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paco
Inscrit le: 28 Oct 2005 Messages: 1199
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sophia
Inscrit le: 03 Jan 2004 Messages: 10756
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Posté le: Jeu Sep 22, 2011 11:40 pm Sujet du message: |
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Très brièvement, avant un compte-rendu plus détaillé de cette première ce week-end.
Bien au-delà de la question des grèves, voilà une soirée que, personnellement, j'attendais avec une certaine impatience : deux grands noms de la chorégraphie d'hier et d'aujourd'hui, une thématique antique pour les réunir, une recréation et une création pour pimenter la chose. Au final, une soirée au goût de verre à moitié vide - ou à moitié plein.
Après avoir vu deux fois Phèdre, je serais assez radicale, je ne comprends pas vraiment ce qu'on peut en sauver : ça a la couleur des Ballets russes certes, mais sans un grand compositeur (la musique d'Auric, cauchemardesque) ni un grand décorateur (Cocteau, bien surestimé, mais ce n'est pas la première fois) pour en faire au moins un musée agréable à visiter plus d'un demi-siècle après sa création. Quant à la chorégraphie, bien pauvre, en forme de "poses à l'antique" déclinées pendant quarante minutes, on est frustrés tant du côté des solistes que du corps de ballet. Seul le personnage d'Oenone, excellemment interprété par Alice Renavand, parvient (un peu) à retenir l'attention. Lifar est-il injustement oublié par l'Opéra? Franchement, si j'avais adoré Les Mirages et son onirisme il a quelques années, à voir cette Phèdre, je me prends à en douter.
En revanche, Psyché est un enchantement musical et chorégraphique de bout en bout - tout le contraire de Phèdre et de sa théâtralité caricaturale. Ratmansky, on le sait, produit énormément, et ses créations en deux ou trois actes, ambitieuses et élégantes, laissent parfois comme un goût d'inachevé (récemment Anna Karénine et Illusions perdues, critiquées ici même), mais sur un ballet en un acte de cinquante minutes (que, pris dans son bavardage, il n'essaye pas d'étirer de force à 1h15, dans le style McGregor), rien à dire, c'est de la haute couture, une débauche d'idées et de raffinement, une vraie nourriture pour les solistes et le corps de ballet. Les décors pourront laisser certains sur le bord du chemin, on pourrait sans doute rêver mieux comme écrin, mais l'oeuvre est à prendre comme un tout, un conte merveilleux, non dépourvu de second degré et d'humour sous ses dehors parfois un peu kitsch (dommage que les danseurs ne se laissent pas plus aller, l'ensemble manque souvent de lyrisme aussi...). Je dois dire que j'attends avec impatience les autres distributions.
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frederic
Inscrit le: 23 Jan 2007 Messages: 436
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Posté le: Ven Sep 23, 2011 12:02 am Sujet du message: |
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Phèdre? Pourquoi? Son seul intérêt, c'est de témoigner de l'histoire du ballet de l'opéra de Paris mais pour le reste, quel pensum! Un sous ballet russe, emphatique et tellement daté. Les costumes de Cocteau sont presque tous grotesques et leur reconstitution totalement ratée. Marie Agnès Gillot surjoue le rôle sans en donner toutes les nuances. La musique est pauvrissime. Accueil poli du public.
Psyché? On aurait aimé aimer parce que c'est Ratmansky. Il y a quelques moments superbes et notamment l'adagio très long et magnifiquement interprété par Aurélie Dupont. On ne saurait en dire autant de son partenaire, Stéphane Bullion, trop appliqué pour être un Eros crédible. Décors et costumes kitsch pas toujours très réussis. Beaucoup d'idées dans la chorégraphie mais le récit manque finalement de fluidité. On se perd dans ce dédale.
