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Nouvelles du Royal Ballet / News from the Royal Ballet
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Katharine Kanter



Inscrit le: 19 Jan 2004
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MessagePosté le: Jeu Jan 25, 2007 11:24 am    Sujet du message: Danger public? Répondre en citant

Il faut lire cet interview de bout en bout.

J'ai plusieurs questions.

1/ Mlle. Bussel a des professeurs - et des chorégraphes. Qu'ont-ils à dire sur l'état où elle se trouve? En acceptent-ils la responsabilité? Vont-ils revoir leur copie?

Car lorsque Balanchine se vantait de dire: "I do not teach health", je demande, "Fine, but do you teach Sickness?"

2/ N-y-a-t'il PERSONNE dans la profession "willing or able" de réfuter les certitudes de Mlle. Bussell du genre, "l'en-dehors est intrinsèquement mauvais pour le corps"?

Que l'en-dehors soit mauvais, je n'en suis pas du tout convaincu .

D'abord, l'en-dehors redresse le corps. Le danseur est beaucoup moins affalé sur la colonne qu'un être 'normal', ce qui répercute sur toute la structure y compris celle des pieds. En théorie, il devrait y avoir MOINS d'usure du cartilage chez la personne en-dehors, que chez l'être 'normal'.

Deuxièmement, et c'est là où il faut s'entendre, l'en-dehors n'est pas un 'truc visuel' imaginé par le Colonel Martinet sous Louis XIV. C'est une découverte FONCTIONNELLE, inventé probablement aux Indes, il y a environ 2500 ans, et tout en-dehors qui va au-delà nous fonctionnel est inutile.

L'en-dehors est un mouvement, voire un effort continu, qui se passe à l'intérieur du corps, au niveau du bassin.

La position du genou et du pied en est une conséquence, pas une cause.

Si le corps n'est pas ouvert à l'intérieur, il est parfaitement inutile de chercher à "fermer" sa cinquième, par exemple. Or, l'on voit régulièrement sur scène des "principals" des grands théâtres qui atterrissent, puis claquent la porte de leur cinquième en se rendant compte qu'elle n'a pas "l'air" d'être fermée.

Or, la cinquième, dans un tour en l'air par exemple, se passe EN L'AIR. C'est le croisement de l'opposition des deux côtés en repoussant du sol puis EN L'AIR qui est la cinquième. L'aspect que revêt la position en atterrissant dépend de là où se plaçait l'en-dehors du corps en l'air. Donc, inutile de faire des retouches après, c'est surtout très nocif.

Si l'on regarde les grands danseurs du passé sur film, effectivement, l'on réalise qu'ils ONT L'AIR d'être moins en-dehors. Leur en-dehors VISUEL était effectivement moindre. Ce qui ne veut pas dire qu'ils fussent moins en dehors à l'intérieur du corps, mais simplement, que l'enseignement à l'époque ne voyait pas l'utilité de forcer l'ouverture du pied et du genou!

Certains diraient que revenir à cet en-dehors visuellement moindre rendrait la danse 'irregardable'.

Moi ce que je trouve irregardable - pour avoir vu Mlle. Bussell plusieurs fois sur scène - c'est de voir évoluer sur scène quelqu'un qui pense que la danse classique soit "supremely athletic", et donc pousse le corps dans ses retranchements, quelqu'un qui, au vu et au su de tout le monde est en train de souffrir dans sa chair - et donc, dans son esprit.

Car, soyons franc, Mlle. Bussell n'a jamais été, ni de près, ni de loin, un grand artiste. Ce fut une agréable artiste scénique, souriante, très photogénique et télégénique en raison de sa grande taille, point à la ligne. Comment voulez-vous que quelqu'un dans l'état physique où elle a été toute sa carrière, puisse se concentrer sur des idées?

3/ Ma troisième question est donc si Mlle. Bussell est déjà en train d'enseigner?

Car il me semble que si l'on se pose aussi peu de questions sur le fondement de la technique après avoir démoli son propre corps, l'on devient un danger public.

Rappelons-nous toujours qu'avant la Guerre, l'espérance-vie était d'environ 55 ans. Maintenant, après s'être retiré de la scène, le danseur risque de vivre quarante ans d'arthrose.

En tout cas, je pense que si cet interview fait effectivement de la publicité pour le nouveau livre de Mlle. Bussell, qui sort instamment - et la ballerine a déjà la réputation en Angleterre d'être une redoutable femme d'affaires, où ses investissements immobliers, son entreprise de "design" et que sais-je font la une des journaux - la publicité qu'elle fait pour la danse classique est plus que négative, et attend une réfutation de la part de quelqu'un de plus compétent que l'auteur de ces lignes.


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sophia



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MessagePosté le: Jeu Fév 08, 2007 5:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Dans le New-York Times, une interview de Johan Kobborg par Roslyn Sulcas à propos de La Sylphide de Bournonville qu'il vient de remonter pour le Royal Ballet: A Star Dancer Looks for a New World to Conquer

On y apprend que Mr Kobborg s'apprête à monter à présent ce ballet pour une compagnie russe, sans autre précision que: "a big one", ainsi qu'une autre oeuvre de Bournonville pour une compagnie nord-américaine.

