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Nouvelles du Ballet de l'Opéra de Bordeaux
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haydn
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MessagePosté le: Ven Mai 22, 2009 11:06 am    Sujet du message: Répondre en citant

Compagnies invitées :










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haydn
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MessagePosté le: Ven Mai 22, 2009 11:21 am    Sujet du message: Répondre en citant

Présentation de la saison 2009-2010 par Charles Jude
(Informations : service de presse du Grand Théâtre de Bordeaux)


Citation:
Votre actualité récente, c’est la création de votre Roméo et Juliette et le retour d’Italie. Roméo et Juliette… rien à dire de plus que ce que la critique et le public ont unanimement ovationné. Y aura-t-il une vie hors Bordeaux pour cette production?

Ch. Jude : Bien sûr, nous avons profité de la tournée italienne pour présenter ce spectacle. Leur intérêt pour ce Roméo et Juliette est manifeste, mais il nous reste à adapter le décor du spectacle qui demande à ce que les théâtres qui l’accueilleront aient des cintres importants. Les décors sont légers, mais ils prennent beaucoup de place. Catane est tout particulièrement intéressé car l’esprit et les costumes de cette production sont empruntés à la Renaissance Italienne.


Vous revenez à peine d’une tournée en Italie. La tradition du ballet classique et néoclassique telle que vous la défendez y a toute sa place. Comment s’est passée cette rencontre avec les publics visités?

Ch. Jude : Nous avons retrouvé le public italien classique, à l’image des productions de ce pays. Lorsque nous sommes invités, c’est toujours sur des programmes tels que Giselle, Casse-Noisette, ce qui me convient très bien puisque je suis particulièrement attaché à la défense de ce répertoire qui donne une identité à la compagnie et qui lui permet de voyager.


La saison prochaine, vous vous associez à l’hommage que la France rend aux Ballets Russes. Ce sont des pièces que vous avez beaucoup dansées et faites danser à votre compagnie… danserez vous le Faune?

Ch. Jude : Oui, je danserai le Faune... dans le cadre de ce programme que nous allons donner huit fois et qui, sous le titre «Le Sacre du printemps…», s’associe au centenaire des Ballets Russes avec 4 pièces. Deux d’entre elles ont été chorégraphiées par Fokine et créées la même année en 1911 : Petrouchka et Le Spectre de la rose marqué à jamais par l’interprétation de Nijinski. Nous donnerons également Le Sacre du Printemps dans la chorégraphie de Massine.

Lorsque Diaghilev «renie» Nijinski, coupable de mariage et donc de trahison, le directeur des Ballets Russes a fait de Léonide Massine son nouveau chorégraphe attitré et le charge d'en chorégraphier une autre version. Ce ballet culte de l’école Russe, d’une fabuleuse intensité scénique grâce à la musique de Stravinsky, avait été vécu à sa création comme une provocation chorégraphique, avec ses pieds en dedans et fortement ancrés au sol, les mains crochues, les corps disloqués par les contorsions… Aujourd’hui, plus personne ne conteste que cette œuvre révolutionnaire est l’un des sommets de la musique dansée.


Vous donnez un nouvel opus à «Quatre tendances», un programme qui cette année, pour sa création, a permis à votre compagnie de danser au cours d’un même spectacle des pièces très repérées du répertoire contemporain que vous faites entrer à leur répertoire, des reprises et une création. Que présente «Quatre tendances/2»?

Ch. Jude : Claude Brumachon a déjà créé pour nous Les indomptés, un duo pour garçons. Il crée à nouveau un duo, mais celui-ci Etreintes brisées sera dansé par une fille et un garçon.

La proximité géographique entre Bordeaux et Nantes et la très bonne connaissance qu’il a des danseuses et danseurs de la compagnie facilitent nos collaborations.

Avec Annonciation, un magnifique duo pour danseuses, Preljocaj sera interprété pour la première fois par la compagnie. C’est un chorégraphe qu’une activité internationale intense rendait difficile à joindre, mais dès que j’ai pu lui exprimer mon souhait de monter ce ballet, il a été aussitôt d’accord. Il connaissait la compagnie et la qualité de son travail.

Autre création… celle d’un jeune chorégraphe néerlandais qui a remonté à Bordeaux Click-Pause-Silence de Jiří Kylián. De retour dans son pays, il m’a envoyé une présentation de son propre travail chorégraphique qui est très intéressant. Je lui confie donc «mes» danseurs pour une création mondiale Temporary condition. Nous reprendrons In the middle somewhat elevated de Forsythe, un défi chorégraphique que la compagnie a magnifiquement relevé en début de saison lors de la première édition de «Quatre tendances».


Egalement deux reprises importantes…

Ch. Jude : Notre production du Lac des Cygnes sera reprise à nouveau au Grand-Théâtre pour le plateau duquel nous avons adapté le dispositif scénique initialement conçu pour la création au Palais des Sports. Pour le répertoire que nous défendons, ce ballet est un «monument» auquel j’ai apporté ma propre vision chorégraphique d’un Lac écossais. Ce lac hanté, cette brume finale, m’ont suggéré de placer l’action au pays du Lochness. Les références se retrouvent au niveau des décors et des costumes.

