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Nouvelles du Théâtre national de Chaillot
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nabucco



Inscrit le: 14 Mar 2007
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MessagePosté le: Ven Juin 13, 2008 5:06 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Vous avez une idée des taux de remplissage des spectacles du théâtre de la Ville?


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frederic



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MessagePosté le: Ven Juin 13, 2008 11:16 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Quel est le rapport? Vous pensez que le taux de remplissage est un gage de qualité? Le théatre de la ville est rempli à l'avance par les abonnements des balletomanes qui vont voir tous les spectacles, du meilleur au plus médiocre. Et pour autant, la danse est loin de faire salle comble à Paris: 1er balcon de bastille à moitié rempli lors des " représentations" de Raymonda/Balanchine/Fosythe auxquelles j'ai assisté, le chatelet bien vide à l'orchestre lors du passage de Neumeier, Carolyn Carlson peinera encore pour cette reprise à faire salle comble et ce n'est pas faute de marketing. On ne favorise nullement la création chorégraphique, celle des CCN en particulier, en offrant un nouveau lieu de représentation à Paris. J'aime la danse, l'offre parisienne ne me satisfait nullement mais le projet et le cahier des charges de chaillot ny changeront rien: la présentation de la saison- qu'on ne connait pas d'ailleurs- se borne à un tissu de banalités ( Forsythe en 2008, quelle audace!...).Quant aux "arts et techniques de la rue", ma foi, qu'ils y restent! c'est la meilleure salle qu'ils puissent trouver...


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haydn
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Messages: 24325

MessagePosté le: Ven Juin 13, 2008 11:41 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Nous ne polémiquerons pas sur la question des "arts de la rue"...

En ce qui concerne le taux de remplissage du Théâtre de la Ville, il dépasse, selon la Mairie de Paris, les 90%. Attention toutefois, les chiffres indiqués pour la fréquentation des salles de spectacle ne distinguent généralement pas les entrées payantes des invitations et billets de faveur.

Maintenant, lorsque certains chorégraphes très prisés tels Merce Cunningham ou Pina Bausch sont à l'affiche, il est effectivement très difficile de se procurer des places, et le théâtre de la Ville peut, me semble-t-il, compter sur un public assez fidèle.


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sophia



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MessagePosté le: Sam Juin 14, 2008 12:08 am    Sujet du message: Répondre en citant

L'institutionnalisation des "danses urbaines" et autres "arts de la rue" (qui est loin d'être une nouveauté, a fortiori une audace, dans le paysage politico-culturel français), de fait au coeur de la programmation du Chaillot de Montalvo-Hervieu, cela me semble quand même l'un des sommets de la bien-pensance issue directement de nos "fabuleuses" années 80... On n'en est pas sortis, on est en plein dedans! Rolling Eyes

Quant au Théâtre de la Ville, il me semble que sa politique d'abonnement appuyée sur des tarifs très intéressants et un public fidèle à des artistes régulièrement programmés lui garantit un taux de remplissage fort enviable. De même qu'il y a peu ou prou un public "Opéra" (qui ne connait et ne fréquente à peu près que cette institution), il y a un public "Théâtre de la Ville". Et à mon sens, cela dépasse largement les questions strictement stylistiques ou chorégraphiques.


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nabucco



Inscrit le: 14 Mar 2007
Messages: 1462

MessagePosté le: Sam Juin 14, 2008 9:16 am    Sujet du message: Répondre en citant

Le rapport, c'est tout simplement qu'il y a un public massif pour la danse à Paris, et que le Théâtre de la Ville, depuis longtemps, ne suffit plus à accueillir ce public. Que la programmation vous plaise personnellement, cela vous regarde, mais vous ne pouvez pas nier que l'offre ne suffit pas vraiment à la demande actuellement. Ne vous en déplaise, il y a un très vaste public pour la danse! Que le public du Théâtre de la Ville soit, à certains égards, aussi conservateur que celui de l'Opéra, je vous le concède volontiers, mais cela ne change rien à la situation.
Bien sûr qu'il faut programmer Forsythe à Paris en 2008! On joue toujours Mozart, aux dernières nouvelles, et plus d'une fois par an : pourquoi pas Forsythe? Ce n'est pas parce qu'un artiste est reconnu qu'il faut forcément le pousser dehors pour faire place à je ne sais qui. Quant aux CCN, je ne serais pas mécontent qu'ils pensent un peu moins au public parisien et un peu plus au public des villes dans lesquelles ils sont installés...