Citation:
By restaging the ballet, Mr. Kobborg follows in a long line of famous Danish dancers — Eric Bruhn, Peter Schaufuss, Peter Martins and Nikolaj Hübbe, among them — who have created their own versions of “La Sylphide” both in and outside Denmark.

“Revising Bournonville is a national sport among Danish danseurs,” Clement Crisp wrote in a recent review of the ballet in The Financial Times. (In Mr. Crisp’s opinion Mr. Kobborg won the gold; others were less convinced. “Some of us remember more coherent stagings and more convincing presentation from other companies,” John Percival wrote at Danceviewtimes.com.)

No doubt the lure of “La Sylphide” is due partly to the ballet’s attractions for a male dancer. “James is the most coveted role for any male dance student in Denmark,” said Mr. Hübbe, a principal dancer with the New York City Ballet since 1992, who created his own version of “La Sylphide” for the Royal Danish Ballet in 2004. “It’s a great ballet, but also a fantastic topic: the unattainable dream, the tragedy.”

Like all Bournonville works, it is also very difficult technically, particularly for dancers who have not grown up in the Royal Danish Ballet tradition, learning the codified exercises passed down through generations.

“The virtuosity is much more modest and hidden,” Mr. Hübbe said. “But it’s just as hard as Petipa or Balanchine. Although the steps are small in scale, they have to be linked in long, harmonious phrases, like a monologue. The style has to be very clean yet never come into focus. The dancing is always there to support the story and the characters.”

To stress the dramatic lines of the story, Mr. Kobborg made some changes to the traditional version of “La Sylphide” after reading Bournonville’s libretto and consulting Ole Norlyng, a Danish musicologist who had discovered additional music from the original score by Herman Severin Lovenskiold.

“I have always been interested, as a dancer, in making sense of things,” Mr. Kobborg said. “You want to stay alive to a style and tradition but make sure that the dancers and the audience can connect to it.”

His “Napoli Divertissements” is even more of a departure from the original ballet, combining the celebratory dances of the last act with an ensemble dance from the first act that usually incorporates mime and acting. He also decided to present the ballet against a plain backdrop rather than the traditional picturesque vistas of Naples. His attractive blue costumes, traditional in style but unembellished, with flashes of color for the soloists, strike the same streamlined note.

“I wanted it to be a pure-dance explosion,” said Mr. Kobborg, who is to stage “La Sylphide” for a Russian company (“a big one,” he said, declining to name names) this year and to work on another full-length Bournonville ballet for “a North American company.”

“There is a reason why these ballets have survived,” he said. “The dance is an expression of joy. And the stories reflect how we all daily have these questions about whether to follow our hearts or do what is expected of us.


Alina Cojocaru

Photo: Johan Persson


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Monica



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MessagePosté le: Ven Fév 09, 2007 12:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

A propos de cette belle photo d'Alina Cojocaru, elle dansera ce dimanche à Madrid le Lac des Cygnes, en tant qu'artiste invitée, avec le Ballet National du Portugal. Je l'ai appris tout juste à temps pour acheter les deux dernières places! Apparement Carlos Acosta danse aussi ce soir avec Ana Lacerda!

Je n'ai jamais vu cette compagnie portugaise, crée en 1977, mais, je suis très heureuse de pouvoir voir danser Alina Very Happy

http://www.teatromadrid.com/content/cartografias07_lago.php


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paco



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MessagePosté le: Sam Fév 10, 2007 3:08 am    Sujet du message: Répondre en citant

Monica, vous devez y retourner le 10, Carlos Acosta vaut aussi le détour... Very Happy


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Monica



Inscrit le: 17 Jan 2006
Messages: 327
Localisation: Madrid

MessagePosté le: Sam Fév 10, 2007 10:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai essayé mais il n'y restait une seule place libre! (mais je l'ai vu cet été en Roméo avec Tamara et ce fut magnifique Wink )


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Azulynn



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Messages: 659

MessagePosté le: Dim Fév 11, 2007 5:28 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La BBC a eu la bonne idée de mettre en ligne les Masterclasses qui ont été diffusées récemment à l'occasion d'un festival Tchaikovsky :
- Masterclass "Lac des Cygnes" avec Antoinette Sibley & Anthony Dowell coachant Lauren Cuthberson & Rupert Pennefather
- Masterclass "Casse-Noisette", avec Peter Wright coachant Caroline Duprot & Ludovic Ondiviela
- Masterclass "La Belle au Bois Dormant" (pas encore en ligne)

Voir les vidéos sur le site de la BBC
Je n'ai vu que le début du Lac, mais l'émission est très intéressante, et Lauren Cuthberson semble vraiment extrêmement prometteuse dans le rôle d'Odette/Odile qu'elle va aborder pour la première fois au printemps.


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sophia



Inscrit le: 03 Jan 2004
Messages: 18665

MessagePosté le: Dim Fév 18, 2007 11:51 am    Sujet du message: Répondre en citant

Ce n'est pas véritablement une nouvelle liée au Royal Ballet, plutôt aux écoles de danse anglaises. Plusieurs articles dans la presse anglaise et australienne, signalés par ballet.co.uk, évoquent les mesures initiées par l'English National Ballet School, - suite aux histoires tragiques de mannequins anorexiques dont l'actualité s'était fait largement l'écho - , à l'encontre des danseuses trop maigres: eh bien, tout simplement, elles ne monteront pas sur scène!