Sur une chorégraphie de Mauricio Wainrot, Le Messie clôturera la saison par ce ballet d’une formidable énergie et qui donne à l’Opéra National de Bordeaux l’opportunité d’associer toutes ses forces artistiques : le ballet, l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine et le chœur.


Trois des membres de votre compagnie ont été nommés solistes cette saison. C’est à l’évidence un signe de sa bonne santé. Quelles évolutions prévoyez-vous en 2009/2010?

Ch. Jude : Nous venons de faire une audition ouvrant sept recrutements de danseuses et danseurs. Sur la base d’un contrat d’un an, je pourrai juger de leur capacité d’intégration dans la compagnie.


De Ballet de l’Opéra National de Bordeaux a-t-il signé des tournées pour la prochaine saison?

Ch. Jude : Alors que nous avons encore des projets en cours, nous pouvons annoncer des déplacements en France et en Espagne : Festival Cadences d'Arcachon, programme mixte (26 septembre), Centro Kursaal de San Sebastian (Espagne) avec «Les Ballets Russes» (4 et 5 novembre), Opéra de Massy «Les Ballets Russes» (14 et 15 novembre), Maison de la Danse de Lyon Coppelia (du 5 au 12 mai), Odyssée de Périgueux, «Quatre tendances/2» (18 mai), Auditorium de Murcia (Espagne) Le Messie (22 mai), Théâtre d'Alicante (Espagne) Le Messie (25 Mai 2010).


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Marie-Charlotte



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MessagePosté le: Dim Mai 24, 2009 9:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je suis vraiment impressionnée par le répertoire du Ballet de Bordeaux. J'ai déjà vu cette compagnie et je la trouve de très haut niveau. Haydn, savez vous quel est le parcours professionnel des danseurs qui viennent d'être recrutés?


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ptite.danseuz



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MessagePosté le: Sam Mai 30, 2009 8:19 pm    Sujet du message: Répondre en citant

A première vue, je crois que je vais vite me sentir obligée de prendre un abonnement pour aller voir une bonne partie du programme annoncé... Very Happy
J'ai déjà vu leur version du Messie il y a quelques années c'était juste à tomber au passage, je le conseille vivement. Wink

@Haydn : Merci de prendre le temps de rassembler toutes ces informations !
Et je n'étais pas repassée par ici, mais très beau dossier sur Roméo et Juliette ! Very Happy


@Marie-Charlotte : les "biographies" des danseurs engagés n'ont pas encore été mises à jour sur le site internet, mais les danseurs de l'Opéra de Bordeaux viennent de divers endroits, certains sont tout juste diplomés du conservatoire régional de Bordeaux, mais certains (ou du moins j'ai au moins un nom en tete) ont fait leurs classes ou une partie à l'école de l'opéra de paris, d'autres viennent de toulouse, etc. ; tandis que d'autres ont déjà dansé pour d'autres compagnies. Mais ça nous le saurons que dans quelques temps je suppose, ou dans les facicules disponibles à l'entrée du Grand Théatre avant les représentations. Wink


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Marie-Charlotte



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MessagePosté le: Dim Mai 31, 2009 9:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci pour l'info!


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haydn
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MessagePosté le: Mar Juin 16, 2009 9:54 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Durant l'été, l'Opéra National de Bordeaux organise une exposition consacrée aux coulisses du Grand Théâtre et, de manière générale, à la machinerie de spectacle, sous la houlette du directeur technique du célèbre établissement girondin, Giulio Achilli :





Citation:
L’opéra dévoilé - Ingénierie de l’éphémère

Exposition imaginée par Giulio Achilli

— Grand-Théâtre de Bordeaux, du 7 juillet au 29 août 2009 —

Opéras et ballets seraient inconcevables sans l’art des Ateliers et Métiers de la scène. Au gré des saisons, usant de gestes rares et précis, des hommes et femmes d’exception accomplissent, loin du regard du public, un travail d’orfèvre indispensable au spectacle, confectionnent les décors et costumes des productions lyriques ou chorégraphiques et œuvrent à la construction et au déroulement des spectacles.

Ainsi, sous la direction de Giulio Achilli, couturiers, perruquiers, décorateurs, peintres, électriciens, sculpteurs, voiliers, machinistes, cintriers, maquilleurs… conjuguent leurs talents pour donner vie aux chefs-d’oeuvre présentés sur scène. Eloigné de l’industrialisation et de l’automatisation contemporaine, leur savoir-faire représente un véritable patrimoine qui se doit d’être préservé.

Dévoilant les secrets du plateau, le fonc-tionnement des machineries et effets spéciaux, des maquettes anciennes provenant de la Scala de Milan, des costumes et éléments de décor… l’exposition L’opéra dévoilé… Ingénierie de l’éphémère est une invitation à la découverte de l’univers fascinant de la scène.

