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Nouvelles du Royal Ballet / News from the Royal Ballet
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paco



Inscrit le: 28 Oct 2005
Messages: 2489

MessagePosté le: Jeu Juin 08, 2017 1:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

frederic a écrit:
On ne peut pas vraiment dire Paco que le rôle d'Armand soit techniquement exigeant. Il requiert avant tout des qualités artistiques.

Pas tout à fait d'accord, je trouve que c'est un rôle qui demande beaucoup d'énergie : Armand est constamment sur le plateau, tout le temps en action, toujours en train d'alterner sauts, toupies et autres mouvements virtuoses. Il n'y a qu'au 3e tableau que son rôle se résume à de la pantomime, pour le reste il a un condensé, en 35 minutes, de tout le vocabulaire technique de la danse néo-classique, ne manque que le manège...
C'est désormais la 10e fois que je vois ce ballet, et ma première impression reste la même : on parle toujours des prises de rôle des diverses Marguerite (Rojo, Guillem, Osipova etc.), mais au final je trouve que c'est Armand qui a le plus à donner dans cette oeuvre.

Par ailleurs, même en admettant que la difficulté technique soit limitée, il y a "saut" et "saut" : même s'il n'y en a pas autant chez Armand que chez Spartacus, il n'en demeure pas moins que l'on voit tout de suite la différence entre un saut puissant, énergique, impeccable de précision et de réception, -Bolle hier- et ceux que l'on peut voir chez d'autres danseurs bien plus jeunes..

Je maintiens - d'autant que j'ai pu comparer, à difficulté égale, avec ce qu'a fait l'excellent Shklyarov lundi- : Bolle est un défi à l'image que l'on peut avoir d'un danseur classique à 42 ans. Même Acosta avait perdu cette aisance technique à la fin de sa carrière, et pourtant c'était lui aussi un prodige de longévité !


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sophia



Inscrit le: 03 Jan 2004
Messages: 16760

MessagePosté le: Jeu Juin 08, 2017 3:30 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Darcey Bussell interviouve Zenaida Yanowsky (23 ans avec le Royal Ballet) à l'occasion de ses adieux : https://www.youtube.com/watch?v=43Ohbf3zKvM
et quelques images des adieux proprement dits : https://www.youtube.com/watch?v=Mt3H3WU2RTI




Dernière édition par sophia le Jeu Juin 08, 2017 4:53 pm; édité 1 fois
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CatherineS



Inscrit le: 09 Mai 2015
Messages: 512

MessagePosté le: Jeu Juin 08, 2017 4:30 pm    Sujet du message: Répondre en citant

paco a écrit:
Un jour on écrira un livre sur ces deux extraterrestres que sont Nicolas le Riche et Roberto Bolle : "De la longévité d'une carrière de danseur classique"...


Vous oubliez Manuel Legris. Il ne faut pas oublier que Nicolas le Riche a fait ses adieux à 42.5 et non 45 comme Legris. Ce que ce dernier était capable de nous donner les dernières années de sa carrière était tout aussi formidable. Quant à Roberto Bolle, j'avais été fascinée par la précision de sa danse lors de ses adieux avec Aurélie Dupont, cette onctuosité, ces réceptions qui n'appartiennent qu'aux plus grands !
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paco



Inscrit le: 28 Oct 2005
Messages: 2489

MessagePosté le: Jeu Juin 08, 2017 5:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

CatherineS a écrit:
paco a écrit:
Un jour on écrira un livre sur ces deux extraterrestres que sont Nicolas le Riche et Roberto Bolle : "De la longévité d'une carrière de danseur classique"...


Vous oubliez Manuel Legris. Il ne faut pas oublier que Nicolas le Riche a fait ses adieux à 42.5 et non 45 comme Legris. Ce que ce dernier était capable de nous donner les dernières années de sa carrière était tout aussi formidable. Quant à Roberto Bolle, j'avais été fascinée par la précision de sa danse lors de ses adieux avec Aurélie Dupont, cette onctuosité, ces réceptions qui n'appartiennent qu'aux plus grands !

Ah en effet, je ne me souvenais plus qu'il avait déjà 45 ans. C'était encore très très solide effectivement !

