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NEOPHYTE
Inscrit le: 25 Sep 2011 Messages: 522 Localisation: PARIS
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Posté le: Ven Juin 22, 2012 4:37 pm Sujet du message: |
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| cymbales a écrit: |
| NEOPHYTE a écrit: |
La soirée se termine sur Company B et j'adore décidément les choix musicaux de Paul Taylor : il utilise des chansons connues qui évoquent une Amérique joyeuse d'après-guerre avec certains passages dignes des cartoons américains! |
Sauf que Company B est tout sauf un ballet joyeux et que l'Amérique évoquée n'est pas d'"après"-guerre. The best years of our lives, only aren't they oh so tragic ?
À part ça, effectivement une excellente soirée avec une compagnie qui respire la joie de danser, qui valait chaque cent des 45€ déboursés. |
Je n'ai effectivement pas vu le second degré!
J'associe tellement les chansons des Andrews Sisters à une façon de vivre joyeuse et sans arrière-pensée qu'il aurait fallu au moins glisser un petit requiem pour que je m'interroge.
Par contre, en lisant le post de Haydn, je me suis dis que si en 1945 la France avait fêté l'arrivée des Américains et la Libération en dansant sur ces joyeuses chansons américaines, on pouvait se demander si les Irakiens garderaient un aussi bon souvenir de nos libérateurs.
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sophia
Inscrit le: 03 Jan 2004 Messages: 10653
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Posté le: Sam Juin 23, 2012 2:49 pm Sujet du message: |
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Les Etés de la danse
Paul Taylor Dance Company
Soirée d'ouverture : Cloven Kingdom / Beloved Renegade / Esplanade
Paris, Théâtre de Chaillot
19 juin 2012
Les Etés de la danse aiment bien l'Amérique. Le San Francisco Ballet avait ouvert en 2005 le premier bal des Etés aux Archives, et depuis lors, plusieurs compagnies américaines ont eu les honneurs de la programmation, souvent pour le meilleur - on n'a pas oublié le Miami City Ballet d'Edward Villella, qui avait enchanté l'an dernier notre pluvieux été français. Cette huitième édition est toutefois prétexte à un changement de style et de répertoire, avec la compagnie d'Alvin Ailey, en villégiature parisienne pour la troisième fois, et la Paul Taylor Dance Company, nettement plus rare pour le coup – elle n'était pas venue à Paris depuis douze ans.
Paul Taylor, pour nous Européens, c'est surtout un nom, celui d'un jalon important de l'histoire de la « modern dance » américaine, au même titre que Merce Cunningham ou Twyla Tharp. Le fait, collecté dans les livres, aurait pourtant tendance à nous faire oublier que Paul Taylor, c'est aussi une compagnie de danse qui vit, qui crée et qui ne se contente pas d'être le musée d'une poignée d'oeuvres emblématiques, relevant d'un passé déjà lointain. L'affiche de ce festival en témoigne superbement, en proposant chaque soir au public un programme unique, composé de trois ou quatre ballets, appartenant à différentes périodes, des années 60 jusqu'à nos jours.
Cette première soirée s'ouvrait sur Cloven Kingdom, pièce de 1976. Des femmes en élégantes robes longues, des hommes en frac dansent au son de Corelli – ambiance lisse et colorée de bal de promotion. On pense d'emblée à un Balanchine version « modern dance », exécuté pieds nus et en-dedans. Des bruitages incongrus viennent subitement semer le désordre, se mêler aux harmonies corelliennes, avant de s'en détacher complètement. En même temps que la musique se dérègle, le mouvement des danseurs se fait plus plus sauvage, plus convulsif. Le ballet prend une teinte surréaliste, loufoque plutôt que vraiment inquiétante. Les hommes sautent de manière frénétique - voire un peu simiesque - ou se promènent à quatre pattes, tandis que les femmes entrent et sortent avec de drôles de casseroles sur la tête. Spinoza à l'appui, Cloven Kingdom parle de l'animalité en l'homme, dissimulée sous le vernis délicat de la civilisation. L'argument n'est pas particulièrement original en cette fin de XXe siècle, mais il est traité ici avec un humour grinçant qui lui évite de sombrer dans le moralisme. On peut d'ailleurs choisir d'oublier le sous-texte et de ne voir dans cette pièce que de la danse pure - comme un exposé de présentation du style Taylor. Cloven Kingdom donne notamment à voir un très impressionnant quatuor de danseurs, formé de Michael Trusnovec – un peu la star de la compagnie -, Robert Kleinendorst, Francisco Graciano et Michael Novak. On y découvre en même temps la danse très physique et très énergique du chorégraphe – de la vitesse, des sauts en veux-tu en voilà, des figures presque acrobatiques, une occupation intense de la scène par les danseurs, et ces fameux bras en V, paumes ouvertes généreusement vers le monde, qui sont comme sa signature récurrente.
