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Nouvelles du Théâtre national de Chaillot
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haydn
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MessagePosté le: Mer Mar 07, 2018 4:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Du 9 au 16 mars 2018, la compagnie d'Alonzo King se pose au Théâtre de Chaillot, avec un programme unique : The Propelled Heart


    Alonzo King LINES Ballet
    The Propelled Heart


    Première en France


    Chorégraphie : Alonzo King
    Musique : JC Maillard, Lisa Fischer
    Lumières : Axel Morgenthaler
    Costumes Robert Rosenwasser
    Avec Lisa Fischer (chant) et 12 danseurs




    Avec son approche classique et moderne du mouvement, Alonzo King a imposé sa vision de la danse. En témoigne cette chorégraphie (trans)portée par la cantatrice Lisa Fischer. Une voix unique pour une danse virtuose. Fort d’une carrière d’interprète au sein de l’Alvin Ailey American Dance Theater puis à l’American Ballet Theatre, Alonzo King, en créant sa propre compagnie, a concilié apport d’une technique classique et créativité contemporaine. William Forsythe voit en King «un des rares véritables maîtres de ballet de notre époque». Fidèle à ses compagnonnages artistiques, Alonzo King convie avec The Propelled Heart la chanteuse Lisa Fischer, révélée aux côtés des Rolling Stones ou de Sting. Une voix unique pour une danse virtuose. Le pouvoir du chant trouve ici une certaine résonance dans le mouvement. Pour le chorégraphe, nos relations avec les individus «servent de terrains d’entraînement afin de créer de l’alchimie». Soit un «cœur animé» comme le titre l’annonce, qui bat au rythme des corps. Et s’il y a cinq états du coeur, selon le gourou Sri Yukteswar, c’est à l’unisson de ce Propelled Heart que la chorégraphie d’Alonzo King nous transporte.


    Philippe Noisette







    Cette pièce créée en collaboration avec la chanteuse Lisa Fischer, tenante de deux Grammy Awards,rend hommage au pouvoir du chant. Alonzo King y explore les variations de la voix, révélant ainsi l’incroyable potentiel communicatif du corps à l’instar d’un instrument ou d’une corde vocale. Propelled Heart est un voyage. Dans leurs balbutiements vocaux du début, Lisa Fisher se dresse comme une sentinelle et impulse l’évolution des danseurs. Sous ses yeux, ils rayonnent. Leurs cœurs embrasés, ils transforment petit à petit les sons en harmonie. «L’état du cœur est un baromètre fiable du bien-être de l’humanité. Le cœur et son développement retiennent mon attention depuis un moment. Dans “La Science sacrée”, Sri Yukteswar, gourou de Paramahansa Yogananda, décrit les différentes étapes de l’évolution du cœur. Il affirme qu’il y a cinq états du cœur humain, qu’il énumère ainsi : obscur, animé, constant, consacré et pur. Il écrit que “ces cinq états du cœur permettent de classer les hommes et de déterminer leur état d’évolution”. Sri Yukteswar liste également les huit obstacles du cœur – qu’il désigne sous le terme “vilénies” – et qui sont à éliminer. Ces obstacles sont : la haine, la honte, la peur, l’affliction, la censure, les préjugés raciaux, la fierté de son pédigrée et la respectabilité au sens le plus strict. À propos de l’étape du “cœur animé” (“propelled heart“ en anglais), Sri Yukteswar écrit : Lorsque l’Homme est un peu éclairé, il compare les expériences de création physique qu’il a à l’état de veille avec les expériences qu’il a dans son sommeil. Il comprend que ces dernières sont simplement des idées, et il se met alors à douter de l’existence substantielle des premières. Son cœur se sent donc poussé à connaître la nature réelle de l’univers. Luttant pour se débarrasser de ses doutes, il cherche des preuves pour établir ce qu’est la vérité.”

    Parmi les lieux d’apprentissage et de transformation du cœur fondamentaux figurent nos relations avec les individus : avec la mère, le père, le frère, la sœur, le professeur, l’ami ou l’être aimé, mais également sur le lieu de travail. Toutes ces relations servent de terrains d’entraînement afin de créer l’alchimie.»