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akhmatova



Inscrit le: 27 Mar 2007
Messages: 341

MessagePosté le: Sam Juin 14, 2008 10:30 am    Sujet du message: Répondre en citant

C'est finalement le ballet classique, qui est sous présenté à Paris et en France, et non pas la danse au sens large du terme. Et pourtant, le public est toujours présent lorsque l'opéra de Paris donne un grand classique. Chatelet aussi, ne peut pas se plaindre lorsqu'il programme Mariinski. Pourquoi ne pas faire venir le ballet de Bordeaux à Chaillot ?


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laurence



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Localisation: Paris

MessagePosté le: Sam Juin 14, 2008 11:01 am    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai toujours pensé que 'La ville 'reflètait une sorte de" docilité médiatique du public" d'un public captif qui vient toujours le même avec ses abonnements...Et j'ai toujours hai l' abonnement sorte de collier de toutou, le don et le contre don du remplissage des salles...
Confier Chaillot à Montalvo Hervieux c'est faire injure à la diversité en se drapant justement dans un faux semblant de diversité.Ce n'est pas à des chorégraphes qu'il faut confier des lieux eux sont là pour créer pas pour administrer.
Décidément en France existe une toute puissance de certaines figures de la danse contemporaine qui savent tirer à eux la couverture médiatique et les avantages citons Saporta qui ne représente rien et qui continue à obtenir par je ne sais quel réseau des lieux .


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nabucco



Inscrit le: 14 Mar 2007
Messages: 1462

MessagePosté le: Sam Juin 14, 2008 11:17 am    Sujet du message: Répondre en citant

akhmatova a écrit:
C'est finalement le ballet classique, qui est sous présenté à Paris et en France, et non pas la danse au sens large du terme. Et pourtant, le public est toujours présent lorsque l'opéra de Paris donne un grand classique. Chatelet aussi, ne peut pas se plaindre lorsqu'il programme Mariinski. Pourquoi ne pas faire venir le ballet de Bordeaux à Chaillot ?

Je suis évidemment bien d'accord avec cela, tout en étant aussi passionné de danse contemporaine; la seule chose que je peux ajouter, c'est que ce qui est le plus tragique n'est pas la situation de la danse classique à Paris, mais en province! Bien sûr, des troupes comme Bordeaux ou Toulouse font ce qu'elles peuvent, mais avec des moyens trop faibles et donc un volume de spectacles insuffisant; et Lyon, Lille, la Bretagne, le Nord-Est?!?


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frederic



Inscrit le: 23 Jan 2007
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MessagePosté le: Sam Juin 14, 2008 7:56 pm    Sujet du message: Répondre en citant

nabucco, vous m'avez mal compris! J'aime Forsythe depuis toujours mais nous n'avons jamais été privé de sa présence à paris: au chatelet chaque année sous Lissner, à l'opéra, puis à bobigny et à chaillot. C'est tant mieux mais présenter le maitre comme un des piliers de la programmation de ce nouveau chaillot me semble la preuve d'une imagination à tout le moins limitée. Certes, le théâtre de la ville est plein; le serait-il si on doublait le nombre de représentations? J'en doute. Je comprends mal le concept d'un théâtre national dédié à la danse lorsqu'aucune troupe n'y est attachée? Il y a déjà l'opéra de paris pour cela. Devenir simplement un lieu d'accueil me parait être une politique bien faible. Je maintiens qu'il n'y a paris suffisamment de lieux pour accueillir les compagnies françaises et étrangères. Et je redoute que cette inflation amène à produire des spectacles de moindre qualité et à vider les salles. Il y a un public pour la danse mais il n'est pas extensible à l'infini. Remplir chaillot avec ses 2 salles toute une saison avec seulement de la danse me parait une gageure. Quelles que soient ms réserves envers Hervieu/Montalvo, je leur souhaite tout le succès possible et je serais le 1er à me réjouir de me tromper. Mais j'étais dubitatif lors de l'annonce. J'étais dubitatif - et en colère- lors de l'annonce par Albanel. La conférence de presse d'Hervieu/Montalvo n'a fait qu'accroître mes craintes.


