom de notre architecte national. Derrière la façade d’origine, se cache une structure très contemporaine, métallique, aux couleurs noires et gris acier. La salle aux mêmes tons, si elle permet à tous de voir la scène, dégage une sorte de tristesse. Question d’habitude sans doute ! Ajoutez à cela des sièges des plus inconfortables. Les sévères détracteurs de l’opéra Bastille ne sont sans doute jamais passés par la cité des Gaules et son opéra situé Place de la Comédie. Il reste néanmoins le magnifique foyer du XIXème d’où la vue sur l’Hôtel de Ville est imprenable.

Le ballet de l’Opéra de Lyon présentait la semaine dernière, Drumming Live, qui était son entrée au répertoire, chorégraphie de A-T de Keersmaeker créée en 1998. Pièce pour douze danseurs, 4 hommes et 8 femmes.

La musique est de Steve Reich, dont on nous dit que le New York Times l’a qualifié de plus grand compositeur vivant. Sa pièce musicale, Drumming, est composée pour bongos, marimbas et glockenspiels, une flûte et deux voix. Trois percussionnistes du groupe Ictus accompagnent six étudiants du Conservatoire de Lyon. Musique répétitive, presque lancinante, mais entraînant les danseurs dans un univers chorégraphique abstrait.

Une large bande zébrée de figures géométriques, traverse la scène de droite à gauche. Durant presqu’une heure, soit seuls, soit à deux ou plus, soit tous ensemble sur scène, les douze danseurs virevoltent dans une chorégraphie qu’on peut qualifier, il me semble, de géométrique, tant musique et danse apparaissent vivre en parallèle. Les portés sont remarquables de facilité, les grands jetés, nombreux, sont exécutés avec une grande précision. On admire le grand professionnalisme du ballet de l’Opéra de Lyon (1), danseurs à la formation classique, mais tournés vers la danse contemporaine.

Alors, certes, Drumming est un ballet abstrait. Difficile de lire une histoire, il suffit de se laisser bercer par la musique et la danse. Ayant vu récemment Vortex Temporum de la même chorégraphe, je préfèrerai ce dernier qui me semble plus construit que Drumming. Sans doute cela reflète-t-il l’évolution de A-T de Keersmaeker, et mon goût personnel.

(1) On peut les citer tous (un peu plus de douze dans la mesure où la distribution varie d’un soir à l’autre) : Aurélie Gaillard, Dorothée Delabie, Coelyn Knight, Annabelle Peintre, Ashley Wright, Elsa Raymond, Inês Pereira de Almeida, Elsa Monguillot de Mirman, Kristina Bentz, Chiara Paperini, Julian Nicosia, Tadayoshi Kokeguchi, Adrien Delepine, Simon Galvani, Raul Serrano Nunez, Marco Merenda.


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sophia



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MessagePosté le: Mer Avr 29, 2015 11:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

En attendant la mise en ligne de la saison 2015-2016, l'Opéra de Lyon annonce une soirée avec 3 pièces de Kylian, dont Belle Figura et 27'52'' (entrée au répertoire) en ouverture de saison, une soirée Roland Petit (le début de l'histoire de la danse à Lyon? Laughing) avec Carmen et L'Arlésienne (entrées au répertoire) en novembre, une soirée Gat/Ouramdane/Carvalho en février, une soirée "Made in America" réunissant Merce Cunningham et Lucinda Childs.


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haydn
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MessagePosté le: Mer Avr 29, 2015 11:37 pm    Sujet du message: Répondre en citant

L'Opéra de Lyon a annoncé sa saison 2015-2016 au cours d'un live-tweet ce soir. En attendant que les choses soient en ligne de manière plus précise demain sur le site de l'institution, voici ce qui a été publié sur le site de micro-blogging :



    Danse> La saison Danse de l’#operadelyon1516 : une histoire de la danse, de Roland Petit à Tânia Carvalho

    Danse> le retour du maître néoclassique Jiří Kylián à l'Opéra de Lyon en ouverture de la saison

    Danse> une pépite inédite à Lyon : entrée au répertoire de 27'52'' à l'occasion de la soirée JIRI KYLIAN 3 CHEFS D'ŒUVRE

    Danse> BELLA FIGURA, joyaux de l'histoire de la danse, à l'affiche de la soirée JIRI KYLIAN

    Danse> Roland Petit : le plus moderne des grands chorégraphes classiques fait son entrée au répertoire du Ballet de l'Opéra de Lyon

    Danse> 2 ballets, 2 chefs-d'œuvre du XXe siècle : CARMEN et L'ARLÉSIENNE de Roland Petit en novembre à l'Opéra de Lyon