Du 7 juillet au 29 août 2009 (y compris le 14 Juillet et le 15 Août)
du lundi au samedi (12h//18h30 - derniers visiteurs sortis à 19H)

Deux modes de visite :
- Soit balade en autonomie du visiteur // visite exposition accès libre
Prix d’entrée : 5 € et 3 € en tarif réduit - gratuit pour les enfants de moins de 12 ans accompagnés - 3 € pour les groupes (+de 10)
Rens. 05 56 00 85 95 - www.opera-bordeaux.com

- Soit visite historique + exposition avec guide bilingue office de tourisme
Prix d’entrée office de tourisme (avec guide) : 9.5€ en tarif plein - 8.5€ en tarif réduit – gratuit pour les enfants de moins de 12 ans accompagnés
Rens. 05 56 00 66 00 www.bordeaux-tourisme.com




L’exposition est une déambulation dans le théâtre, conçue comme un parcours muséal, basé sur des expositions et projections de films en 3D.
Au fil des salons (salon rouge, blanc, gris, foyer Lalande et Grand-Foyer) et du Grand-escalier, c'est toute l'histoire du théâtre à l'italienne, sa philosophie et sa fonction sociale à l'époque où il fut conçu, qui sont racontées.

Selon les salons, le visiteur pourra découvrir :

- l'évolution des théâtres, de l'Egypte au théâtre Kabuki, du théâtre Elisabéthain à nos théâtres contemporains

- l'histoire de la lumière, de l'éclairage au miroir, à la bougie, et jusqu'à nos projecteurs actuels

- l'évolution des machines de scène à effets spéciaux : machines à faire du bruit (orage, vent...) machines à faire de la fumée, du brouillard, de la neige… l'évolution séculaire de la machinerie des théâtres à l'italienne
l'histoire du rideau de scène.

- 30 ans de costumes, avec déambulation dans le grand-foyer, empli de mannequins costumés retraçant toutes les époques.

- reconstitution d'un atelier de réalisation des décors, avec notamment la projection du film tourné lors de la réalisation du rideau de scène historique de l'Opéra National de Paris

- reconstitution des ateliers couture, costumes le jardin des corsets (avec 25 modèles différents, expliqués selon leur époque de création et fonction)

- la cascade des chaussures : plus de 200 paires de souliers retraçant l'histoire de la chaussure, de l'Egypte antique à nos jours

- l'arbre aux tutus... la magie de ces nuages de tulle expliquée au public et enfin, « La forêt de cristal », l'essence même du théâtre, avec le dernier salon couvert de miroirs et ses lustres posés au sol… jeu d’apparences, tel que le théâtre les aime.

La grande salle sera en accès libre.


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haydn
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MessagePosté le: Mar Juin 30, 2009 4:54 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Petits souvenirs de la Coppélia de Charles Jude reprise au Grand Théâtre de Bordeaux pour clôturer la saison 2008-2009. Je n'ai malheureusement pas pu y assister, pour cause de "campagne de Russie", et je n'avais personne d'autre de disponible pour nous représenter. Si des personnes ont vu le spectacle, les commentaires sont évidemment les bienvenus.






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haydn
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MessagePosté le: Mer Juil 01, 2009 4:05 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Grâce au service de presse de l'Opéra de Bordeaux, quelques images encore de l'exposition sur la machinerie et les costumes qui se tient actuellement au Grand Théâtre.










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haydn
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MessagePosté le: Sam Aoû 29, 2009 11:01 am    Sujet du message: Répondre en citant

Le Ballet National de Bordeaux ouvre sa saison chorégraphique avec, comme il se doit en cette année du centenaire, une soirée "Ballets russes" :



Pétrouchka



Citation:



Le Sacre du Printemps...

Quatre pièces en hommage au centenaire des Ballets Russes



Un siècle s’est écoulé depuis que Serge Diaghilev créa la prestigieuse compagnie des Ballets Russes. Le ballet était composé des plus grands danseurs du non moins célèbre théâtre Mariinsky de Saint-Petersbourg, tels Anne Pavlova, George Balanchine, Michel Fokine, Vaslav Nijinski,... 1911, 1912 et 1913 ont vu naître les quatre pièces présentées par le Ballet de l’Opéra National de Bordeaux à l’occasion de cet anniversaire : Petrouchka / L’Après-midi d’un Faune / Le Spectre de la Rose / Le Sacre du Printemps

Cette saison vous vous associez à l’hommage que la France rend aux Ballets Russes. Ce sont des pièces que vous avez beaucoup dansées et faites danser à votre compagnie… danserez vous le Faune ? «Oui, je danserai le Faune... dans le cadre de ce programme que nous allons donner huit fois et qui, sous le titre « Le Sacre du printemps…», s’associe au centenaire des Ballets Russes avec 4 pièces.

Deux de ces ballets ont été chorégraphiés par Michel Fokine et créés la même année en 1911 : Petrouchka et Le Spectre de la rose marqué à jamais par l’interprétation de Nijinski. Nous donnerons également Le Sacre du Printemps dans la chorégraphie de Massine.