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haydn Site Admin
Inscrit le: 28 Déc 2003 Messages: 17086
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Posté le: Ven Sep 23, 2011 12:21 am Sujet du message: |
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Je reviendrai plus en détail sur cette soirée d'ici peu. J'avoue ne pas partager les opinions exprimées par sophia et frederic, notamment au sujet de Phèdre. Ce ballet, même s'il est un peu plombé par la partition ratée de Georges Auric, était parfaitement sauvable. On regrettera certes la reconstitution sans doute trop clinquante des costumes, mais le problème principal vient de l'interprétation, qui me semble assez éloignée de ce que Lifar et Cocteau ont pu vouloir. J'espère que certains de nos lecteurs, qui ont eu la chance d'assister aux représentations données du vivant de Serge Lifar, pourront nous dire exactement ce qu'il en est. Personnellement, la seule, dans cette première distribution, qui m'ait absolument convaincue - et sur ce point je rejoins sophia - c'est Alice Renavand, remarquable dans le rôle d'Œnone. Elle a mis, dans son interprétation, la distance, le formalisme théâtral requis. Peut-être a-t-elle été bien conseillée, mais elle semble posséder - alors que ce n'est pas de sa génération - de réelles affinités avec le style de Lifar (c'est une très belle exécution de la variation de l'Ombre tirée des Mirages qui lui avait d'ailleurs permis d'accéder au grade de Sujet).
Pour frederic : de manière générale, le public était un peu froid, mais, lors des premières, c'est malheureusement habituel à l'Opéra de Paris. Il y a eu quelques brefs huées à l'endroit de la scénographie (cela a aussi été le cas pour Psyché). La salle n'était par ailleurs pas comble, et notamment à la corbeille, il y avait encore pas mal de fauteuils vides, alors qu'on avait pourtant dû recaser un certain nombre de spectateurs malchanceux qui avaient acheté un billet pour la veille... Effet de la nouvelle politique tarifaire de l'ONP ou crainte de nouveaux mouvements sociaux (qu'on se rassure, on ne croisait pas des hordes de Bolcheviks au couteau entre les dents dans les couloirs de Garnier, ce soir ).
En ce qui concerne le défilé, confirmation, chez les messieurs, de ce qu'on avait pu constater lors de la générale : les applaudissements les plus nourris sont allés à Karl Paquette et à Nicolas Le Riche (il faut dire qu'il est toujours valorisant de clôturer la marche, privilège qui revient à l'étoile la plus ancienne dans le grade).
Chez les dames, répartition des bravos plus égale, avec tout de même un avantage à Isabelle Ciaravola (mon jugement pouvant être faussé, car j'étais assis à côté d'un groupe de partisans surexcités de la ballerine corse ), Dorothée Gilbert et Agnès Letestu (qui comme Nicolas Le Riche, arrivait en dernière position dans le défilé). Et la ligne de Premières danseuses formée par Mélanie Hurel et Myriam Ould-Braham a elle aussi été bien ovationnée.
Dernière édition par haydn le Ven Sep 23, 2011 1:04 am; édité 2 fois |
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paco
Inscrit le: 28 Oct 2005 Messages: 1199
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Posté le: Ven Sep 23, 2011 12:24 am Sujet du message: |
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Je suis content d’avoir assisté à cette soirée, ne serait-ce que par la curiosité de découvrir deux œuvres. Je rejoins en grande partie ce qui vient d’être dit par Sophia et Frederic, sauf sur Stéphane Bullion que j’ai trouvé magnifique.
Phèdre est avant tout plombée par une partition impossible, un tintamarre tonal fortissimo du début à la fin, entre musique de Zorro et orphéon municipal, et ça dure 45 minutes…
Ensuite, il s’agit d’un ballet où les ensembles ont la part belle, or le corps de ballet est apparu en grande méforme, avec beaucoup d’hésitations, une sorte de mollesse générale, des tremblements çà et là, des ensembles imprécis ou mal synchronisés. Manque de répétitions ou absence de conviction ?
La chorégraphie ne m’a pas gêné, si ce n’est qu’elle semble datée pour son époque et que tout est très répétitif, ce sont toujours un peu les mêmes poses.
Les costumes ridicules (celui de Thésée vaut le détour, sorte de Superman violacé), amènent en revanche à s’interroger : soit l’œuvre est conçue comme une parodie « à la Offenbach » et le public est sensé rire du début à la fin, auquel cas pari réussi mais rien de novateur pour l’époque, justement Offenbach l’avait déjà fait un siècle avant. Soit c’était considéré comme de l’avant-garde, mais auquel cas le Sacre du Printemps date presque d’un demi-siècle plus tôt et on ne voit plus trop ce qu’il y avait de moderne dans ce spectacle de 1950. Bref, tout cela déroute un peu et il manque des clés, l’une d’entre elles serait de savoir comment le public de l’époque accueillait ce spectacle : il riait ? il s’ébahissait devant une supposée modernité ? il était choqué ?