    Danse> Le Ballet de l'Opéra de Lyon fait sa révolution ! 3 jeunes chorégraphes à l'honneur : Gat/Ouramdane/Carvalho, en février 2016

    Danse> soirée MADE IN AMERICA le Ballet met 2 monstres sacrés à l'honneur: Merce Cunnigham et Lucinda Childs

    Danse> MADE IN AMERICA réunit la crème de l'art US des 60's et 70's MerceCunnigham Lucinda Childs Philip Glass Bo bRauschenberg Sol LeWitt






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MessagePosté le: Jeu Avr 30, 2015 11:53 am    Sujet du message: Répondre en citant

La saison 2015-2016 de l'Opéra de Lyon est maintenant en ligne sur le site de l'institution :






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haydn
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MessagePosté le: Jeu Mai 07, 2015 12:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

    Du 30 juin au 7 juillet, reprise d'Atvakhabar Rhapsodies au ballet de l'Opéra de Lyon :



    En ces temps de morosité, il faut rendre grâce aux deux fondateurs de Système Castafiore pour oser, à mille lieues du minimalisme ambiant, ré-enchanter notre quotidien. Et tant mieux s’il faut, pour cela, envoyer un explorateur fictif – et un public complice – à la découverte d’une contrée mythique ! Créé avec succès la saison dernière par le Ballet de l’Opéra de Lyon, Atvakhabar Rhapsodies nous embarque donc, une heure trente durant, à la découverte du lointain pays d’Atvakhabar : contrée imaginaire, bien entendu, comme l’est cet Emile Prokop, explorateur des années vingt et auteur d’un film documentaire à demi perdu dont le spectacle est censé restituer les images.

    Depuis leurs débuts en 1989, Marcia Barcellos et Karl Biscuit ont à leur actif toute une galerie de personnages et de pays nés de leur seul désir artistique. Et comme rien ne ressemble plus à l’illusion que la réalité – et vice versa –, chacune de leurs pièces est un détournement incroyablement troublant, subtil, où la danse mène le jeu. Après les Ballets de Monte-Carlo et le Ballet de Lorraine, le Ballet de l’Opéra de Lyon a rejoint le club fermé des quelques compagnies avec qui les deux complices ont accepté de partager leurs secrets. À Lyon, ville du cinéma, ils ont souhaité rendre hommage aux premiers temps du cinéma muet et ont imaginé, dans une ambiance crépusculaire évoquant les films d’avant-guerre, une envoûtante rhapsodie en trente-cinq tableaux inspirée de Méliès, Fritz Lang et Murnau. Depuis la première scène de départ à bord d’un transatlantique, jusqu’aux interludes pleins d’humour sur le système de communication ou les relations sentimentales du peuple d’Atvakhabar, on suit les traces de Prokop, guidé par le seul caprice du voyageur, vers un ailleurs qui est d’abord un autre espace-temps. D’incroyables costumes mi-hommes mi-bêtes et une musique façon symphonique « décalée » ajoutent à la confusion des sens. Pas de doute : ce ballet total s’inscrit parfaitement dans cette école de la fantaisie à la Jules Verne dont se revendique le duo Castafiore. Formés à l’école du chorégraphe américain Alwin Nikolaïs, un autre grand magicien des formes, les deux créateurs n’ont en effet d’autre ambition que de « réinventer le monde en s’amusant ». Autrement dit, se soustraire au désenchantement du présent et créer, sur la gestuelle suggestive de Marcia Barcellos, une féérie visuelle et sonore. Embarquement immédiat !






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haydn
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MessagePosté le: Mer Juin 24, 2015 10:33 am    Sujet du message: Répondre en citant

    Ce spectacle sera retransmis gratuitement sur écran géant dans 13 villes de la région Rhone-Alpes le samedi 4 juillet 2015






    LYON
    Place des Terreaux
    04 69 85 54 54
    www.opera-lyon.com

    USSON-EN-FOREZ
    Cinéma le Quai des Arts
    04 77 50 60 99
    www.cines-haut-forez.fr

    VALENCE
    Place de la Liberté
    www.ville-valence.fr

    MONTÉLIMAR
    Place de Provence - Maison des services publics
    04 75 54 35 80
    www.montelimar.fr

    CREST
    Place du Docteur Rozier
    En cas de mauvais temps,
    repli le soir même au Cinéma Eden
    04 75 25 11 38
    www.mairie-crest.fr

    GRENOBLE
    Palais des Sports
    04 76 76 36 36
    www.grenoble.fr

    BELLEGARDE-SUR-VALSERINE
    Cinéma municipal Les Variétés
    04 50 48 65 04
    (réservation conseillée)
    www.lesvarietes.fr