Lorsque Diaghilev «renie» Nijinski, coupable de mariage et donc de trahison, le directeur des Ballets Russes a fait de Léonide Massine son nouveau chorégraphe attitré et le charge d'en chorégraphier une autre version. Ce ballet culte de l’école Russe, d’une fabuleuse intensité scénique grâce à la musique de Stravinsky, avait été vécu à sa création comme une provocation chorégraphique, avec ses pieds en dedans et fortement ancrés au sol, les mains crochues, les corps disloqués par les contorsions… aujourd’hui, plus personne ne conteste que cette oeuvre révolutionnaire est l’un des sommets de la musique dansée.»

Charles Jude, directeur du Ballet de l’Opéra National de Bordeaux


De Cour à jardin : Rencontre avec les artistes de la production

Jeudi 15 Octobre à 18h au Grand-Théâtre de Bordeaux Entrée libre et gratuite

Représentations

Ven. 16, lun. 19, mar. 20, mer. 21, jeu. 22 & ven. 23 Octobre à 20h
Dim. 18 & dim. 25 Octobre à 15h

Grand-Théâtre de Bordeaux
Renseignements : 05.56.00.85.95
Grand-Théâtre - Place de la Comédie – Bordeaux
Du Mardi au samedi de 13h à 18h30
www.opera-bordeaux.com


Petrouchka

Michel Fokine, chorégraphie
Igor Stravinski, musique
Alexandre Benois, décors et costumes


Scène I / La fête

Lors de la fête du carnaval, les badauds admirent les numéros qui sont présentés par des artistes de rue. Les tambours annoncent alors l'arrivée d'un vieux mage, qui capte l'attention générale. Le rideau s'ouvre pour laisser apparaître la curiosité, accompagnée de trois poupées : Petrouchka, la ballerine et le Maure. Le vieux mage joue de la flûte pour user de son pouvoir magique. Il donne vie aux trois poupées, qui s'animent devant la foule ébahie.

Scène II / La chambre de Petrouchka

La poupée attend devant sa chambre, mais un bruit fracassant annonce l'arrivée de son maître qui la projette d'un coup de pied dans sa cellule. Petrouchka mène une vie morne et solitaire derrière ses barreaux. Son seul réconfort, il le trouve dans l'amour qu'il porte pour la poupée ballerine. Le portrait du vieux mage suffit à lui seul à rappeler à Petrouchka qu'il n'est qu'une marionnette et qu'il se doit de rester docile et humble. Même si Petrouchka n'est qu'une marionnette, il n'en a pas moins des sentiments humains, comprenant aussi bien l'amour qu'il porte pour la ballerine que l'amertume envers le vieux mage. La ballerine entre en scène et Petrouchka tente de lui révéler son amour, mais il est aussitôt rejeté par elle, qui qualifie tout cela de pathétique. Elle préfère la frivolité avec le Maure, ce qui anéantit le passionné Petrouchka.

Scène III / La chambre du Maure

Il vit une vie nettement plus affriolante dans sa chambre décorée de toutes parts. Installé dans son salon, il joue avec une noix de coco. Les couleurs qui émanent de la pièce inspirent la joie et la fête, le rouge, le vert et le bleu. Le Maure préfère la joie de sa chambre plutôt que d'aller consoler le pauvre Petrouchka. C'est alors que la ballerine est placée dans la chambre du Maure par le magicien, et elle entame une danse chatoyante dans le but de séduire le Maure, qui la rejoint dans sa danse. Petrouchka broyant du noir dans sa cellule est emporté dans celle du Maure par le mage, pour interrompre la séduction de la ballerine. Petrouchka se met alors à attaquer le Maure, mais il réalise qu'il est trop petit et bien trop faible pour faire face à son rival. Il finit par se faire chasser par le Maure.

Scène IV / La fête

La fête du Mardi gras prend peu à peu en place. Après que la foule et la fête se soit installées, un cri surgit du stand de marionnettes. Le Maure poursuit Petrouchka avec une hache et le tue. Le Maure devient alors la métaphore de l'indifférence aux sentiments humains. La police questionne le vieux mage, qui cherche à calmer l'ardeur de la foule consternée, en secouant les restes de paille et de sciure de Petrouchka, pour rappeler à tout le monde que ce n'était qu'une poupée sans âme, à la tête de bois. La nuit tombe et la foule se disperse, tandis que le mage s'en va, emportant avec lui le corps mou de Petrouchka. Le fantôme de la poupée apparaît sur le toit du stand de marionnettes. Ses pleurs ressemblent maintenant à des cris de colère. Maintenant que la place est vide, le vieux mage aperçoit avec frayeur le fantôme de Petrouchka, et s'enfuit apeuré.



