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Tournées du Bolchoï et du Mariinsky
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Enya



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MessagePosté le: Jeu Juil 30, 2009 3:02 pm    Sujet du message: Répondre en citant

sophia a écrit:
Anatoly Iksanov, le directeur général du théâtre, a annoncé à l'occasion de la clôture de la saison les différents projets pour la saison à venir (234ème saison). Des tournées en Espagne, en France, en Italie, en Chine, et enfin en Angleterre sont programmées (également en Lithuanie en septembre 2009 et aux USA en février 2010, là, c'est moi qui rajoute).
...


En Chine Exclamation Cool C'est vrai? A quelle ville et quand, chère Sophia? Je suis tellement contente! Very Happy


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sophia



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MessagePosté le: Jeu Juil 30, 2009 4:52 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Enya, d'après une autre interview de M. Iksanov, ce sera apparemment au Grand National Theatre de Beijing, mais j'ignore les dates de cette tournée.

Pour la France, je n'ai rien trouvé de concret concernant la venue du Bolchoï, mais il me semble bien qu'il y a quelque chose avec le programme Ballets russes et l'Opéra de Paris... Rolling Eyes
En revanche, dans le cadre de l'année de la France en Russie et de la Russie en France (2010), le site http://www.culturesfrance.com/ publie le calendrier des événements culturels programmés dans les deux pays, et question ballet, pas mal de choses sont prévues...
http://www.culturesfrance.com/evenement/France-Russie-rendez-vous-en-2009/evpg510.html
Le calendrier: http://www.culturesfrance.com/medias/userfiles/calendrier.pdf

Je recopie ici tout ce qui concerne la danse, mais peut-être Haydn jugera-t-il préférable d'utiliser un autre fil...


7 janvier–7 février / DANSE
Tournée du Ballet de l’Opéra national Tchaïkovsky de Perm
Tournée en France*

9-24 juillet / DANSE
Festival « Les Etés de la danse » consacré à la Russie / Ballet de l’Opéra de Novossibirsk
Théâtre du Châtelet, Paris
http://www.chatelet-theatre.com/2009-2010/index.php#/les-etes-de-la-danse-424-fr/

21-22 septembre / DANSE
Apocalypse: création d'Angelin Preljocaj
en coproduction avec le Théâtre du Bolchoï
Biennale de la Danse, Lyon

9 novembre–9 décembre / DANSE
Apocalypse: création d'Angelin Preljocaj
en coproduction avec le Théâtre du Bolchoï
Théâtre national de Chaillot, Paris

19–26 décembre / DANSE
Ballet du Marinskii de Saint-Pétersbourg :
Le Petit cheval bossu (dir. V. Gergiev)
Théâtre des Champs-Elysées, Paris


En Russie sont programmés une tournée du Ballet de l'Opéra de Lyon du 7 au 24 avril, la création de Preljocaj avec le Bolchoï le 12 septembre, et la tournée du Ballet de l'Opéra de Paris, qui donnera deux représentations de Paquita à Novossibirsk les 17 et 18 septembre.


* Voir dates tournée française post ci-dessous.




Dernière édition par sophia le Ven Juil 31, 2009 2:48 pm; édité 2 fois
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sophia



Inscrit le: 03 Jan 2004
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MessagePosté le: Ven Juil 31, 2009 2:46 pm    Sujet du message: Répondre en citant

7 janvier–7 février / DANSE
Tournée du Ballet de l’Opéra national Tchaïkovsky de Perm
Tournée en France

Voici les dates dont je dispose pour l'instant...

- 7-10 janvier: Sceaux (Les Gémeaux)
Concerto Barocco / Sérénade / Ballet impérial
http://www.lesgemeaux.com/

- 16-17 janvier: Reims (Grand Théâtre)
Les Sylphides / Le Spectre de la rose / Les Danses polovtsiennes du Prince Igor / Sérénade
http://www.grandtheatredereims.com/

- 19 janvier: Montpellier (Opéra Berlioz - Le Corum)
Les Sylphides / Le Spectre de la rose / Les Danses polovtsiennes du Prince Igor / Sérénade
http://www.montpellierdanse.com/pages/?cat=0014&idl=21&idsref=493