    Alonzo King




    La compagnie

    Alonzo King LINES Ballet basée à San Francisco est une compagnie de ballet contemporain unanimement reconnue, et guidée depuis 1982 par une vision artistique globale unique en son genre. En collaborant constamment avec des compositeurs, musiciens et artistes visuels renommés, Alonzo King crée des pièces qui s’inspirent d’un éventail varié de traditions culturelles profondément ancrées, et imprègne la technique du ballet classique d’un nouveau potentiel d’expressivité. Les
    collaborateurs de la compagnie incluent le saxophoniste mythique de jazz Pharoah Sanders, le virtuose joueur de tabla Zakir Hussain, l’acteur Danny Glover, ou encore les moines Shaolin de Chine. En plus de ses saisons biannuelles à San Francisco, la compagnie jouit d’un succès grandissant sur le plan international et participe à des événements emblématiques de la danse : Biennale de Danse de Venise, Montpellier Danse, le Wolfsburg Festival, La Maison de la Danse et le Monaco Dance Forum. Alonzo King LINES Ballet poursuit son engagement dans l’accès à l’enseignement de la danse à travers l’école de danse LINES Ballet School, le Joint BFA Program in Dance avec l’Université Dominicaine de Californie, et le Dance Center, l’un des plus importants centres dédiés à la danse de
    la côte Ouest américaine.




    Salle Jean Vilar
    Du 9 au 16 mars 2018


    15h30 dim 11 mars
    19h30 jeu 15 mars
    20h30 ven 9, sam 10, mar 13, mer 14, ven 16 mars

    Durée 1h30
    ENTRACTE COMPRIS

    Tarifs :
    41€ plein tarif
    34€ tarif réduit
    15€ et 18€ tarifs jeunes






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sophia



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MessagePosté le: Lun Mai 28, 2018 8:24 am    Sujet du message: Répondre en citant

La saison 2018-2019 de Chaillot est en ligne : https://www.theatre-chaillot.fr/fr/saison-2018-2019
Un nouveau site inauguré pour l'occasion, mais une programmation qui semble un peu ronronner.


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haydn
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MessagePosté le: Jeu Juin 07, 2018 4:17 pm    Sujet du message: Répondre en citant



    DU 8 AU 15 JUIN 2018

    LE SONGE
    LES BALLETS DE MONTE-CARLO
    THEÂTRE NATIONAL DE CHAILLOT - PARIS
    D’après l’œuvre de William Shakespeare
    Chorégraphie: Jean-Christophe Maillot
    Musiques : Felix Mendelssohn, Daniel Teruggi, Bertrand Maillot
    Scénographie : Ernest Pignon-Ernest
    Costumes : Philippe Guillotel
    Lumières : Dominique Drillot
    Première représentation par les Ballets de Monte-Carlo : le 27 décembre 2005, au Grimaldi Forum