L’Après-midi d’un Faune

Vaslav Nijinski, chorégraphie
Claude Debussy, musique
Léon Bakst, décors et costumes


Sur un tertre un faune se réveille, joue de la flûte et mange des raisins. Un premier groupe de trois nymphes apparaît, suivi d'un second groupe qui accompagne la nymphe principale. Celle-ci danse au centre de la scène en tenant une longue écharpe. Le faune, attiré par les danses des nymphes, va à leur rencontre pour les séduire mais elles s'enfuient. Seule la nymphe principale reste avec le faune mais elle finit par s'enfuir également en abandonnant son écharpe aux pieds du faune. Celui-ci s'en saisit, mais trois nymphes tentent de le reprendre sans succès, trois autres nymphes se moquent du faune. Il regagne son tertre avec l'écharpe qu'il contemple dans une attitude de fascination, avant de l’allonger sur le sol et s’endormir sur celle-ci.


Le Spectre de la Rose

Michel Fokine, chorégraphie
Carl Maria von Weber, musique
Léon Bakst, décors et costumes


Par une belle nuit d'été, une jeune fille revient dans sa chambre après le bal, une rose à la main. Elle en respire le parfum avec volupté puis, vaincue par la fatigue, se laisse aller dans un fauteuil et s'endort. En rêve, la rose qu'elle tient à la main se transforme en sylphe, qui entre en volant par la fenêtre, voltige autour d'elle, la soulève et l'entraîne dans une danse enchantée. Puis il la reconduit à son fauteuil et disparaît. La jeune fille s'éveille, délicieusement troublée, et constate la présence de la rose par terre.


Le Sacre du printemps

Léonide Massine remontée par Susanna Della Pietra, chorégraphie
Igor Stravinski, musique
Nicolas Roerich, décors et costumes
Kenneth Archer ©1995, reconstitution et supervision
François Saint-Cyr, lumières


Scène I / L'Adoration de la terre Printemps.

La terre est couverte de fleurs. La terre est couverte d'herbe. Une grande joie règne sur la terre. Les hommes se livrent à la danse et interrogent l'avenir selon les rites. L'Aïeul de tous les sages prend part lui-même à la glorification du Printemps. On l'amène pour l'unir à la terre abondante et superbe. Chacun piétine la terre avec extase.

Scène II / Le Sacrifice Après le jour, après minuit.

Sur les collines sont les pierres consacrées. Les adolescentes mènent les jeux mythiques et cherchent la grande voie. On glorifie, on acclame Celle qui fut désignée pour être livrée aux Dieux. On appelle les Aïeux, témoins vénérés. Et les sages aïeux des hommes contemplent le sacrifice. C'est ainsi qu'on sacrifie à Larilo, le magnifique, le flamboyant.




Paul Connelly / Geoffrey Styles (21 et 22 oct.), direction musicale


Informations : service de presse de l'Opéra National de Bordeaux



On notera donc avec intérêt que Charles Jude interprétera lui-même le Faune, l'un de ses rôles-fétiches.




Dernière édition par haydn le Sam Aoû 29, 2009 3:55 pm; édité 1 fois
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sophia



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Messages: 20038

MessagePosté le: Sam Aoû 29, 2009 3:46 pm    Sujet du message: Répondre en citant

haydn a écrit:
Charles Jude interprétera lui-même le Faune, l'un de ses rôles-fétiches.


Dans lequel il avait d'ailleurs été filmé. Dommage que ce film ne soit jamais ressorti en DVD.


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JMJ



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Messages: 669

MessagePosté le: Dim Aoû 30, 2009 2:19 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Charles Jude interprétera lui-même le Faune, l'un de ses rôles-fétiches.


Il faut dire que parmi les danseurs de sa génération, Charles Jude était certainement l'un de ceux qui dégageait le plus de sensualité, qualité ô combien indispensable pour le Faune.
Au passage, j'aime bien la façon pudique avec laquelle la fin du ballet est racontée Embarassed !


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ptite.danseuz



Inscrit le: 12 Fév 2006
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Localisation: Allemagne

MessagePosté le: Ven Sep 11, 2009 2:01 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je n'ai hélas pas pu assister à la représentation de Coppélia pour laquelle j'avais pris une place à la base, mais ayant déjà vu cette version il y a quelques années disons que c'est... déroutant. Dans le bon sens du terme selon moi. Pas vraiment pour d'autres. Il est vrai que voir Coppélia aux USA est quelque peu suprenant mais cette version est très réussit à mon gout et beaucoup plus agréable que la version traditionnelle. Je suppose que la chorégraphie et la mise en scène n'a pas changé depuis cette époque donc mon avis doit toujours rester valable.^^
Haydn j'espère pour vous que vous pourrez assister à une représentation de ce ballet lors de sa prochaine reprise, il vaut la peine d'être vu. Smile

Pour ma part, j'ai pris mes places pour la nouvelle saison, et comme d'habitude cela ressemblait plus à une course qu'à autre chose... Pas facile d'obtenir des bonnes places aux dates désirées.
Bref, ce sera donc Le lac des cygnes, la soirée Quatre Tendances et le Messie, et avant tout la soirée ballets russes en Octobre. Smile
Préssée de voir Charles Jude dans le rôle du Faune pour lequel il est si connu.