Ce soir c'est au tour d'Alessandra Ferri de défier la pyramide des âges de la danse classique (54 ans !). De ce que j'ai vu d'elle il y a deux ans, c'était encore aussi frais que lorsqu'elle avait 40 ans, et si on en croit la presse UK qui a assisté à la première de cette série de M&A, le tandem Ferri-Bonelli risque fort ce soir de faire exploser l'émotionnomètre...


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Florestiano



Inscrit le: 28 Mai 2010
Messages: 1663

MessagePosté le: Jeu Juin 08, 2017 5:36 pm    Sujet du message: Répondre en citant

paco a écrit:
20 minutes de standing ovation hystérique qui ont salué à la fois sa prestation en Marguerite et ses adieux.

J'ai remarqué que pour les représentations classiques, c'est plutôt l'intensité des applaudissements que leur durée qui marquent l'appréciation du public : dans le cas d'une représentation ordinaire comme dans celui d'une représentation magnifique (avec tout ce que cela comporte de subjectif), il y a un curtain call et puis s'en vont - mais le niveau d'hystérie des ovations, lui, varie.

20 minutes dans ce contexte, c'est vraiment exceptionnel ! Je ne suis même plus sûr que Tamara Rojo et Sergei Polunin aient eu droit à une telle durée pour leurs adieux (il est vrai dans des conditions respectives un peu différentes Wink).

Merci, paco, et veillez à ne pas oublier vos paquets de mouchoirs pour ce soir !


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paco



Inscrit le: 28 Oct 2005
Messages: 2489

MessagePosté le: Jeu Juin 08, 2017 5:48 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Effectivement, la durée de la standing ovation était inhabituelle pour le RB. Kevin O'Hare a été interrompu plusieurs fois au milieu de son discours, par des redoublements d'ovations...

Il y avait dans la salle une émotion exceptionnelle, j'ai vu des gens littéralement pleurer à la fin de sa prestation en Marguerite et avoir encore les yeux rougis pendant les ovations d'adieux.

Finalement, la seule qui était épanouie et radieuse, c'était... Zenaïda elle-même ! Pas une trace de larme pendant les ovations (en revanche, à la fin de Marguerite, si) !
Sans doute parce qu'elle sait qu'elle reviendra, ce que Kevin O'Hare a expliqué dans son discours : "ce sont les adieux en tant que Principal du RB, mais pas des adieux à Covent Garden, je sais que je réussirai à vous convaincre de revenir danser avec nous dans un avenir très proche". Evidemment, tout le monde pensait à la reprise d'Alice cet automne...

Pour le reste de la soirée, concernant The Dream, autant lundi j'ai été peu séduit par ce ballet, autant hier soir j'ai eu le sentiment de voir un véritable bijou. La différence ? L'Obéron de Steven McRae, cela change tout : son autorité naturelle le prédestine au personnage, qui devient du coup central et que l'on ne quitte plus. De même les deux couples d'amoureux étaient plus captivants hier soir que lundi. Au global, une alchimie qui a donné une toute autre dimension à ce long ballet narratif, un excellent moment.


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paco



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MessagePosté le: Ven Juin 09, 2017 12:36 am    Sujet du message: Répondre en citant

La presse avait donc raison : des 3 distributions, celle de ce soir, Ferri-Bonelli, fut un véritable choc émotionnel ! Shocked Interprétation sidérante d'Alessandra Ferri, et un Bonelli complètement survolté...

Comme les deux premières distributions, Osipova-Shklyarov et Yanowsky-Bolle, étaient déjà formidables, un ami dansomanien me fait remarquer que je vais être à court de superlatifs pour décrire celle de ce soir (mais je lis sur twitter que je ne suis pas le seul à ne pas trouver les mots pour raconter cette soirée...), je me donne donc la nuit de recul et demain je ferai un compte-rendu plus précis Wink

En première partie, très bel Oberon de Marcellino Sambé : pas tout à fait la même aisance que McRae, mais une grande facilité à incarner avec naturel le personnage. Beaucoup d'autorité, de classe, de panache. Curieusement, je l'avais plutôt imaginé en Puck, mais au final je comprends que le RB l'ait distribué en Oberon, le rôle lui va très bien. A ses côtés, une Francesca Hayward radieuse comme toujours, et les deux couples de tourtereaux tout comme le Puck de David Yudes ont brillamment complété la distribution d'un ballet auquel j'ai finalement pris goût...

