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Play (A. Ekman) [ONP Garnier 06/12-31/12/2017]
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tuano



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MessagePosté le: Jeu Déc 07, 2017 8:16 am    Sujet du message: Répondre en citant

haydn a écrit:
S'il en fallait une preuve par l'absurde, il y a le danseur "anonyme" qui joue les Neil Armstrong en habit de cosmonaute

Les cosmonautes deviennent la norme à l'OnP.

https://www.operadeparis.fr/saison-17-18/ballet/play/galerie#slideshow0/6


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Florestiano



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Messages: 1744

MessagePosté le: Jeu Déc 07, 2017 10:17 am    Sujet du message: Répondre en citant

Vous dites cela en référence à La Bohème de Claus Guth, qui effarouche en ce moment une partie de la lyricosphère ? Laughing


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Katharine Kanter



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MessagePosté le: Jeu Déc 07, 2017 11:00 am    Sujet du message: Comment vendre un ballet? Répondre en citant

Article excellent du musicien Pascal Lagrange-Scheuir sur Resmusica

http://www.resmusica.com/2017/12/01/comment-vendre-un-concert/

Le Ballet de l'Opéra semble avoir pris les conseils de M. Lagrange - a contrario.

Let's just pander to the lowest common denominator.

History shews just how successful taking that tack has been.

N'est-ce pas?


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sophia



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Messages: 16904

MessagePosté le: Jeu Déc 07, 2017 11:08 am    Sujet du message: Répondre en citant

Quelques mots sur la première de Play.

Sentiment très mitigé en ce qui me concerne devant cet objet mondain, buzzifié à outrance. La première partie m'a plus ou moins laissée de marbre. C'était un peu tout ce que j'attendais - en pire peut-être : dérision post-moderne, ambiance de bac à sable faussement naïve, imaginaire surréaliste (les femmes cerfs réunies en une armée d'amazones, le cosmonaute, l'homme (ou la femme) lampadaire...), clins d’œil de connivence obligés, construction éclatée, sise dans un écrin immaculé, entre Ikea et Pina Bausch. La seconde, plus longue, plus ennuyeuse, mais aussi moins superficielle et vaine, réserve en revanche quelques tableaux intéressants d'un point de vue visuel, à la mise en scène ingénieuse, dans un esprit satirique à la Jacques Tati.
Évidemment, tout cela tire terriblement à la ligne et point n'était besoin de deux heures pour faire tenir le propos, relativement mince, et les trouvailles scéniques, qui s'épuisent vite. On avait déjà remarqué cette tendance dans A Swan Lake, mais les contraintes "Opéra de Paris" n'ont certainement pas dû arranger les choses, avons-le. S'il est une réussite à mon sens sur l'ensemble de l'ouvrage, c'est la composition musicale de Mikaël Karlsson, habituel complice d'Alexander Ekman, ainsi que la présence de l'orchestre sur la scène. On retrouve chez ce compositeur le côté très cinématographique de l'écriture d'Ekman, mais aussi une même volonté de croiser le populaire et le savant - ce n'est d'ailleurs pas ce qu'il y a de plus désagréable chez le chorégraphe.
A l'échelle de la looooooongue tradition de créations plus ou moins ratées, et surtout sans lendemain, vues à l'Opéra de Paris, je dirais simplement de celle-ci : ni un top ni un flop. A voir (peut-être), mais une fois suffira.