- 22 janvier: Sète (Théâtre Molière)
Concerto Barocco / Sérénade / Ballet impérial
http://www.seteavoir.fr/pages/theatre.html

- 23-24 janvier: Blagnac (Odyssud)
Les Sylphides / Le Spectre de la rose / Les Danses polovtsiennes du Prince Igor / Sérénade
http://www.odyssud.com/article/articleview/7163/1/526/

- 4 février: Le Mans (Palais des Congrès)
Les Sylphides / Le Spectre de la rose / Les Danses polovtsiennes du Prince Igor / Sérénade
http://www.lemans-congres.com/

- 5 février: Plaisir (Théâtre Espace Coluche)
Les Sylphides / Le Spectre de la rose / Les Danses polovtsiennes du Prince Igor / Sérénade
http://www.ville-plaisir.fr/rubriques/temps/culture/deux_theatres/SpectacleFiche.php?id_spectacle=50&id_seance=50


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Azulynn



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MessagePosté le: Sam Aoû 01, 2009 5:12 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Des détails sur les tournées 2009-2010 du Bolshoi ont été donnés en anglais sur le site Ballet.co, tirés de récentes interviews d'Anatole Iksanov, le directeur général de la compagnie (traduits du russe par Amelia) :

Septembre 2009 - Madrid - Spartacus

Septembre 2009 - Vilnius - Le Corsaire

Octobre 2009 - Saint-Pétersbourg - Class Concert et autres (théâtres Mikhailovski, Alexandrinski)

Décembre 2009 - Paris - Gala Diaghilev, joint avec l'Opéra de Paris

Février 2010 - Etats-Unis - Spartacus à Washington + tournée à Orange County

April-mai 2010 - Pékin - Don Quichotte, La Fille du Pharaon

Mai 2010 - Italie - Le Lac des Cygnes, Giselle

Juillet-août 2010 - Londres (Covent Garden) - Tournée qui comprendra notamment Russian Seasons, de Ratmansky, dans un programme envisagé "Projet Russe/Diaghilev" (a priori avec Le Tricorne de Massine et Petrouchka)


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Enya



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MessagePosté le: Dim Aoû 02, 2009 4:33 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci beaucoup, Azulynn! Very Happy


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haydn
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MessagePosté le: Jeu Aoû 06, 2009 11:29 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ekaterina Osmolkina, toujours blessée, a dû être remplacée dans le rôle de Juliette.

La première représentation de Roméo et Juliette lors de la tournée londonienne du Mariinsky a réuni Alina Somova et Vladimir Shklyarov, la seconde Evguenia Obraztsova et Denis Matvienko, et la troisième Viktoria Tereshkina et Evgueni Ivanchenko.

La quatrième et dernière soirée mettait aux prises Irina Golub et Igor Kolb.

Comptes-rendus à suivre dans quelques jours...


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sophia



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MessagePosté le: Ven Aoû 07, 2009 10:19 am    Sujet du message: Répondre en citant

En tout cas, Ekaterina Osmolkina, dont l'absence est bien regrettée, a droit à un long article dans le numéro d'août de Dancing Times (rubrique "Dancer of the month") qui fait justement sa couverture sur la tournée du Mariinsky à Londres, avec une belle photo de Ekaterina Kondaurova dans Sérénade.



Le site de la Royal Opera House n'a pas mis à jour les distributions... Mais il y aura forcément certains changements, compte-tenu de cette absence. Les Lac à venir devraient toutefois rester inchangés, sauf pour la dernière représentation qu'Osmolkina devait danser.




Dernière édition par sophia le Lun Aoû 10, 2009 9:21 am; édité 2 fois
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haydn
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MessagePosté le: Dim Aoû 09, 2009 12:05 pm    Sujet du message: Répondre en citant

En attendant les comptes-rendus de l'amie Sophia - apparemment, Ekaterina Kondaurova et Viktoria Tereshkina ont "mis le feu au lac" -, quelques photos aimablement fournies par le service de presse du Mariinsky :




Roméo et Juliette :