Dans les Symphonic Variations, une distribution complètement différente ce soir, avec un excellent Reece Clarke à la plastique Apollinienne parfaitement adéquate dans cette oeuvre, et une Lauren Cuthbertson absolument souveraine, on ne la quitte pas des yeux du début à la fin. A leurs côtes, que des noms qui m'étaient inconnus jusqu'à présent (Sissens, Ella, Magri, Stock), tous très bien.

Une synthèse des 3 Marguerite & Armand demain, promis Very Happy


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paco



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MessagePosté le: Ven Juin 09, 2017 1:03 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Retour sur ces 3 distributions luxueuses de Marguerite et Armand : trois tandems, trois interprétations très différentes, six personnalités hors norme, pour une fin de saison marquante. A l’issue de ces représentations accueillies par un public en délire, on serait bien incapable de dire laquelle des trois distributions était la « meilleure », si toutefois ce qualificatif avait quelque valeur dans l’Art. Elles sont toutes les trois superlatives et d’autant plus passionnantes qu’aucune n’a abordé l’œuvre avec la même vision.

Natalia Osipova est celle qui a le plus développé une progression psychologique du personnage en ce condensé très bref de la Dame aux camélias. Toute de retenue au premier tableau mais déjà amoureuse dans ses élans et son regard, elle incarne une Marguerite juvénile, qui croque la vie et ne prend pleinement la mesure de son drame qu’à partir du troisième tableau (la scène de l’insulte) : c’est d’ailleurs probablement, des trois interprètes, celle qui exprime le mieux, à cet instant, la blessure du personnage, tant le contraste, dans ses mouvements, est saillant par rapport aux deux tableaux qui précèdent. Et ses petits pas sur pointe à ce moment expriment autant de larmes discrètes d’une femme qui vient d’être blessée. Toute de retenue et de pudeur jusque-là, l’interprétation d’Osipova explosera pleinement dans le dernier tableau, une lutte contre la mort qui passe par un pas de deux d’une extrême sensualité avec son partenaire, une approche Eros-Thanatos qui surprend par son arrivée soudaine, très contrastée par rapport aux trois tableaux précédents.

Une approche possible grâce à l’Armand de Vladimir Shklyarov, le plus juvénile des trois distributions. Plus Roméo qu’Armand, son énergie ne faiblit jamais, cet Armand est positif et enthousiaste jusqu’au bout, ne prenant la mesure du drame qu’à la toute fin. De par son rayonnement et sa fougue, sans compter sa plastique encore presque adolescente, Shklyarov était clairement le partenaire idéal pour la Marguerite sensuelle et si jeune de Natalia Osipova. Le hasard du désistement de Polunin a bien fait les choses et on ne pouvait rêver Armand plus approprié que Shklyarov pour cette Marguerite-là.

Zenaida Yanowsky, de son côté, a opté pour une approche plus radicalement tragique : de par son physique sculptural et déjà « Dame » par son âge, elle inscrit le personnage dans la tragédie, au sens tragédie grecque, dès le premier tableau. Sa Marguerite est aristocrate, très digne à tous les instants, consciente très rapidement de son destin qu’elle affronte avec une l’énergie d’un titan qui se bat contre la mort.

De son interprétation, c’est incontestablement le dernier tableau qui marquera les esprits pour longtemps : là, Marguerite est déjà morte, son corps ondulant dans les portés comme un corps inanimé, déjà presque raidi. Là où Osipova et Shklyarov cherchaient à s’embrasser dans une lutte du dernier instant, la Marguerite de Yanowsky lutte contre la mort davantage qu’elle ne profite de ses derniers moments avec Armand. Des images resteront gravées dans la mémoire, comme ces portés où le haut du corps de Yanowsky s’élance, droit, sculptural, volontaire, vers les cintres, la longue chevelure dessinant autant de volutes qu’il y a de mouvements.