    Le Songe peut être considéré comme « la banque de données » de Jean-Christophe Maillot. Toutes les pistes de réflexion qu’il a développées au cours de sa carrière s’y retrouvent. Pour arriver à un tel un tel emboîtement et rendre possible « ce désir d’enfant de tout dire », il lui fallait un texte hors du commun : Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare. Télescopages improbables de personnages et de situations, cette pièce permet de faire tenir ensemble tous les possibles de sa danse. Dans ses ballets narratifs précédant Le Songe, Jean- Christophe Maillot a souvent privilégié les oppositions binaires et les chocs frontaux pour confronter une vérité à une autre : ce sont par exemple les Capulet contre les Montaigu dans Roméo et Juliette, une jeune femme tyrannisée par sa belle-famille dans Cendrillon, Aurore affrontant l’ogresse dans La Belle. Avec Le Songe, un changement s’opère. Jean- Christophe Maillot dispose non plus de deux, mais de trois univers : celui des Athéniens, celui des Fées et celui des Artisans. Un mode ternaire se met en place et propose désormais des nuances entre le blanc et le noir. Les vérités perdent de leur superbe. Les trois univers du Songe correspondent aux trois stades de maturité du danseur. Prenons l’univers des jeunes Athéniens : il est dynamique, rythmé et intense. Les mouvements suivent la partition d’un Mendelssohn âgé de dix-sept ans et exigent une physicalité qui est souvent le privilège de la jeunesse. Jean-Christophe Maillot utilise ici une génération de jeunes danseurs pour l’énergie débordante dont ils disposent. Mais c’est une énergie qu’il faut aussi savoir canaliser par un accompagnement de chaque instant. Les Athéniens exécutent une chorégraphie écrite dans ses moindres détails. Le chorégraphe leur transmet un « texte chorégraphique » où chaque émotion, chaque réaction est anticipée. Cette forme de contrôle se retrouve dans les romances amoureuses de ces athéniens, bridées et conformes aux exigences de leurs aînés. L’univers des Athéniens est celui de la tradition qui parle pour les générations futures et creuse en leur nom ses propres sillons. Le deuxième univers du Songe, celui des Fées, exige quant à lui des interprètes plus aguerris. Les personnages fantasques qui peuplent ce monde ésotérique n’en sont plus à leurs premiers émois. Ils vivent pleinement leurs désirs. La narration cède la place à une forme d’abstraction déconcertante car dans cet univers, l’érotisme sème la confusion. Il agite un monde fantasmé où l’individu s’abandonne aux pulsions et aux forces de la nature. Chaotique et charnel, l’univers des Fées fait entendre la musique acousmatique de Daniel Teruggi, une musique qui traduit l’ambivalence et la sensualité des corps. Les sons nous surprennent, nous heurtent et nous confondent. La musique de Teruggi, ce sont les pulsions auxquelles on ne résiste pas. C’est le corps sexuel et transgressif. On pourrait penser qu’avec ces deux univers, tout est dit. Ce serait oublier un aspect essentiel du travail de Jean-Christophe Maillot : pour lui, le danseur est aussi un comédien (souvent itinérant si l’on considère les nombreuses tournées des Ballets de Monte-Carlo). Cet attachement pour la vie de bohème et le théâtre ambulant définit le troisième univers du Songe : celui des Artisans. Cet univers est campé par quelques danseurs expérimentés « qui connaissent leur Maillot sur le bout des doigts ». Le chorégraphe a invité Nicolas Lormeau à rejoindre ce cercle restreint pour participer à l’élaboration de cet univers complètement décalé. Échappés du pavillon des fous, ces artisans excentriques interprètent une chorégraphie drôle et obsessionnelle qui reflète l’amour aveugle que tout artiste peut ressentir pour son oeuvre. Le Songe nous les montre débordant de passion et ne se souciant guère du jugement de goût. Le bon, le mauvais, le ridicule ou la peur de l’échec n’ont plus prise sur eux, les laissant à leur univers absurde, incompréhensible, imprévisible… et totalement libre. La musique de Bertrand Maillot se fait l’écho fraternel du travail du chorégraphe. Ayant été le compositeur d’un de ses premiers ballets (Nébule en 1980 à Hambourg), sa musique dans une pièce si emblématique était aussi indispensable qu’évidente, tout comme la lumière de Dominique Drillot, les décors suspendus d’Ernest Pignon-Ernest et les costumes fantasques de Philippe Guillotel (dont le refus d’être totalement adulte évoque aussi chez Jean-Christophe Maillot le parfum d’un père qui a tant compté). Pendant longtemps, Jean-Christophe Maillot a hésité à chorégraphier Le Songe (premier ballet qu’il a dansé chez John Neumeier en tant que soliste). « Je ne voulais pas livrer ma vision de cette œuvre avant que cela ne s’impose comme une évidence. Je me suis donc tourné vers d’autres textes, d’autres horizons, d’autres chemins… Et un jour, j’ai compris que le Songe se trouvait à leur croisée… »



