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Interview: Petrusjka Broholm, professeur au Ballet Royal

 
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haydn
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MessagePosté le: Mer Juin 08, 2005 3:24 pm    Sujet du message: Interview: Petrusjka Broholm, professeur au Ballet Royal Répondre en citant

Entretien avec Petrusjka Broholm, maître de ballet au Ballet Royal du Danemark



Entrée à l’âge de sept ans à l’école du Ballet Royal du Danemark, Petrusjka Broholm y fait toutes ses classes, avant d’intégrer la compagnie en 1984. Elle en deviendra ainsi soliste principale et dansera tous les grands rôles du répertoire bournonvillien et classique. Elle est depuis 2002 maître de ballet dans la compagnie royale du Danemark. Elle évoque au fil d’une agréable conversation les spécificités de l’enseignement de la danse au Danemark.


Il y a une dizaine d’années, alors que je faisais encore de la scène, j’ai commencé par dispenser aux danseurs, de manière informelle, un échauffement d’avant-spectacle. Ce goût pour l’enseignement s’est développé et j’ai commencé par enseigner à l’école du ballet aux 9-12 ans tout en restant danseuse. Puis, en raison d’une blessure persistante au pied gauche et d’un besoin de repos, je me suis définitivement tourné vers l’enseignement et j’ai été nommée officiellement professeur au Ballet en 2002.


L’enseignement de la danse au Ballet Royal du Danemark comporte une très forte base de Bournonville. En même temps, notre répertoire est composé de beaucoup d’autres styles -nous dansons par exemple des pièces de Martha Graham, Alvin Ailey, Balanchine, Forsythe, Neumeier, Peter Martins…- par conséquent, nous devons combiner l’apprentissage des différents styles de danse. Le ”cours Bournonville” est obligatoire deux fois par semaine, et ce, depuis l’école; les danseurs suivent aussi des cours de danse traditionnels comme dans n’importe quelle compagnie classique. L’apprentissage de la technique Bournonville commence ainsi dès le plus jeune âge avec la transmission de ses principes de danse: les bras bas et l’épaulement, en alternance avec des cours de danse ”normaux”.
Dans la tradition danoise marquée par l’influence de Bournonville, les pliés sont particulièrement importants pour exécuter les mouvements. Vous ne pouvez pas danser du Bournonville si vous n’avez pas ce fameux plié. C’est la base des sauts, des battus qui sont si nombreux chez Bournonville autant pour les garcons que pour les filles (ce qui n’est pas le cas des autres traditions classiques dans lesquelles les filles sautent beaucoup moins). Bournonville exige aussi beaucoup de contrôle et de force; de la souplesse, il en faut bien entendu, mais la force est plus importante encore. Une autre qualité fondamentale est la musicalité (Petrusjka ne manquera pas de nous dire que ce n’est pas, à l’inverse, la qualité principale des danseurs francais! n.d.l.r.): ici, tout le monde apprend la musique. Bournonville et la musique, c’est véritablement une union pour la vie! Quand on écoute la musique et que l’on voit les pas, il y a comme une évidence! Quant à ceux qui disent que Bournonville manque de lyrisme, je ne suis pas du tout d’accord avec eux: il y a différentes couleurs dans ses ballets, beaucoup de caractère (des danses espagnoles, italiennes…), c’est au contraire très poétique comme vision du monde…
Il faut reconnaître qu’il est très difficile pour les danseurs qui n’ont pas baigné depuis leur plus jeune âge dans la technique Bournonville de l’apprendre; néanmoins, beaucoup de danseurs étrangers (notamment des Américains) viennent au Danemark pour l’apprendre et s’en sortent très bien après s’être soumis à un entraînement intensif. Bournonville est aussi enseigné à l’étranger, notamment en Chine, à Pékin et au Japon, à Tokyo où les Danois se sont déjà rendus (d’ailleurs, la danseuse Yao Wei promue tout récemment soliste a été recrutée en Chine par Frank Andersen, n.d.l.r.). Nous avons aussi des échanges avec le Ballet National du Canada: des professeurs canadiens viennent au Danemark, et nous, nous nous rendons à Toronto.
Je voudrais terminer en insistant sur le fait qu’il est important que les enfants de l’école puissent monter sur scène dès leur plus jeune âge: les ballets de Bournonville permettent cela, en particulier dans Napoli, mais dans les autres ballets aussi. Il est très important qu’ils entendent la musique, qu’ils voient les pas exécutés sur scène par les danseurs, de sorte qu’ils en aient une image dans la tête. Cette expérience précoce de la scène fait vraiment partie de leur éducation. Les oeuvres de Bournonville ont une dimension très humaine, et il régne toujours sur la scène une remarquble ambiance familiale.



Entretien réalisé le 07 juin 2005

© Petrusjka Broholm – Dansomanie


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