Là encore on ne pouvait rêver partenaire plus adéquat que Roberto Bolle : lui aussi, de par son âge et sa plastique de statue grecque, incarne la tragédie davantage que la juvénilité post-adolescente d’un Shklyarov. L’Armand de Bolle est un homme plus mûr, un « Monsieur », ce qu’exprime d’ailleurs la puissance phénoménale de ses mouvements (des trois interprètes, Bolle est incontestablement le plus « Nureyieven » en termes de puissance et de virtuosité).
Des trois, c’est celui qui sera le plus crédible dans la scène de l’insulte, où il n’hésitera pas à montrer une réelle violence, là où Shklyarov restait trop « beau danseur » et où la nature spontanément empathique d’un Bonelli ne rend pas celui-ci crédible pour malmener une jeune femme. Enfin, l’Armand de Bolle ne montre pas de désespoir au dernier tableau, il est plutôt le passeur dans l’au-delà, celui qui porte la Marguerite résignée et vaincue de Yanowsky dans son dernier voyage. Là encore, c’est parce que le tandem est parfaitement assorti que cette approche fonctionne, la même interprétation avec une Marguerite qui serait plus désespérée ne passerait pas.

Enfin, Alessandra Ferri, hier soir, est une Marguerite encore différente. Son personnage exprime la morbidité tout au long de l’œuvre, morbidité qui ressort par les diverses expressions du visage, des bras, des pointes, des portés. Sa Marguerite est malade, le drame amoureux qui se noue est avant tout celui d’une femme condamnée et qui le sait. Mais là où Yanowsky affrontait son destin avec bravoure, la Marguerite de Ferri vit son destin avec une souffrance résignée qui la ronge tout au long des divers épisodes.

Lorsqu’elle interagit avec ses courtisans au premier tableau, son sourire évoque d’emblée une certaine distance, distance qui perdurera dans les premiers dialogues avec Armand, qu’elle regardera, à son entrée en scène, comme si elle lui disait « qui êtes-vous ? que me voulez-vous ? ». Plus dans l’esprit de la Traviata de Verdi, cette Marguerite exprime d’abord des doutes à la fin du premier tableau (par ses expressions on croirait voir, dansé, l’air « è strano, è strano »), là où Osipova et Yanowsky montrent d’emblée un amour réel. Puis son amour explose, mais il ne s’agit pas d’un amour joyeux, Ferri dessine ses relations avec Armand comme sa dernière bouffée de sentiments avant la mort.
A aucun moment ses mouvements (d’un lyrisme prenant dans le spleen qu’il provoque) ou son regard ne se tournent vers un avenir radieux. Constamment triste, elle s’accroche à ce qu’il lui reste de vie dans un long « decrescendo » d’énergie tout au long des divers tableaux, ménagé avec une subtilité sidérante : comme une fleur, cette Marguerite se fane lentement au fur et à mesure que son destin se noue, ne poussant son dernier soupir que sur le tout dernier accord de la Sonate de Liszt.

A ses côtés, Federico Bonelli est non seulement un partenaire idéal en termes d’empathie et de capacité à « entrer » pleinement dans l’approche morbide et lyrique de Ferri, mais il est surtout, des trois distributions, celui qui marque le plus les esprits en termes d’interprétation. Il est notamment le seul qui réussisse à être déjà « dedans » dans le long prologue, où il est si difficile d’exprimer, à froid, une passion fiévreuse (Shklyarov et Bolle faisant davantage de ce long solo introductif un très beau moment « technique » un peu froid).
Son Armand brûle de passion, d’amour, de fièvre, il est incandescent. Mais à l’inverse de Shklyarov il ne s’agit pas ici d’une énergie adolescente « à la Roméo », mais davantage de l’amour d’un homme déjà adulte, d’un « homme du monde », avec ce que cela dégage d’autorité dans le comportement en société dans les 1er et 3e tableaux et de dignité tragique au dernier tableau. De cette distribution Ferri-Bonelli, je craignais à l’origine une approche un peu « Cougar » de par la différence d’âge entre les deux interprètes, mais il n’en fut rien. D’une part parce que la Marguerite de Ferri reste jeune, d’autre part parce que l’Armand de Bonelli est, à l’inverse, déjà « Monsieur », ce qui fait que les deux se rejoignent et s’équilibrent très bien.