Les solistes ont des rôles assez restreints et le plus souvent limités à des mimiques ou des gestes pseudo-orientalisant des bras. Toutefois j’ai trouvé qu’Alice Renavand se détachait très clairement, énergique, précise, pétillante.
Psyché est une chorégraphie classique bien sage, mais il est vrai parfaitement construite et bien huilée. Le tout dans un décor Walt Disney assez drôle et plutôt réussi dans l’atmosphère qui s’en dégage. Bref, un ballet agréable, sans réelle personnalité et vite oublié, mais qui a eu la chance ce soir, contrairement à Phèdre, d’être très bien servi. Par ailleurs, l’avantage de ce ballet est que la partition de César Franck, à l’exception de quelques longueurs çà et là, est littéralement envoûtante.
Et l’ensemble est servi par un duo, Aurélie Dupont et Stéphane Bullion, d’une poésie hypnotisante. Leur tandem est à la fois fluide, sensuel, aérien, doux, en parfaite osmose avec la musique. Chacune de leur apparition était un régal d’émotion, et je n’ai pas vu passer les 45 minutes, c’était un moment très agréable.
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Ailey
Inscrit le: 24 Aoû 2008 Messages: 70
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Posté le: Ven Sep 23, 2011 12:30 am Sujet du message: |
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| Dans Psyché j'ai trouvé, comme vous Paco, qu'Aurélie Dupont et Stéphane Bullion étaient d'excellents partenaires. La fragilité de Psyché, la sollicitude d'Eros et la candeur des deux personnages s'affirment et se répondent de façon fluide et très harmonieuse au cours des pas de deux. Dans un autre style la Vénus d'Amandine Albisson était très convaincante.
_________________ Ailey
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haydn Site Admin
Inscrit le: 28 Déc 2003 Messages: 17086
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Posté le: Ven Sep 23, 2011 12:38 am Sujet du message: |
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| J'ai complété mon post précédent. Je n'ai pas encore parlé de Psyché, mais je suis d'accord avec Ailey concernant la qualité du partenariat Aurélie Dupont - Stéphane Bullion et l'excellente prestation d'Amandine Albisson en Vénus (Mlle Albisson remplaçait, signalons-le, Eve Grinsztajn, malheureusement blessée, et qui a du renoncer à toute la série de représentations). |
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sophia
Inscrit le: 03 Jan 2004 Messages: 10756
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Posté le: Ven Sep 23, 2011 12:46 am Sujet du message: |
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| Je plussoie quant à la grande qualité poétique de cette première distribution de Psyché, avec le trio Dupont-Bullion-Albisson. Les premiers rôles sont très virtuoses, pas étonnant d'y voir distribués Dupont, Gilbert, Ganio... Il faut des danseurs de cette qualité pour la soutenir. Ma critique sur un certain manque d'humour - et de lyrisme - est plus globale, la chorégraphie paraît dès lors un peu trop sage et lisse, alors que je ne pense pas qu'elle le soit dans ses intentions (comme toujours chez Ratmansky, un très beau travail sur la musique).
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laurence
Inscrit le: 16 Juin 2006 Messages: 430 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Sep 23, 2011 12:50 am Sujet du message: Phèdre |
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Vous êtes injuste avec Phèdre, bien sûr nous sommes dans le mimodrame, on peut aimer ou ne pas aimer, mais la danse ne passe pas forcément par le petit bout de la lorgnette.
C'est très intéressant au niveau du geste et du geste dramatique et je dois dire que Marie Agnès Gillot, Alice Renavand et Nicolas Le Riche ont su vraiment démontrer "la loi de correspondance" chère à Delsarte.
"A chaque manifestation du corps correspond une manifestation intérieure de l'esprit." Ils ont présenté un travail alliant l'aisance, la coordination et la précision. Le travail sur l'émotion du visage et principalement du regard était superbe. J'étais au premier rang une fois n'est pas coutume... et je dois dire que cette proximité m'a fait toucher du doigt ce que Darwin traite dans l'expression de l'émotion chez l'homme et si la danse est une affaire de muscles, là, le visage, le regard, les épaules et les bras sont intensément signifiants, ils ont un projet et une raison, et vous passez à coté de quelque chose en ne voulant pas le voir...