Dans The Guardian: Ballet chief supports ban on ultra-thin models

Citation:
But Jane Hackett, the principal of the English National Ballet school, yesterday joined the "size zero" debate, publicly stating that the school bans students who are too thin and called on the fashion industry to follow suit.

She said: "If a girl or boy looks too thin or unhealthy, they are not allowed to dance, not allowed to perform at all.

"The policy works. As performing is the main motivation for these young talented people, it quickly has the desired effect. If students at the school show signs of unhealthy weight loss, they are monitored by a nutritionist and a performance psychologist, and will be banned from performing if they seem too thin, but only as a last resort.

(...)

A spokeswoman for the Royal Ballet School said: "We don't actually tolerate very, very skinny dancers. We very closely monitor their weight.

"Obviously there is a fine line, since a dancer has to be light and slim. But if they drop below their optimum body weight we would ask them not to dance."

She said that students were regularly weighed, and their body mass index calculated, but added: "It's also about when you see the dark rings under a child's eyes and they can't carry on in the class - then we'd start getting concerned."



Le même sujet est évoqué dans The Australian: UK ballet school bans skeletons from stage

Citation:
At the Australian Ballet School in Melbourne, resident psychologist Lucinda Sharp said the days when dancers lived on cigarettes and coffee were gone.

"There was a time when very, very skinny dancers were fashionable, but we have a very strong holistic approach to the health and welfare of our students," she said.

Among the vocational dance schools around the world, the ABS is known as a leader.

"This is the only school in the world that has a full-time psychologist," Ms Sharp said.

The British and Australian ballet schools provided nutritionists and other specialists to help young dancers avoid an unhealthy fixation with their weight.

(...)

Ms Sharp said the ABS had not needed to ban an underweight student from the stage for four years. "We're very happy about that. And it's only happened twice since 2000," she said.

David McAllister, the Australian Ballet's artistic director, said his company did not want its dancers to be too thin.

The AB had no rules about height, weight or body mass index, but once a dancer was under their healthy range "they get counselling and we take them off stage", he said.

"I know that when I started dancing in the 1980s thin was incredibly in and there was that period where dancers went skeletal. I think it was just extremes, just like fashion, like heroin chic," he said.

"Now, internationally, most companies want a healthy, strong dancer."


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maraxan



Inscrit le: 24 Nov 2006
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MessagePosté le: Lun Mar 12, 2007 3:22 pm    Sujet du message: Apollo/Children Of Adam/Theme and Variations Répondre en citant

Le 10 mars, le Royal Ballet en matinée donnait une représentation d’une « triple affiche », deux Balanchine, Apollon et Thème et variations et une création, Les Enfants d’Adam d’Alastair Marriott. Je crois que la presse a glosé sur l’incongruité d’un tel rapprochement; il ne m’a pas dérangé, les deux Balanchine étant très différents également.
Apollon a souffert de la comparaison encore très fraîche dans mon esprit des représentations données en février à l’Opéra de Paris. L’Apollon du Royal Ballet comprend la naissance d’Apollon mais Carlos Accosta enrubanné dans un linge et s’éveillant au mouvement n’apporte pas grand chose d’autre qu’une mise en scène différente puisque la fin se déroule sur le promontoire d’où Leto l’a accouché.
Carlos Acosta est un Apollon précis et parfait techniquement, très tonique mais je ne pense pas qu’il trouve dans ce personnage son meilleur rôle, il est pour moi trop massif et trop musculeux, pas assez hautain et majestueux. En gros ni son physique, ni son jeu dramatique, ne correspondent au rôle. On regrette ici la juvénile insolence de Florent Magneret, ou la majesté de Jean-Guillaume Bart, sans parler des talents d’interprétation de Nicolas LeRiche qui s’était vraiment approprié le rôle. Carlos Acosta est plat, terre à terre dans ses pas et ne donne aucune profondeur au personnage, c’est dommage car en face, Darcey Bussell rayonne. Il n’y a plus grand chose à dire sur cette magnifique danseuse qui vient d’annoncer sa retraite si ce n’est qu’elle réussi à faire hurler de plaisir le public du Royal Opera House, c’est tout dire. J’ai trouvé Mara Galeazzi un peu sèche dans sa variation avec toujours en mémoire, Emilie Cozette qui m’avait paru plus mutine. L’interprétation musicale était aussi nettement moins adéquate avec l’idée du ballet, plus linéaire et « fleurie » que le dépouillement sur scène ne l’y appelle.
Changement de décor avec Children Of Adam d’après l’œuvre poétique de Walt Whitman sur une musique de Christopher Rouse, mini fresque sur l’amour sous tous ses aspects. Principalement amour fraternel mais aussi éveil à la sexualité (l’un d’ailleurs n’est peut-être pas exclu de l’autre). Plusieurs tableaux narrent donc l’histoire de deux frères, l’aîné, Johannes Stepanek protégeant le cadet, Steven McRae, handicapé et l’interférence de la femme, Leanne Benjamin, majestueuse dans le rôle ingrat de la déclencheuse de drame.
Il est difficile de décrire ce ballet très sombre avec des éclairages créant des ambiances dramatiques. La chorégraphie d’Alastair Marriott est luxuriante une représentation ne suffit pas pour s’en faire une idée précise. Elle m’a paru cependant bien construite et cohérente malgré la vitesse à laquelle les danseurs se déplacent sur scène, quelquefois dans un désordre évidemment très pensé mais une peu étouffant. Les pas de trois sont plus abordables et les trois danseurs sont excellents. Johannes Stepanek qui remplaçait Rupert Pennefather, blessé, est grand et élégant, très ample dans ses sauts. Steven McRae est très convaincant dans un rôle très physique, demandant un jeu très précis pour ne pas trop en faire. Le fil de la narration est en effet maintenu par les talents d’acteur et d’actrice des danseurs et on retiendra la gifle magistrale qui a glacé d’effroi la ROH au moment où la main de Leanne Benjamin s’est écrasée sur la joue de Steven McRae (il n’y a que 6 représentations, ils se donnent à fond!).
On n’avait alors pas trop de 25 minutes pour se préparer au décor kitch de salle de bal de Theme et Variations sur une musique plus commune de Tchaïkovski et une chorégraphie très classique de Balanchine. Les solistes du Royal Ballet y ont brillé, notamment Tamaja Rojo très limpide et Federico Bonnelli. Le corps de ballet féminin en revanche a manqué de synchronisation cassant un peu le charme lyrique des mouvements d’ensemble. Pour moi, c’est vraiment cette pièce qui dénotait avec les deux précédentes plus austères et unies dans leur style.