Au final, trois distributions formidables : on a beaucoup pleuré avec Ferri-Bonelli, de véritables crève-cœurs, mais on a aussi été touché au plus profond des tripes par le tandem Yanowsky-Bolle. Enfin, la sensualité et l’originalité de l’interprétation Osipova-Shklyarov resteront dans les mémoires.

On ne sait quels enseignements tirer de cette série de représentations par des « monstres sacrés » : certainement, comme l’a mentionné la presse UK, on tire un trait définitif sur l’idée saugrenue selon laquelle depuis Fonteyn-Nureyev plus personne ne saurait donner une vie incandescente à ce ballet. De ce point de vue, la démonstration est éclatante que les idoles sont remplaçables... Ensuite, nous avons eu 3 danseurs mûrs qui défient les limites d’âge des compagnies de danse : Ferri bien sûr, qui confirme que ses 54 ans n’ont aucune prise sur sa technique et sa capacité à incarner un personnage jeune ; mais aussi Bolle, dont la puissance et l’aisance technique sidérantes forcent toujours l’admiration ; et également Yanowsky, qui n’a jamais été aussi impactante et fascinante que ces dernières saisons. On a également eu l’impression de voir naître un tandem tellement bien assorti que l’on aimerait bien les revoir ensemble le plus vite possible : Osipova-Shklyarov. Enfin, il se confirme une fois de plus que, avec Federico Bonelli, la compagnie dispose d’une personnalité artistique de premier plan qui mériterait d’être davantage connu ailleurs en Europe.

Une fin de saison en forme de feu d’artifice ! Very Happy Very Happy Very Happy


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Katharine Kanter



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MessagePosté le: Ven Juin 09, 2017 1:15 pm    Sujet du message: Simulicast Répondre en citant

There is so much to say about “Symphonic Variations”, someone should write a book about it. It’s that good.

Personally, I experience it as the finest piece of choreography yet composed. But that is mere opinion.

The real point, is that it is a statement from Frederick Ashton in response to World War.

A War, in which he, like Alec Guinness – both brooding dreamers and of frail constitution - signed up for active duty, unlike many British stage and screen personalities, who fled to the USA for the duration.

And a War where Polite Society found itself fighting alongside the Sans-Dents it had theretofore despised. Alongside small-town school dropouts like Enrico Mattei, who would shortly become Italy’s greatest statesman in 500 years.

There is one member of the original 1946 cast still living: Henry Danton. Interviewed in London on the occasion of last night’s broadcast, he is, at 98 years of age, still teaching. Danton remarked that the first rehearsals took place in the National Gallery, on its hard floors – it was then closed to the public, its collections having been evacuated during the War. He said “we suffered from malnutrition, and had no muscles left. We had to dance on our spirit alone. If you don’t feel some emotion during this ballet, there has got to be something wrong.” Henry Danton was a student and personal friend of the great teacher Vera Volkova; her influence on Ashton whilst he composed Symphonic Variations was considerable.

As Dr. Weiby writes over on The Arts Desk this week:

“The black armbands worn by two of the male dancers nod at the still-fresh wounds of wartime bereavement, but one feels here that Ashton, who had been reading St Teresa of Avila, wanted to see the dead in happy communion with eternity: this is not an anthem for doomed youth but a vision of paradise regained … against a backdrop green like sun-bleached grass, the dancers could be so many gilded debs, magically restored to a pre-war idyll of eternal summer, lawn tennis and house parties. And yet, the shadows of suffering are there in the seriousness, the poise and the patience displayed in the steps. The main couple wait for what seems like an age, quite still, on opposite sides of the stage, while the other four whirl distractingly between them: when they finally come together it is with the deep joy of longed-for reunion.”

I am sorry to say that Wednesday’s live broadcast was so poorly filmed, as to contradict Ashton’s intentions. The ballet has one and only one subject: the brotherhood of Man. Every one of the six dancers will necessarily be Grand Soliste, because it is impossible to dance, whether technically, or in the mind, if you are not. Thought, feeling and emotion must be seen to ripple in an unending chain from one to the other.