    Le Songe can be considered as a microcosm of Jean-Christophe Maillot’s work. All of the themes he developed throughout his career are condensed into this one piece, and in order to intertwine them all and give form to this «child’s urge to tell everything», he needed an unusual and extraordinary text to work with: Shakespeare’s A Midsummer Night’s Dream. An unlikely concertina of characters and scenarios, the play allows him to bring together all of the many possibilities contained within his dance. In the narrative ballets that preceded Le Songe, Jean-Christophe Maillot often focussed on binary oppositions and full-frontal shock factors to compare and contrast truths: The Capulets versus the Montagues in Romeo and Juliet, a young woman terrorised by her step family in Cinderella, Aurora confronting the ogress in La Belle. Le Songe represents a shift. Jean-Christophe Maillot draws on three different worlds, the worlds of the Athenians, the Fairies and the Artisans. A ternary universe slowly forms, in which the shades of grey that exist between black and white emerge, and in which truth isn’t always as it seems. The three worlds that provide a setting for Le Songe reflect the three stages of maturity a dancer goes through. The world of the young Athenians represents intense, vibrant rhythm. The movements are set to a score by a 17-year-old Mendelssohn and require a youthful style of physicality. Jean-Christophe Maillot uses a younger generation of dancers here to provide the unbridled energy they contain. Yet this energy must also be channelled by a constant sense of control. The Athenians perform choreography that is meticulously set out. The choreographer provides them with a ‘choreographic blueprint’ in which each emotion and reaction is planned. This form of control mirrors that found in the Athenians’ love affairs, reined in and forced to comply with the standards of their elders. The Athenians’ world is that of tradition that paves the way for future traditions to forge their own paths. The second world found in Le Songe is that of the Fairies, which calls for more seasoned performers. The fantastical characters that inhabit this esoteric world are far from wet behind the ears, they embrace and respond to their own urges and desires. Narration gives way to a disconcerting type of abstraction, where eroticism sows the seeds of confusion. In this fantastical setting, individuals yield to their impulses and the forces of nature. Chaotic and sensual, the world of the Fairies is set to the acousmatic music of Daniel Teruggi, in which the ambiguity and sensuality of the body is fully explored. The sounds here surprise, shock and confuse, with Teruggi’s music confronting us with instincts we cannot resist. The sexual, transgressive nature of the body is revealed. It would be a mistake to think that these two worlds suffice in telling the whole story. For one of the key components of Jean-Christophe Maillot’s work is that he approaches dancers as actors (often like travelling troupes, when we consider the Ballets de Monte- Carlo’s many tours). This fondness for bohemian life and travelling theatre is found in Le Songe ‘s third and final world: That of the Artisans. This world is inhabited by a handful of experienced dancers who «know their Maillot like the backs of their hands». The choreographer invited Nicolas Lormeau to enter the close-knit circle and contribute to this strange, offbeat world. These mad, colourful, eccentric artisans perform a funny, obsessive style of choreography that symbolises the blind love that all artists feel for their work. Le Songe depicts them overflowing with passion, uncaring in the face of good or bad taste. The good, the bad, the ridiculous or the fear of failure no longer have a grip on them, leaving them free to frolic in an absurd, incomprehensible and unpredictable world. Bertrand Maillot’s music perfectly mirrors his brother’s choreography. As the composer for one of his first ballet’s (Nébule in 1980 in Hamburg), it was as natural as it was crucial that his music be incorporated into such an iconic ballet, with the same being true of the lighting design by Dominique Drillot, the floating designs by Ernest Pignon-Ernest and the fantastical costumes by Philippe Guillotel (whose rejection of complete adulthood is also reminiscent of Jean- Christophe Maillot ‘s memory of a dearly beloved father). Jean-Christophe Maillot waited a long time before choreographing Le Songe (his first ballet as a soloist for John Neumeier). «I didn’t want to execute my vision of this piece before it felt completely natural to do so. I therefore focused on other texts, other visions, other paths. And one day, I realised that Le Songe was the crossroads between them all...».








    Ven 08 juin — 20h30
    Sam 09 juin — 20h30
    Dim 10 juin — 15h30
    Mar 12 juin — 20h30
    Mer 13 juin — 20h30
    Jeu 14 juin — 19h30
    Ven 15 juin — 20h30

    Tarif B — de 8€ à 41€

    https://www.theatre-chaillot.fr/fr/saison-2017-2018/songe






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haydn
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MessagePosté le: Sam Juin 16, 2018 9:16 am    Sujet du message: Répondre en citant

Avant la mise en ligne, dans la journée, de la version illustrée des photos officielles :


Le Songe, présenté en tournée au Théâtre de Chaillot, est une pièce déjà relativement ancienne, créée par les Ballets de Monte-Carlo en 2005, et dont la distribution « princeps » a fait l'objet d'une captation en 2009, diffusée à la télévision, puis commercialisée en DVD. L'intérêt de cette série de représentations parisiennes résidait ainsi davantage dans la découverte de nouveaux interprètes que dans celle de la pièce elle-même, déjà connue d'une bonne partie du public.

Jean-Christophe Maillot fut naguère, en tant que danseur, l'interprète du Songe d'une nuit d'été de John Neumeier, et sa propre transposition chorégraphique du célèbre ouvrage de Shakespeare montre certains liens de parenté avec le «Tanztheater» onirique du directeur du Ballet de Hambourg.