Beloved Renegade, créé en 2008, inédit à Paris, serait plutôt du genre élégiaque. Des trois pièces du programme, c'est de loin la plus récente, mais ce n'est franchement ni la plus novatrice ni la plus palpitante. Le ballet se présente comme un hommage direct au poète Walt Whitman, dont un verset tiré des Leaves of grass (Feuilles d'automne) illustre chacun des six tableaux qui le composent. Là encore, l'oeuvre peut s'apprécier indépendamment de cette référence profondément américaine - elle résonne bien au-delà de la personne du dédicataire. Le Gloria de Francis Poulenc choisi par Taylor, et précédemment utilisé par MacMillan pour son ballet éponyme, fait partie de ces musiques dites « à risques » - musique religieuse à forte tendance sentimentale -, a priori peu faites pour rassurer le spectateur de ballet. On peine du reste à percevoir le lien entre la poésie panthéiste de Whitman et les paroles du Gloria. Le chorégraphe s'en sort pourtant bien, sans trop en rajouter dans le pathos porté par le thème initial. Les costumes et les lumières, d'une élégante sobriété, y contribuent, au même titre que la musicalité subtile de l'ensemble – une autre caractéristique du chorégraphe, qui saute, là comme ailleurs, aux yeux et aux oreilles. Au final, on se dit pourtant que Taylor semble mieux pratiquer l'humour que la gravité. Plus que le ballet, ce sont donc surtout les interprètes qui retiennent l'attention, à commencer, dans le rôle du Poète, par Michael Trusnovec, danseur sculptural d'une intensité et d'un charisme hypnotisants, et ses acolytes du cinquième tableau, Laura Halzack at Amy Young.
Esplanade, la pièce la plus ancienne - 1975 – domine largement cette soirée d'ouverture. Question émotion, elle fait même largement oublier les deux précédentes, quelles que soient leurs qualités respectives. Le ballet, chorégraphié sur deux concertos pour violon de Bach (très balanchinien aussi, tout ça...), part d'un argument tiré de la vie quotidienne : une jeune fille essaye d'attraper son bus. Il est dès lors prétexte à une série de variations, époustouflantes de virtuosité, et en même temps dépourvues du moindre effet, explorant les gestes les plus naturels à l'homme : marcher, courir, sauter, tourner, tomber. C'est un peu « le parti-pris des choses » élevé au rang d'art chorégraphique, bien avant de sombrer dans le cliché qu'il est aujourd'hui. Le final est explosif, résolument libérateur, et donne envie de partager sur scène l'allégresse un brin surjoué des danseurs. Esplanade a une héroïne, elle s'appelle Michelle Fleet et elle est tout à fait exemplaire du style et de l'allure des danseurs de Paul Taylor : physique ramassé et compact, athlétique et dynamique, statuesque et hyper-mobile. Esplanade n'en est pas moins, avant tout, un ballet de groupe, qui donne à admirer toute l'unité de la troupe, optimiste, énergique et solaire - américaine en un mot.
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cymbales
Inscrit le: 06 Nov 2011 Messages: 217
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Posté le: Dim Juin 24, 2012 12:17 am Sujet du message: |
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| haydn a écrit: |
En fait, c'est un peu plus compliqué que cela. Paul Taylor ne s'est jamais expliqué vraiment clairement sur le sens à donner à Company B, craignant probablement d'être taxé "d'anti-patriotisme" par la droite américaine ; lorsque le ballet a été créé, en 1991, les USA, alors dirigés par George Bush père, venaient de s'engager dans la 1ère Guerre du Golfe, et il ne faisait pas bon se montrer trop critique envers les idées martiales qui prévalaient.
Company B, qui montre des GI's heureux de lutiner des jolies filles dans une ambiance très "radio days", est en fait une sorte d'oeuvre "à clé", et ce qu'il faut en comprendre, c'est que la guerre, justement, ce n'est pas ça... |
C'est le propre des grandes œuvres que de n'être pas réductibles à une seule interprétation et de permettre au spectateur d'y projeter son expérience propre en retour.
Ou, pour citer Mr Crisp
| Citation: |
Taylor's dance works are, in his own felicitous phrase, "Food for the eyes." They are about dancing, but in that dancing we discern multiple layers of behaviour, of meaning, of ways of making comments or delineating action. (In Company B, the Andrews Sisters' songs are perkily or sentimentally there; behind them Taylor discerns their period quality, their wartime resonance, and what war might mean to the men and women who heard them when they were new. We time travel as we watch, know sorrow as well as brighter feelings, and suddenly feel the terrible chill of bereavement.)