Igor Kolb



Olesia Novikova



Olesia Novikova



Evguenia Obraztsova - Igor Kolb



Evguenia Obraztsova - Igor Kolb



Vladimir Shklyarov- Evguenia Obraztsova



Vladimir Shklyarov- Evguenia Obraztsova



Evguenia Obraztsova - Vladimir Shklyarov




Vladimir Shklyarov- Evguenia Obraztsova




Dernière édition par haydn le Dim Aoû 09, 2009 3:45 pm; édité 1 fois
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haydn
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MessagePosté le: Dim Aoû 09, 2009 12:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La Belle au bois dormant :



Alina Somova - Léonide Sarafanov



Léonide Sarafanov - Alina Somova



Léonide Sarafanov



Léonide Sarafanov - Anastasia Kolegova



Anastasia Kolegova - Léonide Sarafanov- Alina Somova















Alina Somova


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MessagePosté le: Dim Aoû 09, 2009 12:24 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Rubis (Joyaux) :



Irina Golub - Andrian Fadeyev



Andrian Fadeyev - Irina Golub






Alina Somova



Ekaterina Kondaurova



Viktoria Tereshkina



Irina Golub




Dernière édition par haydn le Lun Aoû 10, 2009 1:08 pm; édité 1 fois
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MessagePosté le: Dim Aoû 09, 2009 12:35 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Sérénade :









Ekaterina Kondaurova


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MessagePosté le: Dim Aoû 09, 2009 12:43 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Symphonie en Ut :



Alina Somova - Andrian Fadeyev



Maxime Zyuzin



Nadezhda Gonchar - Anton Korsakov


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haydn
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MessagePosté le: Dim Aoû 09, 2009 12:56 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Le Lac des cygnes :



Espagnols



Alina Somova






Ulyana Lopatkina - Danila Korsuntsev



Ulyana Lopatkina - Danila Korsuntsev



Ulyana Lopatkina



Viktoria Tereshkina - Evgueni Ivanchenko



Evgueni Ivanchenko - Viktoria Tereshkina



Anastasia Kolegova



Igor Kolb - Alina Somova




Dernière édition par haydn le Dim Aoû 09, 2009 3:58 pm; édité 1 fois
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sophia



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MessagePosté le: Dim Aoû 09, 2009 3:56 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Notons que ce sont là des photos publiées il y a quelques mois et destinées à promouvoir la tournée londonienne du Mariinsky, et qu'elles ne correspondent pas forcément à la réalité des distributions, loin de là...

Plus généralement, l'"image" retenue pour cette tournée londonienne, c'est celle de Ekaterina Kondaurova dans Sérénade, à la fois sur les affiches qui ornent les murs de Londres et en couverture des programmes vendus à la ROH...


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sophia



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MessagePosté le: Mer Aoû 12, 2009 10:49 am    Sujet du message: Répondre en citant

Roméo et Juliette
6 août 2009
Ballet du Mariinsky
Royal Opera House, Londres


C’est par le Roméo et Juliette de Leonid Lavrovsky, une œuvre créée en 1940 et intimement attachée à l’histoire du Kirov et à l’une de ses interprètes légendaires, Galina Ulanova, que le Ballet du Mariinsky avait choisi d’ouvrir ses deux tournées estivales à Amsterdam et Londres, avant de revenir à une programmation sinon attendue, du moins plus consensuelle pour le public local, avec notamment Le Lac des cygnes et La Belle au bois dormant, deux des ballets les plus emblématiques de son répertoire historique.

Pour des yeux contemporains, coutumiers de productions parfois grandioses et spectaculaires, le Roméo et Juliette de Lavrovsky pourra sembler à première vue une incongruité. Au mieux, il apparaîtra comme une intéressante pièce de musée, caractéristique d’un autre temps et d’une esthétique disparue, celle du dram-balet soviétique. A cet égard, la presse anglaise ne s’est pas privée, indépendamment de ses interprètes d’un soir, de critiquer avec vigueur, et plus ou moins finement, cette version chorégraphique "princeps" du drame shakespearien, pour laquelle Sergeï Prokofiev écrivit non seulement sa partition, mais aussi le livret, en collaboration avec Leonid Lavrovsky, Adrian Piotrovsky et Sergeï Radlov. Qu’elle témoigne en partie de l’"esprit d’un autre temps", comme le titre de manière sans doute assez légitime l’article de Clement Crisp publié dans le Financial Times*, c’est un fait difficilement contestable (mais qui, en soi, ne devrait pas sous-tendre un jugement de valeur), mais qu’il faille la juger naïvement et exclusivement – comme d’autres le feraient ici avec l’icône Noureev – à l’aune de la version de Kenneth MacMillan, objectivement plus sophistiquée tant sur le plan visuel que sur celui de l’exploration psychologique des caractères, et devenue depuis sa création en 1965 une référence incontestable dans le monde entier, apparaît pour le coup bien discutable, pour ne pas dire empreint de vanité. Une œuvre de cette importance doit aussi pouvoir être vue pour elle-même et ses qualités intrinsèques, pour ce qu’en font ses interprètes du jour, et non pas seulement pour les développements ultérieurs – qualifiés très subjectivement d’"améliorations" - auxquels elle a pu donner lieu. Pour remettre les choses à leur juste place, signalons que les filiations entre Lavrovsky et ses héritiers successifs, plus ou moins revendiquées, restent constamment palpables, dans l’exposition des scènes comme dans la chorégraphie prêtée aux deux héros, qui multiplie notamment les grands jetés, les tours et les poses en arabesque.