A vrai dire, cependant, la question n'est pas tellement "j'aime" ou "j'aime pas". Il est évident qu'il y a un public qui y trouvera son compte, qui adorera même le côté très ludique, voire interactif (les réseaux sociaux, avec leur habituel sens de la mesure, en font état), du spectacle, qui repose avant tout sur des effets de mise en scène. Il est évident aussi qu'il y en a un autre qui restera indifférent à cet humour et à cette vision du monde, voire sortira révulsé de la salle (ma voisine de loge, partie en claquant bruyamment la porte au moment des saluts). Est-ce générationnel? Peut-être. Peut-être pas. Simplement culturel, et c'est beaucoup plus désespérant. Comme paco, je pense que cette création, qui n'est pas nulle en soi et donne à voir un vrai talent de mise en scène, pourrait éventuellement (pas d'obligation, hein!) trouver sa place à l'Opéra, si sa saison était riche par ailleurs en œuvres du répertoire, en œuvres reposant sur un langage académique - si sa saison, toute sa saison, donnait simplement à voir ce pour quoi l'Opéra existe et ce pour quoi on le finance. Or, elle est désespérément vide et l'on ne peut s'empêcher de ressentir un certain malaise, notamment au début, devant les évolutions des danseurs (38 danseurs, une soirée complète, un mois de représentations) : une petite marche par-ci, une petite course par là, quelques petits sauts, des pointes pour les filles (rappelons, mesdames et messieurs, que nous sommes à l'Opéraaaa!), on joue à la baballe avec le public, avant de finir dans un grand bain collectif de boules vertes. C'est une description certes un peu schématique de la "chorégraphie" ekmanienne, mais nul besoin de convoquer l'Opéra de Paris, avec son école tricentenaire et sacralisée par certains, pour cela. Plus grave, je pense que les danseurs de l'Opéra, qui ont souvent réussi par le passé à intégrer des styles nouveaux (Mats Ek notamment, pour citer un autre Suédois), n'apportent rien de particulier au style d'Ekman, voire l'affadissent. Personne en réalité ne ressort de cette création et même le collectif, valorisé au détriment des individualités, manque singulièrement d'incarnation et d'énergie.


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Jules



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Localisation: Paris

MessagePosté le: Jeu Déc 07, 2017 8:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir, je réagis rapidement à vos propos Sofia... car ils me semblent très, trop durs, et Ekman ne mérite pas ça : je vous lis et ne vois qu'une sorte de (très léger) compromis au vitriol ("entre Ikea & Bausch", "ni un top ni un flop" "ce n'est pas nul"), qui je l'avoue me laisse songeur, tant pour la dureté de vos propos (pourquoi tant de colère? vous semblez très énervée?) que pour le contraste avec le plaisir que j'ai éprouvé à voir cette pièce hier, comme les 3 amis qui m'accompagnaient d'ailleurs.

Je ne m'accorde avec vous que sur un point : la question n'est pas tellement de savoir si "j'aime ou j'aime pas", on est d'accord, tant le propos est original, riche et intéressant, en soi.
Je peux concevoir qu'on déteste cette pièce. J'ai plus de mal avec "OK, ce n'est pas nul", ce n'est pas faire justice au travail présenté.

Étant en désaccord sur presque toute la ligne avec vous (sauf l'excellence de la musique et des musiciens, en effet) il me semble utile (peut-être) d'apporter un éclairage différent du vôtre, pour vos lecteurs.

Je ne saurais voir un "objet mondain" dans une pièce construite de près de deux heures, et vu le talent du chorégraphe / metteur en scène (que l'on aime ou pas, certes - mais personne ne verra en Ekman un imposteur ou un mondain, contrairement à d'autres moins talentueux, moins inspirés et moins travailleurs. Fin de parenthèse).
"superficielle et vaine", dites-vous de cette première partie : je l'ai pour ma part trouvée très bien construite, étonnante, enchanteresse, ludique, poétique, appréciant tout particulièrement la horde d'amazones, le beau duo Barbeau-Le Borgne d'une rare intelligence (son et rythme, étrange conversation), les errances des personnages iconoclastes, et bien sur la chute de balles du domaine du magique et la chorégraphie associée ensuite. Il y a beaucoup d'humour aussi, j'ai trouvé que ça faisait du bien. Si d'aucuns n'aiment pas sourire, c'est un autre débat, pour ma part je sature un peu avec les pièces contemporaines sombres, peu éclairées, torturées dans le propos et dans la danse, aussi virtuoses soit-elles. Je trouve agréable de sourire dans un théâtre. Ekman me donne ce plaisir là. Il y a par ailleurs beaucoup de danse aussi, alors certes c'est un langage particulier et on ne parle pas ici des fouettés du Lac des cygnes, mais enfin il ne faut pas se plaindre à outrance, tout de même: quand il y a des danseuses (sublimes) sur pointes, vous ironisez presque méchamment ("nous sommes à l'operaaaaa") Il faudrait savoir ce que vous voulez, ma chère Sofia.??
"Le propos, relativement mince" : comme c'est curieux, j'ai eu le sentiment opposé, d'être emmené dans mes réflexions durant toute cette seconde partie notamment, posé dans un théâtre à soulever des interrogations que chacun essaie d'étouffer. Pas si simple, salutaire, et certainement pas creux, comme vous le laissez entendre.
La durée : je n'ai pas senti passer ces 2 heures, qui me faisaient un peu peur au départ. C'est assez remarquable pour être signalé, quand je pense aux nombreuses pièces de 20 ou 30 minutes qui par le passé m'ont semblé interminables. (contemporaines, ou pas, d'ailleurs).
Les trouvailles scéniques qui s'épuisent vite ? Là encore je m'inscris en faux. Rien ne s'épuise, le propos est tellement riche qu'on ne sait où regarder, tant il se passe de choses en scène à chaque instant, tant il y a de trouvailles, d'idées, et de travail.

