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Le Bolchoï sur Dansomanie, bis : Daria Gurevitch

 
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haydn
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MessagePosté le: Mar Nov 01, 2005 8:08 pm    Sujet du message: Le Bolchoï sur Dansomanie, bis : Daria Gurevitch Répondre en citant

Petite interview sans prétention, mais dont le but est de vous présenter une danseuse du Bolchoï que j'avais beaucoup appréciée lors de sa venue à Paris en janvier 2004. Elle se distinguait par un très joli sens du théâtre, beaucoup de dynamisme et une joie de danser communicative. Elle avait, dans le Lac des cygnes, interprété les Danses napolitaines, et elle s'est également produite dans la Fille du Pharaon (on peut la retrouver sur le DVD paru chez Bel Air) et dans le Clair ruisseau (danses kolkhoziennes).

Daria Gurevitch, qui est Coryphée, grâce à la complicité de notre amie Ruzanna, à Moscou, se présente aux lecteurs de Dansomanie.





Qui êtes vous, Daria Gurevitch?

J’ai 24 ans, je suis née à Moscou. Je danse au Bolchoï depuis 6 ans et je suis actuellement au grade de Coryphée.



A quel âge avez-vous débuté la danse?

J’ai fait mes “débuts” de ballerine à l’âge de 11 ans, en participant à un spectacle de l’Ecole de danse. C’était ma première sortie sur la scène du Bolchoï, et ce jour est resté grave dans ma mémoire.



Pourquoi avoir choisi la profession de danseuse?

En fait, je suis quelqu’un qui a eu beaucoup de chance. Je ne me suis jamais posé la question du choix de mon métier. Je suis née dans une famille d’artistes. Mes parents étaient des danseurs réputés et dès mon enfance, ils m’ont inculqué le goût de l’art et de la danse. Je leur suis reconnaissante d’avoir été ainsi à l’origine de ma destinée professionnelle. Aujourd’hui encore, ils sont pour moi mes premiers maîtres et juges.



Par quelles écoles êtes vous passée?

J’ai fait toute ma scolarité à l’Academie Nationale de Danse de Moscou (Bolchoï).



Certains professeurs vous ont-ils particulièrement marquée?

J’ai été heureuse avec tous mes professeurs. Durant les huit années que j’ai passées à l’Ecole de danse, j’ai travaillé avec plusieurs pédagogues. C’est tout d’abord Natalya Revitch qui m’a donné les bases de la danse classique. Après, j’ai poursuivi ma scolarité avec Galina Kouznetsova, une ancienne élève d’Agrippina Vaganova. J’ai achevé ma formation auprès de Maria Leonova, qui fut autrefois soliste au Bolchoï. Elle est à présent devenue la directrice de l’Académie de danse (Ecole de danse du Bolchoï).

Je m’efforce de ne pas oublier mes premiers professeurs qui ont cru en moi et qui m’ont aidée durant toutes ces années.

A mon arrivée au Corps de ballet, la chance a voulu que Tatiana Golikova , également ancienne soliste du Bolchoï ait porté son attention sur moi. Aujourd’hui nous répétons ensemble tous mes soli.



Comment l’enseignement de la danse est –il organisé en Russie?

Les études à l’Ecole de danse s’échelonnent sur huit ans, et sont divisées en 5 “classes” et 3 cours. L’enseignement est progressif. Les enfants commencent par de la gymnastique au sol, pour développer la souplesse et les extensions. Ce n’est qu’ensuite qu’ils abordent la danse proprement dite, et travaillent la technique de manière intensive. En plus du ballet classique, les études incluent aussi des disciplines telles que les danses populaires et anciennes, la danse de couple et l’histoire de l’art. C’est ainsi que les choses sont organisées à Moscou.



Le mime et la musique sont-ils toujours des matières importantes dans la formation des danseurs? Des cours de musique et de mime ou de théâtre sont-ils obligatoires à l’ecole du Bolchoï?

Dans notre Ecole de danse, la musique tient une place prépondérante. Dès le début des études, l’accent est mis sur l’histoire de la musique, le solfège et l’apprentissage du piano.

De même, la maîtrise du jeu d’acteur est partie intégrante de l’éducation des artistes chorégraphiques, et la plus grande attention est portée au mime.



La méthode Vaganova est-elle toujours la seule enseignée?

La méthode Vaganova demeure fondamentale pour l’enseignement de la danse en Russie. Elle a été préservée à Moscou grâce à des professeurs telles Galina Oulanova, Marina Semenova ou Ludmila Semenyaka, originaires de Saint-Pétersbourg, et qui sont venues danser et enseigner au Bolchoï.