Le directeur des Ballets de Monte-Carlo a conçu Le Songe comme l'imbrication de trois groupes de danseurs distincts : «Les Artisans», les saltimbanques - correspondant aux personnages de Quince, Bottom, Starvelling, Flute, Sout et Snug chez Shakespeare -, les «Athéniens» - respectivement Hermia, Lysandre, Demetrius, Helena, Égée, Thésée et Hippolyte -, et les «Fées, lutins et elfes» - Titania, Obéron, Puck, le Page.

Cette reprise du Songe nous a cueillis un peu à froid. La première intervention du quatuor (qui s'étend ensuite en sextuor, puis en septuor) des Athéniens semblait en effet quelque peu confuse, et l'on était assez loin de la lisibilité et de la précision de jeu qu'on trouvait, en 2009, chez April Ball, Nathalie Nordquist, Asier Uriagereka et Julien Bancillon. On se prenait tout d'un coup à regretter la concision d'un Balanchine, qui parvenait à rendre parfaitement intelligible l'intrigue tarabiscotée du Songe d'une nuit d'été, avec des personnages parfaitement identifiables, sans qu'il soit nécessaire de recourir à l'artifice de l'«étiquetage» des rôles en lettres géantes sur les costumes. Paradoxalement, c'est ce même quatuor (Anne Laure Seillan / Hermia – Gaëlle Riou / Helena – Lennart Radke / Lysandre – Koen Havenith / Demetrius) qui nous réserve, à la fin de la première partie, le meilleur moment de la soirée. Mis en verve par le Saltarello endiablé de la Symphonie italienne de Mendelssohn, les danseurs se sont ici pris réellement au jeu, interagissant avec une grande vivacité, tout en faisant montre d'une technique étincelante, et s'avérant peut-être même supérieurs à leurs aînés. Ils servaient en tout cas parfaitement le propos du chorégraphe, qui était d'associer ce groupe des «Athéniens» à la jeunesse et à la virtuosité, sur pointes et en justaucorps. Clin d’œil à Balanchine? Le travail intense effectué récemment par la compagnie autour de Violin Concerto a porté ici de beaux fruits.

Pour réinstaller le spectateur dans l'atmosphère du ballet à l'issue de l'entracte, Jean-Christophe Maillot fait appel à un artifice souvent utilisé par John Neumeier (voir par exemple la transition entre les deux premiers actes de La Dame aux camélias) : la citation tronquée de la fin de la partie précédente est reprise lorsque le rideau se lève sur l'acte suivant.

Le second des trois «univers» qui structurent la pièce est celui de la féerie, associé à la musique de Daniel Terrugi, alors que l'académisme «athénien» est lié à Mendelssohn. Ainsi, après Balanchine, Neumeier apparaît en filigrane, lui qui, pour son adaptation du Songe, avait également recouru à un compositeur contemporain - György Ligeti – pour caractériser les scènes oniriques. La danse est menée, comme au début de l'ouvrage, par un quatuor de solistes : Titania (Mariana Barabas), Obéron (Francesco Mariottini), Puck (Daniele Delvecchio) et le Page (Kaori Tajima, travestie). Mariana Barabás habite de tout son talent un rôle taillé sur mesure pour Bernice Coppieters, mais c'est le fantasmagorique et fantastique «duo» entre un Obéron lubrique et son «double» loufoque, Puck, qui capte toute l'attention du spectateur. Les deux danseurs italiens s'en donnent à cœur joie et rivalisent d'inventivité, en allant peut-être même au-delà des intentions initiales du chorégraphe.

Balanchine/Mendelssohn, Neumeier/Mariottini, reste la troisième facette de la triade, l'univers des « Artisans d'Athènes», des comédiens, des enfants de la balle, de Maillot et de... Maillot, puisque la partition musicale en a été confiée à Bertrand, le frère de Jean-Christophe. Dans ses notes d'intentions, le chorégraphe monégasque indique d'ailleurs clairement qu'il s'agit de la partie la plus personnelle, qui doit être confiée à des danseurs qui «connaissent leur Maillot sur le bout des doigts», et dans laquelle il se veut tout autant «homme de théâtre». On y sent presque une sorte de frustration de la part d'un créateur qui a touché aux limites de ce que la danse peut exprimer, et qui, ici, cherche à s'en affranchir un peu pour explorer d'autres territoires de l'art dramatique. Curieusement, c'est dans cette partie que les individualités s'expriment le moins, les excentricités des six danseurs-acteurs s'annulant mutuellement, d'une certaine façon. La «troupe», comme dans le théâtre élisabéthain, prime, même si la personnalité facétieuse d'Asier Edeso (le «raccomodeur de soufflets») tend à émerger.