Vous concédez que cette création "n'est pas nulle" (!!), et voilà à nouveau le débat relancé sur : que fait ce chorégraphe à l'Opéra ? (euh, c'est un chorégraphe contemporain talentueux et nous sommes au 21ème siècle..; si on vous suivait, les danseurs de l'Opéra n'auraient jamais fait du Pina Bausch ou du Forsythe) -ce qui revient à dire que vous ne portez pas un jugement (que je ne partage pas mais que je respecte) sur une oeuvre, vous portez un jugement sur un choix d'oeuvres dans une saison. Vous glissez d'un propos à l'autre, et les deux sont bien différents.
Peut-être que beaucoup de danseurs dans le monde, et à l'Opéra, rêvent de travailler avec Ekman ? Peut-être que c'est l'un des chorégraphes majeurs en devenir de ce 21ème siècle (qui à 35 ans a créé je ne sais combien de pièces, avec succès, reprises dans divers théâtres).

"L'école tri-centenaire" revient sur le tapis, évidemment, (heureusement que ce ne sont pas les danseurs Wink et vous concluez avec un avis auquel je dois encore m'opposer : je trouve les danseurs de l'Opéra très à l'aise dans le langage de Ekman, le mélange est une réussite, et si c'est vrai que le collectif est mis en avant, je retiens aussi de très beaux passages en duos, notamment le dernier pas de deux Bullion/Zusperreguy. L'énergie des danseurs est communicative, leur investissement est remarquable, et ce ne fut pas le cas depuis un moment dans mes dernières expériences à l'Opéra (contemporain ou classique), j'en suis bien désolé d'ailleurs, mais par moments j'ai plus l'impression de voir des danseurs qui font leurs heures que des artistes dévoués à leur art. Pas hier soir en tout cas.

J'ai cru important d'apporter ici un autre éclairage que le vôtre, Sofia, qui me semble biaisé par des considérations autres que l'oeuvre d'Ekman en tant que telle. Je recommande donc chaleureusement Play( ici et ailleurs), et je tenterai de le voir une seconde fois. Vu la richesse et la diversité de l'oeuvre, il y a de quoi se "nourrir" une seconde fois je pense, en tout cas je tenterai.


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calliope



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MessagePosté le: Jeu Déc 07, 2017 8:31 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'arrive un peu après la bataille mais merci Haydn pour ce message qui me fait prendre du recul (et comprendre des choses que je n'avais saisies immédiatement dans le spectacle, à cause de mon assez jeune culture balletomane Wink ), je suis d'accord, je pense aussi que le spectacle est le fruit d'une véritable réflexion, et pour avoir aussi vu Grand miroir, il souffre de la comparaison sur ce point là!
Pour la musique j'ai un souvenir mitigé de l'acte II. Peut etre est-ce dû à l'endroit où j'étais placée, je suis arrivée un poil en retard (les aléas du RER..) et j'étais donc à l'amphithéâtre pour la 1ere partie alors que j'étais au 3eme rang à l'orchestre pour la IIème (la musique m'a semblée très très forte)