    CHAMONIX
    Place du Mont-Blanc
    04 50 53 75 17
    www.chamonix.fr

    THONON-LES -BAINS
    Plage Municipale
    En cas de mauvais temps,
    repli le soir même à l’espace Tully
    www.thononlesbains.com

    DIVONNE-LES-BAINS
    L’Esplanade du lac
    04 50 99 17 70
    www.divonnelesbains.fr

    NANTUA
    Cinéma Le Club
    04 74 75 28 25
    cinemaleclub@nantua.fr (réservation conseillée)



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haydn
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MessagePosté le: Lun Aoû 31, 2015 8:15 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Le Ballet de l'Opéra de Lyon ouvre sa saison avec un spectacle entièrement consacré à Jiří Kylián, intitulé "Trois chefs-d’œuvre". De fait, l'affiche propose une sélection de pièces parmi les plus connues du célèbre chorégraphe tchèque :



      27’52’’

      Jiří Kylian ou l’art du mouvement perpétuel. Après quelques décennies au sommet, tout semble avoir été dit - et qui plus est écrit - sur Jiří Kylián, l’un des chorégraphes les plus influents de sa génération. Que ce soit sa palette gestuelle qui, du classique au contemporain, embrasse les styles avec une rare élégance ou sa musicalité, Jiří Kylián paraît à l’écoute de toutes les musiques du monde.

      La preuve par ce 27’ 52’’, nouveau venu automnal au répertoire du Ballet de l’Opéra de Lyon. Dans le titre même - reprenant simplement la durée de ce ballet - il y a le rythme et l’espace réunis dans le même élan : le compositeur allemand Dirk Haubrich signe cette partition originale pour une chorégraphie créée en 2002 à l’occasion du 25e anniversaire du Nederlands Dans Theater, qui sera des années durant le « laboratoire » en mouvement de Jiří Kylián. Dirk Haubrich lui aussi emprunte à d’autres univers rendant hommage à Gustav Mahler à travers deux thèmes, tout en offrant une oeuvre aux atmosphères changeantes, rappelant par instant une bande-son futuristique. A ce paysage musical brodé de voix - on entend ainsi quelques vers extraits de L’Albatros de Charles Beaudelaire... - répond une danse complexe et raffinée. Le réel et la fiction chorégraphique dialoguent ainsi durant les 27’ 52’’ de la pièce. Kylián use d’effets quasi cinématographiques avec des ralentis sur la gestuelle comme découpée dans le cadre de scène, joue des ombres de ses interprètes ou d’un rideau de scène sur lequel des mains s’agitent.

      Mais Jiří Kylián en revient toujours à la figure du couple et ses dissensions, prenant mille et une variations. Portés sur le dos, unisson du duo ou travail des bras, la langue chorégraphique de Kylián est ici magnifiée. Et il suffit de relever le tapis de danse par chacun de ses côtés pour créer une scénographie qui alterne vague et horizon fuyant. On peut tout autant s’y enfuir d’ailleurs. Il y a chez le créateur tchèque né à Prague une évidence qui court d’une chorégraphie à l’autre : c’est cette physicalité jamais prise en défaut. Kylián aime le mouvement. Pourtant, il n’y a jamais un geste de trop chez lui. Au contraire, il n’y a que le geste juste. Dans 27’ 52’’ - mais on pourrait citer presque toutes les oeuvres du maître, un des plus prodigues de l’art en Europe - cela se traduit par un face à face entre les deux solistes qui glissent imperceptiblement sur scène puis s’éloignent après une figure. Un adieu ? Une fin ? Jiří Kylián ménage encore une fois ses effets, déjouant l’attente du spectateur. Le duo devient fusionnel, peau contre peau dans un élan amoureux. Les corps basculent, la respiration s’accélère : un climax comme peu de chorégraphes savent en créer. Le couple de danseurs se replie sur lui-même comme s’il avait oublié le théâtre et la vie autour. Dans ces instants de 27’ 52’’, la beauté à l’état pur de cette chorégraphie devient quasi aveuglante.