Paul Taylor speaks to us in his dances about ourselves. He makes jokes, he mocks, he despairs, he is compassionate, he produces throwaway lines and makes indictments. Supremely, he tells us about dancing. About what dancing can do as just dancing, about what dancing reveals of the human condition, and about what the human condition is, and might be (ideally or tragically.) His messages are dances (and his dances are sometimes messages - but not always), and we see and understand, or see and laugh and over look, and need to respond to his every comment. He speaks about himself, as an artist who must make movement because he cannot do otherwise. He looks. He sees - and how he sees ! And how clearly he sees ! He listens and fleshes out music for us. It is something about his very Americanness that seems to me to be so typical, beneficent, aware. In the extraordinary half-century since he started to dance and make dances - think of the political and international and social changes during those fifty years, and marvel at what we have lived through - Taylor choreography has been engaged. Our world is the world of his dances - not on always very obvious terms, and without tub-thumping or carrier-pigeon message deliveries, but through awareness and spiritual grace and compassion. His work has been a light in the world. His dances have fed our eyes in the most generous, grandest fashion. |
[Ceci est extrait d'un texte écrit en 2004 par Clement Crisp pour le programme du cinquantième anniversaire de la Paul Taylor Dance Company, inclus dans Reading dance, l'anthologie compilée par Robert Gottlieb. On peut y lire également quelques pages très intéressantes de l'autobiographie de Taylor, Private domain, sur la création d'Aureole en 1962]
Pour ma part, je rejoins totalement Mr Crisp - it was love at first sight.
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NEOPHYTE
Inscrit le: 25 Sep 2011 Messages: 522 Localisation: PARIS
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Posté le: Dim Juin 24, 2012 3:18 pm Sujet du message: |
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Je n'ai pas résisté à l'envie de revoir "Company B" et j'ai assisté à la représentation du samedi 23 juin 15H30.
"Brandenburgs", qui utilise les très beaux concertos de Bach, est dans le même style que "Auréole" et "Roses", et c'est très beau.
Ensuite," The Uncommitted" est dansé sur une musique que je n'aime pas beaucoup, dans un style peu joyeux, en fait j'ai décroché et me suis un peu ennuyée, rien de bien grave...
Je continue à trouver "Company B" très joyeux et entrainant.
Dans le programme, Paul Taylor est cité : "Quand j'ai le cafard, je me passe les Andrews Sisters."
La Paul Taylor Company a des danseurs formidables, avec en particulier Eran Bugge, qui est géniale dans" Rhum and Coca-Cola", elle a un petit coté Betty Boop et semble sortir d'un cartoon!
Et chez les garçons, j'ai adoré Francisco Graciano.
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NEOPHYTE
Inscrit le: 25 Sep 2011 Messages: 522 Localisation: PARIS
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Posté le: Dim Juin 24, 2012 3:40 pm Sujet du message: |
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Il y a sur Youtube des vidéos d'époque des "Andrews Sisters" où le dress code est clairement militaire.
un de leurs titres "Boogie Woogie Bugle Boy of Compagny B" est chanté au milieux de militaires.
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cymbales
Inscrit le: 06 Nov 2011 Messages: 217
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Posté le: Lun Juin 25, 2012 12:28 am Sujet du message: |
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Mon enthousiasme après les soirées de jeudi et vendredi m'a poussé à revenir à Chaillot pour les deux matinées de ce week-end - choix heureux
Il reste trois répresentations d'ici jeudi : courrez-y, en plus d'Aureole, Company B et Esplanade, Mercuric Tidings et Brandenburgs sont à ne pas manquer. Les deux ballets sont dans le droit fil d'Aureole : musique classique, non destinée à la danse (Schubert et Bach), et vocabulaire chorégraphique simple qui donnent naissance à une danse joyeuse à l'éxuberance explosive, servie par ces danseurs athlétiques et virtuoses, c'est un régal.
J'ai pris Brandenburgs, avec son "corps de ballet" masculin et ses trois danseuses solistes entourant un dernier danseur comme une vaste blague et hommage à Balanchine, d'abord Émeraudes (ce qui est souligné par les costumes) puis Apollon, et certainement d'autres ballets que mon ignorance crasse m'a empêché de reconnaître, mais même sans avoir les références tout cela est éclatant et réjouissant.