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sophia



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MessagePosté le: Jeu Déc 07, 2017 9:44 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci, Jules, de votre point de vue. Ainsi va la vie que nous ne serons jamais d'accord les uns avec les autres. Quelle importance? Cette création ne m'a pas du tout énervée (elle n'est d'ailleurs pas irritante, ce que sont parfois certaines créations à l'Opéra), à la différence peut-être de A Swan Lake, car malgré tout, je savais, plus ou moins, à quoi m'attendre (et merci de ne pas me reprocher d'y être allée quand même). Je ne le nie pas, le travail d'Ekman témoigne d'un savoir-faire, d'un talent certain dans la mise en scène, d'un sens aigu du visuel, de l'emballage aussi... C'est un spectacle bien monté, pas du "n'importe quoi" comme on a pu en voir, à l'occasion, sur cette même scène, avec certains noms. Ce n'est pas pour autant, je crois, à l'échelle de ce qu'a pu faire Ekman, un chef d’œuvre. Par ailleurs, je ne suis pas si certaine que vous allez l'air de le penser que l'alchimie attendue ait eu lieu avec les danseurs de l'Opéra. En tout cas, je n'ai pas été "emballée" par leur prestation - ce qui se produit parfois, même quand l’œuvre nous semble en-deçà (je songe notamment à la scène, pour le coup véritablement dansée, des amazones - belle idée en soi -, qui, au lieu d'en jeter, m'est apparue sans nerf, il en est de même de certaines individualités du groupe, peu, voire pas, utilisées).

Jules a écrit:
Vous concédez que cette création "n'est pas nulle" (!!), et voilà à nouveau le débat relancé sur : que fait ce chorégraphe à l'Opéra ? (euh, c'est un chorégraphe contemporain talentueux et nous sommes au 21ème siècle..; si on vous suivait, les danseurs de l'Opéra n'auraient jamais fait du Pina Bausch ou du Forsythe) -ce qui revient à dire que vous ne portez pas un jugement (que je ne partage pas mais que je respecte) sur une oeuvre, vous portez un jugement sur un choix d'oeuvres dans une saison. Vous glissez d'un propos à l'autre, et les deux sont bien différents.


Je passe sur ce que vous me faites dire et que je n'ai pas dit (concernant Forsythe, Bausch et, allons-y, toute la modernité...). Pour le reste, oui, je l'ai écrit, je crois qu'à ce stade, la question n'est pas de savoir si "j'aime" ou si "j'aime pas" Play - personnellement, je conçois très bien qu'on y prenne du plaisir et je me réjouis que votre soirée se soit bien passée -, mais ce que fait ce type de création (de "danse théâtrale"? honnêtement, j'ai vu peu de danse et pas beaucoup plus de théâtre), dans ce format et avec autant de danseurs convoqués, dans une saison de l'Opéra déjà bien pauvre.




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haydn
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MessagePosté le: Jeu Déc 07, 2017 9:48 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Comme Jules j'ai aimé le spectacle, mais je n'irai sans doute pas le revoir pour les raisons que j'ai exposées plus haut (et aussi pour des raisons de temps car j'ai un emploi du temps extrêmement chargé pour les trois semaines à venir, et il ne s'agit pas - que - de festivités).

La question de savoir si une telle pièce a sa place ou non au répertoire de l'Opéra de Paris est un peu biaisée. L'Opéra de Paris n'a jamais été un théâtre "expérimental", les expérimentations se faisaient ailleurs (même au XIXème siècle, ça se passait à la Porte Saint-Martin, à l'Ambigu-Comique, au Théâtre Lyrique). L'Opéra n'invitait que des artistes déjà reconnus et c'est encore le cas aujourd'hui. Ekman n'est plus un débutant, et l'Opéra, c'est une sorte de consécration, avec des moyens techniques qu'il n'aurait (peut-être) pas eus ailleurs. Tout au plus peut-on se demander si les danseurs de l'Opéra sont les mieux armés pour interpréter ce genre d'ouvrage, ceux du NDT sont davantage rompus à des pièces où la théâtralité compte davantage que la technique pure. Mais cela peut aussi être bénéfique, si ça incite les artistes du corps de ballet à se montrer créatifs. A l'Opéra de Paris, mais c'est tout aussi vrai au Mariinsky, on met l'accent d'abord sur la discipline de groupe, l’homogénéité, puisque fondamentalement, il faut les former à danser les grandes "machines" chorégraphiques du XIXème siècle. Dans Giselle, on ne demande surtout pas à une Wili de se mettre en avant. Ce serait d'un effet déplorable. Il faut se fondre dans le groupe. Pareil pour un cygne, qu'il officie à Paris ou à Saint-Pétersbourg.