      C’est tout le miracle Kylián. « Je pense que tout mon travail parle de l’amour et de la mort « déclara un jour Jiří Kylián avec franchise. D’une certaine façon, une création comme 27’ 52’’ en fait l’expérience -et l’audience avec. Mais nous sommes loin du morbide ou de la naïveté. Au fil des années, Jiří Kylián n’a cessé d’interroger l’un et l’autre à travers le prisme du vivant, celui de la danse. L’honnête homme de la danse qu’il est dit également que son travail est plein de questions - plus que de réponses en tout cas!. Il n’a jamais cessé de se remettre en cause. Fort d’un compagnonnage artistique avec Jiří Kylián, qui chaque saison prend un peu plus d’ampleur, le Ballet de l’Opéra de Lyon ouvre sa programmation avec trois chefs-d’oeuvre : Bella Figura, Heart’s Labyrinth et 27’ 52’’ - ce dernier qui entre à son répertoire. En offrant à notre plaisir des facettes aussi nuancées du talent de Jiří Kylián, on se dit que le chorégraphe a trouvé du côté de l’Opéra Nouvel un écrin parfait à sa danse, taillée comme une pierre précieuse.

      Philippe Noisette (pour le service de presse du Ballet de l'Opéra de Lyon)




      BELLA FIGURA

      Jiří Kylián aime à faire entrer l’onirisme dans le réel comme un doux mensonge cachant des vérités plus graves. « Où commence la représentation ? Où finit-elle : quand on sort de la scène ? Qu’appelle-t-on « déguisement » : le vêtement que nous mettons pour sortir dans la rue ou le costume que nous portons au théâtre ? Quelle est vraiment la différence entre ce qu’on nomme l’art et l’artifice, entre la réalité et l’imaginaire ?

      Je recherche le moment où le rêve s’introduit dans notre vie et où la vie entre dans nos rêves. » Jiří Kylián
      Quand le monde va mal, le spectacle continue à faire « bonne figure » (bella figura : expression italienne). Troublante illusion théâtrale qui fusionne irréel et vérité. Ambiguité du spectacle !

      Une jeune femme se débattant comme happée par les plis du rideau de scène, un rideau soulevé à moitié par des mains appartenant à des corps sans tête, puis se rétrécissant comme l’obturateur d’un appareil photo pour laisser entrevoir une créature hybride (tête de femme sur corps d’homme)... s’élargissant soudain pour dévoiler deux dianes-au-bain délicates et pudiques, enfin servant de toile de fond à un bal de robes rouges éclairées aux flambeaux, autant d’images surréalistes jaillies de l’imaginaire de Kylián, artiste natif de Prague la baroque.

      Sur des musiques venues des XVIIe et XVIIIe siècles, c’est une mise en abyme du théâtre dans le théâtre que traversent des êtres de chair et de sang, s’imbriquant dans des duos vifs, subtils, intenses qui disent le plaisir, la difficulté des relations entre un homme et une femme, l’amour de la vie.

      Josseline Le Bourhis (pour le service de presse du Ballet de l'Opéra de Lyon)




      HEART’S LABYRINTH

      « La représentation visuelle de nos pensées et de nos émotions. »

      Après le suicide d’une danseuse de sa compagnie, le Nederlands Dans Theater, Jiří Kylián commençait à composer Heart’s Labyrinth. Un moyen, pour le chorégraphe, de sublimer artistiquement la douleur de cette perte tragique et l’occasion d’explorer de nouvelles voies dans la connaissance du coeur humain.
      « Au bout d’un certain temps, tout créateur ressent la nécessité de trouver de nouvelles façons de travailler, d’utiliser des méthodes différentes de celles utilisées jusqu’alors, afin de revitaliser son processus créatif. Je ressens ainsi le besoin de m’autoriser à m’aventurer sur des terrains plus risqués, que je ne connais pas encore.

      C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai commencé une série de courtes pièces intimistes intitulées « Le Labyrinthe du coeur ».

      Il existe des expériences terriblement bouleversantes, qui peuvent changer totalement la vie de quelqu’un et avoir une influence décisive sur toute production créative.

      Le suicide d’un être qui fut proche de vous – Karen Tims, danseuse du Nederlands Dans Theater – est un événement qui laisse une grande ombre sur ceux qui restent. Et qui influence désormais leurs vies de différentes manières. Outre le sentiment du vide, celui du caractère irréversible de cet acte et un profond chagrin, j’ai éprouvé le besoin impérieux d’observer attentivement ce qui se passait au fond de moi et en quoi cela touchait à ma vie privée et professionnelle. J’ai mis à plat mes sentiments comme ils venaient, et ensemble, avec les danseurs qui avaient vécu aussi cette tragédie, nous avons créé la représentation visuelle de nos pensées et de nos émotions. Ce furent mes premiers pas sur le chemin de l’acceptation et de la compréhension de la mort de Karen Tims.