L'Apollon en question est incarné par Michael Trusnovec, rôle plus qu'approprié pour ce danseur à la présence magnétique dont le moindre mouvement sculpte l'air, et qui est entré dans mon Panthéon personnel. Son solo lent dans Aureole cet après-midi était exceptionnel, et de mon deuxième rang je n'ai pas pu manquer ses petits sourires en coin pendant Mercuric Tidings, comme pour signifier à quel point c'est facile.
Pour finir, quelques extraits de l'autobiographie de Taylor sur la création d'Aureole :
| Citation: |
At this time - '62 - modern dance is still keeping its distance from lyricism, "pure" or unexpressionnistic kinds of dance, and reassuringly melodic music. There are a few exceptions [...] But most modern choreographers are still oriented to asymmetrical angularities and use music such as Bartók or Wallingford Riegger - modern, but not too modern. Aureole has been commissionned by the American Dance Festival, where anything old is out. Unable to resist quirkiness, and always eager to ignore trends, I've accepted Haendel, hoping to rankle anyone at the festival who thinks modern dance has to limit itself to modern music and weighty meanings. Am also hoping that a change of diet will be good for both audience and myself.
In another way, the dance is an attempt to get what I've learned in Louis Horst's classes out of my system. As Louis would have wanted, the dance's steps have been limited to a few basic seed steps - themes to vary in speed, direction, sequential order, and any other way that might make them seem less redundant. My favorite step in Aureole - a certain run with flyaway arms - is a direct and intentional steal from Martha's Canticles for Innocent Comedians. It may be a little off, but it's the closest I could come.
Something about simplicity has been on my mind. No puzzlements for folks to ponder, no stiff-necked pretensions from classic ballet, or even any of its steps. Just old-fashioned lyricism and white costumes.
[...]
The dance's many entrances and exits are an attempt to give an illusion of a larger cast than five and to open up the stage space so that the dance will seem to be happening in a larger one than is bounded by the proscenium. The best parts of Aureole, to be seen only backstage, are the dancers' hurtling races through the dark crossover in order to make their next entrances on the opposite end of the stage. There are likely to be graceless collisions with unwary stagehands, the dancers' onstage expressions changing into ones of something less than angelic serenity.
[...]
The solo for me isn't set until the rest of Aureole is finished. This is due to procastination pure and simple. [...] The main difficulty lies in keeping the flow going by passing through, rather than hesitating in, each position. It's been irksome to see other dancers lock themselves in to positions as if to say, "Get this, everybody, I'm perfect - think I'll hold this pretty arabesque awhile longer in case your slow eyes don't notice." Through I'm able to get the hang of it, the matter of flow, as well as other things particular to the way I move, may become a problem of the role is ever taught to someone else.
The solo, done almost entirely on the left foot, is also unusual in that it's an adagio. Usually, in classic ballet anyway, adagios are danced by women. Though I haven't intended to get too involved with meaning, the Haendel has a hymnlike sound, and, to amuse myself more than for any other reason, I've made the part as if it's to be performed by some kind of earth father who goes around blessing things. Doesn't travel much, but indicates expanding space with développés of arms and legs toward the four cardinal points. If done in a gestural way, these slow-motion semaphores may give the effect of being in an open plain which extends beyond the theater and out into the stratosphere. I have myself a pretty big image - Father Nature, religion, and the cosmos. The balances are deceptively simple - the solo's hardest part is the entrance in silence. It's a simple walk from the wings to stage center which has to be unselfconscious, friendly, and seem inevitably right. No matter how often I've practiced it, this easy walk scares me to death. It's going to strip me of dance steps to hide behind and leave me stark naked.
[...]
What happened, and how Aureole felt to perform, are things that are nearly impossible for me to describe. To pare it down to basics: the curtains lifts, we depart from this world, find a more vivid place, and then the curtain closes.
Toweling of quickly, reveling in relief for being not too tired to still walk, the dancers and I grope for each other's hands and force our leaden feet to scamper back onstage for a speedy bow before the audience gets a chance to escape. I'm making an effort not to look overly humble when a tidal wave crashes into us. They liked it; we like them - in that order.
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Bref, une superbe découverte pour moi, qui me fait vraiment regretter de voir la grande salle de Chaillot à moitié vide pour cette belle compagnie, ainsi que d'entendre certains spectateurs déplorer le manque de technique des danseurs comparé à ceux de l'Opéra.