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nabucco



Inscrit le: 14 Mar 2007
Messages: 1462

MessagePosté le: Dim Juin 15, 2008 1:20 am    Sujet du message: Répondre en citant

Sur la personnalité des deux directeurs, je suis totalement d'accord. En ce qui concerne le public de la danse, je suis persuadé au contraire qu'à l'heure actuelle il y a de la place pour tout le monde en danse. C'est en partie un effet de mode, sans doute, et la période faste ne durera pas éternellement: il sera alors toujours temps de revenir en arrière, d'augmenter par exemple la part du théâtre au Th. de la Ville si c'est le théâtre parlé, actuellement au fond du trou, qui en profite...


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laurence



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Localisation: Paris

MessagePosté le: Dim Juin 15, 2008 7:35 am    Sujet du message: Répondre en citant

Peut être serait il bon d'avoir aussi un réel désir de former de nouveaux publics en Danse...Les écoles disparaissent une à une ...Des lieux comme l'opéra semblent désinvestir ces manifestations ouvertes à tous: les plein feux qui ont une vertu pédagogique...
Faire naitre des vocations c'est aussi multiplier des troupes de danseurs qui travaillent ensemble et non pas se servir de l'intermitence comme fond de commerce...
C'est aussi choisir des directeurs de ballet qui ont une envie de transmettre et non pas les chasser systématiquement à l'étranger l'exemple de Béjart n'est sans doute pas assez violent ...


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akhmatova



Inscrit le: 27 Mar 2007
Messages: 341

MessagePosté le: Dim Juin 15, 2008 9:41 am    Sujet du message: Répondre en citant

Le ministère de la culture est en période vaches maigres et essaye de couper là, où l'on peut. D'abord, hors Paris (les DRAC menacés de supresssion), et puis à Paris. La logique n'est pas toujours au rendez vous. On investit dans le neuf, et on vide le valable qui existe déjà. Il n'y a qu'à voir ce qui se passe côté salles de concerts avec la nouvelle et énorme salle prévue à la Villette, alors que TCE est souvent à moitié rempli, et Châtelet, complètement hybride et populiste.
Côté éducation, c'est encore plus cher, et cela demande un investissement à très long terme. Un public ne se forme pas en une seule année, mais plutôt sur une décennie. Et si le jeune public se trouve face aux "danses de la rue" comme sommet de la création, quel intérêt pour lui ou pour la danse ? A moins qu'il s'agisse de nouveau, de se complaire dans le facile et flatteur.


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haydn
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Messages: 24325

MessagePosté le: Lun Juin 16, 2008 12:39 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La plaquette de la nouvelle saison concoctée (en partie) par le duo Montalvo-Hervieu est téléchargeable au format pdf sur le site du Théâtre de Chaillot.

Beaucoup de danse (il y a tout de même quelques spectacles de théâtre) mais - presque - exclusivement contemporaine / urbaine (semper hip-hop...), avec une incursion dans le baroque.

Saison 2008-2009 à Chaillot


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haydn
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Inscrit le: 28 Déc 2003
Messages: 24325

MessagePosté le: Lun Juin 16, 2008 12:45 pm    Sujet du message: Répondre en citant

2008

danse CARMEN / Prosper Mérimée · Antonio Gadès · Carlos Saura
Salle Jean Vilar · du 17 au 27 septembre

théâtre LA BALLADE DU VIEUX MARIN
Samuel Taylor Coleridge · Jean-Baptiste Sastre
Studio · du 17 septembre au 11 octobre

théâtre L’ART DE NE CROIRE EN RIEN / Jean-François Peyret
Salle Jean Vilar · du 2 au 5 octobre

danse BLANCHE NEIGE / Angelin Preljocaj
Salle Jean Vilar · du 10 au 25 octobre

danse K.O.D. (KISS OF DEATH) / William Shakespeare · Isabella Soupart
théâtre Salle Gémier · du 16 au 23 octobre

théâtre TEATRO DELLE BRICIOLE
jeune public Le Vilain Petit Canard, La Poupée dans la poche
Studio · du 16 au 24 octobre

danse EUROPE HIP HOP / 2 PROGRAMMES
Salles Jean Vilar et Gémier · du 31 octobre au 2 novembre

danse SOMBREROS / Philippe Decouflé
Salle Jean Vilar · du 8 novembre au 13 décembre

théâtre COCORICO / Patrice Thibaud
Studio · du 13 novembre au 7 décembre

théâtre GOMBROWICZ SHOW / Sophie Perez · Xavier Boussiron
Salle Gémier · du 22 novembre au 6 décembre