      Mon travail sur « Le Labyrinthe du coeur I et II » sera un processus en cours, sans aucune limitation de durée. Je souhaite voir cette oeuvre continuer à se développer à la façon d’un auteur qui, pendant une période donnée, a écrit un certain nombre de poèmes qu’il décide un jour de rassembler en volume, en donnant à chacun d’entre eux un sens nouveau. Cette pensée fondamentale m’a donné l’opportunité d’explorer, dans des petites formes, plusieurs dispositifs chorégraphiques différents, ce qui se révèle être d’une grande utilité au moment de construire une oeuvre plus ambitieuse. Le titre Le Labyrinthe du coeur me laisse un espace quasi infini
      pour toute déclaration artistique. Au sens poétique du terme, le coeur humain est le centre des émotions. La chaîne sans fin des sentiments humains, les nuances subtiles de leur agencement et leurs infinies combinaisons créent un inexplicable labyrinthe, avec un nombre illimité de couloirs. Par ces couloirs, je cherche à m’approcher au plus près de questions pour lesquelles, je le sais, il n’y a pas de réponses. »

      Jiří Kylián - Propos traduits par Isabelle Calabre (pour le service de presse du Ballet de l'Opéra de Lyon)


    http://www.opera-lyon.com/

    Billetterie

    +33 (0)4 69 85 54 54





    Album photo :


    27’52’’ (avec le NdT, l'ouvrage n'étant pas encore entré au répertoire du Ballet de l'Opéra de Lyon)






    BELLA FIGURA








    HEART’S LABYRINTH








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haydn
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MessagePosté le: Sam Sep 05, 2015 10:47 am    Sujet du message: Répondre en citant

Excellente initiative de l'Opéra de Lyon, qui organise aujourd'hui (5 septembre 2015) à partir de 11h00 une opération "découverte des coulisses du ballet", avec au programme des visites du théâtre, des répétitions et des cours publics, des extraits dansés du "triple bill" Jiří Kylián (Bella Figura, Hearts Labyrinth, 27’52’’) annoncé ci-dessus. En plus, tout est gratuit. La danse, ce n'est pas qu'à Paris!




Programme détaillé : http://www.opera-lyon.com/page/dans-les-coulisses-du-ballet



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haydn
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MessagePosté le: Mer Mar 16, 2016 1:53 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La conférence de presse annonçant la saison 2016-2017 à l'Opéra de Lyon vient de se terminer. Une nouvelle majeure :

    Danse > Jiří Kylián artiste associé @operadelyon pendant trois saisons #operadelyon1617

    Et en détail :

    * Danse > 2 créations d’Alessandro Sciarroni & Marina Mascarell ouvrent la saison du Ballet de l’Opéra de Lyon #operadelyon1617

    * Danse > soirée GRANDE FUGUE, novembre 2016 / 3 grandes dames et Beethoven : M. Marin, L. Childs (création) & A-T De Keersmaeker

    * Danse > SLEEPLESS de Jiří Kylián, entrée au répertoire du Ballet de l'Opéra de Lyon en avril 2017

    * Danse > reprise de ONE OF A KIND de Jiří Kylián par le Ballet de l'Opéra de Lyon, mai 2017

    * Danse > et aussi : Christian Rizzo (sept. 2016) et Johan Inger (avril 2017) #operadelyon1617



Rendez-vous le 26 avril pour la présentation de saison au public

Ouverture des abonnements en ligne le 27 avril, billetterie dès le 1er juin



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Bernard45



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MessagePosté le: Mer Avr 27, 2016 5:12 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Comme indiqué par Haydn, la billetterie pour les abonnements est ouverte :

http://www.opera-lyon.com/spectacles/danse


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juthri



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MessagePosté le: Dim Mai 08, 2016 11:04 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Après être venu présenter à Paris un programme sur les chorégraphes contemporains, le Ballet de l'Opéra de Lyon invitait à un retour au source de la danse contemporaine au travers d'une soirée "Made In America" et deux ballets de Merce Cunningham et Lucinda Childs. Les deux pièces proposées à cette occasion Winterbranch et Dance ont en effet respectivement 52 ans et 37 ans ! Ces deux entrées au répertoire du Ballet tout en s'inscrivant dans une démarche "historique", viennent compléter le savoir faire de la compagnie sur ces deux chorégraphes, avec quatre œuvres de Cunningham et bientôt trois "créations" de Lucinda Childs. "Création" car l'événement de cette soirée est la présentation d'une nouvelle production de Dance, pour laquelle la chorégraphe a souhaité que le film accompagnant la pièce, qui n'est autre qu'une capture en studio de la pièce montée et projetée pendant la danse, soit recréée avec les interprètes du Ballet de Lyon.