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haydn Site Admin
Inscrit le: 28 Déc 2003 Messages: 16982
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Posté le: Mar Juin 26, 2012 10:54 am Sujet du message: |
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La Paul Taylor Dance Company vue par Le Monde :
Paul Taylor culbute gaillardement le Théâtre de Chaillot, par Rosita Boisseau (Le Monde)
| Citation: |
| Douze ans que la compagnie n'avait pas pointé son museau malicieux sur les scènes parisiennes ! A l'affiche du festival Les Etés de la danse, au Théâtre national de Chaillot, rien de moins que treize pièces en alternance sur dix représentations vont faire tourner la roue d'un pan de la "modern dance" américaine trop peu vu et connu. Et c'est une excellente chose, tant l'inspiration de Taylor recèle de surprises et d'incongruités, preuves d'un esprit libre et sans complexe. |
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cymbales
Inscrit le: 06 Nov 2011 Messages: 217
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Posté le: Mer Juin 27, 2012 4:00 pm Sujet du message: |
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D'autres critiques (en anglais cette fois) :
Jane Simpson sur Dance Tabs
et
Clement Crisp pour le FT
Je dois dire qu'hier j'ai encore plus apprécié Brandenburgs que samedi - notamment le passage en mode "derviches tourneurs" jubilatoire.
Les voir une seconde fois m'a permis de plus apprécier The Uncommitted et Beloved Renegade, même si je trouve qu'y manque l'humour et l'esprit qui me font aimer les autres ballets vus. Il faut dire également que mes oreilles ont du mal avec les choix musicaux de ces deux ballets.
De plus, je pense qu'il n'était pas très judicieux de programmer ces deux pièces aux tonalités sombres et très proches dans la même soirée, c'était sans doute quelque peu redondant.
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NEOPHYTE
Inscrit le: 25 Sep 2011 Messages: 522 Localisation: PARIS
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Posté le: Ven Juin 29, 2012 9:48 pm Sujet du message: |
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La Paul Taylor Dance Company a dansé une dernière fois au Théâtre de Chaillot jeudi 28 juin et c'était toujours aussi beau!
"Mercuric Tidings" est dans le même style que "Roses", "Aureole" et "Brandenburgs".
Paul Taylor utilise la musique de Schubert (extraits des symphonies n° 1 et 2) et sa chorégraphie est à la fois très belle et d'une grande musicalité.
"Gossamer Gallants" est une oeuvre sympathique et enfantine et de façon incroyable la musique de Smetana semble avoir été composée spécifiquement pour ce ballet alors que cela n'est pas le cas.
La soirée s'est terminée par "Esplanade" avec la musique de J.S Bach (concerto pour violon en mi majeur, double concerto pour deux violons en ré mineur - largo et allegro).
La chorégraphie de Paul Taylor est vraiment musicale, elle rend visuelle la musique de Bach.
La Paul Taylor Dance Company danse avec brio et comme il faut être sportif et synchronisé pour interpréter ces ballets, je me demande si le Bolchoi a déjà dansé du Paul Taylor, cela leur irait comme un gant à mon avis...
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haydn Site Admin
Inscrit le: 28 Déc 2003 Messages: 16982
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Posté le: Ven Juin 29, 2012 10:22 pm Sujet du message: |
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| Je n'ai pas l'impression que le Bolchoï ait jamais eu du Paul Taylor à son répertoire... Quant à savoir si ça leur irait... c'est quand même très américain. Il est vrai que l'Opéra de Paris a mis avec succès le Sacre du Printemps à son répertoire, alors pourquoi pas les Russes. Mais dans des pièces du genre de Company B., je les imagine difficilement. |
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NEOPHYTE
Inscrit le: 25 Sep 2011 Messages: 522 Localisation: PARIS
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Posté le: Ven Juin 29, 2012 10:54 pm Sujet du message: |
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Je pensais surtout à "Aureole","Roses","Brandenburgs" et "Mercuric Tidings" qui utilisent de belles musiques classiques et se dansent sur un rythme très rapide et demandent beaucoup de synchronisation.
Dans "Flammes de Paris" de Ratmansky, il y a un pas de quatre des jardiniers qui était dans un style ressemblant à celui de Paul Taylor.
Je trouve que le Bolchoi est parfait lorsqu'il faut danser de façon énergique et synchronisée...
Par contre, c'est vrai que "Company B" par le Bolchoi, ce serait de l'humour au second degré ; les Soviétiques ont récupéré des bobines de films américains comme prise de guerre et les Russes ont découvert Tarzan mais je ne sais pas s'ils ont aussi découvert les "Andrews Sisters"... mais il n'est pas trop tard.
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sophia
Inscrit le: 03 Jan 2004 Messages: 10653
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Posté le: Lun Juil 02, 2012 7:26 pm Sujet du message: |
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En attendant de découvrir Alvin Ailey au Châtelet dans quelques jours, on se rafraîchit la mémoire avec Paul Taylor à Chaillot. Désolée du retard.