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sophia



Inscrit le: 03 Jan 2004
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MessagePosté le: Mer Avr 04, 2007 1:46 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La saison 2007-2008 du Royal Ballet est à présent en ligne sur le site du ROH:
http://info.royaloperahouse.org/News/Index.cfm?ccs=1133

Le fichier PDF de la nouvelle saison de ballet:
http://info.royaloperahouse.org/AfcStyle/DocumentDownload.cfm?DType=DocumentItem&Document=royalballet20078%2Epdf

Liste des ballets et soirées programmés:
La Bayadère
Roméo et Juliette
Joyaux
Casse-Noisette
Les Patineurs / Tales of Beatrix Potter
Sylvia
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maraxan



Inscrit le: 24 Nov 2006
Messages: 600

MessagePosté le: Mar Avr 10, 2007 10:04 pm    Sujet du message: Mayerling, ROH, April 9, 2007 Répondre en citant

Quelques impressions un peu touffues mais peut-être pas aussi confuses que dans ma tête, du Mayerling d’hier après-midi à la ROH.

Mayerling est un ballet difficile d’approche car la chorégraphie de Kenneth McMillan est très liée à la psychologie (complexe) du personnage principal et pas toujours très esthétique, en tout cas pas dans le sens commun du terme. On peut le ranger dans la catégorie des drames psychologiques exacerbés par une expression corporelle très athlétique. McMillan raconte une histoire à travers la danse et ne fait pas une démonstration de danse à travers une histoire. On n’aura pas pour autant tout dit. Les décors somptueux de la Cour d’Autriche Hongrie et des lieux fétiches de la Vienne fin-de-siècle sont tout aussi sombres que le thème (le suicide du Prince héritier d’Autriche Hongrie et de sa maîtresse la baronne Marie Vetsera), la musique effacée de Frantz Liszt est parfois austère et jamais facile. Cela campe donc un drame d’une épaisse noirceur.
Rodolphe tient la scène du début jusqu’à la fin et son malaise s’imprègne de plus en plus dans le rythme soutenu de la chorégraphie, ne donnant jamais de répit à l’ambiance tendue du ballet. Edward Watson est remarquable (juste peut-être un peu limité dans le registre du mime facial pour rendre toutes les facettes de cette descente aux enfers du prince héritier) et son corps se casse très bien pour exprimer les souffrances et les bonheurs physiques, dans les amours contrariés ou non, dans la haine, dans la morphine, dans la dérision... C’est un très beau danseur, très fin et très précis dans ses sauts, très nerveux dans ses approches des difficultés techniques, une dynamique parfaitement adaptée au personnage psychotique qu’il interprète. Il est félin et la chorégraphie qui le met souvent à terre lui permet d’exprimer un vaste spectre des sentiments en faisant simplement parler son corps dans les positions les plus inattendues.
Aux côtés du prince, homme à femmes, ce sont les hommes qui brillent. En effet, Mayerling est chorégraphiquement plutôt un ballet de danseurs que de danseuses, même si celles-ci y ont des rôles clés. Les hommes y ont des rôles plus athlétiques, plus techniques et sont mieux servis par la chorégraphie de ce point de vue. Les quatre amis de Rodolphe d’où émerge le brillant Johannes Stepanek, l’ami-serviteur du prince, interprété avec brio par Steven McRae, sont gratifiés de moments plus coulés que Rodolphe et ils sont moins limités que les rôles féminins.