concert UTE LEMPER / Angels over Berlin
Salle Jean Vilar · du 18 au 20 décembre



2009
danse GERSHWIN / José Montalvo · Dominique Hervieu
Salle Jean Vilar · du 7 janvier au 7 février

danse LA MAISON / Nathalie Pernette
jeune public Salle Gémier · du 8 au 16 janvier

danse EN SOMME ! / Marion Lévy · Fabrice Melquiot
théâtre Studio · du 8 au 31 janvier

danse PARADIS / José Montalvo · Dominique Hervieu
tout public Salle Jean Vilar · les 13, 16, 20, 23, 27 janvier et 3 février

danse UN AIR DE FOLIES / Béatrice Massin
tout public Salle Gémier · du 22 au 31 janvier

danse RIEN QUE CETTE AMPOULE
DANS L’OBSCURITÉ DU THÉÂTRE / Georges Appaix
Salle Gémier · du 5 au 8 février

danse DE DEUX POINTS DE VUE / Ballet de Lorraine · Michèle Noiret
Studio · du 6 au 13 février

danse FEBRE / Compagnie Membros · Paulo Azevedo · Taís Vieira
Salle Jean Vilar · du 12 au 15 février

danse IDIOTAS / Compagnie Man Drake · Toméo Vergès
Salle Gémier · du 12 au 14 février

théâtre IDIOT ! / Fedor Dostoïevski · Vincent Macaigne
Salle Gémier · du 4 au 21 mars

danse BATRACIEN, L’APRÈS-MIDI / Bernardo Montet
Studio · du 4 au 21 mars

danse HYMNEN / Ballet de Lorraine · Didier Deschamps · Lia Rodrigues
Salle Jean Vilar · du 5 au 7 mars

danse RUSSELL MALIPHANT DANCE COMPANY / Flux, Small Boats, Push
Salle Jean Vilar · du 12 au 14 mars

danse ENTITY / Wayne McGregor / Random Dance
Salle Jean Vilar · du 19 au 21 mars

danse LE JARDIN ITALIEN / Compagnie TPO
jeune public Studio · du 25 mars au 2 avril

danse WILLIAM FORSYTHE
Salle Jean Vilar · du 26 au 28 mars

danse WOZA / Via Katlehong Dance
Salle Gémier · du 26 au 29 mars

danse 1000 DÉPARTS DE MUSCLES / Héla Fattoumi · Éric Lamoureux
Salle Jean Vilar · du 2 au 4 avril

danse TOUT CECI (N’)EST (PAS) VRAI / Thierry Baë
théâtre Salle Gémier · du 4 au 11 avril

théâtre SALLE DES FÊTES / Jérôme Deschamps · Macha Makeïeff
Salle Jean Vilar · du 15 avril au 16 mai

danse TRICÔTÉ / Mourad Merzouki
jeune public Salle Gémier · du 14 au 19 mai

théâtre YVES-NOËL GENOD
Studio · du 14 mai au 6 juin

théâtre LA ESTUPIDEZ (LA CONNERIE)
Rafael Spregelburd · Marcial Di Fonzo Bo · Élise Vigier
Salle Jean Vilar · du 2 au 14 juin

danse IMPRESSING THE CZAR / Ballet Royal de Flandres · William Forsythe
Salle Jean Vilar · du 18 au 20 juin

danse SUTRA / Sidi Larbi Cherkaoui · Antony Gormley · Szymon Brzóska
Salle Jean Vilar · du 25 au 27 juin