Les Etés de la danse
Paul Taylor Dance Company
Aureole / Big Bertha / Roses / Company B
Paris, Théâtre de Chaillot
21 juin 2012
Retour sur une soirée parfaite (rien de moins)
Composer une soirée est toujours un art délicat. Pour la venue de la Paul Taylor Dance Company à Chaillot, le défi de l'arrangement était de taille, les Etés de la danse ayant souhaité proposer chaque soir au public un programme différent – treize ballets au total, répartis sur dix représentations. Après une première agréable, mais d'un intérêt sans doute un peu inégal, la troisième soirée nous offre le cocktail parfait : quatre ballets aussi différents que possible, mais chacun enthousiasmant à sa manière. Toutes les couleurs et toutes les tonalités semblent tour à tour - et parfois simultanément - s'y croiser, entre lyrisme et cruauté, sérénité et gravité.
Aureole est le Taylor historique du programme, une pièce créée en 1962, qui fêtera en août ses cinquante ans. Foin de la date-anniversaire - accidentelle -, Aureole est surtout d'une fraîcheur insolente – un concentré d'harmonie échappé à ce monde de brutes. Cinq danseurs vêtus de blanc se croisent au fil des cinq tableaux qui le composent, chorégraphiés sur diverses pièces de Haendel. Comme dans Esplanade, la danse paraît être un prolongement idéal et joyeux de ces fondamentaux que sont la marche, la course ou le saut. Chaque élément, sonore ou visuel - le choix musical, l'arrière-plan bleuté ou les costumes immaculés –, contribue ainsi à façonner une oeuvre lumineuse et sereine, résolument apollinienne. On pense d'ailleurs souvent à Balanchine, à quelque Concerto Barocco ou Square Dance revisité à la sauce de la « modern dance » - une danse plus ramassée, plus terrienne, plus « spontanée » que l'académique, mais non moins virtuose. Entouré de ses quatre muses, Michael Trusnovec, avec ses allures de statue grecque, apparaît comme le héros naturel de cette pièce, toute de pureté et de plénitude radieuse. Face à ce danseur altier – un visage de la beauté -, on aura aussi apprécié le contrepoint « latin » - volontaire? - apporté par le brun et bouillant Francisco Graciano – un autre de ses possibles.
Après l'envolée céleste, Big Bertha signe, avec un rire grinçant, le retour brutal au réel. Une famille d'Américains typiques – papa, maman et leur fifille -, vient s'étourdir dans une fête foraine, rythmée par les sonorités d'un orgue de Barbarie. Avec leur look caricaturalement sixties, ils ont l'air de sortir tout droit d'un épisode de la série Happy Days. Ils sont à ce titre excellemment interprétés par Sean Mahoney, Laura Halzack et Eran Bugge, preuve que la Paul Taylor Dance Company n'est pas qu'une troupe de purs danseurs. La banalité n'est évidemment ici que de façade, une entrée en matière nécessaire pour mettre en scène le désordre et le chaos. Dans l'ombre de ce bonheur moyen guette une poupée-automate géante, incarnée par l'inquiétant Robert Kleinendorst, en réalité plus proche de la drag-queen que de la gentille attraction foraine. La danse des jours heureux se transforme alors en danse macabre et la comédie musicale en film gore. Le père viole sa fille, tandis que la mère se livre sans frein à des attouchements solitaires. Si Big Bertha n'était américaine, on dirait qu'elle ressemble à un fantasme célinien : dans toute fête se cache le visage de la mort. Créée en 1970, Big Bertha consacre-t-elle, après la plénitude d'Aureole, la fin du rêve américain? Elle en expose en tout cas une facette moins lisse, où les pulsions les plus primitives s'en donnent littéralement à coeur joie. Cloven Kingdom avait déjà montré par l'humour le barbare pointant sous le civilisé, Big Bertha nous refait la démonstration en version expressionniste. Cette fois, on n'échappera pas à la morale, particulièrement sombre, de l'histoire.