Et si vous prenez les années 1960-1970, surtout à l'époque de la direction de Michel Descombey, les programmes étaient au moins aussi "chargés" en œuvres contemporaines. Mais l'histoire en a oublié la plupart. Et même sous la direction Noureev, il y en a eu beaucoup, certaines n'atteignant pas le stade de la première - si les répétitions s'avéraient trop calamiteuses, on n'hésitait pas à déprogrammer purement et simplement une création pour la remplacer par autre chose. Il est vrai aussi que les choses les plus "radicales" étaient reléguées à l'Opéra-Comique (dont l'administration était la même que celle du "Grand opéra") et qu'on ne se formalisait pas trop de jouer dans des salles aux trois-quarts vides...



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paco



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MessagePosté le: Jeu Déc 07, 2017 10:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

sophia a écrit:
la question n'est pas de savoir si "j'aime" ou "j'aime pas" Play - personnellement, je conçois très bien qu'on y prenne du plaisir -, mais ce que fait ce type de création dans une saison de l'Opéra déjà bien pauvre.

C'est effectivement là toute la question... Personnellement j'adore Ekman (et j'ai fait partie de ceux qui ont été enthousiasmés par son "faux" Lac), mais là je dois avouer que la piscine à baballes m'aurait davantage tenté si elle s'était insérée au sein d'une saison plus conforme à ce que l'on attend du Ballet de l'ONP. En tous cas je ressens un malaise très clair à voir ces talents mobilisés sur cette création théâtro-musicale alors qu'ils ne dansent qu'un ou deux classiques par an, ce pour quoi ils se sont pourtant formés durement depuis leur plus petite enfance pour la plupart.

De ce point de vue, je trouve que l'ONP aurait dû adopter la même stratégie que fut celle de Gérard Mortier lorsqu'il présenta Wolf d'Alain Platel : pour ce spectacle pluri-disciplinaire, Platel avait constitué une équipe ad hoc, déconnectée du Ballet de l'ONP. Ici, je n'aurais pas eu le même malaise si l'ONP avait constitué une équipe "externe" pour ce Play, tout en mobilisant le Ballet de l'ONP pour Don Quichotte et d'autres classiques dans la saison, ce qui est quand même plus urgent pour certains talents qui n'auront bientôt plus suffisamment d'années devant eux pour acquérir les grands rôles de leur métier.


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Jules



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MessagePosté le: Ven Déc 08, 2017 3:01 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je vous entends bien Paco, même si je ne trouve pas cette saison à l'Opéra dépourvue de classiques ou néo-classiques avec Joyaux, Balanchine, Don Quichotte, Oneguine et la Fille mal gardée... Apparemment sur Dansomanie (et pour les touristes) il faudrait plus de grands classiques, mais qu'en est-il du public plus large ? La danse est un art vivant. la tradition c'est bien, il faut s'appuyer dessus et cultiver ça, mais honnetement je n'adhère pas à l'idée d'un opéra de paris dévolu au classique, désolé. (et reléguer du contemporain ailleurs). Etre danseur au XXIème siècle c'est vaste et varié. Danser Pina Bausch, pour n'en citer qu'une, ce n'est pas sans intérêt.
Quant à la critique (que je trouve injustifiée) de ne pas mettre en avant les individus dans Play, alors que dire des œuvres de Crystal Pyte (que j'adore) ou de Keersmaeker (que j'adore moins, et dont j'ai l'impression qu'on y a le droit à chaque saison... pourquoi ?? C'est pas mal, mais..) ou des classiques, comme ça a été dit (les danseurs s'éclatent à faire les wilis ou les cygnes alignés pendant les pas de deux et variations des solistes ? faudrait leur demander)
Pour revenir à votre propos, Paco, je trouve que c'est une chance pour les danseurs et le public d'avoir Ekman à l'Opéra. Si les danseurs ne le réalisent pas (ce que vous avez l'air de dire, Sophia...? vous etes surement mieux informée que moi) c'est dommage, j'ai du mal à le croire/le comprendre. En tant qu'artiste, danser dans Play c'est une expérience privilégiée. Ceci dit les artistes peuvent parfois être aussi curieux que le public.