Ce programme prenait place sur la scène de l'Opéra de Lyon, théâtre de facture classique entre Rhône et Saône, revisité par Jean Nouvel au début des années 1990 et devenu un exemple emblématique de rénovation urbaine. S'il est vrai que la verrière visible de loin fait penser à un vague hangar aéroportuaire, la façade vue de près dégage une surprenante harmonie entre les arcades néo-classiques et ses fines statues de muses sur l'attique, et l'immense verrière dont le dernier étage est d'ailleurs occupé par le studio de danse. L'intérieur fait le choix de la modernité entre escaliers mécaniques et coursives en grillages métalliques, mis à part le foyer gardé globalement intact. La salle, gigantesque coque suspendue, se distingue par son côté intégralement noir et surtout sa verticalité : entourant un parterre très resserré, s'élèvent six niveaux de balcons particulièrement abrupts, et le cadre de scène étant assez étroit, il en apparaît presque carré.

Le noir sera également la couleur dominante de la première pièce, Winterbranch, qui prend place dans une totale absence de décor, avec vue intégrale sur la cage de scène, le mur de fond brut, le grill ou les projecteurs latéraux.
Cet espace créé par le plasticien Robert Rauschenberg évoquant le désert urbain, sera toujours sombre, même si balayé par des faisceaux de lumière aléatoires type phares automobiles, ne servant qu'à créer une atmosphère et non à éclairer les danseurs. Ceux-ci au gré de leurs évolutions sur scène seront la plupart du temps plongés dans une semi-obscurité et seront parfois pris par les feux d'un éclairage soudain ou passeront par le noir le plus total. Noirs également les costumes des danseurs, type survêtements informes, ou leur maquillage fait de traits guerriers sur les joues. Seules les baskets apportent une note blanche aux pieds des danseurs. L'accompagnement musical du minimaliste La Monte Young, intitulé 2 Sounds s'avère effectivement ne reposer que sur deux sons : le frottement d'un morceau de bois sur un gong et celui d'un cendrier sur un miroir.
C'est tout d'abord dans le silence que commence la pièce, par l'apparition d'un danseur rampant de cour à jardin dans une toile noire, qui n'est pas sans évoquer la divinité de Mats Ek dans She Was Black. Les six danseurs de cette œuvre prendront ensuite possession du plateau pour de courts passages dont les mouvements inventent une gestuelle toujours actuelle aujourd'hui, comme ces roulades des danseurs dos sur le dos de leur partenaire, ou ces déséquilibres tenus puis rattrapés par le bras tendu d'un autre partenaire. Le geste est rare, très souvent axé sur la dualité entre verticalité et horizontalité : les chûtes et les mouvements au sol sont nombreux, mais la station debout et la reprise de la marche ou de la course prend toute son importance, même si parfois les danseurs resteront au sol et devront être tirés hors de scène. L'image la plus forte sera le porté d'une danseuse tenue allongée dans le dos d'un danseur qui se redresse soudainement sur ses genoux.
Une continuelle tension émane des mouvements ou de leur absence, l'atmosphère est particulièrement lourde entre stridences sonores et éblouissements lumineux. Sorte de chaos urbain post-apocalypse, ou ghetto socialement délaissé, où les rares humains qui le peuplent semblent déboussolés et meurtris, légèrement troglodytes. Ils semblent tous frappés par des accidents antérieurs les laissant en déséquilibre, voire handicapés, revenus à une animalité craintive, tels des représentants d'une société d'exclus vivant en marge d'une quelconque autoroute. La noirceur se poursuivra jusque dans la scène finale, qui verra une danseuse recouvrir d'un linceul noir ses partenaires allongés à ses pieds. Ce manifeste profondément teinté par l'évolution urbaine américaine du milieu du siècle, bien loin de la dynamique de Sounddance, renvoie plutôt à la filmographie d'un Cronenberg et navigue entre pessimisme et désillusion, même s'il reste toujours porté par une irrésistible volonté du sursaut.
Dans cet univers névrotique, qui verra le plateau traversé par une inquiétante ambulance robotique, assemblage hétéroclite d'un caddie du supermarché, d'objets métalliques provenant d'une décharge et d'un gyrophare rouge, les interprètes font preuve de beaucoup de méticulosité dans leur gestuelle, révélant sans doute un laborieux travail de répétition et d'appropriation du langage du chorégraphe. Certains d'entre ont peinent tout de même à dépasser le stade de la reproduction, mais une Chiara Paperini ou un Tyler Galster parviennent à transmettre l'esprit de ce ballet de genre aussi angoissé qu'angoissant.