Petite curiosité, la bande-son, pré-enregistrée par l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo (plutôt nerveux et dynamique, en accord avec la danse), fait appel, pour les parties chantées du Songe d'une nuit d'été de Mendelssohn à une traduction allemande, plutôt qu'à l'habituel texte anglais.

Le public du Théâtre de Chaillot a réservé un excellent accueil à ce Songe venu de la Riviera et les sept représentations programmées affichaient complet. Si cette danse, abusivement qualifiée de «néo-classique», n'a pas toujours l'heur de plaire dans les hautes sphères de la culture institutionnelle française, elle remplit les salles, comme en témoignent les succès récurrents des productions signées de Jean-Christophe Maillot ou de Thierry Malandain.



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MessagePosté le: Dim Juin 17, 2018 11:39 am    Sujet du message: Répondre en citant

Et la version illustrée promise :




    08 juin 2018 : Le Songe (J.C. Maillot) au Théâtre National de Chaillot (Paris)

      Le Songe, présenté en tournée au Théâtre de Chaillot, est une pièce déjà relativement ancienne, créée par les Ballets de Monte-Carlo en 2005, et dont la distribution «princeps» a fait l'objet d'une captation en 2009, diffusée à la télévision, puis commercialisée en DVD. L'intérêt de cette série de représentations parisiennes résidait ainsi davantage dans la découverte de nouveaux interprètes que dans celle de la pièce elle-même, déjà connue d'une bonne partie du public.

      Jean-Christophe Maillot fut naguère, en tant que danseur, l'interprète du Songe d'une nuit d'été de John Neumeier, et sa propre transposition chorégraphique du célèbre ouvrage de Shakespeare montre certains liens de parenté avec le «Tanztheater» onirique du directeur du Ballet de Hambourg. Le directeur des Ballets de Monte-Carlo a conçu Le Songe comme l'imbrication de trois groupes de danseurs distincts : «Les Artisans», les saltimbanques - correspondant aux personnages de Quince, Bottom, Starvelling, Flute, Sout et Snug chez Shakespeare -, les «Athéniens» - respectivement Hermia, Lysandre, Demetrius, Helena, Égée, Thésée et Hippolyte -, et les «Fées, lutins et elfes» - Titania, Obéron, Puck, le Page.

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MessagePosté le: Lun Fév 18, 2019 12:57 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je recopie ici le commentaire de d'Entrechat 4 sur Gravité, d'Angelin Preljocaj, à l'affiche du Théâtre de Chaillot :


Entrechat 4 a écrit:
Le nouveau ballet d’Angelin Preljocaj est magnifique. Au-delà de leur splendide technique (je n’ai jamais vu un tel niveau en danse contemporaine mis à part la Bejart Ballet), les danseurs et danseuses sont impressionants d’émotion. Les choix muusicaux participent également à la réussite de l’oeuvre. Je recommande vivement ce spectacle.



https://www.theatre-chaillot.fr/fr/saison-2018-2019/gravite



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MessagePosté le: Sam Mai 11, 2019 5:52 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La saison 2019-2020 du Théâtre de Chaillot a été dévoilée. C'est la dernière saison avant la fermeture pour rénovation de la grande salle.








    DANSE, MUSIQUE
    Compagnie DCA
    Philippe Decouflé
    Tout doit disparaître
    27 sept. – 6 oct. 2019


    DANSE
    Ohad Naharin
    Cie Grenade
    Josette Baïz
    Kamuyot
    12 – 18 octobre 2019

    CENTENAIRE MERCE CUNNINGHAM
    12 – 26 octobre 2019

    DANSE, MUSIQUE
    CCN – Ballet de Lorraine
    Histoires sans histoire(s)
    12 – 16 octobre 2019

    DANSE
    Opera Ballet Vlaanderen
    Ballet de l’Opéra national
    de Paris
    The Royal Ballet
    Trois ballets
    22 – 26 octobre 2019