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haydn
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Messages: 24963

MessagePosté le: Mar Oct 13, 2009 12:22 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Vendredi 16 octobre aura lieu la Première du spectacle "Ballets Russes" au Grand Théâtre de Bordeaux. D'autres manifestations accompagneront les représentations scéniques, et Andris Liepa sera présent dans la métropole aquitaine, pour le tournage d'un reportage pour le compte de la chaîne de télévision russe Kultura.

Citation:
Autour du « Sacre du Printemps » et des Ballets Russes
15, 21 - 25 octobre 2009 – Grand-Théâtre de Bordeaux
Programme susceptible de modifications




Jeudi 15 octobre

18h De cour à jardin
Rencontre avec les artistes de la production, en présence de Charles Jude


Mercredi 21 octobre

17h30 à 21h30 Ouverture de l’espace dédié aux Ballets Russes
Entrée libre (salon Lalande)
Stand de « Russimanie », une boutique dédiée à la culture Russe (livres d’art sur les ballets russes, biographies, des cd de musique classique, des dvd des plus grands classiques du cinéma russe en version originale sous titrée en français.)

18h à19h Conférence (salon Lalande) « Alexandre Benois, directeur artistique et co-fondateur des Ballets Russes » par : Pascale Melani, Maître de conférences de russe, Spécialiste de Musique et théâtre, Responsable de Département des Langues Slaves de l’Université Michel de Montaigne Bordeaux 3 Laurent Croizier, Historien et musicologue, directeur adjoint des publics et du développement, responsable de la communication de l’Opéra National de Bordeaux

Avec participation de :

Charles Jude - Directeur de Ballet de l’Opéra National de Bordeaux, ex-danseur étoile du Ballet l’Opéra National de Paris, chorégraphe, interprète des grands ballets de Noureev, de Balanchine, de Lifar et de Béjart

Andris Liepa - Fils d’une dynastie de danseurs du Bolchoï, et aujourd’hui directeur artistique des Saisons russes, il travaille depuis près de vingt ans à remonter les quelque cinquante ballets d’origine dans le plus pur esprit de Diaghilev, s’attachant notamment à reconstituer méticuleusement les chorégraphies de Vaslav Nijinski, Anna Pavlova, Michel Fokine, Tamara Karsavina ou Leonid Massine, ainsi que les somptueux décors et costumes d’origine imaginés par Picasso, Braque, Derain ou encore Matisse. Le tout bien entendu avec les musiques inoubliables de Debussy, Ravel ou Satie. Aujourd’hui il participe à la réalisation d’un film dédié aux Ballets Russes (réalisateur Nikita Tikhonov pour la chaine télévisé russe « Culture »)


Jeudi 22 octobre

19h15 à 21h30 Ouverture de l’espace dédié aux Ballets Russes / Entrée libre (salon Lalande) Stand de Russimanie

20h Le Sacre du printemps (Scène GTB)

Soirée Opéra Crous (avec dégustation de thé à la russe, en partenariat avec Russimanie) L'Opéra National Bordeaux et le CROUS proposent aux étudiants un rendez-vous "le Sacre du Printemps" - Pour 8 euros et le prix d'un repas universitaire les étudiants peuvent assister à ce spectacle et rencontrer les artistes à la fin de la représentation autour d'un cocktail proposé par le Crous.


Vendredi 23 octobre

19h15 à 21h30 Ouverture de l’espace dédié aux Ballets Russes / Entrée libre (salon Lalande) Stand de Russimanie

18h Projection du documentaire « Les Printemps du Sacre » (salon Lalande) (61 min, 1993, couleur) en collaboration avec Bibliothèque d’Artigues-près-Bordeaux
Conception : Jacques Malaterre, Brigitte Hernandez
Réalisation : Jacques Malaterre. Production : Telmondis, La Sept-Arte
Participation : TSR, CNC, ministère de la culture (DMD)

Auréolée d'un parfum de scandale, la fulgurante et mythique création par Vaslav Nijinski du "Sacre du printemps" de Stravinski, au théâtre des Champs-Elysées le 29 mai 1913, est sans doute devenue le symbole de la modernité. Le film propose un panorama des interprétations successives de cette oeuvre au cours du XXe siècle. Les différentes versions qu'en ont donné les cinq chorégraphes présentés ici - Mary Wigman, Martha Graham, Mats Ek, Maurice Béjart et Pina Bausch, après celle de Massine en 1920, interrogent toutes la perte du rituel dans le monde contemporain et ce que d'aucuns désignent comme "la blessure de la modernité". Il est vrai que l'essence même de la danse, d'origine sacrificielle, sert d'argument à la pièce. La traversée de ce siècle, singulièrement marqué par la barbarie humaine, explique sans doute l'attirance naturelle des chorégraphes pour cette oeuvre-clé, au-delà de cette rupture entre le vocabulaire classique et l'invention d'un langage moderne qui la caractérise.