Selon vous, existe-il toujours un style spécifique à la danse russe, et si oui, cherche-t-on à preserver ce style en Russie?


Bien sûr, la danse russe possède un style qui lui est propre. Le théâtre dramatique, en Russie, a exercé une influence très forte, notamment grâce aux oeuvres de Konstantin Sergueïvitch. Stanislavskiy (1863-1938, célèbre théoricien russe de l’art dramatique, ndlr.) et de Mikhaïl Alexandrovitch Tchékhov (1891-1955, autre homme de théâtre fameux en Russie et neveu d’Anton Tchékhov, ndlr.). Le théâtre dramatique a ainsi fortement marqué le théâtre dansé (ballet). La danse russe comporte un sens profond ; elle ne se fonde pas seulement sur de la technique brute, mais procède également d’un grand élan émotionnel. A côté de la notion de “danse russe” demeure toujours celle d’“âme russe”.



Existe-t-il, d’après vous, une différence significative entre la facon de danser du Mariinsky et celle du Bolchoi?

Ce sont deux grandes écoles de la danse classique avec chacune leur histoire et les traditions qui leur sont propres. Il y a bien sûr des différences, mais à la vérité, elles sont infimes. Le Mariinsky aussi bien que le Bolchoï ont vocation à représenter à travers le monde la gloire universelle de la danse russe.



Qu’est-ce que cela a représenté pour vous d’être admise au ballet du Bolchoi?

Tout apprenti danseur rêve d’entrer dans la troupe la plus prestigieuse de son pays. J’ai eu de la chance, et mon rêve s’est réalisé.



Pouvez-vous, dans les grandes lignes, nous décrire votre carrière au Bolchoi?

J’en suis à ma sixième saison au Bolchoï. J’ai commencé par faire du corps de ballet dans tous les grands ouvrages du répertoire. Dès ma première saison, j’ai aussi dansé quelques soli, notamment la “Fée diamant” dans La belle au bois dormant et le “Pas d’action” de Giselle. Un peu plus tard j’ai fait les quatre Petits cygnes dans le Lac des cygnes, ainsi que les quatre Dryades de Don Quichotte. Récemment, j’ai interprété les rôles de la Fée canari dans La Belle au bois dormant, de la danseuse “Manou” de La Bayadère, Galia, l’écoliere du Clair Ruisseau, et je me suis également produite dans les pas de deux de Symphonie en Ut et d’Agon de Balanchine.



Parmi les soli que vous avez dansés, lesquels vous ont le plus marquée?

J’ai dansé tous mes soli avec grand plaisir. Néanmoins, ceux que j’ai préférés ont été la danseuse “Manou”, la Fée canari et Galia.



[b]Si, à l’avenir, vous aviez la possibilite de danser les trois ballets que le Bolchoï a présentés lors de sa tournée en France en 2004 (Le Lac des cygnes, La Fille du Pharaon, Le Clair Ruisseau), y en a-t-il un que vous aimeriez particulièrement interpréter?


C’est impossible pour moi de choisir. J'aimerais les danser tous. Ces trois ballets sont très différents, et ils présentent chacun des difficultés et un intérêt spécifiques.


Avez-vous des souvenirs particuliers de cette tournée, des anecdotes qui vous sont restées en mémoire?

Dès mon enfance, je rêvais de venir à Paris, et ce rêve s’est réalisé l’an passé. Paris est une ville magnifique. Nous y avons visité les musées, nous nous sommes beaucoup promenés. Paris est une ville où l’on a toujours envie de revenir. De plus, lors de mon séjour en France, j’ai fêté mon anniversaire et mon mari m’a fait la surprise de venir alors que je ne m’y attendais pas. Nous avons passé des moments très agréables, et je crois que le souvenir des spectacles que notre compagnie a donnés lors de cette tournée resteront pour toujours dans ma mémoire.



Quels sont vos projets pour l’avenir, les prochains spectacles auxquels vous allez participer?

Je suis distribuée dans pratiquement tous les spectacles à venir au Bolchoï, et plusieurs emplois de soliste m’attendent. Mais dans la vie, j’en réclame toujours plus, et je suis avide de danser encore et toujours des rôles nouveaux. Par ailleurs, je poursuis des études supérieures en pédagogie de la danse à l’Académie d’Art Théâtral de Moscou (Université).



Envisagez-vous de revenir danser un jour en France?

Je serais très heureuse si cette possibilité m’était offerte.





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