Le ballet est très touffu. Il s’ouvre sur l’enterrement de Marie Vetsera. Dans une demie pénombre, la neige tombe, des hommes portent un cercueil. C’est calme, triste et campe solidement l’ambiance. Car, lorsque le rideau se lève, les ors des fastes de la Cour sont aussi sombres. Nous sommes donc dans un flashback de la vie de Rodolphe, qui si on veut simplifier s’affronte à trois femmes dans sa vie privée et n’a pas une vie politique plus simple.
Dans la première scène, une scène de bal, très cérémonieuse avec tout un monde sur scène, il flirte avec plusieurs femmes, alors même qu’il présente son épouse à la Cour. Cela décrit le personnage, cynique et blasé. Il se replie ensuite sur une ancienne maîtresse avec qui tout ne se passe pas très bien. Ce premier pas de deux avec Sarah Lamb est très chaotique. Déjà, la chorégraphie dépeint un homme qui n’est pas heureux, qui lutte. Ses sauts se finissent souvent par terre, sont heurtés ou interrompus. Il n’arrive à rien.
Si Rodolphe n’est pas heureux en amour, il ne l’est pas non plus en politique. Ses quatre amis hongrois le bousculent également dans leur invitation à la révolte. Johannes Stepanek, Zachary Faruque, Yohei Sasaki et Bennet Gartside, sont très en verve dans cette chorégraphie qui frise la lutte entre les cinq hommes jusqu’à y mettre des doutes dans l’esprit du spectateur. Leurs évolutions sont très puissantes et dénotent avec les minauderies du bal précédent. Là et malgré le malaise qui commence à s’installer, on voit peut-être les plus beaux moments du premier acte, des sauts très amples et très hauts, du panache dans la prestation, des corps à corps violents et précis.
Rodolphe lutte plus doucement mais sûrement également avec sa mère, l’impératrice Elisabeth, interprétée par la remarquable Cindy Jourdain, très charismatique dans ce rôle fort et très marqué, qu’il essaie de convaincre de l’inadéquation de l’épouse qu’on lui a choisi. Elisabeth repousse ses remarques et dans la dernière scène de cet acte, l’affrontement avec sa femme dans la chambre nuptiale est typique des pas de deux du ballet, car poussé à l’extrême. C’est un moment de danse soutenu, un des rares, mais on ne peut pas dire que McMillan ait choisi de baigner dans l’allégresse et l’esthétisme. Il y a beaucoup de portés très physiques à la limite de la violence, toujours en mouvement. Les deux danseurs sont souvent à terre mais ne s’arrêtent jamais, Iohna Loots, qui incarne la Princesse Stéphanie, très souvent dans les airs, sur les épaules, sur le dos, sur les genoux de son partenaire, parfois dans des positions très limites et l’on a souvent l’impression qu’elle va tomber, ce qui accroît le tragique. La peur est explicitement présente puisqu’il joue avec un pistolet et une tête de mort pour terroriser la jeune femme, tire un coup de feu qui raisonne bruyamment, fait monter la tension et les sensations, sur scène et dans la salle. L’intensité de la danse les montre tous les deux très tendus mais finalement, la pâle Stéphanie arrive à l’entraîner sur le lit, mais on ne sait pas s'ils y trouveront de la paix.

Le deuxième acte commence par une scène très dense dans une taverne où Rodolphe accompagné de Bratfish, Steven McRae, a tenté d’amener sa femme qui s’enfuie devant la débauche de son époux. Là encore, les moments avec ses quatre amis magyars sont les plus spectaculaires du point de vue de la technique classique, alors que le corps de ballet féminin s’est transformé en prostituées qui impressionnent également dans un bel ensemble un peu classique, si ce n’est les hauts talons.
C’est peut-être ici que le talent d’Edward Watson s’exprime totalement dans la scène de la taverne où l’ivresse de son corps est parfaitement rendue dans une gestuelle démembrée qui pourtant reste précise et très technique dans l’interprétation de sa déchéance aux côtés de Laura Morera.
Tout est plus calme dans la maison des Vetsera où Mara Galeazzi et Sarah Lamb, qui fait l’entremetteuse, se livre à un pas de deux qui temporise avec la scène précédente. Sarah Lamb a une finesse et une grande sûreté qui la rendent parfaite pour ce rôle difficile où elle remplaçait Alexandra Ansanelli.
Pour l’anniversaire de l’empereur son père, beaucoup de monde sur scène, et des à-côtés ; Rodolphe essaie encore de s’exprimer mais sa danse est toujours interrompue à la fin de ses sauts par des chutes. Sa mère l’impératrice, toujours aussi raffinée, flirte outrageusement avec son amant dans un petit pas de deux trop court pour être reposant émotionnellement.
Rodolphe rencontre enfin Marie Vetsera dans la quatrième scène de l’acte. Son corps à corps avec Mara Galeazzi est superbe. C’est ici encore un pas de deux un peu soutenu, très heurté pourtant avec une Marie qui rentre dans son jeu et s’amuse avec sa tête de mort et son pistolet, poussant ainsi la violence des deux côtés. Les portés sont très physiques ici mais cependant moins heurtés.