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Florestiano
Inscrit le: 28 Mai 2010 Messages: 642
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Posté le: Ven Sep 23, 2011 1:19 am Sujet du message: |
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J'hésite pour ma prochaine soirée sur ce programme à faire l'impasse sur la première partie tant les tares relevées plus haut m'ont désolé. Ce revival a bien peu d'intérêt, si ce n'est de faire plaisir à Claude Bessy (qui s'est bien gardée de venir saluer un public qui était loin d'être en délire !) et de permettre à Gillot de dire partout dans la presse combien Bessy la trouve exceptionnelle...
Même si les jeux de regard de Gillot m'ont beaucoup impressionné, voire glacé - je ne suis pas un aficionado de cette danseuse, mais tout de même, quel charisme ! -, il n'en demeure pas moins qu'on en sort déboussolé, sans trop savoir s'il faut en rire ou s'en affliger.
En tout cas, Myriam Ould-Braham ferait un effet bœuf si elle se pointait dans sa tenue d'Aricie au Paris Manga & Sci Fi show ou à Japan Expo !
Dans ce même registre, j'ai ri quand j'ai lu Alexei Ramantsky, page 81 du programme, au sujet des costumes de sa Psyché : "Adeline André (...) travaille de façon cristalline, avec beaucoup de goût et de délicatesse." L'effet de contraste avec Phèdre joue beaucoup ce soir, et on veut bien concéder qu'elle a plus de goût que Cocteau Cela étant, les 4 Zéphyrs, les hommes-animaux et les femmes-fleurs sont particulièrement mal lotis !
Le couple Dupont-Bullion, en groupie que je peux être de celui-ci, m'intéressait puisque je ne les avais jamais vus en couple sur un ballet (peut-être était-ce là une première d'ailleurs ?) et avait quelques doutes sur l'assortiment. Je rejoins paco et Ailey ; chacun de leurs pas de deux, chacun de leurs solos sont des moments de grande poésie, suspendus et aussi aériens que la partition de Franck, superbement servie par l'ONDIF, qui confirme la bonne impression qu'il avait pu me donner lors des Étés de la Danse 2010 (parenthèse obsessionnelle de rigueur : est-ce le signe que Colonne est enfin en voie d'être bouté hors de la fosse de Garnier ? Vive l'ONDIF en tout cas). Je ne suis pas sûr que cette pièce me laisse des souvenirs impérissables, mais le plaisir immédiat est tel qu'elle méritera en tout cas d'autres visites sur cette série de représentations.
Sur le Défilé enfin, j'aurais aimé être près de vous, haydn ; mes vivats pour Isabelle Ciaravola ont accompagné ceux de vos voisins, mais de là où j'étais placé, je me sentais un peu seul dans mon enthousiasme. Chez les hommes, Mathias Heymann m'a également semblé très salué, singulièrement par des bravo à tonalité féminine !
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Lulu
Inscrit le: 13 Déc 2010 Messages: 211
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Posté le: Ven Sep 23, 2011 2:11 am Sujet du message: |
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Quelle soirée bien étrange!
Quel plaisir de revoir Phèdre, un ballet qui relate toute une époque. Et qui à coté de Psyché m’a paru d’une force et d’une profondeur extrême. Il est vrai que quelques costumes peuvent paraître datés. Mais la chorégraphie aux images fortes relate avec brio cette tragédie grecque. Alice Renavand a tout compris à Lifar, elle est captivante et donne à son rôle toute la dimension nécessaire. Elle a d’ailleurs effacé l’interprétation de Marie-Agnès Gillot en Phèdre. Qui donne l’impression de ne pas vouloir en faire trop et du coup passe complètement à coté du personnage. Elle a manqué d’énergie dramatique qui donne tout le sens à la tragédie. Il m’a aussi été difficile d’apprécié la performance de Karl Paquette, tant les pieds en bananes et les lignes approximatives étaient accentués par le costume qui ne pardonne rien. Bien au contraire j’ai trouvé Nicolas Leriche irréprochable, un grand tragédien. Lifar avait un style bien à lui et sa mise-en-scène génial nous permet de comprendre toute l’histoire du début à la fin. Un vrai bonheur!