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sophia



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MessagePosté le: Dim Juin 22, 2008 1:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Dernier spectacle de la saison du TNC, Decreation de William Forsythe était programmé dans la salle Jean Vilar pour trois représentations en cette fin de semaine. Trois représentations affichant complet comme il se doit. Créé au Bockenheimer Depot de Francfort en 2003 par la Forsythe Company, l'oeuvre, qui relève davantage de la performance théâtrale que de la danse à proprement parler, n'a plus grand-chose à voir (et c'est même un euphémisme!), au moins sur un plan formel, avec ce que l'on peut connaître du chorégraphe au travers du désormais classique In the Middle Somewhat Elevated ou d'autres ballets composés dans la même veine "néo-classique" (on peut probablement ajouter des guillemets!), au répertoire des plus grandes compagnies en Europe ou en Russie. Certes, il s'agit, encore et toujours, de déconstruction - et le titre le dit de manière explicite, comme un rappel des obsessions forsythiennes -, mais ici, le propos s'éloigne du cadre strictement chorégraphique et du jeu fascinant avec et autour du langage académique. La danse est même assez peu présente dans le spectacle, sinon, de manière extrêmement minimaliste, dans les évolutions de ces corps perpétuellement décentrés, en quête d'une sorte de bafouillis pré-génital, à moins que ce ne soit celui de notre post-humanité resplendissante et barbare. Esthétique du blablatage monomaniaque et incohérent qui se retrouve dans l'omniprésence de la voix - structure paradoxale du spectacle - de la langue et des langues (accompagnés par des bruitages électroniques, les textes - on peine à vrai dire à employer ce terme - sont dits, déclamés, hurlés, éructés... principalement en anglais, mais aussi en allemand et en français). 1h10 de glossolalie, de cris (mais pas de chuchotements, pour notre malheur auditif) et de grincements de dents, pour dire l'amour, la jalousie, la haine, l'incommunicabilité entre les êtres..., de manière délibérément incohérente et divagante. Il y a bien quelques minutes drôlatiques et grinçantes (et d'ironie bienvenue), où la parole mise à nu utilise les ressorts scéniques d'une esthétique de cabaret, mais au final, c'est bien insuffisant pour que l'on ne songe pas à regarder ailleurs ou à se contorsionner, pris d'une certaine irritation des nerfs, dans son fauteuil. La déstructuration nous atteint bel et bien, comme un effet symptômatique de Decreation.

"Déroutant", "dérangeant" (tiens, ça rime aussi avec "décevant"), s'exclamera probalement le critique institutionnel, qui se demande bien comment il va rendre compte d'un tel fiasco, signé du Maître... Ce ne sont pourtant pas de telles caractéristiques qui suffisent à rendre une oeuvre intéressante, à défaut même d'être réussie. Quelle est la logique - le ou les fils directeurs - de cette mise en scène aléatoire? Que met-on ici en spectacle? Tout simplement, de quoi "ça" parle? La fiche fournie au spectateur, intitulée finement "rendre possible l'impossible" (il fallait l'inventer!), ne l'aidera guère là non plus. Qu'il se rassure, il plonge aussi le spectateur lambda, même un peu lettré, dans un abîme de perplexité. Y sont évoqués pêle-mêle Anne Carson (auteure -sic- canadienne d'un opéra intitulé Decreation auquel fait écho la chorégraphie de Forsythe), Mars, Vénus et Vulcain (les amours mythologiques font toujours bien sur la copie), Simone Weil (la philosophe), ou encore Marguerite Porète (écrivain mystique du XIIIème siècle -inconnue au bataillon-)... Eclectisme des références, bien saugrenues à la vue du spectacle, mêlé à un sabir in-sensé et pseudo-philosophique, on en veut terriblement à ces oeuvres qui alimentent malgré tout l'anti-intellectualisme latent ou revendiqué d'une partie du public.

De nombreux spectateurs, qu'on sentait quelque peu énervés, n'ont pas hésité à quitter la salle durant le spectacle, parfois sans grande discrétion (attention, je ne défends pas les comportements sans-gêne d'un public en colère! On a aussi le droit d'apprécier...). Quant aux autres, ceux qui ont tenu jusqu'au bout, ils se sont apparemment chargés du reste... Loin de recevoir un accueil qu'on qualifierait diplomatiquement de mitigé, le spectacle a été largement sifflé, et les quelques bravos rapidement couverts par les huées ou les sifflets d'une partie du public. Frustrés, désemparés ou agacés, beaucoup semblaient avoir simplement renoncé à applaudir. "Faire place au neuf et à l'inconnu", nous dit (encore elle) la plaquette de présentation... Tourner le dos au déjà-vu et d'abord à ses propres poncifs est évidemment louable en soi. Mais malgré soi, malgré l'effort de distance, on se sent comme moqué. Au sens propre. Sur la scène, point de chorégraphe venu saluer, mais un danseur qui lève le poing vers la salle. A deux reprises. Après tout, cette ultime provocation faisait peut-être aussi partie de la mise en scène? A oublier très vite, une fois disparue la migraine. On ne marquera pas cette soirée d'une pierre blanche, et voilà tout.




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