To utter silence and immobility from the dancers, César Franck’s statement in the introit is a solemn interrogation, – the double-basses the voices of the dead, unsung millions calling to us from their graves. “Answer me!”

The piano, in lyrical, elegiac vein breaks in: “I hear, and mourn for thee!” The dancers move very little. Suddenly, a series of low arabesques for the woman, and for the man, cabrioles, green shoots sprouting from the scorched earth. There is no pleading, no lament to the Gods – it is truly ancient Greek, both in the sense that Man in the image of God shoulders his own responsibility for the universe’s becoming, and in its structure, which sets aside Ego in favour of a strict dialogue form.

It is no accident that Ashton chose this particular work by César Franck, which moves through various Ancient Greek poetic forms: as the introit, a solemn epithaphios logos (spoken at a funeral), the eulogy, through several lyric-rhapsodic expressions and finally, to a hymn of praise.

Despite the mere six artists on stage, its entire reaches, every angle, every plane high and low, are fully exploited. The dancers may be seen from the back, in ¾ profile, from the side, and when en face, the arms are often outspread as though to span the universe. The idea seems to be a one-ness with greater, wider space, where proscenium arch theatre-rules hold no sway.

The film director Ross McGibbon regrettably turned it into a a Nela & Vlad show, with the cameras looming in on Marianela Nunez and Vladimir Muntagirov, freezing out the others to the greatest extent possible. By some irony, “Nela and Vlad” had just insisted in an on-camera interview, that the ballet is a “collective work”. (Despite McGibbon’s blunders, James Hay’s solo did not quite go lost - what an artist!)

My second bone to pick with Wednesday performance, is with the pianist and conductor, cast in solid lead.

In Eunice Norton’s wonderful master classes “The Teaching of Artur Schnabel”, she states that Schnabel’s watchword for Beethoven was “Hinauf” – upwards!

On Wednesday, the dancers found themselves combating a constantly drooping orchestral line. Gravity settled. What was upbeat, a call to a higher state of awareness, became downbeat.

By contrast, how this was conducted, and filmed in 1977 (with a superlative cast, by the way)

https://www.youtube.com/watch?v=GYQNqj3CCVQ

***


“There is no such thing as a long poem” famously wrote Edgar Allan Poe. Ashton’s The Dream is, like Bournonville’s Sylphide, so short, would it were longer! The live broadcast last night was somewhat problematic owing to the casting: a brittle, almost bitter Oberon and Titania (McRae and Takada). Takada seems to be imitating Ashton, rather than living it. Epaulement, all that bending and swooping – in the terminology of Carlo Blasis and Bournonville, “abandon” - are not stylistic tics, but the outward manifestation of events in the soul.

“Abandon” happens to be a critical notion, quite lost sight of over the past 30 years of “abandoning” ourselves to Google, Microsoft, Ueber or worse.

Allow me to quote a gentleman whose pen-name is FLOSS (Balletcoforum), on the issue of abandon (some beautiful things being written on the other side of the Channel in response to this Ashton triple bill):

“(…) the lack of urgency and passion is largely attributable to the modern dynamics of performance in which the flow of movement is not simply held almost imperceptibly and the dancers always seem to be moving, but one in which the brakes are slammed on at regular intervals and the action is freeze framed … [which] suggests that the relationship between the dancer's movements and the music are not inevitable and that there are other choices which could have been made.”

From a sheer technical standpoint, the current fanatical insistence upon hard-pointing the foot, ratcheting the turnout as far as it can go and cracking open the articulations, has literally put dancers on the rack.

“Abandon” will only allow itself to happen in that indefinite space where the body is not at its extreme limit, where the dancer is not in pain – where there is always “somewhere farther to go” – a space where mind can enter. Then one does away with the superfluous, and “throws it all away”.

As one sees with a beautiful version (late 1970s?) on Youtube here,

https://www.youtube.com/watch?v=nVTTg1facko

just before the Great Tectonic Shift to hyperextensions and hyper-everthing.