    DANSE
    Jann Gallois
    Samsara
    6 – 17 novembre 2019

    DANSE
    Tatiana Julien
    Soulèvement
    22 – 27 novembre 2019

    DANSE
    Kader Attou
    CCN de La Rochelle
    Cie Accrorap
    Allegria
    23 nov. – 5 déc. 2019

    DANSE
    Système Castafiore
    Anthologie
    des cauchemars
    5 – 10 décembre 2019

    DANSE
    Malandain Ballet
    Biarritz
    La Pastorale
    13 – 19 décembre 2019

    DANSE
    Cie Gilles Jobin
    & Artanim
    VR_I
    13 déc. 2019 – 11 jan. 2020

    DANSE, MUSIQUE
    Emanuel Gat
    WORKS
    8 – 11 janvier 2020

    THÉÂTRE, DANSE
    Brigitte Seth
    & Roser Montlló Guberna
    Family machine
    22 – 25 janvier 2020


    _____________________________________________________

    QUATRIÈME BIENNALE D’ART FLAMENCO
    26 janvier – 13 février 2020

    David Coria / David Lagos
    ¡ Fandango !
    26 – 28 janvier 2020

    Ana Morales
    Sin permiso – Canciones
    para el silencio
    29 – 30 janvier 2020

    Olga Pericet
    La Espina…
    30 – 31 janvier 2020

    Eva Yerbabuena
    Cuentos de Azúcar
    4 – 6 février 2020

    Rocío Molina
    Impulso
    1er février 2020

    Marie-Agnès Gillot
    Andrés Marín
    Christian Rizzo
    MAGMA (titre provisoire)
    6 – 13 février 2020

    Tomatito
    Tomatito sextet
    8 février 2020

    _____________________________________________________




    DANSE, MUSIQUE
    Cheng Tsung-lung
    Cloud Gate Dance
    Theatre of Taiwan
    13 Tongues
    12 – 15 février 2020

    DANSE
    Arthur Perole
    Ballroom
    26 – 29 février 2020

    DANSE
    Christian Rizzo
    ICI – CCN Montpellier
    une maison
    27 – 29 février 2020

    DANSE
    Thomas Lebrun
    CCN Tours
    Ils n’ont rien vu
    5 – 11 mars 2020

    DANSE, MUSIQUE
    Damien Jalet
    Kohei Nawa
    Vessel
    6 – 13 mars 2020

    DANSE
    Compagnie AO | E
    Esteban Fourmi
    et Aoi Nakamura
    Whist
    10 – 20 mars 2020

    DANSE
    Lia Rodrigues
    Béatrice Massin
    Dominique Hervieu
    Fables à la fontaine
    17 – 21 mars 2020

    DANSE
    Lia Rodrigues
    Carte Blanche
    Nororoca
    18 – 21 mars 2020

    DANSE
    Trisha Brown
    Dance Company
    50 ans de création
    25 – 28 mars 2020

    DANSE
    Adrien M & Claire B
    Acqua Alta
    25 – 28 mars 2020

    DANSE
    José Montalvo
    Gloria (titre provisoire)
    24 avril – 28 mai 2020

    DANSE, MUSIQUE
    Arno Schuitemaker
    The Way You Sound
    Tonight
    24 – 25 avril 2020

    DANSE, MUSIQUE
    Christophe Béranger
    Jonathan Pranlas-Descours
    Versus (p.75)
    29 – 30 avril 2020

    DANSE
    Naïf production
    Sylvain Bouillet
    Des gestes blancs
    14 – 20 mai 2020

    DANSE
    Dancenorth Australia
    Dust
    4 – 6 juin 2020




A noter donc une création de Thierry Malandain sur la Symphonie pastorale de Beethoven, et Marie-Agnès Gillot, qui, en compagnie de Christian Rizzo, se met au flamenco. L'ancienne étoile du ballet de l'Opéra de Paris semble ne pas si mal gérer que cela sa "seconde carrière", et en tous cas, n'a pas disparu des scènes et des médias.



La brochure complète de saison, avec un curieux système nécessitant le téléchargement d'une appli pour téléphone mobile afin de visualiser les bandes-annonces des spectacles, peut être téléchargée au format PDF sur le site du Théâtre de Chaillot.


https://www.theatre-chaillot.fr/fr/edito-2019-2020

Un album-photo (très conceptuel...) est également disponible :

https://www.theatre-chaillot.fr/fr/ben-zank



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tuano



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MessagePosté le: Dim Mai 12, 2019 2:55 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Il semblerait que Marie-Agnès Gillot fasse également partie de la saison 2019-2020 de la Seine musicale mais la programmation n'a pas encore été dévoilée.