Si la version de Lavrovsky, composée de trois actes et de treize scènes, est à même de surprendre le spectateur d’aujourd’hui, tout au moins dans un premier temps, c’est en fait surtout par son caractère fragmentaire, voire discontinu, qui semble parfois mettre au second plan la montée en puissance du drame et l’expression des émotions au profit de la dialectique sociale (emblématisée par le combat des Capulet et des Montaigu) qui sous-tend l’intrigue. Elle semble au demeurant obéir moins à une logique strictement narrative qu’à une esthétique du tableau, destinée à frapper plutôt qu’à développer les caractères secondaires et à construire un récit cohérent et fluide à l’échelle de l’œuvre. Les tableaux, miniatures à l’intérieur du ballet, se succèdent ainsi sans lien narratif ténu, plus particulièrement dans le premier acte, marqué par l’importance accordée à la pantomime, où les scènes de foule, dansées ou mimées, alternent sans préparation avec les scènes "privées", le changement étant signalé par un simple tomber de rideau, presque frustrant. Les danses de caractère, quelque peu détachées de l’action principale, abondent du reste dans cet acte, toujours remarquablement interprétées par la troupe du Mariinsky. Elles répondent plus largement à l’esthétique pittoresque suggérée par la scénographie de Piotr Williams, dont la grandeur originelle semble toutefois étouffée par la scène relativement étroite de la Royal Opera House, peu propice à l’évasion. Toiles peintes et costumes colorés contribuent néanmoins à ancrer pleinement le ballet dans le cadre qui lui est propre, celui de la Renaissance italienne et d’une action située principalement à Vérone, puis à Mantoue, pour une partie du dernier acte.

A l’occasion de cette tournée londonienne, quatre distributions, inédites et/ou très contrastées, étaient offertes au public, la première ayant fait couler beaucoup d’encre dans la grande presse et les couloirs de Covent Garden… La dernière représentation de la série avait le mérite de présenter un couple harmonieux, particulièrement équilibré et associant deux individualités à la personnalité à la fois lyrique et affirmée : Irina Golub, non prévue initialement mais toutefois coutumière du rôle, interprétait ainsi Juliette aux côtés d’Igor Kolb, Roméo à l’expérience déjà largement éprouvée ces dernières années, en tant que partenaire notamment d’Evgenia Obraztsova.