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sophia



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MessagePosté le: Ven Déc 08, 2017 3:23 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Concernant l'alchimie avec le chorégraphe, ce n'est en rien une information sur les coulisses de la création, juste mon sentiment face au spectacle.
Quant aux individualités, un chorégraphe peut ne pas les mettre en avant du tout, ou très peu, faire œuvre "chorale" comme on dit, c'est un choix artistique et je ne trouve rien à y redire en soi. Ce qu'on juge, c'est le résultat scénique, qui peut être plus ou moins réussi selon la configuration.
A ce titre, je n'ai pas critiqué le fait de ne pas mettre en avant des individualités (il y en a, peu, mais il y en a), mais de ne pas avoir su le faire de manière bien percutante. Les petits duos m'ont paru assez conventionnels, peu mémorables en tout cas (d'ailleurs, l'identité des danseurs distribués ne m'a pas frappée immédiatement et j'ai pris connaissance de leurs noms sur la fiche de distribution), et si Simon Le Borgne se distingue, sa partie n'est quand même pas non plus d'une grande richesse, tenant plus du gimmick qu'autre chose. Quant à ne rien faire d'Alu, par exemple... Bref.
Au-delà, je crois que la frustration vient surtout du fait que je n'ai pas trouvé le collectif, qu'on attend plus dans ce type de création, particulièrement excitant (à l'inverse de la pièce de Crystal Pite ou même de A Swan Lake, bien plus abouti sur ce plan).




Dernière édition par sophia le Ven Déc 08, 2017 3:27 pm; édité 2 fois
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Florestiano



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MessagePosté le: Ven Déc 08, 2017 3:23 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Que les danseurs s'éclatent ou non est un débat bien secondaire (j'ai lu sur Twitter : "François Alu s'éclate", il faudrait effectivement le lui demander...) ; ils savent très bien à quoi s'en tenir quand ils se lancent dans une carrière de danseur à l'OnP . Le problème est plutôt que pour les jeunes générations, il y a de quoi être désorientés puisque ce qu'ils doivent présenter en scène n'a, pour le gros de la saison, rien à voir avec ce pour quoi ils ont été formés. Mais bref...

Pour rigoler, voyez donc une variation présentée comme "danse classique" (sic !!) par le Ministère dans le cadre des épreuves du diplôme national d'orientation professionnel de danse : http://www.dailymotion.com/video/x6ans4i (vidéo signalée par Allister Madin sur les réseaux sociaux).

Cela en dit long, je trouve, sur la perception - et le mépris - de la danse classique par les tutelles.


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paco



Inscrit le: 28 Oct 2005
Messages: 2545

MessagePosté le: Ven Déc 08, 2017 3:31 pm    Sujet du message: Répondre en citant

En effet... Shocked


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Ballerina



Inscrit le: 01 Juin 2016
Messages: 301

MessagePosté le: Ven Déc 08, 2017 6:27 pm    Sujet du message: Répondre en citant

C'est du foutage de gueule excusez-moi !! Evil or Very Mad Evil or Very Mad

Non mais même Camille Lacourt fait mieux dans un télé-crochet !



C'est du mépris ou un manque de culture effrayant?


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haydn
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Inscrit le: 28 Déc 2003
Messages: 22829

MessagePosté le: Ven Déc 08, 2017 6:43 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Heu je pense que vous voulez parler de la vidéo signalée par Allister Madin, pas de Play, j'espère, Ballerina?



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