Dimanche 25 octobre

19h15 à 21h30 Ouverture de l’espace dédié aux Ballets Russes / Entrée libre (salon Lalande) Stand de Russimanie


Rencontres non accessibles au public :

Andris Liepa

Mercredi, 21 octobre

12H /Visite du danseur russe, chorégraphe Andris Liepa, rencontre avec les danseurs de Ballet de l’ONB
14H /Andris Liepa : Visite du Grand-Théâtre
17H/Interview de Charles Jude et Oksana Kucheruk par Nikita Tikhonov, réalisateur du film dédié aux Ballets Russes pour la chaine TV « Culture », Russie


Informations : service de presse du Ballet National de Bordeaux




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sophia



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MessagePosté le: Mer Oct 21, 2009 8:23 am    Sujet du message: Répondre en citant

Un reportage de France 3 Culturebox sur l'hommage du Ballet de l'Opéra de Bordeaux aux Ballets Russes.

Le Ballet de l'Opéra de Bordeaux rend hommage à Diaghilev et aux Ballets Russes


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sophia



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MessagePosté le: Jeu Oct 22, 2009 9:15 am    Sujet du message: Répondre en citant

Centenaire des Ballets Russes : Petrouchka / L'Après-midi d'un Faune / Le Spectre de la rose / Le Sacre du printemps
Ballet de l'Opéra National de Bordeaux
18 octobre 2009


La France, on le sait, aime à commémorer, mais sa mémoire est souvent sélective. Les Ballets Russes ont beau avoir cent ans cette année et être à l'origine de maints bouleversements dans l'histoire de la danse, il aura fallu attendre octobre 2009 pour qu'une institution publique française se charge de rappeler l'anniversaire de leur première apparition à Paris, en mai 1909. A l'heure où les compagnies entament leur nouvelle saison, c'est donc au Ballet de Bordeaux de lancer l'hommage français aux Ballets Russes, par un programme d'oeuvres emblématiques de la troupe de Diaghilev, presque similaire – Le Sacre en plus et Le Tricorne en moins -, à celui que donnera en décembre prochain - sans réelle volonté de se démarquer de l'ordinaire des programmations attachées à cette célébration -, le Ballet de l'Opéra de Paris.

La soirée concoctée à Bordeaux par Charles Jude, si elle omet les créations de l'année 1909, trouve son unité autour d'oeuvres majeures appartenant à la période initiale des Ballets Russes et illustrant, chacune à leur manière, le lien profond entre Diaghilev et la France. On aurait certes aimé découvrir dans ce programme quelque trésor méconnu des premières Saisons Russes, mais à défaut, on aura apprécié de revoir les ouvrages les plus fameux de ce répertoire, représentés qui plus est dans leurs scénographies originales, signées Léon Bakst (L'Après-midi d'un Faune, Le Spectre de la rose), Alexandre Benois (Petrouchka), ou Nicolas Roerich (Le Sacre du printemps). Investis d'une importance et d'une signification comparables à la chorégraphie et à la musique, les décors et les costumes colorés et oniriques des Ballets Russes participent toujours à l'évidence du pouvoir de fascination que ceux-ci exercent sur le public.

Le rideau de scène de Petrouchka avec ses démons noirs, velus et inquiétants, tournoyant dans le ciel de Saint-Pétersbourg autour des flèches de l'Amirauté, nous donne d'emblée la tonalité du ballet, curieux mélange de réalisme pittoresque et de de fantastique, de tentation folkloriste et d'expressionnisme Belle-Epoque. Des quatre oeuvres présentées, toutes profondément ancrées dans l'esthétique totalisante chère à Diaghilev et à la modernité, Petrouchka est aussi, sans doute, celle qui parvient le mieux à transcender l'esprit d'une époque. En réactualisant aussi bien le Guignol russe que les types éternels de la Commedia dell'Arte (Pierrot, Arlequin, Colombine, métamorphosés dans les figures de Petrouchka, du Maure et de la Ballerine), le ballet nous plonge dans l'univers du mythe, qui prend ici des accents particuliers, oscillant constamment, et jusqu'au dénouement - "bizarre" -, entre mélancolie et grotesque.

Si la scène du Grand-Théâtre ne permet pas de conférer une grande ampleur aux spectaculaires scènes de foule des premier et quatrième tableaux, elle sait en retour restituer au mieux une intimité sensorielle avec le public, en accord avec l'esthétique de fête foraine que suggèrent simultanément la musique de Stravinski et la chorégraphie de Fokine. Les trois marionnettes, interprétées par Roman Mikhalev (Petrouchka), Oksana Kucheruk (la Ballerine) et Alvaro Rodriguez Piñera (le Maure) nous offrent là des ensembles précis, à la coordination impeccable, dont la gestuelle saccadée et mécanique cherche à reproduire celle des automates. Les scènes intimes et "fermées" laissent ensuite à lire toute leur virtuosité théâtrale, entre grandeur et petitesse, à l'image des anti-héros qu'ils incarnent. Ce Petrouchka nous laisse pourtant, in fine, moins l'impression d'un ballet d'individualités que celle d'un ballet collectif : la foule y incarne au fond un personnage en soi, un corps à part entière, d'emblée saisissant et à même de retenir l'attention pour lui-même et dans ses diverses incarnations populaires, grâce aux pouvoirs conjugués de la musique, de la chorégraphie et de la mise en scène.