Dans le troisième acte, le premier tableau n’apporte pas grand chose à l’histoire si ce n’est que Rodolphe renforce le malaise en tuant par inadvertance (à la place de son père ?) un membre de la Cour pendant une partie de chasse alors que sa mère continue de flirter avec son amant, ce qui semble ajouter à son désarroi.
Marie Larisch et Rodolphe se retrouvent après cet épisode dans la chambre du prince, mais Elisabeth les surprend et la chasse. C’est encore ici une scène d‘amour/affrontement entre Edward Watson et Sarah Lamb.
Dans la scène suivante, Steve McRae qui vient d’amener Marie à Rodolphe, développe tout son talent pour les distraire dans encore une de ces courtes scènes de garçons où sauts et technique sont de mise. C’est d’ailleurs peut-être le seul moment un peu classique dans le sens propre du terme avec des sauts, des extensions et un danseur qui retombe correctement sur ses pieds dans la sérénité. Steve McRae remplit ce rôle à merveille.
Enfin, l’intensité dramatique de l’œuvre se situe dans une danse d’une extrême violence entre Marie et Rodolphe qui prélude à la mort. Marie se jette plusieurs fois sur Rodolphe qui la propulse en l’air dans des portés de plus en plus périlleux. Les costumes n’arrangent sans doute pas l’impression hachée de ces portés car les robes donnent des points difficiles pour agripper les danseuses. Il n’y a pas de parti pris esthétisant par des stabilisations, ici, on porte pour malaxer, maltraiter les corps.
Finalement, Rodolphe tue Marie derrière un paravent avec de se donner la mort, mais il n’y avait plus d’escalade dans le drame à montrer.
Le dernier tableau fait écho au prologue avec le cimetière et la calèche où les oncles de Marie amènent le corps de celle-ci pour la mettre en bière sous l’œil de Steve McRae, seul témoin de sa connexion avec le prince.

Ce ballet est donc assez surprenant, fait appel à un modernisme technique dans un décor et des costumes qui prennent à contrepied la chorégraphie provoquant la confusion du spectateur. C’est d’ailleurs une véritable remise en question de celui-ci puisque le malaise sur scène se propage aussi dans la salle pétrifiée, laissant chacun à son propre questionnement.


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paco



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MessagePosté le: Sam Avr 21, 2007 1:14 am    Sujet du message: Répondre en citant

sophia a écrit:
La saison 2007-2008 du Royal Ballet est à présent en ligne sur le site du ROH:
http://info.royaloperahouse.org/News/Index.cfm?ccs=1133

Le fichier PDF de la nouvelle saison de ballet:
http://info.royaloperahouse.org/AfcStyle/DocumentDownload.cfm?DType=DocumentItem&Document=royalballet20078%2Epdf

Liste des ballets et soirées programmés:
La Bayadère
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A noter que, pour La Bayadère, plusieurs personnalités volcaniques vont se succéder dans le rôle de Gamzatti : Marianela Nunez, Mara Galeazzi et Alessandra Ansanelli. Trois danseuses au tempérament très affirmé, on ne risque pas de s'ennuyer...

Toujours pour La Bayadère, un ballettomane parisien voulant "optimiser son voyage" à Londres peut voir trois distributions assez excitantes entre le 18 et le 20 octobre :
- le 18 : Carlos Acosta, Tamara Rojo, Marianela Nunez
- le 20 mat. : Sarah Lamb (mérite vraiment le déplacement !), Viacheslav Samodurov, Alessandra Ansanelli
- le 20 soir : Zenaida Yanowski, Roberto Bolle, Mara Galeazzi


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sophia



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Messages: 18665

MessagePosté le: Lun Avr 23, 2007 10:30 am    Sujet du message: Répondre en citant

John Percival commente dans un article paru dans DanceViewTimes les nouvelles saisons du Royal Ballet, du Birmingham Royal Ballet et de l'English National Ballet, et semble faire quelque peu la fine bouche... (ce qui paraît vaguement risible, vu d'ici... Rolling Eyes).

http://www.danceviewtimes.com/2007/Spring/04/londonletter.html

Joyaux sera une entrée au répertoire, car jusqu'à présent seul Rubis avait été dansé au Royal Ballet.
La programmation de Dances at a gathering et Afternoon of a faun est liée au dixième anniversaire de la mort de Jerome Robbins.
Dans les choix discutables, John Percival cite notamment le ballet Tales of Beatrix Potter, qui est moins un ballet d'Ashton qu'une production d'Anthony Dowell.
Enfin, sans surprise, Sylvie Guillem ne dansera pas à Covent Garden la saison prochaine. Elle a refusé la soirée d'adieux qui lui avait été proposée (l'article cite plus loin une interview radiophonique de Guillem où celle-ci aurait dit qu'elle ne souhaitait pas travailler avec le Royal Ballet tant que Monica Mason dirigerait la compagnie). L'article se termine par une évocation de la collaboration de Guillem avec Akram Khan.


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frederic



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MessagePosté le: Dim Avr 29, 2007 12:14 pm    Sujet du message: Répondre en citant

On ne propose pas une " soirée d'adieux" à Sylvie Guillem!


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maraxan



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MessagePosté le: Mar Mai 01, 2007 6:28 pm    Sujet du message: Seven Deadly Sins/Pierrot Lunaire/La fin du Jour Répondre en citant

Quelques impressions sur la triple affiche présentée actuellement par le Royal Ballet.