Dans cette soirée très dense, Roses pourrait presque passer inaperçu. Son lyrisme est sans doute chose plus convenue dans l'univers chorégraphique, mais ce lyrisme n'en est pas moins hissé ici à son sommet. Après le kitsch noir de Big Bertha, cette pause pleine de douceur et de quiétude, orchestrée sur le Siegfried-Idyll de Wagner et l'Adagio pour clarinettes et cordes d'Heinrich Baermann, est donc la bienvenue. Rien d'original en soi : six couples nous dansent l'air bien connu de l'amour, entre union et désunion. Le sixième couple, tout vêtu de blanc, formé de l'indispensable Michael Trusnovec et de la lumineuse Eran Bugge, en propose in fine comme une version sublimée – une « mort des amants » idéale. Malgré des éléments parfois un peu acrobatiques et des sauts toujours bien présents, c'est l'épure et la sobriété du geste qui dominent la pièce. Quant au titre, si l'on n'est pas sûr d'en comprendre tout à fait le sens, on se dit pourtant qu'il va bien à cet ensemble aux tons cendrés, aussi poétique qu'élégant. De ce point de vue, on ne remerciera jamais assez Jennifer Tipton, la préposée aux lumières de Paul Taylor.
Si tout doit finir par des chansons, alors Company B a sa place toute trouvée en conclusion de programme. Dans Company B, Taylor nous ressort quelques vieux tubes des Andrews Sisters, revendiqués comme antidote à la morosité, pour une joyeuse et très swingante série de variations autour du thème de la guerre en chantant. Souriante et nostalgique, légère et grave, virtuose et jazzy, Company B est l'oeuvre consensuelle par excellence, une oeuvre apte à plaire tous les publics, que peuvent s'approprier aussi bien les compagnies de répertoire que les grandes compagnies classiques. La Paul Taylor Dance Company lui apporte sa puissance athlétique et sa formidable énergie, en même temps que la diversité de ses visages et de ses corps – de la petite blonde délurée et increvable (Eran Bugge sur « Rhum and Coca-Cola ») au séduisant géant à lunettes (James Samson sur « Oh Johnny, Oh Johnny, Oh! ») – autant de visages typés d'une Amérique éternelle.
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tuano
Inscrit le: 27 Mar 2008 Messages: 303 Localisation: Paris
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Posté le: Mar Juil 03, 2012 12:38 am Sujet du message: |
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Les Etés de la danse
Alvin Ailey Dance Theater
Home / Episodes / Minus 16
Paris, Théâtre du Châtelet
2 juillet 2012
De retour du Châtelet, j'ai pu apprécier les deux premières parties, Home et Episodes.
Home de Rennie Harris se présente comme une danse de rue ou de discothèque, avec des danseurs habillés comme dans la vie de tous les jours, avec un langage proche du hip hop mais peu spectaculaire et certainement pas académique.
Episodes d'Ulysses Dove met en scène de courtes scènes assez ambivalentes entre des partenaires qui semblent avoir envie de danser ensemble mais qui s'affrontent avec violence.
Pour Minus 16 de Ohad Naharin, le spectacle commence dès l'entracte, il faut donc revenir à sa place bien avant la sonnerie.
J'ai pris un très grand plaisir à danser avec Sarah Daley dans Minus 16, cela restera pour moi comme un très grand moment et bien sûr ma soirée au Châtelet la plus mémorable.
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sophia
Inscrit le: 03 Jan 2004 Messages: 10653
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Posté le: Mer Juil 04, 2012 8:05 pm Sujet du message: |
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Alvin Ailey Dance Theater
Rencontre-spectacle du 4 juillet
En marge de la programmation principale, les Etés de la danse proposent au public, durant tout le mois de la tournée, quatre rencontres-spectacles avec la Compagnie Alvin Ailey. Ces rencontres viennent en réalité se substituer aux cours publics des éditions précédentes. L'initiative n'en est pas moins intéressante, car si l'on a beaucoup déploré le tarif (unique) bien trop élevé des places à Chaillot (au Châtelet, les tarifs restent plus ou moins calqués sur la grille de la saison - c'est moins douloureux!), on a droit ici, pour seulement 10€, à un vrai spectacle, et non à une simple répétition, le tout agrémenté d'un peu de pédagogie, puisque c'est le jeune public qui est visé en priorité. Il se trouve que je n'ai pas encore vu la Compagnie Alvin Ailey à l'oeuvre (encore quelques jours à patienter pour retrouver... Paul Taylor!), la séance de cet après-midi était donc ma première rencontre avec la troupe et son répertoire.
Un petit mot sur le public (dont le rôle est toujours important dans les spectacles d'Alvin Ailey) de ces rencontres : mercredi 14h, parterre de scolaires venus en masse donc, atmosphère survoltée, voire un peu hystérique, applaudissements intempestifs, questions "mignonnes", etc..., avis aux amateurs.