Irina Golub possède d’évidence toutes les qualités naturelles pour incarner une Juliette convaincante : un charme naïf conjuguée à une beauté juvénile et sensuelle, une danse fluide et légère, un jeu d’actrice consommé qui lui permet de montrer l’évolution en même temps que les différentes facettes du personnage complexe qu’elle incarne. Dans le premier acte, on la découvre en train de jouer, et de se jouer, de sa Nourrice, interprétée par l’excellente Polina Rassadina, sous les traits non d’une créature naïve et gentillette, dans un style "poupée Barbie" empreinte de fausseté, mais plutôt d’une enfant gâtée et insouciante, dont le cabotinage autoritaire a bien quelque chose d’exaspérant. La métamorphose de Juliette en héroïne de la passion amoureuse est sensible dès la rencontre brutale avec Roméo lors du Bal chez les Capulet. Cette scène, nœud du drame, manque toutefois d’une certaine ampleur, les accents dramatiques portés tout à la fois par la musique et l’intrigue peinent à émerger avec force de la chorégraphie. Le fameux Pas de deux du Balcon (point de balcon ici, mais c’est somme toute secondaire) qui lui succède et conclut l’acte I est en revanche un moment d’exception, magnifiquement rendu par les interprètes, fougueux, pleins de flamme et d’abandon, tout à leur bonheur, un rien adolescent, jusque dans certaines petites maladresses qui émaillent le duo. Irina Golub se révèle particulièrement impressionnante dans l’acte III, où sa transformation est cette fois totale : plus aucune trace de l’enfant joyeuse qu’elle était au début, elle est à présent une femme en proie aux affres de la passion. La scène, remarquable d’intensité, où elle renonce en présence de ses parents à Paris, le fiancé promis, interprété de manière très juste par Sergeï Salikov, nous la montre face à son obsession amoureuse, à la fois dominée, souffrante et déterminée dans une rébellion qui la conduira inexorablement à la mort. Le personnage conserve sa part d’ambiguïté, il est un mélange de force et de faiblesse, de maturité et d’esprit rebelle adolescent, jamais il ne cède à ce sentimentalisme facile et ravi qui guette parfois. Igor Kolb se révèle quant à lui un Roméo absolument merveilleux, dès son apparition initiale, à l’aube, sur la place de Vérone, dans la posture du grand Mélancolique. Il se montre là au meilleur de sa forme, offrant, en plus de ses remarquables qualités de partenariat, une danse de rêve, à la fois ample, puissante et lyrique, et une présence saisissante. A l’enthousiasme juvénile du premier duo amoureux avec Juliette répond l'éloquence bouleversante du désespoir qu'il exprime lors de la scène du suicide, qui se tient ici dans un cimetière.

En marge de la peinture des deux héros, la chorégraphie de Lavrovsky ne permet pas toujours un véritable développement des caractères secondaires, du moins à première vue. L’esthétique du tableau qui préside à la construction du ballet semble ainsi les enserrer dans quelques scènes emblématiques, de manière peut-être un peu caricaturale, notamment pour ce qui est du frère de Juliette, Tybalt, interprété par Dmitri Pykhachev, qui se présente ici comme un personnage trivial, presque burlesque (du fait de son costume insolite ?), plutôt que noble et tragique. L’opposition avec Mercutio, qui trouve un interprète excellent en la personne d’Alexandre Sergeev, virtuose plein d’esprit et de verve aristocratique, apparaît de fait davantage sociale que psychologique. La longue scène de la double mort de Mercutio et de Tybalt, encadrée par des mouvements de foule habilement rythmés et chorégraphiés, se conclut ici non sur l’arrivée de Juliette, mais sur les lamentations de Lady Capulet, entourée de son clan, sur le corps du fils assassiné : un moment d’une intensité dramatique exceptionnelle, qui renoue le lien oublié entre le drame élisabéthain et la tragédie antique et dans lequel Elena Bazhenova, Lady Capulet de génie, se révèle en tous points admirable. On reconnaît d’évidence dans cette conclusion les procédés cathartiques dont s’inspirera bien plus tard Grigorovitch pour l'épilogue fameux de son Spartacus. Une scène implacable, proprement inoubliable, comme l’est, en écho et en contrepoint, le puissant dénouement offert par le ballet de Lavrovsky. Si le terrible appel à la vengeance, théâtralisé à l’extrême, auquel donne lieu la mort de Tybalt, a comme une résonance antique et païenne, la mort de Juliette et de Roméo ouvre à l’inverse sur un dénouement sinon chrétien, du moins christique et tenant presque de l’acte sacramentel : une lente procession ecclésiastique s’avance par degrés auprès de la tombe de Juliette, surélevée à la manière d’un autel où se pratiquerait quelque rituel sacrificiel, et ouvre sur le pardon final réunissant dans une même communion les Capulet et les Montaigu, enfin réconciliés autour des corps de leurs enfants sacrifiés.

* The Financial Times, "The spirit of another era", 5 août 2009 : http://www.ft.com/cms/s/0/a10a7cba-8157-11de-92e7-00144feabdc0.html



Irina Golub (Juliette) et Igor Kolb (Roméo)


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