En lieu et place du rideau de sécurité, Seven Deadly Sins, inscription dorée sur fond noir accueille le public dans la Royal Opera House, juste sous la devise « Dieu et mon droit » de la couronne britannique qui trône au-dessus de la scène… L’atmosphère est posée, mais on n’est jamais qu’au spectacle ?
Seven Deadly Sins est donc une création de Will Tuckett sur une musique de Kurt Weil, un texte de Bertolt Brecht étant traduit et chanté en anglais. On retrouve dans cette chorégraphie assez moderne la marque de Will Tuckett qui, somme toute, reste quand même très classique dans sa manière d’aborder la danse dans l’esprit de notre temps. Quant au propos, là complètement hors d’époque, il apparaît bien désuet et un peu trop moralisateur, si déjà on accorde une signification au mot péché… Retournons donc en arrière et à la bonne conscience de l’époque brechtienne qui n’était pas tant moralisateur religieux (mais quand même…) que dénonciateur de la société et du rêve américains.
La mise en scène de Will Tuckett fait participer la chanteuse Martha Wainwright sur scène, impliquée dans l’histoire de manière assez prédominante. Elle est le dopplegänger de Zenaida Yanowski, Anna, pauvre fille de Louisiane, dont Brecht nous raconte les péripéties « à la ville » dans le but de renflouer la famille, qui commente et observe les événements du fond de la scène, sur un balcon (louisianais?). Celle-ci est incarnée par quatre autres chanteurs dont un grimé en femme (la mère, j’imagine), d’abord en ménagère puis au look drag queen à la fin lorsqu’endimanché suite à la « réussite » d’Anna…
Le Royal Ballet s’est souvent aventuré du côté de la musique pop, on se souvient notamment de ses prestations très intéressantes auprès de The Cure ou du Queen de Freddy Mercury ; là, c’est un autre exercice puisque Martha Wainwright joue un rôle dans le ballet alors que c’était les danseurs qui illustraient la musique des artistes dans les cas mentionnés. Or, dans ce contre emploi, elle parait un peu limitée dans le registre de la voix et sa narration est difficilement audible (même de devant), ce qui est d’autant plus dommage que la chorégraphie de Will Tuckett n’est pas à même d’exprimer de différences significatives dans le déroulement de l’histoire de ce ballet narratif. On assiste donc à une série de tableaux un peu déconnectés de leur signification qui devait être évidente, et, en poussant à l’extrême, l’histoire originelle n’apparaît plus qu’à ceux qui ont potassé le livret, rendant le propos du ballet caduque aux autres. En effet, entre les scènes de lit, voulues ou forcées, celle du bordel ou d’Hollywood, on assiste à la même dynamique, aux mêmes envolées que dans le reste, se pliant ainsi à une musique également assez linéaire, Zenaida étant juste habillée différemment. Alors des péchés? On cherche dans ses souvenirs... la luxure, la colère, l’envie, etc. et sur scène… Bof. Un peu de touche-pipi, une ou deux mains aux fesses, quelques mimes de sexe dans un lit, tout cela est bien esthétisé et on a du mal à y croire pour de vrai, on se pense plutôt au spectacle au cabaret, ce qui n’est pas désagréable, idée renforcée par Zenaida Yanowski qui semble faire de la pub pour une marque de lingerie féminine, s’exhibant dans toute une gamme de sous-vêtements, tous assez aguichants.
En fait, Zenaida est assez fantastique dans ce rôle, constamment en mouvement, souvent en extension dans les airs car il n’y a sans doute pas un danseur qui ne la manipule pas, lorsqu’ils ne sont pas plusieurs. Amoureuse de l’aérien Edward Watson, toujours aussi efficace dans ses sauts, fluide et rapide dans sa manière d’évoluer sur scène, elle se rabat sur Eric Underwood, excellent dans son rôle de mécène et fait montre d’une personnalité exceptionnelle dans cette pièce où la chorégraphie n’est pas très technique mais plutôt physique, axée sur la rapidité (sensée incarnée la violence) et la luxuriance des personnages sur scène. On se lasse quand même assez vite, d’autant que cela se désunit un peu sur la fin ; on a connu Will Tuckett plus inspiré et le spectacle se tient surtout grâce au talent de performers des danseurs.