En termes d'interprétation, L'Après-midi d'un Faune dominait toutefois l'ensemble de la représentation, et pas seulement au titre de "souvenir ému". Charles Jude en effet retrouvait là le rôle du Faune, un rôle qu'il a marqué et continue de marquer de son empreinte aujourd'hui. Rien à voir avec le caprice de ces stars qui refusent de décrocher, s'imposant malencontreusement à nous dans des rôles incongrus quand il n'est plus temps... Charles Jude, à l'inverse, se révèle, avec son physique vif et mobile, non seulement un interprète idéal de cette gestuelle de vase grec, appuyée dans le sol et poussant jusqu'à la caricature le refus de l'en-dehors, qui caractérise la chorégraphie de Nijinsky, mais il suggère aussi à merveille, jusque dans son étonnant rictus, cette sensualité troublante et bizarre attachée au rôle du Faune. Le face-à-face, bref et intense, avec la Grande Nymphe, campée par Stéphanie Roublot, se révèle d'autant plus saisissant, qu'il semble comme abolir toute tension dramatique. Autour d'eux, les Six Nymphes forment un choeur harmonieux, au style parfaitement maîtrisé. Il faut bien avouer que les interprètes du Spectre de la rose, Vladimir Ippolitov, dont on soulignera la présence séduisante et les très beaux ports de bras, et Emmanuelle Grizot, quelque peu en difficulté avec le style de la chorégraphie, peinent ensuite à susciter le même enthousiasme. Difficile du reste de s'affirmer avec tout le brio souhaité au sein de cette pièce virtuose, et face aux modèles que sont les interprètes majeurs du rôle, de Mikhaïl Barychnikov à Herman Cornejo, qui s'imposent malgré tout à notre esprit.

Le Sacre du printemps offrait enfin la conclusion à ce programme d'hommage. Précisons d'emblée que la version que propose le Ballet de Bordeaux n'est pas exactement celle de Nijinsky, ou tout au moins la reconstruction bien connue de celle-ci, due aux travaux conjoints de Kenneth Archer et Millicent Hodson et filmée avec le Joffrey Ballet (pour qui elle fut recréée), et, plus récemment, avec le Ballet du Mariinsky. Il s'agit en fait de la version de Léonide Massine (1920), qui se veut une réécriture de celle de Nijinsky, transmise directement par Susanna Della Pietra, assistante du chorégraphe lors de la dernière reprise de son Sacre pour le Mai Musical florentin en 1973. En-dehors des personnages du Vieux Sage et de la Vieille Femme, absents de cette version, il faut toutefois être un spécialiste pour percevoir clairement toutes les nuances chorégraphiques et stylistiques apportées par Massine à l'original (elles sont largement détaillées dans le programme ; on relèvera notamment que les pieds, chez Massine, ne sont pas véritablement positionnés en-dedans), allant dans le sens d'une simplification de l'argument.

Cette mise au point faite, Le Sacre des Ballets Russes, qu'il soit nijinskien ou massinien, a beau demeurer une oeuvre mythique, qui a bouleversé l'histoire de la danse comme on le répète couramment dans les livres, il est peu de dire que cette reprise aujourd'hui – et l'on en dirait sans doute autant de la reconstruction de Kenneth Archer -, est loin de pouvoir restituer au public le tremblement que l'oeuvre a suscité en son temps. Où est pour nous, spectateurs des années 2000, le parfum de scandale qui l'entourait? Où est la violence primitive qui l'imprégnait? On saisit des images ici ou là, certes, mais au fond, dans ce ballet dont les interprètes ne sont nullement en cause, à commencer par la puissante et sensuelle Juliane Bubl dans le rôle de l'Elue, tout semble se passer comme si... Comme si la danse était condamnée à recréer éternellement le Sacre, son Sacre, celui apte à éclairer son temps, plutôt que de répéter celui d'un déjà lointain passé, que l'on ne parvient plus à ressaisir autrement que par une forme toujours plus hypothétique, peu à peu vidée de son sens. Car ce que l'on voit ici, ce sont sans doute des costumes et des décors patiemment reconstitués, des poses et une gestuelle célèbres reproduites minutieusement d'après gravures, films ou photographies, et puis... et puis rien, ou du moins pas grand-chose, sinon une chorégraphie qui tente vainement de se hisser à la hauteur d'une composition musicale qui la dépasse continûment par sa force d'évocation - sa "barbarie" convulsive. Ne reste alors de toute cette agitation, qui sans doute n'est pas loin de flirter avec un certain kitsch, que cette musique, une musique fracassante et pleine d'audace, de cette audace (emblématisée par le "Etonne-moi" de Cocteau) que l'on voudrait peut-être voir davantage à l'oeuvre à l'occasion de cette célébration mondiale, et parfois bien conventionnelle, du centenaire des Ballets Russes.


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