In the wider world, there are sweeping implications to the notion of “abandon”: that extraordinary rapture, that ecstasy of eternity, has to do with the brotherhood of man, the great love that the great artist feels for his fellows and that in a sense, compels him. It is strongly akin to what the people sense in a mass strike upsurge, such as that which brought down the Wall in 1989 – an upheaval in morality and intellect, where nothing matters except to bring about change for the better – Seid umschlungen, Millonen!

To better grasp “abandon”, the opposite view to Ashton’s has been most clearly stated by Edmond de Goncourt in his Diary entry of 31st May 1871,

"C’est bon. Il n’y a eu ni conciliation ni transaction …. Ç’a été de la force pure … La solution a redonné confiance à l’armée, qui a appris, dans le sang des communeux, qu’elle était encore capable de se battre … les saignées comme celle-ci, en tuant la partie bataillante d’une population, ajournent d’une conscription la nouvelle révolution. C’est vingt ans de repos que l’ancienne société a devant elle, si le pouvoir ose tout ce qu’il peut oser en ce moment."

Fortunately for Polite Society (or should one have said unfortunately, from Polite Society’s standpoint?), there was enough left of the “partie bataillante d’une population” to win World War II …

Be that as it may, the highpoint of Wednesday’s Dream was Bottom’s mime scene on awakening. It was Bennet Gartside, who might have stepped straight from the play in the year 1600: a demonstration of the power of gesture when done right, with fervour, and understanding.

Here is one scene the Vestris Society, licking the wounds inflicted by a disastrous event on Gesture in Shakespeare, should have presented this past April 23rd ….

The Cinéma Publicis Champs Elysées showing was introduced last night by Ghislain de Compreignac, who heads the Centre de danse du Marais school. Why the showing attracted but 15 or so spectators is one of life’s little mysteries!


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Delly



Inscrit le: 14 Juin 2016
Messages: 357

MessagePosté le: Ven Juin 09, 2017 2:28 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Paco de nous faire "vivre" ces soirées que l'on n'a pas vues... Et c'est très très dommage, manifestement. En vous lisant on voit à quel point les interprètes peuvent marquer leur empreinte d'une oeuvre, car finalement l'histoire qu'ils racontent s'éloigne du roman de Dumas, notamment pour des questions d'âge et d'ambition sociologique. Et comme j'avoue aimer beaucoup ce roman, c'est un effort pour moi en même temps qu'une expérience intéressante que de voir ces ballets et d'y trouver une identité propre, liée mais différente du livre.

Et en ce qui me concerne, merci particulièrement de me donner une image de Bolle autre que celle du "people" de réseaux sociaux, qu'il cultive soigneusement. Comme il ne m'a pas du tout plu dans le "Manon" avec A. Dupont (question de style, pas de qualité de la performance...), seule fois où je l'ai vu, je peine parfois à percevoir ce qu'il peut transmettre comme danseur... Vous répondez parfaitement à cette question.


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paco



Inscrit le: 28 Oct 2005
Messages: 2489

MessagePosté le: Ven Juin 09, 2017 2:53 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Delly a écrit:
Et en ce qui me concerne, merci particulièrement de me donner une image de Bolle autre que celle du "people" de réseaux sociaux, qu'il cultive soigneusement. Comme il ne m'a pas du tout plu dans le "Manon" avec A. Dupont (question de style, pas de qualité de la performance...), seule fois où je l'ai vu, je peine parfois à percevoir ce qu'il peut transmettre comme danseur... Vous répondez parfaitement à cette question.

Roberto Bolle n'est pas de nature extravertie sur scène, il est plutôt froid, une belle plastique dotée d'une technique impeccable, d'une prestance assez spectaculaire et de beaucoup de puissance. A cause de cela, on l'a trop distribué, par le passé, avec des partenaires aussi papier glacé que lui, ce qui fut un tort : en effet, la première fois où j'aie eu un "choc" Bolle, ce fut avec Yanowsky (au ROH), qui est une tragédienne hors pair, très loin du papier glacé. Elle l'avait littéralement métamorphosé, forcé à sortir de son côté "propre sur soi". C'est pour cela que cette Marguerite & Armand a si bien fonctionné (comme leur Manon la saison passée), Bolle ne produit jamais autant d'effet que lorsqu'il a une personnalité incandescente comme partenaire.