La séance du jour était présentée par Yannick Lebrun, seul danseur français de la troupe, originaire de Guyane. Ambiance américaine de rigueur néanmoins, le discours est un peu surjoué, toujours très lisse, entre adresses au public (alors, ça vaaaaa?...) et formules marketing ("la magie Alvin Ailey" ou ce genre de choses...). Pour le reste, le sympathique Yannick a rappelé en introduction l'origine de la compagnie, passant notamment en revue ses directeurs successifs (Alvin Ailey, Judith Jamison et à présent Robert Battle), avant d'en venir brièvement aux trois ballets du jour : Streams (1970), Takademe (1999), Love Stories (2004). De retour à l'issue du spectacle, il a répondu à quelques questions de spectateurs. Les danseurs participant à la dernière pièce ont également pu rapidement se présenter (et croyez-le ou pas, ils ont un Michael Jackson Jr!).
Quelques impressions rapides :
Streams, créé en 1970, est "un des rares ballets sans argument d'Alvin Ailey" (dixit le programme). Cette pièce dure vingt-quatre minutes sur le papier, mais à moi elle a paru durer quelque chose comme une éternité. Disons que la chorégraphie, dans une veine très "modern dance", si elle laisse voir toutes les capacités techniques de la troupe, fait assez datée. Je n'aime pas émettre des avis marqués sur des danseurs d'une troupe que je vois pour la première fois, mais je n'ai pas retrouvé cette dimension véritablement interprétative que j'avais tant appréciée chez les danseurs de Paul Taylor, y compris dans les pièces les plus abstraites - l'exécution était parfois un peu scolaire à mon goût. En revanche, ce Streams reste une belle réussite esthétique : académiques bleu ciel pour les filles, mettant en valeur des lignes déliées et puissantes, collant de même couleur pour les garçons, éclairages "zen" très sophistiqués.
Takademe est un court solo de trois minutes, chorégraphié en 1999 par Robert Battle. Un changement de distribution a été annoncé au début, je n'ai pas bien saisi, mais apparemment, Demetia Hopkins, qui était prévue sur cette pièce, a glissé sur Streams en remplacement de quelqu'un d'autre et a donc été remplacée sur le solo par, je présume (si je me fie au trombinoscope), Michael Francis McBride, le seul blanc de la troupe (en fait, Takademe est tantôt dansé par un garçon tantôt par une fille). La pièce se veut inspirée de la danse kathak, mais si on ne le sait pas, on ne s'en rend pas forcément compte. J'y vois plutôt une fusion de de hip-hop et de jazz, associés à une gestuelle robotique qui tente de répondre avec humour à la musique percussive et onomatopéique de Sheila Chandra. Voici là un solo à la concision et à la virtuosité diablement efficaces, évidemment ovationné par le public, mais qui me laisse personnellement insensible.
Love Stories, de 2004, est en quelque sorte une pièce à trois mains - ou à trois chorégraphes. Elle se déroule dans un hypothétique studio de danse et laisse ainsi voir l'éclectisme stylistique d'une troupe puisant ses influences aussi bien dans la tradition classique (au sens large) que dans la culture populaire. Le premier volet, chorégraphié par Judith Jamison sur une chanson de Stevie Wonder, semble tout droit sorti des années 80 : lyrisme un peu surfait, mis en scène au milieu de fumigènes de clip-vidéo, c'est un peu Fame ou Flashdance le retour (au secours!). Le second volet, signé Rennie Harris, lorgne cette fois clairement du côté du hip-hop. C'est sympathique, coloré et très vite oublié. Le troisième volet, chorégraphié par Robert Battle, est de loin le plus intéressant. Il m'a semblé ressusciter quelque chose du style exalté de Revelations, entre gospel, jazz et culture afro. Il révèle par ailleurs des danseurs enthousiasmants, pleins de feu et d'âme, si je puis dire. Si l'énergie est indubitablement collective, on y distingue tout de même le charme explosif de Belen Pereyra. Bref, j'avoue que c'est le seul et unique moment du spectacle qui m'a vraiment soulevée - et c'est quand même d'abord cet arrachement que l'on cherche quand on va voir Alvin Ailey.
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Il reste encore deux rencontres-spectacles :
Mercredi 11 juillet à 14h : Night Creature (17 min) Takademe (3 min) Love Stories (30 min)
Mercredi 18 juillet à 14h : The Hunt (13 min) Takademe (3 min) Revelations (38 min)
Dernière édition par sophia le Jeu Juil 05, 2012 8:08 pm; édité 5 fois |
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sophia
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Posté le: Mer Juil 04, 2012 9:46 pm Sujet du message: |
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| Un petit reportage sur BFMTV.
Dernière édition par sophia le Jeu Juil 05, 2012 9:20 am; édité 1 fois |
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