Après l'entracte, place donc à l'événement du jour, la recréation de Dance de (et par) Lucinda Childs, par (et pour) les danseurs du Ballet de Lyon.
A la base une chorégraphie reconnue comme majeur dans l'histoire de la créatrice, juste après le Einstein On The Beach qui l'a fait connaître, dont la première a eu lieu à la Brooklyn Academy of Music en 1979.
Pendant la première partie, des danseurs en blanc, justaucorps, pantalon et chaussons, évoluent dans une scénographie noire et nue, et la pièce commence par des vagues de danseurs en blanc qui alignent les courses de cour à jardin et inversement, basées sur des mouvements simples mais toujours dynamiques : petits sauts, pirouettes, pas rapides. Et comme toujours chez la chorégraphe ces mouvements se répètent et évoluent petitement mais surement, au fil de transition toujours faussement nonchalantes, avant de réitérer inlassablement le geste.
C'est sur cette danse épurée qui tente à chaque instant de capter l'essence du mouvement, que se greffent les images du film, projetées par intermittence sur un invisible écran de mailles fines et serrées dressé à l'avant scène et en couvrant tout le cadre, mais permettant de voir par transparence les évolutions des danseurs au travers des images. L'idée du film initial tourné par Sol LeWitt était de remplacer toute scénographie qu'il jugeait entraver le contexte de danse à l'état pur. Il s'est donc emparé d'une caméra pour tenter à son tour de capter la quintessence du geste en studio, et la projeter à l'unisson pendant le spectacle, afin que l'on ne voit définitivement que les danseurs. C'est ce film tourné avec les interprètes de la création qui avait accompagné la reprise du ballet par la Lucinda Childs Company en 2014, mais jugé trop abîmé par la chorégraphe, elle a souhaitée une recréation.
C'est la cinéaste Marie Hélène Rebois qui s'est attelé à cette tâche et est entré en studio avec les dix-sept danseurs lyonnais pour un minutieux travail de copiste pour reproduire les cent cinquante-cinq plans du film, sous la houlette de la chorégraphe. Le résultat produit tient bien évidemment à l'adéquation entre les danseurs à l'écran et ceux en scène qui sont rigoureusement les mêmes, ce qui confère un rendu bien différent de ce qu'on a pu voir avec le film original et des danseurs contemporains à la morphologie et aux attitudes bien divergentes de ce qu'était la manière de danser des années 1970.
Ici, l'exacte superposition qui en résulte est la grande réussite visuelle du ballet, d'autant qu'il n'y a pas dans cette première partie de procédé visuels, à part des effets de projection sur le demi écran supérieur donnant l'impression qu'il y a deux étages de danse. Cette stratification devient hypnotique comme regarder défiler au sein de nuages blancs, des vols d'oiseaux ou d'avions tout aussi blancs. Tout comme l'alternance des focales au sein du film, mais aussi entre le film projeté en grand format au premier plan, et les danseurs en chair en scène, certes plus petits et plus lointains, mais qui n'en apparaissent que plus présents et plus vivants lorsque les images s'estompent.
La deuxième partie est un "simple" solo d'environ vingt minutes emmené par Noëllie Conjeaud, qui profite de quelques rares instants de répit lorsqu'elle laisse l'image seule en scène. Basé sur des allers-retours de fond à l'avant scène, entrecoupé de quelques tours pour occuper l'espace, et toujours sur cette gestuelle minimaliste mais inlassablement dynamique, cet hallucinant solo va encore plus loin dans cette étude de la pureté du geste. Les images qui l'accompagnent prennent parfois le dessus sur l'interprétation humaine, avec quelques effets certes minimalistes mais parfois superflus. Mais cet ascèse mis en dansé par l'interprète est sans doute la plus belle façon d'incarner l'art de Lucinda Childs.
La troisième partie divise le plateau en damier occupé par quatre danseurs et danseuses, dont l'un brisera la chaîne du mouvement ininterrompue jusqu'alors en stoppant son exécution, figé dans un coin, avant de reprendre place dans la danse. Quelques nouveaux effets (travelling, inversion de sens, projection en plongée montrant un tapis de sol blanc quadrillé...) et surtout des filtres lumineux, préfigurant l'apparition de la télévision couleur (rouge/jaune/bleu), égayeront l'ensemble qui continue d'alimenter en intensité sa dynamique, dont on perçoit qu'elle ne tient plus que par le fil de la respiration des danseurs toujours plus sollicités et qui laisse le spectateur tout aussi haletant.
La partition de Philipp Glass déferle de notes glissantes comme les pas des danseurs, et s'adapte parfaitement à ce contexte, mais c'est bien la musique de la danse qui porte l'ensemble jusqu'à son terme. Celle-ci restreint les danseurs dans une fenêtre de tempo excessivement rigoureuse pour coller aux images, mais l'aide visuelle de l'écran inversé doit néanmoins les y aider. Impossible de ressortir tel ou tel artiste plus qu'un autre, mis à part évidemment l'interprète du solo central, car tous semblent réciter avec une aisance absolue la lettre et l'esprit de la chorégraphie.
La reconstitution minutieuse du film représente un immense travail, le spectacle y gagne en visibilité et en confort, et la chorégraphie en hypnotisme du mimétisme. Mais on pourra regretter, si ce n'est la perte de la magie d'antan, au moins celle de la force du témoignage historique, thème de la soirée. Au fond cette reconstitution puise son intérêt dans l'exactitude des pas, des gestes entre les danseurs en scène et ceux à l'image, mais aussi celle de leur corps et de leur visage. Et nous oblige à nous interroger sur son rendu dans quelques années lors de la reprise de cette oeuvre par une compagnie à l'effectif fatalement renouvelé. Voir cette projection à l'Opéra de Lyon en ce mois d'Avril 2016 était sans doute une chance qui ne se reproduira guère, et peut-être même que dans quelques années, les techniques de restauration d'images ayant encore évolué, ce sera le film originel qui sera à nouveau utilisé ? Comme si, dans le but de pérenniser cette pièce par la commande de ce nouveau film, la chorégraphe avait en fait réactivé l'un des aspects malheureusement les plus oubliés de l'art de la danse : son caractère éphémère.