Avec Pierrot Lunaire, c’est un peu l’inverse, le script est très écrit et tout est très précis, voire géométrique. La musique de Schoenberg met tout de suite mal à l’aise et dès que la cantatrice déclame son texte (en allemand) on plonge dans la douleur. Mais là aussi, qu’ils sont beaux les trois danseurs du Royal Ballet (Carlos Acosta, Deirdre Chapman et Ivan Putrov) et qu’ils sont bons.
La chorégraphie de Glen Tetley est presque aussi ascétique que la musique mais le visuel dépouillé est très porteur, comme une étude de contours en peinture. Le moindre écart serait fatal. Il n’y en a pas.
Pierrot, longtemps sur son échafaudage est notamment très saisissant, lorsqu’il évolue autour des barres, lorsqu’il regarde sa Colombine, un peu garce, un rôle pas très valorisant. C’est lorsqu’il descend et qu’il essaie de séduire (maladroitement il faut dire) la belle, que tout dégénère pour lui, au son d’une gifle implacable.
Il y a bien sûr beaucoup de mime dans cette composition, notamment de la part de Pierrot et de Colombine, moins chez Brighella, interprété tout en finesse par Carlos Acosta (malgré les soufflements de bête qu’on lui fait pousser, peut-être parce qu’au début, dans son joli petit costume vert, il ne fait pas trop méchant). Il faut en effet beaucoup de technique pour dans ce rôle coller à la musique sans jamais paraître lourd et violent, et même le combat entre Brighella et Pierrot se plie à cette discipline. Là, les deux hommes que les corps opposent en tout (encore que Ivan Putrov semble plus musclé qu’avant son accident de 2006) se fondent dans un pas de deux parfaitement harmonieux malgré la violence sous-tendue, mais une violence cynique et froide, voire sexuelle quelquefois.
Ivan Putrov est un Pierrot émouvant dans son incompréhension du monde, sa candeur et ses hésitations, mais aussi dans sa fluidité et ses élévations irréelles. Le visage peint de blanc, il affronte avec candeur la ruse et la brutalité de Carlos Accosta, tout de vert vêtu (alors que Colombine intervient en rouge dans leur trio coloré). Le combat des extrêmes. Même lorsque Brighella va le dépouiller de ses vêtements, tout cela se passe dans la grâce et la légèreté, la souffrance du mime s’exprimant par le visage.
Pour finir, alors que Pierrot renaît seulement vêtu de son petit collant très transparent, il livre un solo émouvant alors que Brighella et Colombine, sur l’échafaudage sont hors jeu. Mais la naïveté de Pierrot le conduit à les rejoindre et les enlacer dans une réconciliation finale.
Le ballet de Glen Tetley a beaucoup de charme, et une fois qu’il est terminé et que la musique n’interfère plus (mais il faut dire qu’elle convient bien à la chorégraphie et met dans une ambiance), on revoit dans sa tête les sauts aériens d’Ivan Putrov, les déplacements félins de Carlos Acosta, le silence de leurs évolutions, même dans les sauts. Beaucoup de glissés et des pirouettes plutôt lentes, des jambes aériennes et des mouvements gracieux. Des souvenirs pour toujours.

Le troisième spectacle est un ballet « heureux » de Kenneth McMillan, La Fin du Jour, sur une musique de Ravel. Parfois, quand on est heureux, on n’a rien à dire, et l’on pense avec regret aux chorégraphies de McMillan qui laissent un mal de tête à la sortie. Donc on regarde juste les évolutions des danseurs, dans le moule très classique d’une mise en scène style années 30, d’abord les snobs à la plage puis au bal. Le corps de ballet, surtout masculin est assez bien employé alors que les solistes Martin Harvey et Ricardo Cervera, sont comme le corps de ballet plutôt sollicités pour leurs qualités athlétiques, notamment pour des portés assez hallucinants. Chez les filles, Sarah Lamb me semble plus à l’aise dans le rôle que Natasha Oughtred et surtout plus précise mais dans l’ensemble, les jeunes femmes apparaissent sereines comme en suspension dans la lenteur de leurs évolutions aériennes, alors que les garçons sont plus physiques.
Ce troisième ballet est peut-être un peu trop décalé avec les deux précédents auxquels on pouvait trouver quelques raisons de leur association (en cherchant un peu quand même -noirceur du thème, musique assez grave). Peut-être que s’il avait été placé entre les deux autres, il aurait été mieux apprécié, là, on reste un peu sceptique, d’autant plus que la fin très brusque surprend.

Malgré donc quelques regrets, cette triple affiche est assez agréable, notamment grâce aux interprètes dont on ne peut que remarquer l’excellence et dans ce type de spectacles assez courts, cela fait beaucoup. Il faut dire que Seven Deadly Sins a été soutenu par une présence assez massive des danseurs principaux de la troupe dans des petits rôles. C’est d’autant plus à souligner que le Royal Ballet, mis à part Carlos Acosta, n’a pas distribué ses grosses vedettes sur les autres programmes (Federico Bonnelli et Alina Cojocaru, blessés ont dû renoncer à La fin du jour). Enfin, cette affiche a permis à Ivan Putrov, qui venait de faire son retour sur Onegin, de se replacer définitivement sur le devant de la scène.


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laurence



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MessagePosté le: Mer Mai 02, 2007 4:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Maraxan vraiment c'est comme si j'y étais!!! c'est même mieux puisque j'y étais et j'ai été décue par le choix de ces 3 ballets dans un même programme Les uns et les autres ne se mettent pas en valeur les musiques se pondèrent mal et les chorégraphies s'entrechoquent... Seven Deadly Sins est mortellement ennuyeux monotone et le fait de mettre la chanteuse sur scène n'apporte rien à mon gout et cette opposition avec le "peps" de Zenaida n'est peut être pas assez pris en compte
Le "Pierrot lunaire"j'étais en fait venu voir ce ballet et je le reverrai sans doute en souvenir...La musique représente "un pas" et l'emploi qui parait à contre temps ce qui n'est pas fait pour me déplaire de cette voix" hors de ses gonds"est inoubliable les trois danseurs sont eux aussi inoubliables préscis


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