Federico Bonelli avait failli tomber dans le même travers il y a 10-15 ans : lui aussi avait une certaine tendance à la belle plastique glacée, mais fort heureusement le RB lui a vite trouvé des partenaires décapants (dont Tamara Rojo, pour moi celle qui lui convenait le mieux) et ça l'a transformé. Aujourd'hui il est l'un des "acteurs" les plus intéressants du RB (avec évidemment les prodigieux Watson et McRae), ce que l'originalité de son interprétation d'Armand a démontré une fois de plus.


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dancing gal



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MessagePosté le: Ven Juin 09, 2017 3:40 pm    Sujet du message: Répondre en citant

paco, merci beaucoup pour ces retours détaillés et si éloquents Smile (et pleins de références à la tragédie grecque, toujours très appréciées Very Happy)

J'ai été à la retransmission au cinéma avant-hier, mais j'attendais avec impatience votre compte-rendu (le cinéma est bien, mais bon, l'ambiance dans la salle, surtout lors d'une soirée d'adieux, c'est autre chose...)

Je partage pleinement vos impressions (en tout cas pour la soirée diffusée en direct, pour les autres je me fie à vos propos!).
J’espère vraiment que Zenaida Yanowsky reviendra au ROH tant qu'artiste invitée ; elle m'a beaucoup émue, elle est en effet une tragédienne hors pair et je regrette ne l'avoir "découverte" que récemment!


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Gimi



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Messages: 420

MessagePosté le: Ven Juin 09, 2017 6:02 pm    Sujet du message: T Répondre en citant

paco a écrit:
CatherineS a écrit:
paco a écrit:
Un jour on écrira un livre sur ces deux extraterrestres que sont Nicolas le Riche et Roberto Bolle : "De la longévité d'une carrière de danseur classique"...
Vous oubliez Manuel Legris. Il ne faut pas oublier que Nicolas le Riche a fait ses adieux à 42.5 et non 45 comme Legris.
Ah en effet, je ne me souvenais plus qu'il avait déjà 45 ans. C'était encore très très solide effectivement !
Ce soir c'est au tour d'Alessandra Ferri de défier la pyramide des âges (54 ans !)...
    Sauf erreurs (j'en ai commis une dans la date de naissance de Nicolas LE RICHE, (signalée par Entrechat 4)
    • pour Nicolas LE RICHE, né le 29/011972, il a fait ses adieux officiels le 9 juillet 2014, à juste 42ans 1/2;
    • pour Manuel LEGRIS, né le 10/10/1964, ses Adieux, dans ONÉGUINE, ont eu lieu le 15 mai 2009, à 44 ans et 7 mois,
    --et il semble vouloir suivre l'exemple d'Alessandra FERRI en dansant les Pas de Deux de "l'Arlésienne" et du "Rendez-vous"
    --(de Roland PETIT) au Japon du 22 au 28 août prochain... Very Happy




Dernière édition par Gimi le Sam Juin 10, 2017 1:11 pm; édité 4 fois
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Oriane



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Messages: 49

MessagePosté le: Ven Juin 09, 2017 6:51 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci pour ces précisions!

Je confirme que c'est très enthousiasmant de vous lire, Paco! J'ai une très grande admiration pour Zenaida Yanowsky, même si je n'ai pu la voir qu'en vidéo. Elle me semblait avoir un don d'actrice : même ses regards étaient très éloquents. Je regrette profondément de n'avoir pas pu assister à ses représentations sur scène.


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Entrechat 4



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Messages: 70

MessagePosté le: Ven Juin 09, 2017 11:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je crois bien que la date de naissance de Nicolas Leriche est 29 janvier 1972 et non en novembre. Donc il avait bien 42 ans et ½ lors de ses adieux à l'opéra.
Il fut un temps où les danseuses partaient à la retraite à 40 ans et les danseurs à 45 ans. Par souci d'égalité, il a été décidé qu'ils et elles partiraient tous au même âge moyen : 42 ans et ½. D'où la différence d'âge de départ à la retraite entre les générations.


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