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Bernard45



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MessagePosté le: Dim Mai 19, 2019 3:03 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ekman, Goecke, Sol León et Paul Lightfoot à Chaillot

Le Nederlands Dans Theater était de retour à Chaillot ces jours-ci, avec son groupe de jeunes danseurs, le NDT2. Au programme, « FIT » d’Alexander Ekman, « Wir Sagen uns Dunkles » de Marco Goecke et « Signing off » de Sol León et Paul Lightfoot.

Ekman, les habitués de l’ONP connaissent avec sa récente prestation, « Play » et ses balles en mousse. Ici, il nous présente « FIP », un ballet pour 18 danseurs en 27 minutes. Ekman, dans la fiche d’information au public, explique que le FIT, pour lui, est une forme d’harmonie, la sensation que tout est à sa place. Et ça commence plutôt bien. Après qu’une sorte de Monsieur Loyal soit venu devant le rideau afin de chauffer la salle, on sent de la fraîcheur chez ces artistes. Les robes des danseuses nous offre de très jolies variations. Un danseur tente d’intégrer le groupe, puis en sort. En est-il chassé ? Sauf que petit à petit, on sent que l’harmonie se désagrège, que le groupe ne sait plus trop bien où aller. Est-ce voulu ? J’ai plutôt le sentiment que ce ballet n’est pas abouti, comme si on ne savait plus quoi faire pour tenir la presque demi-heure. Peut-être est-ce aussi dû au sauna qui envahissait la salle…

Marco Goecke était à l’ONP il y a quelques semaines, avec sa dernière création, « Dogs Sleep », qui n’a pas été globalement appréciée. Je ne l’ai vue que par un extrait sur le site de l’ONP. « Wir Sagen uns Dunkles » ne s’éloigne pas de sa création réalisée à Garnier, on est dans le sombre, les mouvements des danseurs apparaissent saccadés et excessivement rapides, le haut du corps et les bras travaillent plus que le reste. Les pas de deux dominent l’ensemble réalisé avec 11 danseurs pour une durée de 29 minutes. Pour autant, le ballet ne m’a pas déplu sur une musique composite de Schubert, du groupe rock britannique Placebo et du compositeur russe Schnittke. Il est vrai que sa danse peut interroger, d’ailleurs est-ce vraiment de la danse ? J’affirme répondre positivement à la question, si l’on considère que la danse, c’est l’art de se mouvoir harmonieusement.

Enfin vint l’apothéose. J’avais découvert [b..]Sol León et Paul Lightfoot[/b] il y a de cela quelques années lorsque Pathé retransmettait les soirées du NDT en direct depuis La Haye. A Chaillot, le duo anglo-espagnol nous proposait « Signing off ». Ballet pour 4 danseurs et deux danseuses, créé en 2003, il offre aux spectateurs quelque chose qui envoûte, les lignes sont d’une extrême pureté, ses 18 minutes passent bien trop rapidement. Sur une musique originelle de Bach, les transcriptions et interprétations de Philip Glass permettent aux jeunes pousses du NDT de s’épanouir avec une grâce extrême. On n’est ni dans le délitement de la chorégraphie d’Alexander Ekman, ni dans le mouvement saccadé de Marco Goecke, on est ici dans la forme la plus pure de l’harmonie des corps.

Ce spectacle en Triple Bill comme on dit, réunit trois chorégraphies, certes abstraites, mais qui permet au public de découvrir trois styles, trois chorégraphes de la danse contemporaine, et surtout un groupe de danseurs, jeunes, et plein de promesses, dont on se demande en quoi ils seraient inférieurs à leurs aînés du NDT. Décidément, une des meilleures compagnies de danse contemporaine du monde !


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Marie-Ange



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MessagePosté le: Lun Mai 20, 2019 9:45 am    Sujet du message: Répondre en citant

Le NDT est divisé en deux groupes, les plus jeunes que vous avez vu et les post 30 ans. Mais ils sont tous des danseurs excellents, du plus haut niveau qui existe ! C’est la compagnie du monde où il est le plus difficile d’entrer !


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