Dans la continuité de ces années d'enrichissement continu de son répertoire, et quelque part de son apport au patrimoine de la danse contemporaine, la Ballet de l'Opéra de Lyon s'offre donc une plongée audacieuse dans l'histoire de la danse avec deux pièces stylistiquement marquées. Par cette soirée résolument en Noir et Blanc, il ne s'agit guère de se complaire dans la nostalgie d'une époque, mais plutôt de démontrer la modernité de ces œuvres et leur influence sur les chorégraphes contemporains. S'il prend le risque de dérouter le regard du spectateur actuel par son âpreté visuelle et son choix de l'épure sans compromis, le programme, par la qualité des gestuelles proposées, parvient à susciter autant la délectation que l'intérêt.


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MessagePosté le: Mar Mai 10, 2016 11:16 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La critique de Juthri est maintenant en ligne sur le site de Dansomanie, avec les illustrations adéquates :





    17 avril 2016 : «Made in America» (M. Cunningham, L. Childs) à l'Opéra de Lyon


      Après être venu présenter à Paris un programme sur les chorégraphes contemporains, le Ballet de l'Opéra de Lyon invitait à un retour au source de la danse contemporaine au travers d'une soirée «Made in America» et deux ballets de Merce Cunningham et Lucinda Childs. Les deux pièces proposées à cette occasion Winterbranch et Dance ont en effet respectivement 52 ans et 37 ans! Ces deux entrées au répertoire du Ballet tout en s'inscrivant dans une démarche "historique", viennent compléter le savoir faire de la compagnie sur ces deux chorégraphes, avec quatre œuvres de Cunningham et bientôt trois «créations» de Lucinda Childs. «Création» car l'événement de cette soirée est la présentation d'une nouvelle production de Dance, pour laquelle la chorégraphe a souhaité que le film accompagnant la pièce, qui n'est autre qu'une capture en studio de la pièce montée et projetée pendant la danse, soit recréée avec les interprètes du Ballet de Lyon.

      --> Lire la suite



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MessagePosté le: Ven Mai 19, 2017 10:44 am    Sujet du message: Répondre en citant

Apparemment les choses tournent au vinaigre à l'Opéra de Lyon, et le ballet est aussi concerné. Après une polémique au sujet de notes de frais abusives imputées au directeur de l'institution, Serge Dorny, c'est maintenant tout l'encadrement qui est accusé de "harcèlement" envers le personnel féminin :

    La colère des représentants de l’orchestre, du chœur, de la technique, des artistes du ballet, des employés des ateliers de décors et des agents d’accueils, signataires de ce texte, ne s’arrête pas aux questions financières. Ils dénoncent également des pratiques de harcèlement dont seraient victimes des femmes qui travaillent à l’Opéra : « Nous constatons que, malgré les promesses et les engagements de la direction, des salariés, notamment parmi le personnel féminin, sont victimes de harcèlements réguliers de la part de certains cadres dirigeants ».

    Ces nouvelles accusations illustrent, une fois de plus, les tensions qui règnent depuis des années au sein de l’institution. En 2014, les salariés pointaient déjà dans une lettre ouverte l’incapacité pour Serge Dorny « d’instaurer des relations humaines saines et fructueuses ».

    --> Affaire Serge Dorny : le personnel de l’Opéra de Lyon fait part de son indignation (France-Musique)



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