Comment peut-on présenter une création en 2011, comme celle que nous avons pu voir ce soir à l’opéra de Paris? C’est consternant! Psyché est à mi chemin entre le spectacle d’école de danse de fin d’année et Disneyland! Les décors sont d’un kitsch déconcertant et les costumes sont ridicules et grotesques. Les animaux, les fleurs et les zéphires sont particulièrement ratés et maquent cruellement de poésie et d’originalité ! Le tout aurait pu peut-être passer si le chorégraphe avait joué le jeu du burlesque et de la dérision. Mais la chorégraphie est d’une banalité affligeante. Des mouvements pseudo néo-classiques que l’on a vu cent mille fois. Et des pas empruntés à de nombreux chorégraphes. Le pas de deux m’a semblé extrêmement long et ennuyeux, malgré tout les efforts d’Aurélie Dupont.
Je n’ai absolument rien compris à l’histoire. Les deux sœurs de Psyché qui sont supposés être aussi belles qu’elle semblaient plutôt sortir tout droit de Cendrillon! Le final à l’eau de rose atteint le summum du ridicule, Aurélie Dupont vêtue d’une robe de mariée et voilée de blanc apparait avec un ballon sous sa robe signifiant qu’elle est enceinte et nous avons eu aussi droit à la pluie de pétale de roses pour clôturer le chef-d’œuvre… Du grand n’importe quoi.
J’ai vite compris pourquoi Nicolas Leriche avait laissé sa place à Stéphane Bullion, qui malheureusement ne brille pas vraiment dans ce rôle. Sa technique est pour le moins approximative et il n’a pas la force charismatique de sa partenaire. C’était plutôt léger dans l’interprétation. Une petite note positive: la beauté d’Amandine Albisson, mais malheureusement affublée d’une robe asymétrique en lamé assez vulgaire.
Avoir un si bel instrument et d’aussi beaux danseurs que ceux de l’Opéra de Paris et arriver à un tel résultat me laisse perplexe! N’y a-t-il pas meilleur créateur aujourd’hui dans le monde?
Il est quand même bien agréable de retrouver Auréle Dupont sur scène!
Dernière édition par Lulu le Sam Sep 24, 2011 1:55 am; édité 6 fois |
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Gracian2
Inscrit le: 25 Nov 2009 Messages: 123 Localisation: Paris
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haydn Site Admin
Inscrit le: 28 Déc 2003 Messages: 17086
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Posté le: Ven Sep 23, 2011 8:21 am Sujet du message: |
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En ce qui concerne Stéphane Bullion dans Psyché, je ne suis absolument pas d'accord avec Lulu, j'ai trouvé sa prestation très correcte, d'autant que la chorégraphie d'Alexey Ratmansky est d'une grande difficulté technique.
Et précisons que Nicolas Le Riche n'a jamais "laissé sa place à Stéphane Bullion", c'est Hervé Moreau qui était prévu, et qui n'a pas pu danser pour des raisons de santé.
La chorégraphie d'Alexei Ratmansky ne m'a pas du tout paru banale et ratée, sur ce point je ne partage pas non plus l'opinion sévère de Lulu. Là ou en revanche je suis peu ou prou du même avis qu'elle, c'est en ce qui concerne la scénographie et les costumes, qui ont malheureusement tendance à nous emmener, en effet, dans un univers à la Disney pas toujours du meilleur goût, même s'il y avait sans doute une intention humoristique... |
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sophia
Inscrit le: 03 Jan 2004 Messages: 10756
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Posté le: Ven Sep 23, 2011 8:44 am Sujet du message: |
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| Stéphane Bullion en Eros n'était pas irréprochable sur le plan de la virtuosité technique, mais en même temps, je trouve que c'est lui qui entre le mieux dans l'univers et le style de Ratmansky (chorégraphe ouvertement néo-classique, mais certainement pas banal), assez incongru, à plusieurs titres, sur les danseurs de l'Opéra de Paris. Et c'est vraiment tout à son honneur, non seulement parce que, j'imagine, il a repris le rôle tardivement après la défection d'Hervé Moreau, mais aussi parce qu'on ne l'attendait pas forcément sur un rôle d'elfe joueur et bondissant.
Dernière édition par sophia le Ven Sep 23, 2011 9:31 am; édité 1 fois |
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laurence
Inscrit le: 16 Juin 2006 Messages: 430 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Sep 23, 2011 9:21 am Sujet du message: Psyché |
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| Stéphane Bullion rentre toujours dans ses rôles avec simplicité et intensité, ce qui déroute un peu... Aux premières, il est encore dans une recherche... Mais après quel bonheur de voir enfin, quelqu'un danser avec sa tête et non pas restituer une leçon bien apprise.
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